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Publié le 15 Mai 2016

Accord de coopération militaire entre la Hongrie et la Croatie


 

Après la signature le 17 janvier dernier d’accords d’étroite collaboration militaire et balistique entre la Hongrie et la Slovénie, un accord identique s’apprête à être signé entre la Hongrie et la Croatie.


 

L’accord signé avec le partenaire slovène faisait de la Hongrie, sous l’égide de l’OTAN, le défenseur principal de l’espace aérien slovène, qui ne possède pas les moyens aériens suffisants. Désormais, la Hongrie veillera aussi, avec ses quelques douze avions de chasse, à la sécurité de l’espace aérien.

« Ce sera un accord essentiel, qui permettra de souder une bonne fois pour toutes les relations militaires entre la Croatie et la Hongrie », a déclaré le Ministre de la Défense Csaba Hende.

Selon les dires du ministre, relayé par l’agence de presse croate HINA, ce n’est plus qu’une question de jours pour que soit officialisé cet accord militaire qui achèverait le partage de l’espace aérien hongrois et croate. Si cet accord était signé, selon le Ministre Hende Csaba, la Hongrie deviendrait « responsable de la sécurité de l’espace aérien croate, comme c’est déjà le cas pour la Slovénie ».

Cet accord tendrait donc à renforcer le rôle militaire prépondérant de la Hongrie en Europe Centrale, dans la protection des frontières aériennes. La Hongrie est l’unique pays proche des Balkans à disposer d’avions de chasse de quatrième génération en nombre suffisant pour permettre une défense aérienne (des Gripen suédois du constructeur Saab).


 

Par Matthias Quemener

Source : hu.lala.org, le 15 mai 2016.

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 19 Septembre 2015

1. Hongrie et Croatie séparées par 41 km de barbelés

 

 

La Hongrie a terminé la pose d’une clôture de barbelés sur 41 km de sa frontière avec la Croatie, visant à endiguer le flux de migrants voulant rejoindre l’Europe de l’Ouest et du Nord.

 

« La clôture a été terminée dans la nuit de vendredi à samedi », a indiqué Attila Kovacs, porte-parole du ministère de la Défense hongrois.

Budapest a décidé d’installer les barbelés sur 41 km de terre ferme, le reste des 330 km de la frontière entre les deux pays étant délimité par la rivière Drave, difficile à traverser.

Une mesure qui ne change en rien le plan d’action de l’autre côté de la frontière, le Premier ministre croate ayant affirmé que son pays continuerait à acheminer les migrants vers la Hongrie.

« Il n’y a pas eu d’accord avec la Hongrie », sur la question des migrants, a déclaré Zoran Milanovic. « Nous les avons en quelque sorte contraints d’accepter les réfugiés, en les envoyant (à la frontière) et nous allons continuer à le faire », a poursuivi le Premier ministre.

 

 

Source : lequotidien.lu, le 19 septembre 2015.

 

 

 

 

2. Migrants: la Hongrie ferme ses portes à la Croatie

 

Le ministre des Affaires étrangères hongrois annonce ce vendredi, au lendemain de l'achèvement d'une nouvelle clôture anti-migrants, la fermeture de ses frontières aux migrants venant de la Croatie à minuit.

 

Un mois après la Serbie, la Hongrie ferme ses portes aux migrants arrivant de la Croatie à minuit. C'est l'annonce que vient de faire ce vendredi 17 octobre le ministre des Affaires étrangères Peter Szijjarto, au lendemain de l'achèvement d'une nouvelle clôture anti-migrants.

 

"Le conseil national de sécurité a décidé qu'à partir de samedi minuit (vendredi 22H00 GMT, ndlr) la Hongrie respectera ses obligations Schengen à la frontière hungaro-croate", a-t-il déclaré.

 

"En d'autres termes, nous fermerons la frontière verte à partir de minuit", a-t-il poursuivi, dans une allusion aux sections de frontière non bordées par la rivière Drave, jugée difficilement franchissable.

 

Plus de 170.000 migrants sont entrés en Hongrie via la Croatie depuis le 15 septembre, date à laquelle Budapest a fermé sa frontière serbe, Zagreb et Hongrie coopérant de facto pour assurer le transit de milliers de migrants chaque jour.

 

Désormais, "les postes-frontières officiels continueront à fonctionner, mais avec de stricts contrôles" empêchant le passage de migrants non munis de visa, a souligné le ministre des Affaires étrangères hongrois.

 

La Slovénie, pays par où le flux de migrants désirant rejoindre le nord de l'Europe est désormais susceptible de transiter, a fait savoir tôt vendredi se "préparer activement à cette option", par la voix de son Premier ministre Miro Cerar.

 

 

Un conseil de sécurité d'urgence

A la suite de l'annonce de Budapest, le gouvernement slovène a annoncé la tenue d'un conseil de sécurité d'urgence samedi.

 

La mesure hongroise intervient au lendemain d'un sommet européen à Bruxelles qui n'a pas, selon Budapest, permis de dégager de solution immédiate pour juguler le flux de migrants.

 

"Dans la mesure où aucune décision n'a été prise au sommet européen jeudi concernant un déploiement de forces européennes aux frontières extérieures de l'UE (...), la Hongrie a décidé de mettre en oeuvre sa fermeture de la frontière", a déclaré Szijjarto.

 

En pratique, la Hongrie activera des "zones de transit", comme à sa frontière serbe, où les migrants pourront déposer une demande d'asile sans pénétrer formellement dans le pays, et d'où ils pourront être refoulés en quelques minutes.

 

La quasi-totalité des demandes déposées jusqu'à présent à la frontière serbe ont été rejetées, Budapest jugeant que la Serbie, tout comme la Croatie, est un pays sûr où la vie des migrants n'est pas en danger.

 

 

 

Source : lesechos.fr, le 16 octobre 2015.

