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Publié le 23 Mai 2017

HNK Rijeka, (enfin) champion de Croatie 


 

C'est enfin arrivé ! Pour la première fois de son histoire, le HNK Rijeka a été sacré champion de Croatie. Présentation d'un club méconnu.

Rijeka sous la Yougoslavie titiste (1946-1991)

La ville de Rijeka devient yougoslave puis croate après la Seconde Guerre Mondiale grâce à l’armée populaire de Yougoslavie (JNA), menée par le Maréchal Tito. D’un point de vue football, un club existait pendant l’entre-deux-guerres : l’US Fiumana, du nom de Fiume (le nom italien de Rijeka encore employé aujourd’hui par les Italophones) qui végétait entre la 2ème et la 3ème division du championnat italien. Sa seule participation à l’élite date de 1928 avant un retour en D2 en 1929. Depuis la victoire yougoslave, l’US Fiumana a été dissoute et le 29 juillet 1946 est fondée la Société Sportive du Kvarner (nom de la région située entre l’Istrie et la Dalmatie), qui prend le nom de NK Rijeka en 1954. Jusqu’en 1974, le club végète entre la 1ère et la 2ème division du championnat yougoslave ; à la fin des années 1970, Rijeka remporte deux fois consécutivement la Coupe du Maréchal Tito (Coupe de Yougoslavie de football), en 1978 face au Trepča de Mitrovica (Kosovo) sur le score de 1-0 après prolongations et en 1979 face au Partizan de Belgrade sur le score total de 2-1. Rijeka perd une autre finale de Coupe en 1987 lors d’un derby de l’Adriatique face au Hajduk Split (9-8 aux tirs au but après un nul 1-1)… Mais en championnat, Rijeka n’a jamais fait mieux que 4ème…

Sur la scène européenne, le club a aussi connu quelques exploits, notamment en Coupe des Coupes. Dans cette compétition, il réussit son meilleur parcours européen en 1980 en atteignant les quarts de finale pour s’incliner face à la Juventus sur le score total de 2-0, malgré un 0-0 à domicile. Son principal fait d’armes en Europe date ensuite de 1984 face au Real Madrid au second tour de la Coupe de l’UEFA. A l’aller, Rijeka a remporté une victoire éclatante sur le Real (3-1), mais le match retour est une catastrophe. L’équipe du Kvarner se retrouve à 8 contre 11 et perd 3-0 à Bernabeu, encaissant notamment un but sur penalty suite à une faute litigieuse. Durant ce match retour, l’un des expulsés se nomme Damir Desnica, qui prend un premier jaune pour avoir poursuivi l’action après un coup de sifflet de l’arbitre et un deuxième pour des insultes. Problème, ce joueur est depuis sa naissance…sourd-muet.

 

En difficulté sur la scène croate… (1991-2012)

Après l’éclatement de la Yougoslavie, le HNK Rijeka est resté un club moyen sur la scène croate. Son 1er fait d’armes date de 1999, lorsqu’il a failli être champion. Lors de la dernière journée des play-offs (32ème journée), Rijeka dans sa lutte pour le titre devait absolument battre Osijek et espérer une contre performance du Dinamo Zagreb, qui affrontait le Varteks de Varaždin. Le Dinamo s’est imposé 2-0 ; Rijeka devait remporter son match 2-1. Sauf que l’arbitre de la rencontre a refusé un but parfaitement valable et Rijeka a concédé le nul (1-1). Le quotidien croate Nacional a ensuite relayé que c’était le président croate, Franjo Tudjman, qui avait utilisé les services secrets du pays pour voler le titre aux joueurs de Rijeka. Après la victoire du Dinamo, Tudjman, connu entre temps pour ses propos révisionnistes et surtout pour l’Opération Tempête (qui prévoyait l’expulsion de 250 000 Serbes de Croatie), a employé cette phrase avec beaucoup de cynisme : “Il y a un bon Dieu”. Malgré cela, Rijeka a disputé le second tour préliminaire de la Ligue des Champions, s’inclinant lourdement face au Partizan Belgrade sur le score total de 6-1.

Rijeka a malgré tout empoché deux Coupes de Croatie consécutivement, en 2005 face au Hajduk Split sur le score total de 3-1, puis en 2006 face au Varteks de Varaždin sur le score total de 5-5 et avec une victoire 4-0 à domicile. La même année, il a aussi terminé second en championnat. Mais avec la domination outrancière du Dinamo Zagreb, dirigé par le sulfureux Zdravko Mamić, Rijeka -comme la plupart des autres clubs croates- souffre de grosses difficultés financières. En 2011, le club est même au bord de la faillite avec 2 millions d’euros de dettes (somme colossale pour la Croatie) et des salaires impayés.

 

... mais transformé à la sauce italienne (2012-2017)

Le club a été sauvé par deux entrepreneurs : l’un Croate Damir Mišković, l’autre Italien Gabriele Volpi, qui a travaillé dans l’industrie pétrolière au Nigeria et est également propriétaire du club de foot de Spezia et de l’équipe la plus titrée d’Europe au waterpolo. Mišković a pris la présidence du club alors que Volpi s’est emparé de 70% du capital en injectant 3 millions d’euros, le temps de combler les dettes et les impayés. Les 30% restants appartiennent à la municipalité de Rijeka.

En mai 2013, Mišković nomme l’ancien sélectionneur de Slovénie, Matjaž Kek, entraîneur du club. C’est une réussite jusqu’à aujourd’hui puisque c’est lui qui est resté le plus longtemps au club. Profitant de la déliquescence sportive et financière du Hajduk Split, Rijeka termine trois fois deuxième entre 2014 et 2016 et remporte sa 3ème coupe de Croatie en 2014 face au Dinamo Zagreb (3-0). Cela permet au club de se stabiliser, non seulement sportivement mais aussi financièrement avec en plus de grandes ambitions. Gabriele Volpi décide de construire un stade provisoire de 6000 places, pouvant passer à 8300 dans le but d’accueillir des matchs de coupes d’Europe. Autre projet, en faire un centre de formation et reconstruire la Kantrida (stade du club) pour le porter à environ 14000 places.