 

 

 

 

 

 

3. Hongrie et Croatie vont rouvrir des points de passage ferroviaire


 

La Hongrie et la Croatie vont rouvrir trois points de passage ferroviaires frontaliers fermés depuis la mi-2015 en raison de l'afflux de migrants, rapporte lundi l'agence de presse hongroise MIT qui cite les ministres de l'Intérieur des deux pays. Les dates de réouverture n'ont pas été divulguées.

Plusieurs milliers de migrants cherchant à se rendre en Allemagne ont franchi l'année dernière les postes-frontières de Murakeresztur-Kotoriba, Gyekenyes-Koprivnica et Magyarboly-Beli Manastir.
Ces mouvements ont cessé lorsque la Hongrie a achevé de fermer ses frontières avec la Serbie et la Croatie fin 2015.

 

 

 

 

Source : lefigaro.fr, le 7 mars 2016.

 

 


 

 

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Publié le 25 Novembre 2013

Gábor Vona et László Toroczkai en Croatie

 

Le président du Jobbik, Gábor Vona, le dirigeant du Conseil national du Jobbik, Gábor Szabó, le dirigeant du cabinet de politique nationale du Jobbik, István Szávay, et le président du HVIM, László Toroczkai, ont participé à la seconde édition d’une marche commémorative en souvenir d’un lieu de Croatie défendu par des troupes croates et hongroises durant la guerre de démembrement de la Yougoslavie et qui a été complètement annihilé lors du conflit.

 

Cette marche est organisée par le HCSP (Hrvatska čista stranka prava – Parti pur croate du droit), le HVIM et le Jobbik.

 

 

Source : lionelbaland.hautetfort.com, le 24 novembre 2013.

 

 

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 2 Mars 2012

L'Europe et la Hongrie perçues par la Croatie

 

 

 

L’Institut des peuples et des migrations de Zagreb a réalisé en 2001 une étude des représentations que se font la jeunesse croate de l’Europe. 821 lycéens des quatre plus grandes villes du pays (Zagreb, Split, Osijek et Rijeka) ont été interrogés. Il ressort de cette étude que la jeunesse croate a une vision de l’Europe directement héritée de l’ancien clivage Est-Ouest. L’espace européen est mentalement divisé par les jeunes croates entre un bon et un mauvais côté, un Ouest attractif, idéalisée et proche et un Est répulsif, dénigré et lointain. Dans cette opposition binaire, comment les jeunes Croates situent-ils la Hongrie, ancien membre du bloc de l’Est mais presque adhérente à l’UE (à l’époque de l’enquête) ?

 

Un premier test montre que lorsque ces Croates font référence à l’Europe, ils ne désignent en fait que les pays d’Europe de l’Ouest. Les pays ex-communistes et les pays des Balkans ne sont pas cités, à quelques exceptions près : la Bosnie-herzégovine, sans doute en raison de sa proximité et du nombre important de Croates qui y vivent, la République tchèque, qui bénéficie d’une image résolument moderne en Europe et dans le monde (en partie dû à ses résultats footballistiques), et… la Hongrie. 

 

De 25 à 50% des sondés sont déjà allés en Hongrie, ce qui représente la même proportion que les voyages à destination de l’Autriche, la République tchèque, l’Espagne, l’Allemagne et la France. C’est plus que les pays frontaliers situés à l’Est de la Croatie (Bosnie et Serbie), mais moins que ceux situés à l’Ouest (Autriche, Italie et Slovénie).

 

A la question « Dans quel Etat souhaiteriez-vous résider ? », l’Ouest est plébiscité. Pas la Hongrie, qui est cette fois rattaché au bloc des anciens pays communistes et qui n’attire pas plus de suffrages que la Pologne, la Slovaquie ou les Etats baltes. L’auteur de l’enquête classe la Hongrie dans le groupe des Etats européen méconnus des Croates mais objets de jugements sévères de leur part, ce qu’a appelé l’auteur « l’espace de l’ignorance et de l’indifférenciation » et qui rassemble tous les pays anciennement à l’Est du rideau de fer (excepté, encore une fois, la République tchèque). 

 

Les Croates sondés ont une perception encore binaire de l’Europe. La Hongrie est encore perçue comme un pays « de l’Est ». Cependant, sa proximité géographique la démarque un peu des autres pays. Il aurait été intéressant de disposer des résultats comparés entre les quatre villes. Peut-être aurions-nous observé qu’à Osijek, beaucoup plus proche de la Hongrie que les autres villes, les étudiants ont une vision plus juste de la situation hongroise.

 

Il n’y a pas de contentieux entre les population hongroise et croate. Mais, d’un côté comme de l’autre, il n’y a pas d’engouement pour son voisin. Ces deux pays ne s’attirent pas. Ceci est vrai pour les Hongrois, bien qu’une partie d’entre eux profitent de la côte dalmate depuis de nombreux étés. Ceci est encore plus vrai pour les Croates qui ne montrent pas un grand intérêt pour des Hongrois caricaturés comme des « ploucs ».


 

Source : Corentin Léotard, Les espaces frontaliers du Baranya en Hongrie - Des espaces de coopération avec la Croatie, Université d'Orléans, 2003-2004, p. 88.

 

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Publié le 4 Février 2012

 Deux Krleža pour traduire Endre Ady 


 

Le premier recueil de poésie d’Endre Ady à avoir été publié en croate est l’œuvre traductrice de Josip Krleža (Osijek, 1977). 

 

Ce recueil bilingue contient 51 poèmes traduits. Le choix opéré est excellent et comprend non seulement les poèmes généralement repris dans les anthologies mais aussi une partie moins connue de l’œuvre d’Ady, qui n’en est pas moins importante du point de vue artistique. Hormis quelques digressions importantes, Josip Krleža s’est efforcé de préserver aussi bien le contenu que la forme de l’original hongrois.