Cette année, le HNK Rijeka a non seulement su bâtir une équipe compétitive avec patience et intelligence, surtout grâce au recrutement, mais en plus il a profité de la saison cataclysmique du Dinamo Zagreb (décuple champion en titre), en Ligue des Champions et devant un Maksimir quasiment vide à chaque match (même lors du clasico croate face au Hajduk Split). Avec une seule défaite en 35 matchs de championnat, la meilleure attaque avec 69 buts marqués et la meilleure défense avec 18 buts encaissés, une victoire à domicile 4-0 contre le Cibalia de Vinkovci et 5 points d’avance sur le Dinamo Zagreb, le HNK Rijeka a enfin réussi à être sacré champion de Croatie. Le voilà donc qualifié pour le second tour préliminaire de la Ligue des Champions.

Le plus dur reste à venir puisque de nombreux joueurs seront convoités par les club étrangers et peut-être par le Dinamo Zagreb. Mais avec les dirigeants en place, tout est prêt pour faire de ce club une institution stable sur tous les plans, sportifs comme financiers. Quelque soit son résultat face au Dinamo Zagreb en championnat, Rijeka est en course pour réussir le doublé coupe-championnat. Pour la 1ère fois depuis 2002, ni le Dinamo, ni le Hajduk ne seront sacrés champions ; Rijeka a mis fin à 11 années de domination outrancière du Dinamo Zagreb et du clan Mamić. La presse croate peut enfin jubiler.


 

Par Marko Pantic

Source : yourzone.beinsports.fr, le 22 mai 2017.

 

 

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 30 Novembre 2016

Le mafieux croate devenu djihadiste

Sorti de prison huit ans avant la fin de sa peine, après un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme en sa faveur, Amir M. est aujourd'hui recherché par la police anti-terroriste.

 

Selon une note d'un service de renseignement européen que nous avons pu consulter, cet ancien membre d’un groupe mafieux originaire des Balkans serait suspecté de vouloir préparer un attentat sur le territoire belge ou français.

En 2008, Amir M. est arrêté par la police croate pour son implication dans l’assassinat du journaliste Ivo Pukanić et son directeur. L’affaire fait grand bruit à l’époque à Zagreb. L’attentat à la bombe dans le parking de l’hebdomadaire Nacional provoque une réaction immédiate du Premier ministre et le déploiement de 250 officiers de police judiciaire. Le journaliste d’investigation, déjà menacé, devait témoigner en Italie dans le cadre de la «Balkan connection», une affaire de trafic de cigarettes de contrebande impliquant mafias du Sud de l’Italie, organisations criminelles des Balkans et même l’insubmersible Premier ministre du Montenegro Milo Dukanovic. La mort d’Ivo Pukanić priva les enquêteurs d'un témoin clef et le juge italien Giuseppe Scelsi regrettera de devoir clore l’enquête.


 

Il fait condamner son pays et profite d'une libération anticipée

Neuf suspects décrits par la police croate comme de «dangereux membres du milieu criminel» étaient arrêtés les jours suivants l’attentat contre le journaliste. En février 2010, ils étaient tous condamnés à de lourdes peines de prison. Parmi eux, d’anciens membres des «bérets rouges» serbes, mais aussi des Croates et des Bosniaques. La Croatie se devait alors de faire bonne figure auprès de l’Union européenne. Objectif réussi, l'affaire fut bouclée en moins de deux ans et la Croatie intégra l’UE en 2013. Mais paradoxalement, c’est une institution de l’Union européenne qui contribua à faire capoter l'affaire. Se plaignant de mauvais traitements infligés par la police croate, l'homme a réussi à faire condamner son propre pays, toucher une indemnisation et à bénéficier d'une libération anticipée. Alors qu'il devait rester derrière les barreaux jusqu’en 2023, l'homme fut remis en liberté.

Aujourd’hui, Amir M. figure avec son frère sur une liste de présumés candidats au Djihad circulant sur le territoire européen.


 

Source : parismatch.com, le 29 novembre 2016.

 

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 1 Octobre 2016

Le renouveau du NK Osijek, cas désespéré du football croate


 


 

Les mauvaises habitudes avaient la vie longue au NK Osijek. Notamment celles de débuter ses saisons avec une dizaine de nouveaux joueurs, de vendre ses meilleurs joueurs, de changer sans cesse de managers sans vision stratégique à long terme. Le tout sans perspective d’amélioration économique, avec une direction orientée politiquement sans avoir de réelles compétences en matière d’économie et de sport, une équipe non performante et un bassin fertile de jeunes qui avaient de moins en moins de raisons de rester se former au club. Oui, mais depuis, un proche de Viktor Orban a racheté le club. Et tout a changé.


 

UN CAS DÉSESPÉRÉ

Osijek avait de sérieux soucis financiers depuis une quinzaine d’années. Cela n’a rien d’étonnant quand on sait que seuls deux clubs sur dix de la première division croate n’en ont pas (Dinamo et Rijeka). Comme beaucoup d’autres en Croatie, le NK Osijek a été victime d’une gouvernance particulièrement incompétente qui utilisait le club pour en tirer des profits personnels.

Jusqu’à mars 2013, le club était géré sur un mode de gestion socios, le club appartenant à ses membres. Toutefois, ce système n’a pas réellement fonctionné. Les dettes s’accumulaient et auguraient une faillite proche. En mars, le NK Osijek est devenu une société par actions et la mairie était le principal actionnaire : la dette due à la ville et à l’état était ainsi convertie en actions. Cela n’a pas suffi, la situation s’est même empirée car il n’y avait plus de revenu réel provenant des boutiques, des ventes de tickets ou des droits TV.

Quand la mairie a repris le club, des membres d’un parti politique régional (HDSSB) ont été nommés à la tête du club. Les vieilles habitudes sont revenues : plutôt que des experts spécialisés, des politiciens s’installèrent. La situation dura quelques mois avant que le HDSSBperde les élections locales et décide de démissionner du club. Tous, sauf le président Josić qui, lui, a refusé. Un beau bordel. Le moment était venu de se tourner vers les supporters… qui s’étaient détournés du club après toutes ces années d’instrumentalisation politique. Le mal était fait, les fans ne sentaient plus ce club comme le leur et les dirigeants n’avaient pas vendu suffisamment d’actions pour sauver le club.

Malgré tout, l’académie restait performante avec un bon nombre de succès dans les catégories de jeunes. Un moindre mal pour un club auparavant considéré comme l’une des plus grandes écoles de football des Balkans. Suker, Spehar, Bjelica, Cvitanovic, Vlaovic, Krpan ou plus récemment Vida et Pranjic sont notamment sortis de l’école Osijek. Ces dernières années, les succès sportifs dans les équipes de jeunes n’éclipsaient pas la dégradation continue des installations pour les jeunes. Concrètement, outre des infrastructures devenant obsolètes, le staff était limité au possible (sans préparateur physique, kinés ou nutritionnistes notamment). Compliqué, donc, de faire progresser au mieux des talentueux juniors qui devaient se rendre eux-mêmes à l’hôpital (non spécialisé) pour des blessures classiques de footballeurs. Le club ne pouvait plus offrir de revenus corrects aux familles pour la formation de leurs protégés, ce qui n’incitait plus les parents à laisser leur enfant au club comme ils le faisaient auparavant. Ajouté à cela, le fait que la Croatie soit entrée dans l’UE laisse la possibilité pour le mineur de partir facilement dans une académie étrangère où l’argent n’est pas un problème.

 

UN MYSTÉRIEUX INVESTISSEUR HONGROIS

D’évidence, le NK Osijek tombait en déliquescence, submergé par des dettes, attendant sa liquidation prochaine. Quand soudain, Lorinc Meszaros, le patron de la société hongroise éponyme Meszaros & Meszaros Ltd, répondit à l’appel d’offres de la mairie. Cette dernière, peu submergée par les candidatures (il n’y en avait pas d’autres), eut le temps d’étudier la proposition hongroise. Ainsi que le profil de ce mystérieux Lorinc Meszaros. Les recherches du maire Ivica Brkic ont alors rapidement mené vers Viktor Orban, grand ami et partenaire de l’homme d’affaires hongrois.


 

La relation financière entre les deux hommes fait déjà partie du débat public en Hongrie. Certaines langues croient même savoir que Lorinc Meszaros n’existerait pas et ne serait qu’un vulgaire fake imaginé par Orban. Pourtant, l’ancien plombier devenu millionnaire existe bel et bien. Il est même président de la Ferenc Puskas Football Academy, club de première division hongroise créé par Viktor Orban. Plutôt cocasse pour quelqu’un qui, plus jeune, n’a jamais été intéressé par le sport, ni de près, ni de loin. Depuis son arrivée à la tête du club d’Orban, Meszaros s’est soudainement intéressé au football. Ou du moins, il fait semblant de l’être.

Ce n’est donc pas avec un ballon rond que notre homme s’est construit. Il faut chercher ailleurs. Pour trouver traces de son passé, direction le secteur du bâtiment. Modeste patron d’une PME locale après des débuts comme plombier, Meszaros devint un puissant magnat après avoir reçu d’un coup un grand nombre de commandes venant de l’Etat. Principalement pour construire des stades de football, endroits où ce hongrois n’avait jamais mis les pieds. Avec en point d’orgue, la construction de la Pancho Arena du Puskas Academy FC. En trois ans, la valeur de sa société fut multipliée par dix (+922%) pour se classer parmi les sociétés européennes les plus dynamiques du moment.

Ce miracle à un nom : Viktor Orban. Dans le village qui l’a vu grandir, à Felcsut (métropole de 1800 habitants), le président décida de changer quelque peu les règles du jeu de la démocratie. Alors que le candidat d’un parti indépendant remportait la mairie au nez et à la barbe de Meszaros, Orban apparut et trouva une faille dans la déclaration de revenus de l’heureux élu. On ne sut jamais si l’erreur était réelle, mais on sut que Meszaros était bien plus coopératif que le candidat du parti indépendant. La deuxième chance du patron de PME sera la bonne. En récompense de sa bonne volonté, Meszaros se verra même attribuer quelques petites récompenses. Entre autres, 1400 hectares de terres et des subventions de plus de 25000 dollars pour élever des porcs. En effet, grâce aux aides de l’Union Européenne, Orban put allouer à ses alliés quelques dotations via le programme de « Land Action ». Une vaste escroquerie visant donc à graisser les pattes de toute personne pouvant renforcer son pouvoir. Parfois, la situation semblait grotesque. Des journalistes s’en sont aperçus en visitant la propriété de Meszaros où aucun porc n’était détectable ! Contraint et forcé, il débuta un élevage, cependant bien trop faible pour justifier une telle dotation. Toujours à cause de la pression populaire, il déclara son patrimoine et ses rapports financiers après avoir refusé de s’y soumettre dans un premier temps. Et peu importe s’il s’est avéré que le rapport avait omis une déclaration d’une partie des bénéfices de la société dont il était propriétaire…

Son cas, bien qu’étant le plus exposé, n’est pas isolé. Felcsut possède désormais le titre officieux de « capitale de l’Orbanistan ». Une importance unique pour un village typique de la plaine Pannonienne, bordé par des fossés et des bancs en bois sur lesquels s’asseyaient des personnes âgées regardant le temps passer. Depuis 2009, il est devenu la ville la plus riche de Hongrie avec un PIB par habitant surréaliste, poussant derrière lui les deuxième et douzième districts de Budapest. En plein centre, non pas une église mais un stade ultramoderne avec quatre tribunes couvertes. Lors de son inauguration, Orban disait alors : « J'espère que cela motive nos jeunes de voir que le gamin du village est devenu une star. » Puskas n’ayant pas grandi dans un village, il est fort à parier que ce conservateur se citait lui-même en exemple…

Dans son village, il fit aussi construire un centre national de football avec une importante Académie (« l’une des meilleures en Europe« , selon ses dires, toujours modestes). Les résultats du football dans l’Orbanistan sont mitigés. D’un côté, le centre très généreusement financé par l’argent des contribuables, a seulement fait éclore des joueurs moyens de la ligue hongroise. De l’autre, le club professionnel obtient de bons résultats puisque la Puskas Academy FC a réussi à accéder à la première division nationale et à s’y maintenir (jusqu’à l’an dernier et une descente). Ce qui a commencé comme une équipe officieuse de Videoton B (club dont Orban est fan) est devenu un club important du pays coaché par l'illustre Robert Jarni.