 

Mais même avant ce travail, Ady n’était pas inconnu des lecteurs croates. Miroslav Krleža, qui écrivit un essai sur Ady en 1930, avait également traduit une part de sa poésie : 

 

Pour caractériser le monde spirituel d’Endre Ady un peu plus dans sa complexité fascinante, il fautse rendre compte de divers aspects de la civilisation hongroise. Miroslav Krleža, écrivain serbo croate, dit dans son essai de 1930 sur Ady qu’il est le barde sincère et sauvage d’un monde sombre, profond, inconnu, hunnique et calviniste. Et il continue : « Sentir cette réalité hunnique équivalait avant tout à sentir la réalité politique ; et sentir cette réalité politique dans les dix dernières années du règne de François-Joseph revenait à reconnaître la nécessité de l’activité politique. Sentir la stérilité et l’inutilité de sa propre poésie, décadente et petit-bourgeoise, tout en mesurant sa disproportion avec la réalité hunnique et barbare, signifiait pour Ady vivre quotidiennement au milieu de ses contradictions personnelles. » (1)

 

Et pour élaborer de plus sur les caractéristiques du penchant politique chez Ady, Krleža l’intitule le « solitaire quarante-huitard fidèle à Kossuth » qui regarde « haineusement le défilé des troupes des Habsbourg ». Krleža continue : « Cette haine anti-impériale de la caserne autrichienne est assombrie, dans la poésie d’Ady, par l’ombre de Petofi. Ce jeune homme de vingt-six ans qui, après avoir écrit six gros volumes, a trouvé la mort sous les sabots des chevaux cosaques, cet unique jacobin de la Gironde de Kossuth, Petofi, a lui aussi jeté l’anathème sur le drapeau noir et jaune autrichien, sur la maison des Habsbourg et le mensonge de Vienne... Ce feu dont brûlait Petofi en quarante-huit, se ranima et s’enflamma une dernière fois dans les poèmes d’Ady. » (2)

 

In tyrannos n’était pas seulement un motif littéraire pour Ady mais se trouvait en même temps dans la ruine totale et le désastre final tels que Vörösmarty, le vieux poète classique hongrois, les annonçait dans son chanttzigane :

 

Quel moulin d’enfer moud de tels sanglots,

Quelles folles mains dans le ciel

Martèlent sa voûte ? Un archange noir,

Une armée vaincue en quête d’espoir ?

Joue, profites-en, plus vite, plus fort !

Demain ton archet sera du bois mort. (3)

 

Il me semble que Krleža a fort bien analysé les qualités d’Ady en tant que poète « engagé », maiscelui-ci occupe une position beaucoup plus importante, la position d’un Orphée hongrois en route vers une libération politique et spirituelle de son peuple. Krleža le décrit – quant à son enthousiasme exalté pour quarante-huit – comme oscillant entre « l’extase de Petofi et la dépression de Vörösmarty », et il ajoute : « Éternellement révolté contre Vienne, dans la crainte permanente queles troupes cosaques ne viennent encore écraser l’armée hongroise dans la nuit fangeuse, comme en quarante-neuf, Ady s’est efforcé de contrebalancer ses appréhensions lugubres par son enthousiasme patriotique etpersévérant pour la souveraineté hongroise que, depuis Mohács jusqu’à la catastrophe de Rákóczi, les Hongrois ont en vain tenté de reconquérir. » (4)

 

 

(1) Miroslav Krleža: « Endre Ady, le poète hongrois », Arion 10, Budapest, Corvina, 1977, p. 85.

(2) Miroslav Krleža, op. cit. p. 87.

(3) Miroslav Krleža, loc. cit.

(4) Miroslav Krleža, loc. cit.

 

Sources :

http://www.openstarts.units.it/dspace/bitstream/10077/2250/1/03.pdf

http://cief.elte.hu/Espace_recherche/Budapest/REF9_articles/11KALLEN.PDF

 

 

 

 

 

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 29 Décembre 2011

Coopération transfrontalière hongro-croate dans la vallée de la Drave

 

Sur la rive croate de la Drave, l’espace naturel le plus intéressant est le parc naturel de Kopacki rit, au confluent du Danube, qui couvre au total 22 894 hectares et comprend dans son enceinte une réserve zoologique exceptionnelle. Bien que cet espace ne soit protégé que depuis 1967, Kopački rit est étudié sous tous les angles depuis le milieu du XIXe siècle. Son relief a été façonné par les crues, qui ont formé des étangs ou plutôt des bras, qui donnent l’impression d’un delta intérieur. Cet habitat de zones humides est idéal pour la biodiversité. Il est d’une extrême importance pour les oiseaux aquatiques migrateurs et sert de lieu de reproduction pour les poissons du Danube et de la basse Drave. Plus de 2 000 espèces y ont été recensées à ce jour, dont 291 espèces d’oiseaux, 44 de poissons, 400 de plantes et 400 de vertébrés.

 

Les autres zones protégées de la vallée de la Drave sont le parc forestier de la Drave près de Varaždin, la réserve zoologique exceptionnelle de Veliki Pažut au confluent de la Drave et de la Mur, le paysage protégé de Čambina,  le monument naturel de Repaš, quatre paysages protégés en amont de Virovitica (Križnica, Jelkuš, Širinski otok et Vir), le monument architectural du parc de Noskovačka Dubrava près de Čađavica, la réserve ornithologique de Podpanj près de Donji Miholjac et de nombreux sites faisant partie du réseau Natura 2000. Une procédure de déclaration a été entamée en 2008 pour assurer la protection d’une portion entière du cours de la Drave, qui engloberait tous les sites susmentionnés. Cette procédure place préventivement toute la zone concernée sous protection.