Ces investissements font déjà saliver la HNS, à commencer par ses têtes d’affiche Mamic et Suker, habitués des visites à Felcsut : « L’ensemble du sport croate reçoit de l’Etat 116 millions de kunas (15 millions d’euros) quand le gouvernement hongrois alloue 7 millions d’euros au seul football ! Nous sommes des citoyens de ce pays et des électeurs, nous ne nous tairons pas!,  » regrettait un Zdravko Mamic qui songeait à se présenter à la présidentielle croate. Son ami Davor Suker, lui, revendiquait : « Dieu fasse que notre premier ministre ou notre chef d'Etat agisse comme Viktor Orban !  » Mais peut-être que Dieu préfère allouer l’argent des contribuables à des secteurs plus profitables pour la communauté…


 

LE RENOUVEAU

A la lecture de ces éléments et des promesses du candidat, la mairie d’Osijek  décida d’accepter l’offre hongroise en janvier 2016. En cédant la majorité des parts du club, la ville vit son budget s’alléger d’au moins un million de kunas par an et prit en charge seulement les équipes de jeunes. Cette décision a fait entrer le club dans une nouvelle ère, celle de la privatisation, pour la première fois d’une riche histoire de 69 ans. Soit l’âge exact de l’homme le plus satisfait de cette vente : Ivica Vrkic. Le maire d’Osijek, aussi président de l’Assemblée du club, avait tout tenté pour sauver son protégé, sans réussite jusqu’ici. Après l’échec des négociations avec la brasserie locale, Vrkic décida de « céder les parts même pour un seul kuna. » La seule offre, supérieure à un kuna, est donc venue de Meszaros et son partenaire Ivan Mestrovic, un businessman originaire d’Osijek qui a fait fortune à Dubaï et en Hongrie. Et malgré les réticences de quelques membres de la mairie, la majorité accepta faute d’autres choix. Vrkic encore : « Je voudrais tous vous remercier. C'est un bon arrangement pour le club mais aussi pour les autres sports de la ville à qui nous pourrons donner plus d'argent. »

Un pari pour le moment réussi. Après la signature du contrat, Meszaros annonça sa volonté de renforcer le club pour rester en Prva Liga ainsi qu’un projet de rénovation du stade : « Un club avec une riche histoire comme le NK Osijek mérite beaucoup mieux que sa place actuelle (ndlr : le club était relégable » déclara un Meszaros « venu par amitié, à l'invitaton d'un ami afin de résoudre les problèmes du club qu'il aimait »,  Et qui étaient là pour la présentation officielle ? Suker et Mamic, bien sûr. Le premier, ancien joueur d’Osijek, s’emballa et annonça : « Je veux voir Osijek en Europa League ou en Ligue des Champions. »

Il se pourrait que son emballement soit réaliste. Les problèmes financiers traînant depuis quinze ans furent effacés d’un virement depuis une banque hongroise et toutes les dettes furent payées, y compris les salaires en retard des employés du club. Pour cette saison, le budget est passé à trois millions, ce qui en fait le plus élevé de l’histoire du club. Pour Mestrovic : « comme nous avons composé avec les dettes, notre ambition de départ a été freinée, » comme il l’expliquait dès son arrivée. Cela n’a pas empêché un bon recrutement et le démarrage de l’aménagement du stade : « Nous avions plusieurs options comme construire un nouveau stade. Mais nous avons dû faire face à des problèmes techniques sur un site et il y avait des propriétés privées sur un autre. Par conséquent, nous avons décidé de planifier le réaménagement de notre propre stade. Notamment la suppression de la piste d’athlétisme, la création de nouvelles tribunes en détruisant celles obsolètes ou la couverture du stade avec un toit. Avec tout cela, nous obtiendrons une meilleure ambiance et une meilleure insonorisation. »

Les résultats se font déjà sentir. outre le bon début de saison sportif, la ferveur est revenue et pas uniquement chez les fidèles ultras de la Kohorta. 2000 personnes sont déjà devenues membres de l’association « Bijelo-plavi klubi » (club blanc et bleu) et compte tenu des avantages pour les membres sur les abonnements (50% de réduction), les 1000 abonnés de la saison 2015-2016 furent vite dépassés. Justement, cette association a été une réussite. Bijelo-plavi klubi réunit les fans du club de football et aussi toutes les personnes voulant promouvoir la ville. L’adhésion, gratuite, montre le soutien actif pour le club, mais aussi la loyauté et l’allégeance à leur club et à leur ville.


 

La caution locale a donc bien été respectée dans ce projet, conformément aux voeux de Mestrovic : « Nous sommes fiers que la plupart des investissements proviennent de l’extérieur. Cependant, je tiens à ce que notre maillot soit représenté par des acteurs locaux et donc des entreprises régionales. Notre identité doit être reconnaissable. Nous voulons aussi que chacun en Croatie sache qu’Osijek est une ville de football. Voici pourquoi nous avons conçu le projet « Bijelo-plavi klubi, pokrenimo grad ». Notre objectif est de recueillir une adhésion massive. Autrement, notre projet serait dénué de sens. »

L’unanimité n’existant pas, certaines voix se sont faites discordantes. Particulièrement de l’autre côté de la frontière, où les Hongrois pensent plutôt que cette nouvelle intervention peu opportune relève du calcul politique. D’autres croient savoir qu’Osijek, véritable pépinière de talent, servira comme club farm de Felcsut. Quoi qu’il en soit, l’espoir est revenu dans ce coin de la Slavonie, donné pour mort il y a encore quelques mois. C’est bien cela le plus important.


 


 

Par Damien F


 

Source : footballski.fr, le 23 août 2016.


 


 

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 2 Juin 2016

FIFA : Zvonimir Boban nommé secrétaire général adjoint

 

 

 

L'ancien international croate Zvonimir Boban a été nommé secrétaire général adjoint de la Fifa.

 

Zvonimir Boban assistera comme prévu Fatma Samoura, la nouvelle secrétaire générale sénégalaise qui prendra ses fonctions le 20 juin, pour les dossiers liés au football.

Depuis sa retraite en 2002, le Croate de 47 ans a été diplômé en Histoire de l'Université de Zagreb et commentait le football à la télévision. L'arrivée de l'ancienne gloire de l'AC Milan intervient une semaine après le renvoi du secrétaire général par intérim, l'Allemand Markus Kattner, suspecté de manquements financiers en lien avec ses fonctions qui pourraient se chiffrer à des millions de dollars.

 

 

Source : lequipe.fr, le 30 mai 2016.

 

 

 

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 3 Avril 2016

SANS ŽAN OJDANIĆ, LA TORCIDA DE SPLIT EST ORPHELINE


 

Žan Ojdanić est mort vendredi à l’âge de 45 ans des suites d’un accident de parachute. Il était une légende des tribunes balkaniques, notamment pour avoir initié la reprise du Hajduk Split, au bord de la faillite, par ses supporters. Hommage.

Dans le monde du football, la plupart des légendes naissent sur le terrain, mais d’autres voient le jour dans les tribunes, celle de Žan Ojdanić était née au nord du stade Poljud. Debout, dos à la mer, cheveux longs, écharpe et lunettes noires, les murs de Split ont depuis longtemps immortalisé ce visage, fierté d’une ville et d’une région qui vibre plus que d’autres pour son club.

À la faveur de la diffusion des modèles ultra et hooligan de supportérisme dans les années 1980, l’ancienne Yougoslavie a vu éclore une génération de jeunes meneurs de tribunes. Belgija (mort en 2011), Čume, Žan et quelques autres ont donné corps à des groupes de supporters aujourd’hui encore respectés et craints partout en Europe pour leur ferveur, leur dévotion, leur violence aussi.

Dans une Yougoslavie en crise, les tribunes prennent leur part dans la montée des périls. Cette première génération est celle qui donne corps tous les weekends à des tensions ethniques savamment alimentées ailleurs. Ljubljana, Zagreb, Sarajevo, Titograd (aujourd’hui Podgorica), Belgrade, Žan est de tous les déplacements pour porter ses couleurs, celles de Split et de la Croatie, avec sa voix, ses couilles et ses poings. Aucune surprise de le retrouver engagé dans la 4e Brigade de la Garde Nationale Croate, devenue armée croate à partir de novembre 1991.

Ces dernières années, Žan avait entrepris un autre combat, celui de rendre le Hajduk à ses fans. Au bord de la faillite, le club avait fini par être privatisé, la mairie de Split possédant 56% des parts. Žan et quelques autres ont alors fondé l’association Naš Hajduk afin de faire pression sur la mairie dans la gestion du club. L’adoption d’un code de bonne gouvernance (Kodex) fut une première retentissante victoire. Puis des investisseurs américains ont pointé le bout de leur nez pour racheter le club. « On ne savait pas qui était ces gens ni qui ils représentaient. Ils nous ont pris de haut alors qu’ils n’avaient aucun projet sérieux. On leur a demandé comment il comptait développer le club, ils ont répondu qu’ils feraient venir Beyonce en concert au stade, t’imagines le truc ? », m’avait-il expliqué.

Alors le Hajduk a suivi un autre chemin, celui d’une gestion démocratique dans laquelle, malgré son statut privé, ce sont ses membres (ceux de Naš Hajduk ainsi que l’association des amis de Hajduk dans le monde) qui élisent un conseil de surveillance, qui désigne lui-même la direction du club. Celui-ci est désormais dépolitisé, géré de façon saine et durable, les dettes sont progressivement apurées, une gestion novatrice et exemplaire dans un pays à l’industrie vacillante et aux privatisations viciées. Ce combat montre qu’une autre voie qu’un capitalisme sauvage et sans âme est possible. Il en a inspiré d’autres dans la région, chez les ennemis du Dinamo Zagreb, mais aussi à Zenica en Bosnie. Cet héritage est sans doute ce que Žan a laissé de plus précieux non seulement au club de sa vie, mais aussi au football tout simplement.

Hier soir, des centaines de supporters se sont réunis dans la tribune nord du stade Poljud pour lui rendre hommage. Une prière puis un craquage massif de fumigènes dans un émouvant silence de cathédrale, comme pour montrer à Dieu qui est celui qui vient frapper à la porte du paradis des légendes.


 

Par Loïc Trégourès


 


 

Source : courrierdesbalkans.fr, le 3 avril 2016.

 

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 20 Novembre 2015

Damir Vrbanović

 

Né le 2 mars 1959 à Zagreb

Diplômé en droit du sport de la faculté de Zagreb, Damir Vrabnović a été salarié pour la première fois de la fédération croate entre 1992 et 1996, avant de rejoindre le GNK Dinamo Zagreb.

•  Pendant plus de 16 ans, il a été directeur général et directeur exécutif de ce club. Il siégeait également dans les instances d'appel et les instances disciplinaires de la fédération. Il a également été élu président de l'association croate des clubs de première division en 2003. Il est devenu vice-président de son association en 2005.