 

Les difficultés qui se posent actuellement pour la préservation du paysage dans la vallée de la Drave viennent en premier lieu de la rivière elle-même. Bien qu’elle ait fait l’objet d’un certain nombre d’interventions au cours du siècle dernier, elle a, encore aujourd’hui, l’aspect d’un cours d’eau naturel. Au fil du temps, les méandres coupés, les barrières et les digues de pierre installées se sont fondus dans le paysage. A l’avenir, de nouveaux ouvrages hydrauliques devront toutefois être créés en fonction des mouvements du cours d’eau pour prévenir les risques d’inondation de zones urbaines et d’infrastructure.

 

Le fait que la Hongrie ait placé l’intégralité de ce territoire sous protection dans un parc national et que la Croatie ait, elle aussi, pris des mesures pour protéger une zone plus vaste permet de préserver la valeur originelle de ce paysage. 

 

Le dragage de la Drave est encore pratiqué à certains endroits, aussi bien en Hongrie qu’en Croatie, ce qui nuit au paysage. Le but est à la fois de réguler la rivière et protéger les berges, mais aussi de prévenir les crues. Toutefois, la poursuite de cette pratique dans les zones protégées du parc national à ces fins de protection est jugée inutile et excessive à long terme. De plus, la navigation n’étant pas appelée à se développer sur cette portion de la rivière, le dragage ne se justifie pas. Si les rives concernées deviennent propriété de l’Etat, l’érosion naturelle des berges ne sera plus un problème non plus. En certains endroits, les sites de dragage ont un effet dommageable, car les navires de dragage, les engins de transport et les structures terrestres érigées à cet effet provoquent une rupture dans le paysage naturel.

 

De vastes étendues naturelles des bords de la Drave sont malheureusement le théâtre d’activités non autorisées, comme la construction de bâtisses qui détonnent dans le paysage et de structures destinées à la pêche et à d’autres activités récréatives, ou encore le déversement d’ordures ménagères. Ce problème pourrait être résolu par la révision de la réglementation locale en matière d’urbanisme et du plan d’aménagement, en concertation entre les propriétaires des terres situées le long de la rivière, les organismes chargés de la gestion de l’eau, les pêcheurs et l’autorité chargée de la protection de la nature. 

 

Dans le parc national Danube-Drave, certaines étendues de terres agricoles et arables situées le long de la Drave nuisent à la préservation du paysage et de la nature. Elles ont, à l’époque, pris la place de forêts-galeries et sont encore utilisées de manière intensive. Depuis que le parc national a été créé et que les terres sont devenues propriété de l’Etat, la surface des terres agricoles en zone protégée a diminué car elles ont été classées dans d’autres catégories d’exploitation des sols et ont été, selon les cas, reconverties en pâturages ou en forêts. Mais ce processus pourrait durer encore longtemps. Le caractère naturel des forêts du parc national est extrêmement variable. Si l’on trouve par endroits des forêts-galeries florissantes avec une faune et une flore très riches, d’autres parties regorgent d’espèces adventices et/ou envahissantes. Ces forêts constituent un patrimoine naturel de faible valeur ; même du point de vue paysager, leur peuplement est de peu d’intérêt. Le remplacement de certaines espèces d’arbres et la transformation structurelle de la forêt sont des solutions à envisager pour accroître la superficie de peuplements forestiers presque naturels.

 

La Stratégie croate d’aménagement du territoire (1997) prévoyait la construction d’une nouvelle centrale hydroélectrique à Novo Virje. Le grand public, ainsi que les spécialistes et les ONG de protection de l’environnement étant opposés à ce projet, la construction de cette centrale n’a toujours pas commencé. Elle causerait des dommages irréparables à la flore et à la faune du cours inférieur de la Drave et transformerait le paysage de manière indésirable. Etant donné que la Croatie doit définir une nouvelle stratégie d’aménagement du territoire, un accord est possible sur cette question, compte tenu des autres moyens de production d’énergie électrique et des nouvelles initiatives transfrontalières dans le domaine de la protection de l’environnement.

 

 

Source : Futuropa (n°2, 2010) - Paysage et coopération transfrontalière. [document PDF]

 

 

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Publié le 2 Avril 2010

Une nouvelle route commerciale


 

La situation est donc parfaitement claire : après avoir pris possession de la Dalmatie, le roi Louis s'efforça d'établir des relations économiques avec les villes côtières : son intention était de remplacer Venise par les ports dalmates, principalement Zara, comme source d'approvisionnement en produits transités par l'Adriatique. Pour favoriser ce plan, il encouragea le développement d'une route commerciale que l'on n'avait pas coutume de suivre jusque là. Le commerce et les communications de la Hongrie avec Venise n'empruntaient effectivement pas cette route, mais se faisaient en partie par mer, de Venise à Zengg (Senj) puis, de là, par voie terrestre vers Zagreb et Buda, en partie par la route continentale de Görz (Gorizia), Laibach (Ljubljana), Pettau (Ptuj), Muraszombat (Murska Sobota). Désormais cependant, "tous les marchands", aussi bien saxons de Transylvanie que hongrois, étaient incités par le roi à traiter des affaires en Dalmatie et à emprunter la route de Zara. En outre, ce ne sont pas seulement tous les marchands de son propre royaume qu'il encourageait dans cette voie, mais aussi ses alliés, les principaux ennemis de Venise, les Gênois. Dans une charte accordée à ces derniers en 1379, le roi stipulait que tous les marchands gênois devaient bénéficier d'un libre droit d'entrée et de sortie ainsi que d'une exonération des droits de douane,  qu'ils parvinssent en Hongrie depuis l'est ou l'ouest : et, dans ce dernier cas, "de regno nostro Dalmatiae, tam per mare nostrum (c'est-à-dire par Zengg) quam per viam Jadrensem", c'est-à-dire par la route de Zara.