•  Il est également actif à l'UEFA en tant que membre de la commission des compétitions par équipes nationales. 


 

Source : http://fr.uefa.org/member-associations/association=cro/index.html

 

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 4 Juillet 2015

1. Le football croate dans l’œil du cyclone

 

 

Zeljko Siric, ancien arbitre de haut niveau et actuel vice-président de la fédération croate de football (HNS), et le président de la commission des arbitres croates Stjepan Djedovic ont été appréhendés vendredi.
 
Ils sont soupçonnés de corruption, rapporte l'agence croate HINA. Ils auraient influencé le résultat d'au moins une rencontre de D1 croate, selon le site croate Index. Les aveux de l'arrière droit camerounais Patrice Kwedi serait à l'origine de ces arrestations. Il a reconnu qu'un match de son équipe Sibenik, pour laquelle il joua entre 2006 et 2009, contre le Dinamo Zagreb avait été arrangé.
 
Par ailleurs, Siric et Djedovic font l'objet d'une enquête pour corruption active et passive. Le football croate est dans l'oeil du cyclone depuis quelques jours et le déroulement étonnant de la rencontre de Ligue des champions entre le Dinamo Zagreb et l'Olympique Lyon (1-7), un résultat de la 6e journée du groupe D qui a qualifié à la surprise générale les Lyonnais pour les huitièmes de finale de la compétition.

 

 

Source : 7sur7.be, le 9 décembre 2011.

 

 

 

 

 

2. Quatre ans de prison pour un ancien dirigeant de la fédération

 

 

Un ancien vice-président de la Fédération croate de football (HNS), Zeljko Siric, a été condamné mardi à quatre ans de prison pour avoir touché des pots-de-vins, afin d’assurer un « arbitrage correct » lors d’un match de première division.

Siric avait reçu 30.000 euros, en décembre 2011, de la part d’un responsable de l’Hajduk Split, à qui il avait promis que les arbitres seraient choisis sur une liste fournie par le club, selon le verdict.

« Il a abusé de sa position dans le sport (…) pour son propre profit », a déclaré la juge Gordana Mihela Grahovac devant un tribunal régional de Zagreb. Le tribunal lui a également interdit d’occuper pendant huit ans toute fonction dans le football.

Un dirigeant du club de Karlovac, Neven Sprajcer, a été condamné à dix mois de prison ferme et quatre ans avec sursis pour avoir passé un accord similaire avec Zeljko Siric en faveur de son équipe, en échange de 15.000 euros. Ces dernières années, le football croate a été touché par des affaires de corruption et de hooliganisme.

 

 

Source : directinfo.webmanagecenter.com, le 25 mars 2014.

 

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Publié le 27 Juin 2015

1. Le sulfureux Ante Sapina

 

 

Cet Allemand d'origine croate est au coeur des scandales de paris truqués qui ont défrayé la chronique footballistique outre-Rhin pendant presque dix ans. Il a dirigé un réseau qui a obtenu le concours d'arbitres et de joueurs pour orienter les scores contre pots-de-vin. Condamné une première fois en 2006 à presque trois ans de prison, il l'a été à nouveau en 2011 pour avoir récidivé sur une cinquantaine de matches, notamment un Liechtenstein-Finlande des qualifications au Mondial 2010. 

 

 

 

 

2. Quand la mafia croate se payait des matchs allemands

 

 

En 2004, Paderborn n'était pas encore ce promu courageux en Bundesliga, seulement un bon club de Regionalliga Nord, à l'époque l'équivalent de la troisième division outre-Rhin. Alors quand se présente Hambourg, pensionnaire de l'élite, au premier tour de la DFB-Pokal, on ne donne pas cher de sa peau. Et pourtant…

 

 

Nous sommes le 21 août 2004. Le HSV, huitième de Bundesliga l'année précédente, fait son entrée en DFB-Pokal avec ses deux recrues stars, belges qui plus est, Daniel Van Buyten et Émile Mpenza. Direction Paderborn, à l'est de la Rhénanie-du-Nord – Westphalie. Ses 140 000 âmes en font la 23e ville la plus peuplée du Land, loin, très loin de Cologne, Düsseldorf ou Dortmund. Pour donner un ordre d'idées, Paderborn est jumelé avec Le Mans, et encore, ce n'est pas rendre justice à la préfecture de la Sarthe. Le club local, le SC Paderborn 07, vivote tranquillement en Regionalliga Nord (équivalent de la D3 à l'époque) depuis le début du millénaire. Autant dire que les hommes de Klaus Toppmöller ne se méfient pas outre-mesure. À raison d'ailleurs : au bout d'une demi-heure, les Hambourgeois mènent déjà 2-0 grâce à des réalisations de Christian Rahn et Mimile Mpenza.

Sauf que cinq minutes plus tard, l'arbitre, un certain Robert Hoyzer, accorde un pénalty plus que discutable aux amateurs, Thijs Waterink, leur capitaine de stoppeur, semblant avoir plongé dans la surface adverse. Guido Spork transforme dans la foulée, ce qui rend fou Mpenza. Le Belge hurle son sentiment d'injustice (et apparemment quelques insultes pour la bonne bouche) à l'homme en noir. Carton rouge. Dans la foulée, Paderborn égalise par Robert Müller. Prend l'avantage grâce à Daniel Cartus (et une erreur d'appréciation de DVB) à l'heure de jeu. Et scelle sa victoire grâce à un nouveau pénalty de Spork en fin de match. On tient un exploit. Kicker titre d'ailleurs après le match « Paderborn crée la sensation ».

 

Ça sent le sapin


Une sensation, d'accord, mais celle-ci serait limite un peu louche. Quatre arbitres vont alors toquer à la porte de la DFB (la fédé allemande) pour faire part de leurs doutes. Dans un premier temps, comme souvent avec les institutions, il ne se passe rien. Mis au courant des accusations, Robert Hoyzer, 25 ans, range son sifflet. Finalement, la DFB ouvre une enquête, tout comme la police. À raison. Après avoir nié pendant deux jours, Hoyzer finit par se mettre à table le 27 janvier 2005. Il admet avoir reçu 67 000 euros (et une télé plasma) pour avoir arrangé les résultats de quatre matchs, et avoir tenté sans succès d'influer sur le cours de deux autres. Ce Paderborn-Hambourg appartient évidemment à la première catégorie : l'arbitre a été payé 20 000 euros pour assurer la victoire du petit poucet.

Mais d'où vient tout cet argent ? Tout simplement de la mafia croate, plus précisément de trois frères, Ante (le cerveau), Filip et Milan Sapina, basés à Berlin, qui gagnaient de grosses sommes d'argent en pariant sur les matchs truqués. Lors d'une descente au Café King, un bar croate situé dans le quartier de Charlottenburg, fréquenté par les joueurs et les arbitres affiliés au Herta Berlin (comme Hoyzer), la police trouve des reçus de paris gagnants pour la somme rondelette de 2,7 millions d'euros. Pour un simple Karlsruhe-Duisbourg de 2. Bundesliga disputé en décembre, Sapina aurait misé 240 000 et gagné 870 000 euros.

 

Fire at will


Pour sauver sa peau, Hoyzer balance à tout-va. Collègues, joueurs, clubs, la fédé, l'UEFA. On apprend ainsi que Thijs Waterink, le plongeur de Paderborn, a reçu 10 000 euros d'un « gentleman avec une apparence du Sud » qu'il devait distribuer à son équipe en cas de victoire. Hoyzer se rappelle même que c'était une « pratique courante » pour les arbitres d'être amenés au bordel avant les matchs, citant ses expériences personnelles dans les bars à lap-dance de Leipzig en 2000. Ses révélations, pour la plupart fallacieuses, aboutissent tout de même à l'arrestation d'un autre arbitre, Dominik Marks, qui officiait lors de Karlsruhe-Duisbourg. Mais malgré sa coopération, Hoyzer se fait allumer : banni à vie de toute fonction dans le football, il écope surtout d'une peine de 29 mois de prison. Marks prend, lui, 18 mois, et Ante Sapina 35.

Même si le scandale n'a pas touché la Bundesliga, seulement les divisions inférieures, la DFB doit réagir pour assurer sa crédibilité, à quelques mois de la Coupe du monde qu'elle organise. Un certain nombre de mesures préventives sont mises en place, des matchs sont rejoués. Le HSV se voit accorder un dédommagement de deux millions d'euros pour sa sortie précoce, que le club accepte volontiers, devant payer les indemnités de licenciement de Toppmöller. Tout finit par rentrer dans l'ordre, et l'affaire n'entamera pas le crédit de l'Allemagne sur la scène internationale. Aujourd'hui, Mpenza cherche un club, Van Buyten a pris sa retraite. Toppmöller est toujours au chômage, après une tentative à la tête de la Géorgie. Paderborn est deuxième de Bundesliga, avec une victoire et un nul. Hoyzer est sorti de prison. Et Ante Sapina a été condamné en mai 2011 à cinq ans et demi de prison pour une nouvelle affaire de matchs truqués, à travers toute l'Europe cette fois. Une sentence réduite à cinq ans en appel en mars dernier. Comme dirait Céline, « on ne change pas ».

 

 

Par Alf Lafon

 

Source : sofoot.com, le 12 septembre 2014.

 

 

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Publié le 3 Mai 2015

Football, les Bad Blue Boys, un morceau de l'histoire croate


 

 

Nés peu avant la guerre, les bouillants ultras du Dinamo Zagreb ont grandi en même temps que la Croatie indépendante. Après avoir combattu pour défendre leur pays et joué des poings dans toute l'Europe, ils traversent aujourd'hui une crise qui met au jour un système gangrené par la corruption et l'affairisme.

 

 

 

Durant la décennie 80, le hooliganisme à l'anglaise fait des émules et se propage à toute l'Europe, Balkans inclus. Là, il plonge ses racines dans le même terreau qu'ailleurs –pauvreté, chômage, incertitudes politiques et économiques, désillusion croissante chez lez jeunes. Comme ailleurs, il est «juvénile, masculin et groupal». Comme ailleurs, il est un vecteur identitaire et exalte la notion de territoire à défendre. Mais comme nulle part ailleurs, il se charge d'une dimension nationaliste particulière et prospère dans les failles d'États en déliquescence.

Supporters du Dinamo Zagreb, les Bad Blue Boys (BBB) sont fondés en 1986. S'ils ne sont pas les premiers –leurs voisins et rivaux de la Torcida de Split, considérés comme le plus vieux groupe de supporters d'Europe, ont déjà 36 ans à l'époque–, ils vont rapidement s'imposer comme une formation de poids dans le supportérisme européen. Et très vite, tous les stades européens connaîtront leurs intimidations et provocations –verbales ou physiques.

A peine nés, les BBB sont emportés par le tourbillon de l'histoire. Au tournant des années 90, le nouveau maître à Belgrade, Slobodan Milosevic, rêve d'une «Grande Serbie» qui s'étendrait sur les deux tiers de la fédération, tandis qu'en Croatie voisine, les législatives du 6 mai 1990 portent au pouvoir le très nationaliste Franjo Tuđman. Le rapport de forces s'instaure rapidement entre les deux hommes et, dans une région déjà au bord de l'implosion, chacun joue à exacerber le sentiment national. Or le sentiment national, les BBB l'ont chevillé au corps: ils soutiennent Tuđman et ses aspirations indépendantistes.

Beaucoup d'entre eux vous diront que la guerre a réellement commencé le 13 mai 1990, une semaine après l'élection de Tuđman. Ce soir-là, au stade Maksimir de Zagreb, le Dinamo reçoit l’Étoile Rouge de Belgrade, et avec elle ses ultras, les féroces Delje. Côté serbe, les slogans fusent: «Nous tuerons Tuđman» ou encore «Zagreb est serbe». Côté croate, ce sont d'abord des insultes, puis bientôt des chaises et autres projectiles qui sont lancés. La pelouse ne tarde pas à être envahie et la police débordée.