 

Ainsi peut-on renoncer aux arguments utilisés depuis Csanki et Meltzl. On ne doit pas interpréter les chartes du roi Louis favorisant le commerce des Saxons de Transylvanie avec la Dalmatie comme exclusives de toute possibilité, pour les marchands de Transylvanie, de se procurer également des articles du Levant par la route de l'est. La charte des Gênois englobe d'ailleurs explicitement les deux directions.

 

Les chartes analysées jusqu'à présent ne témoignent que des voeux et des ambitions du roi : organiser le trafic par la route de Zara, sur une route jusque-là nullement fréquentée ; mais ces chartes ne prouvent pas que le roi ait réussi à réaliser ses ambitions, face à l'hégémonie de Venise sur le commerce adriatique.

 

A vrai dire, il serait légitime de se demander si on pouvait se procurer "en abondance des produits du commerce maritime" dans les villes dalmates, notamment Zara, malgré Venise et son commerce. En effet, de tout temps, l'un des principaux mobiles de la politique vénitienne à l'égard de la Dalmatie fut d'empêcher que les produits du Levant ne parviennent directement dans les villes dalmates, et de faire en sorte qu'on ne puisse se procurer ces denrées qu'auprès des marchands vénitiens. Il est assez caractéristique qu'un traité commercial de 1347 entre Venise et Zara comporte une telle disposition : "De aromatibus, seta vel alio havere subtile, quod non possint deferri Jadram vel districtum aliunde, quam de Venetiis." Or, après la paix de Zara et la perte de la Dalmatie, Venise tint à poursuivre cette politique sous une forme encore plus stricte : elle réduisit encore cette source d'approvisionnement pour les villes dalmates sous domination hongroise. Dans les années mêmes où Louis d'Anjou accorda les chartes susmentionnées, encourageant le commerce dalmate de "produits maritimes", Venise n'hésita pas à prendre d'efficaces contre-mesures. En 1359 entra en vigueur une mesure d'interdiction frappant les exportations de toutes marchandises, depuis le territoire de Venise, par les marchands de Zara. Ce fut, au même moment, le début d'une longue polémique entre la ville de saint Marc et Raguse (Dubrovnik). Elle aboutit finalement, en 1372-1373, à une interdiction générale du commerce vénitien avec Raguse, suivie d'un embargo commercial contre Cattaro (Kotor) en 1372-1374, et contre l'ensemble de la Dalmatie en 1378 : bien que provisoirement affaiblie et vaincue, Venise restait une adversaire de taille en Adriatique dès qu'il s'agissait de défendre ses intérêts commerciaux. C'est pourquoi il semble difficilement croyable que Zara et d'autres villes Dalmates (que ce fût par leurs propres activités commerciales ou par l'intermédiaire de marchands transylvains et hongrois) aient pu approvisionner la Hongrie en une "abundantia rerum maritimarum", indépendamment de Venise, par défi même envers Venise, comme l'entendait le roi Louis d'Anjou.

 

Si une certaine circulation des denrées du Levant s'organisa effectivement en direction de la Hongrie et de la Transylvanie "in ipsa via Jadrensi", c'est-à-dire de Zara à Bihać, Topusko, Petrinja et Zagreb - comme si Louis avait tant souhaité voir ses sujets en prendre l'habitude - il ne peut s'être agi que d'une brève expérience, d'une importance mineure, qui ne dura pas même aussi longtemps que la suprématie du roi de Hongrie sur la Dalmatie. La Paix de Turin, conclue en 1381 entre la Hongrie et Venise, confirmait et prorogeait le droit de la Couronne de Hongrie sur la Dalmatie ; mais, après la mort du roi Louis, cette suprématie se fit en réalité, à partir de 1385, de plus en plus illusoire en raison des désordres qui agitèrent le sud du Royaume et des luttes incessantes avec les maîtres de la Bosnie et la maison de Naples. Ces circonstances permirent à Venise de reprendre possession de la région côtière en 1408-1409. La campagne dans laquelle se lança, en 1411, Sigismond de Luxembourg, roi de Hongrie (1387-1437), ne parvint pas à empêcher Venise de faire valoir ses revendications et, par l'armistice de 1413, le roi de Hongrie se vit contraint de renoncer à son droit sur une partie de la Dalmatie, puis, en 1420 et 1437, à ses droits sur l'ensemble. Mais il est assez caractéristique que le dessein royal d'organiser la circulation des denrées du Levant par la route de Zara en direction de la Hongrie et de la Transylvanie, ait été abandonné longtemps auparavant. Les chartes du roi Louis favorisant le commerce dalmate des marchands de Brasso et de Nagyszeben furent renouvelées par le roi Sigismond en 1395 et en 1406 pour la dernière fois : elles ne le furent plus jamais ensuite.

 

Source : Le Commerce du Levant et la Hongrie au Moyen Age. Thèses, polémiques, arguments

 

 

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Publié le 17 Novembre 2009

La Croatie s'attend au soutien de la Bulgarie dans le contentieux avec la Hongrie


 

Le révisionnisme hongrois appuyé par les Allemands était dirigé contre la Croatie (Medjumurje), la Slovaquie (Ruthénie) et la Roumanie (Transylvanie). Il convient de rappeler qu'à partir de 1918 le Medjumurje - le territoire entre la Drave au sud et la Mure au nord - était revenu à l'Etat des Slovènes, Croates et Serbes conformément au Traité de Trianon. Ce territoire recouvrait 724km² et il était habité par environ 100.000 habitants, pour la plupart des Croates.

 

Selon l'accord germano-italien sur le partage du territoire yougoslave conclu à Vienne le 24 avril 1941, le Medjumurje et le Prekomurje devaient échoir à la Hongrie dans la mesure où n'interviendrait pas d'arrangement particulier entre la Hongrie d'un côté et de l'autre l'Allemagne et la Croatie. L'armée hongroise instaura le 10 juillet 1941 l'administration militaire hongroise dans le Medjumurje tandis qu'au parlement hongrois fut adoptée le 16 décembre 1941 la Loi sur le rattachement des régions méridionales, notamment le Medjumurje. Cet acte d'annexion allait geler les relations entre la Croatie et la Hongrie. Le gouvernement croate considérait le Medjumurje comme faisant partie intégrante de son territoire national. [333] Le parlement hongrois ayant rendu une décision unilatérale concernant le rattachement des régions méridionales, le ministre croate des Affaires étrangères Mladen Lorkovic adressa le 15 janvier 1942 une note de protestation au gouvernement hongrois dans laquelle il ne reconnaissait pas le caractère hongrois du Medjumurje.

 

Le gouvernement croate ne cachait pas son désir de renforcer avec l'aide de la Bulgarie sa position vis-à-vis de la Hongrie. Bien qu'il eût offert un appui moral aux Croates, le gouvernement bulgare ne souhaitait pourtant pas s'immiscer dans le contentieux hongro-croate relatif au Medjumurje. La Bulgarie avait soutenu les gains territoriaux de la Hongrie aux dépens de la Roumanie et de la Yougoslavie. La frontière hongro-croate dans le Medjumurje était tenue comme une question en suspens. Cependant, on estimait que Zagreb et Budapest avaient manifesté "des symptômes en vue d'un règlement à l'amiable de ce litige". Dans l'article "La voie de l'unification nationale hongroise" que publia le journal gouvernemental "Zora", daté du 12 septembre 1941, on avançait que la Hongrie avait été "démembrée" et "délestée" par le Traité de paix de Trianon de l'année 1920. C'est pourquoi par le rattachement de "79.000 km² d'ancien territoire hongrois et de 5.600.000 habitants" elle avait finalement "retrouvé sa position centrale dans l'Europe centre-européenne du Danube inférieur". [334]

 

Quelques ministres bulgares jugèrent cependant que la Hongrie avait excédé ses dimensions et qu'elle avait trop mordu sur le territoire extérieur. En 1941, Popov ne put s'empêcher de faire l'association à propos de la Bulgarie comme d'un pays "qui se targue d'être un grand état (...) et ne voit pas que sur 15 millions d'habitants seulement la moitié sont des Hongrois." [335]

 

L'opposition bulgare prônait un engagement plus actif de Sofia aux côtés de la Croatie. D'après les combattants, le gouvernement devait s'opposer plus fermement au pacte entre l'Italie et la Hongrie à l'encontre des pays slaves balkaniques. Le chef des combattants, Kantardziev, accusa sans ambages la Hongrie, laquelle "flirte avec l'Italie qui souhaite avoir en mains l'entièreté des Balkans". Selon lui, l'amitié entre la Bulgarie et la Hongrie "ne peut reposer que sur des arguments sentimentaux tant qu'il lui manque toute base réelle". Assurément cet argument sentimental était l'hostilité hongroise à l'égard des Serbes et des Roumains qui "coïncidait" avec les sentiments des nationalistes bulgares. Les nationalistes bulgares critiquèrent le régime hongrois comme en atteste clairement la déclaration du général Lukov. D'après lui, "la clique maçonnique, les Juifs et les ploutocrates" régnaient à Budapest. [336]

Si l'on en croit Radev, la Bulgarie aurait dû oeuvrer plus activement à la réconciliation entre la Croatie et la Hongrie car il était dans l'intérêt des trois pays de renforcer par l'amitié leur propre situation par rapport à la Serbie en tant qu'ennemie commune. [337]

 

Toutefois le gouvernement croate redoutait un rapprochement excessif entre la Bulgarie et la Hongrie. L'importante publicité que la presse hongroise accorda à la venue du ministre Filov à Budapest en octobre 1941 déclencha la rumeur que la Hongrie souhaitait conclure un pacte avec la Bulgarie au détriment de la Croatie (de la Roumanie, de la Slovaquie et de la Serbie). Zidovec après une vérification officielle rejeta une telle possibilité. L'ambassadeur italien était également sceptique quant à un accord hongro-bulgare susceptible d'attiser les tensions entre l'Italie et la Bulgarie à cause de la Macédoine occidentale. Compte tenu de ce fait, Zidovec affirmera qu'il est "difficile de croire que par cette circonstance à Budapest la Bulgarie entre dans un quelconque bloc avec la Hongrie, un bloc qui bien sûr aurait été plus ou moins sous influence italienne". Au final, le ministre Filov démentit de telles intentions en déclarant que sa visite à Budapest avait eu pour objet de conclure une convention culturelle et "n'a absolument rien eu de signification politique". Pour tout dire, Filov confia à Zidovec que les Hongrois s'étaient plaints des Croates qui ne voulaient pas trouver un consensus quant au Medjumurje. [338]

 

Vladimir Kosak, qui avait exercé la fonction d'ambassadeur croate à Budapest de juillet 1943 à mars 1944, décrivit les relations entre les deux pays comme tout à fait "floues". C'est pourquoi son activité diplomatique était "limitée et relativement minime" ; elle se ramenait principalement à obtenir un meilleur statut pour "les habitants du Medjumurje et de la Bacva en Hongrie" ainsi qu'à une juste reconnaissance de la Communauté culturelle croate à Subotica. Kosak ne réussit pas à amener les Hongrois à ce qu'ils légalisent le statut de la Communauté culturelle croate à Subotica. Les Hongrois arguèrent que les Allemands leur auraient dès lors adressé les mêmes revendications. [339]

 

En septembre 1942 le ministère croate des Affaires étrangères fut placé devant le fait accompli de devoir accepter l'accueil "provisoire" "des éléments croates de Bunjevac et de Sokac". Ceux-ci avaient émigré en Croatie sous la pression d'une "action de magyarisation en dépit de leur volonté". Les hautes autorités sommèrent le grand comitat (velika zupa) de Vuk d'accueillir tous les Croates qui s'étaient expatriés même si l'on savait que par l'émigration de la Backa et de la Baranja la communauté croate locale "devient de moins en moins résistante à la magyarisation". [340]

 

Le ministère des Affaires étrangères demanda à plusieurs reprises que la Hongrie traite les Croates dans le Medjumurje sur un pied d'égalité. Cependant, le problème du Medjumurje dépassait pour l'instant les possibilités politiques du gouvernement croate comme en témoigne l'appel du clergé catholique du Medjurmurje. Celui-ci s'était directement adressé à Pavelic lors d'une assemblée organisée le 15 janvier 1942. Le clergé avait invoqué la promesse faite par Pavelic qu'"au peuple croate en dehors de la patrie seront assurées la langue, l'éducation et la religion". Ladite promesse remontait au mois de mai 1941 lorsque avait été signé l'accord de démarcation entre la Croatie et l'Italie (Accords de Rome). Etant donné que la promesse n'avait eu aucune signification le clergé se considéra lui-même "comme le seul représentant du peuple dans le Medjumurje qui compte environ 112.000 Catholiques". Le sort réel des Croates dans le Medjumurje était assimilé "à un esclavage envers les Hongrois qui nous usurpent notre nationalité, notre éducation, notre culture et également nos biens". Il était indiqué dans le document que "les fonctionnaires hongrois sont dans toutes les écoles et dans tous les bureaux. On ne réglemente qu'en hongrois, on n'enseigne qu'en hongrois". Les Hongrois vont jusqu'à exiger que l'on "ne chante qu'en hongrois dans les églises". C'est pourquoi les prêtres protestent à bon droit de la manière la plus ferme "à l'encontre de tous ceux qui nous ont tout simplement placés dans l'étreinte des Hongrois, les mêmes qui pour la troisième fois nous ont annexés à la Hongrie ou qui y ont procédé par eux-mêmes à l'insu de tous". L'appel s'achevait par la demande que le Medjumurje habité à cent pour-cent par le peuple croate "soit immédiatement intégré à sa mère patrie la Croatie". [341]

 

Dans l'impossibilité de résoudre par des moyens bilatéraux la question du Medjumurje, l'administration croate exerça des contre pressions sur la Communauté culturelle hongroise qui comptabilisait environ 30.000 membres en Croatie. Cette communauté n'obtiendra pas la confirmation administrative de leurs réglementations statutaires de la part des autorités croates. Le service de surveillance oustachi n'autorisa pas la Communauté culturelle hongroise, ni les partisans du parti pro-nazi de Ferenc Szalasi, les Croix fléchées, de se produire publiquement en tant que "groupe particulier avec le drapeau hongrois". [342]

 

L'ambassadeur hongrois à Sofia, Jungerth Arnothy, avait tenté en novembre 1941 d'utiliser les bons offices du ministre bulgare des Affaires étrangères Popov dans les pourparlers avec les Croates. Arnothy avait offert comme base de négociation les points suivants : la Hongrie maintiendrait la souveraineté sur le Medjumurje, l'administration sur ce territoire serait laissée à la Croatie. En retour la Hongrie demandait un corridor en direction de l'Adriatique. C'est une telle solution que la partie hongroise avait offerte aux Croates en juin 1941 mais elle fut refusée. Popov avait suggéré à Zidovec de rencontrer Arnothy. Dans une conversation avec Zidovec datant du 15 novembre Arnothy avait déclaré : "Nous sommes disposés à céder le Medjumurje aux Croates, bien entendu en  escomptant que la Croatie montrera de la compréhension pour notre point de vue et qu'elle nous fera ces petites concessions que nous demandons." Zidovec en informa Lorkovic mais sans accorder de poids politique à la conversation en elle-même. Le soudain désir de discuter du Medjumurje qu'avait manifesté l'ambassadeur avait été selon lui la conséquence d'un regain d'effervescence chez les Hongrois en raison de la tentative roumaine de créer une alliance défensive sur le modèle de la Petite Entente (l'alliance entre la Roumanie, la Yougoslavie et la Tchécoslovaquie signée à Belgrade en 1929). C'est pourquoi Zidovec supposa que les Hongrois marchandaient à propos du Medjumurje afin que la Croatie reste neutre dans le conflit opposant la Hongrie à la Roumanie au sujet de la Transylvanie. [343]

 

Le ministre des Affaires étrangères Lorkovic démentit l'affirmation suivant laquelle les négociations de juin 1941 avaient échoué par la faute de la Croatie. Le gouvernement croate avait offert aux Hongrois un contrat de transit pour les chemins de fer en direction de l'Adriatique, il avait proposé l'échange de populations une fois la guerre finie mais n'avait point consenti à ce que la Hongrie maintienne la souveraineté sur le Medjumurje. Lorkovic déclara que ce territoire qu'il avait appelé "le grenier à blé de toute le Zagorje croate (...) appartient depuis des siècles à la Croatie". Par l'intermédiaire de Popov, il fit savoir aux Hongrois que la Croatie "ne peut baser sa politique sur les promesses nébuleuses des Hongrois mais qu'elle souhaite une position claire". [344]

 

Le ministre hongrois des Affaires étrangères, Laszlo Bordossy, rencontra Lorkovic à l'occasion de la signature du pacte dirigé contre le Komintern en décembre 1941 à Berlin. Ils discutèrent à nouveau du Medjumurje mais sans parvenir à rapprocher leurs points de vue. Le ministre bulgare des Affaires étrangères, Popov, qui avait accepté à contrecoeur le rôle d'intermédiaire entre les deux parties résuma la responsabilité des Hongrois lorsqu'il déclara qu'ils étaient "trop rigide et intransigeants". [345]

 

Le ministre hongrois des Affaires étrangères, Gabor Kemény, visitera Zagreb à la fin de l'année 1944 mais la question du Medjumurje ne sera pas davantage résolue à cette occasion. [346]

 

***

 

[333] Lorsqu'en octobre 1941 avaient éclaté des incidents entre les soldats croates et hongrois autour de Cakovec, le gouvernement croate avait adopté une position claire à propos du Medjumurje. Dans la directive du ministère de la Défense nationale qui fut signée par V. Vrancic, l'adjoint du ministre, il est explicitement établi : "Le gouvernement croate considère le Medjumurje comme partie intégrante de l'Etat indépendant de Croatie, et son occupation par les Hongrois comme une mesure provisoire tant que les instances responsables n'auront pas fixé la frontière étatique sur ce segment, lorsque la situation politique à cet égard aura mûri pour une telle décision. En conséquence de quoi entre le Medjumurje et la partie libre non occupée du NDH il n'existe aucune frontière étatique mais seulement une frontière entre le territoire effectivement occupé par l'armée et les autorités hongroises (dont le gouvernement croate n'a jamais reconnu l'occupation). et le territoire de l'Etat Indépendant de Croatie". HDA, MVP NDH OPBI T. num. 588/41, ministère de la défense nationale à la Présidence du Généralissime, Zagreb, 16 octobre 1941.

[334] HDA, MVP NDH, PS, V. Zidovec, V.T. num. 132/41, traduction de l'article de N. Nikolov "La voie de l'unification hongroise" du journal "Zora" en date du 12 novembre 1941.

[335] HDA, MVP NDH, PS, V.T. num.87, V. Zidovec, Notes sur l'entretien avec le ministre Popov datant du 27 octobre 1941.

[336] HDA, MVP NDH, PS, V. Zidovec, IPI, num. 1 datant du 3 mars 1942 ; V. Zidovec, TPI, num. 10 datant du 7 mars 1942.

[337] HDA, MVP NDH, PS, V. Zidovec, TPI. num. 13 datant du 27 mars 1943.

[338] HDA, MVP NDH, PS, V. Zidovec, Notes sur l'entretien avec l'ambassadeur italien datant du 20 octobre 1941 ; V. Zidovec, V.T. 67, Notes sur l'entretien avec le ministre président Filov datant du 21 octobre 1941.

[339] HDA, RSUP SRH, 013.0.49. Dossier V. Kosak, Déclaration de V. Kosak annexée au procès verbal de l'audition, Zagreb, 6 mai 1947.

[340] HDA, MVP NDH OPBI, T. num. 11396/41, La question de l'exil des Croates de la Backa et la Baranja, Zagreb, 22 septembre 1941.

[341] HDA, MVP NDH, OPBI, Direction du Comitat auprès du Poglavnik. L'appel sera adressé le 24 janvier 1942 au ministère des Affaires intérieures du NDH et au ministère des Affaires extérieures. Il était dit dans l'appel que les Hongrois affirment qu'ils "n'ont pas demandé le Medjumurje mais qu'il leur a été donné par l'Allemagne prétendument pour la raison que des chemins de fer qui mènent à travers le Medjumurje leur sont nécessaires".

[342] HDA, MVP, OPBI, T. num. 22091/42, Communiqué du Service de surveillance oustachi à la Velika zupa de Vuk, Zagreb, 24 avril 1942.

[343] HDA, MVP NDH, PS, V.T. num. 158/41, Lettre de Lorkovic à Zidovec en date du 19 novembre 1941. Voir N. Kisic Kolanovic, Mladen Lorkovic, Ministar urotnik (Mladen Lorkovic, Ministre conspirateur), 123.

[345] HDA, MVP NDH, PS, V. Zidovec, V.T. num. 190/41. En mai 1942, l'ambassadeur hongrois exprima l'espoir que serait malgré tout établie une collaboration hongro-croate. Il déclara que le régent hongrois Horthy est "un vieil ami convaincu de la Croatie qui comprend les nécessités croates car il a lui-même servi en Croatie, à Susak, à Rijeka et ailleurs, qui a pour but devant les yeux de réaliser un jour l'amitié hongro-croate qui renforcerait et la Hongrie et la Croatie, offrirait un jour la possibilité à la Hongrie d'un débouché en mer, et fournirait à la Croatie un solide et puissant arrière-pays." V. Zidovec, TPI num. 23 datant du 30 mai 1942.

[346] En tant que ministre des Affaires extérieures, M. Alajbegovic assista aux entretiens croato-hongrois à Zagreb. Il confirma que la partie hongroise avait marqué son accord au transfert des Croates de Bunjevac dans le NDH. Elle avait également promis qu'elle cesserait de poursuivre illégalement les Croates et qu'elle permettrait que la presse croate soit distribuée dans le Medjumurje. La partie croate avait promis qu'elle soutiendrait les aspirations hongroises relatives au port de Rijeka. En définitive, aucun accord ne sera atteint parce que Pavelic aurait été très irrité par la déclaration de Kemény après son retour de Zagreb, quand celui-ci avait indiqué que la Hongrie "a un rôle dirigeant dans le bassin du Danube". HDA, RSUP, SDS, 013.0.50, Dossier M. Alajbegovic, Procès verbal de l'audition auprès de l'Udba pour la Croatie datant du 13 mars 1947.

 

Source : Nada Kisic Kolanovic - Zagreb-Sofija - Prijateljstvo po mjeri ratnog vremena 1941-1945 (Zagreb-Sofia - Une amitié à l'aune des temps de guerre), Hrvatski Drzavni Archiv - Dom i Svijet, 2003, pp. 156-161.

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Rédigé par brunorosar

Publié dans #Hongrie-Croatie

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