Zvonimir Boban, 21 ans à l'époque, jeune prodige et capitaine du Dinamo, s'illustre par un magistral coup de semelle administré à un policier yougoslave qui s'en prenait à un supporter croate. Bilan de la soirée: match annulé, 147 blessés et un héros national bien malgré lui. Car si le geste de Boban lui coûtera six mois de suspension et sa place au Mondial en Italie, il lui vaudra d'être considéré par certains nationalistes comme l'auteur du premier coup porté à la Serbie dans la guerre pour l'indépendance croate.

 

Conflit précurseur

L'année suivante voit le bras de fer diplomatique se raidir entre Zagreb et Belgrade et la guerre se préciser. Lorsqu'elle éclate en 1991, après que la Croatie a déclaré unilatéralement son indépendance, les rivalités nationales s'ajoutent aux rivalités sportives et, dans chaque camp, les hooligans prennent les armes. Les Delje de l'Etoile Rouge suivent leur chef, Željko Ražnatović, dans les Tigres d'Arkan, qui se rendront coupables de nombreuses exactions. Quant aux Bad Blue Boys, ils restent fidèles au président Tuđman et sont les premiers à s'enrôler, en masse, dans l'armée croate naissante. L'armée ne disposant pas encore de ses propres couleurs, c'est le badge du Dinamo qui fera office d'insigne sur ses premiers treillis.

Une fois la guerre terminée, chacun retourne à la vie civile: les soldats redeviennent supporters et le badge du Dinamo ne sert plus que les soirs de match. Mais l'état de grâce est moins qu'éphèmère, il est inexistant: les nationalistes sont déçus de cette Croatie nouvelle, certes indépendante mais qu'ils jugent corrompue et dévoyée.

En 1993, le président Tuđman décide d'abandonner le nom de Dinamo Zagreb, adopté en 1945 sous la Yougoslavie communiste, pour le remplacer par l'appellation Croatia Zagreb, plus digne selon lui du premier club national et surtout moins connotée. Les BBB refusent de se voir dépossédés d'un nom qu'ils considèrent comme un morceau de patrimoine et se lancent dans une bataille symbolique et politique que le président croate perdra à double titre. Non seulement son parti, le HDZs'inclinera lors des législatives de 2000, juste après sa mort, mais en plus, l'opposition rendra au Dinamo son nom originel.

Selon le sociologue Srđan Vrcan, cette crise a marqué la première cristallisation de l'opinion contre Tuđman et a constitué les prémices de son déclin:

 

«L'intérêt de ce conflit réside dans le fait qu'il est intervenu avant même l'apparition d'une opposition politique sérieuse remettant en cause le président Tuđman et sa façon de gouverner. Non seulement il a préfiguré l'érosion croissante du soutien politique accordé par les Croates à Tuđman et au HDZ, mais en plus, il a renforcé cette érosion. En quelque sorte, ce conflit a anticipé et contribué au désastre électoral que le HDZ a connu en janvier 2000, juste après la mort de Tuđman.»

 

Frasques et provocations

Les affaires des BBB ne s'arrangent pas avec l'arrivée de Zdravko Mamić, qui prend la tête du Dinamo en 2003 et y installe une oligarchie népotique à but ouvertement lucratif. Mamić, 55 ans, est probablement l'homme le plus contesté du football croate. Outre ses frasques etprovocations – l'éventail est impressionnant: déclarations outrancières, saluts nazis, insultes publiques assorties parfois de menaces de mort, voire de coups et blessures envers journalistes, arbitres et autres représentants de la fédération, etc.–, l'homme est aussi connu pour ses pratiques douteuses, allant des malversations aux matchs truqués en passant par la vente et l'achat frauduleux de joueurs en vue d'enrichissement personnel. Le tout supporté par un système aussi mafieux que réticulaire.

L'un des grands projets de Mamić est d'affaiblir les BBB par tous les moyens afin de phagocyter leur force de contestation. Aussi, sous couvert de respecter les oukases de l'UEFA en luttant contre le hooliganisme, il se lance dans une grande entreprise de nettoyage des tribunes, ce qui justifie et, mieux, nécessite d'en bannir les ultras. Et, à l'image de ce qui se pratique en Europe de l'ouest, supprime les places debout, interdit les fumigènes, multiplie les interdictions de stade, entre autres.

Selon Loïc Trégourès, journaliste au Courrier des Balkans et doctorant à Lille 2, spécialisé en sport, politique et identités dans l'espace yougoslave, «les tribunes se gentrifient, on expulse les pauvres, les jeunes à problèmes et on amène des gens qui vont au stade comme ils iraient au théâtre, avec la sainte Trinité "Paie, assieds-toi, tais-toi"». Avec pour conséquence des places de plus en plus chères, un public plus familial et des matchs sans ambiance. Et le chercheur de fustiger les autorités qui, pour parvenir à leurs fins, taxent tout acte jugé indésirable de «hooliganisme», en jouant sur l'ambigüité sémantique et la vacuité juridique qui entourent le terme. Il rappelle, non sans malice, qu'en Russie«les Pussy Riot ont été condamnées pour hooliganisme».

Au fond, la stratégie de Mamić et des autorités est d'une simplicité enfantine. Dans un premier temps, ternir l'image des ultras en les réduisant à leur caricature puis, dans un second temps, multiplier les interdits et les provocations pour les pousser à la faute afin de corroborer l'image répandue. Ce dont, pour l'instant, les BBB ont eu l'intelligence de se garder.

Tout de même, ces derniers ont perdu une partie du pouvoir de nuisance qu'ils avaient pendant la décennie Tuđman. Et un peu de leur lustre, aussi, auprès d'une population lassée de la violence et du nationalisme. «Les BBB n’ont pas une bonne réputation parce qu’ils sont de tradition britannique, davantage hooligans qu’ultras, et ne bénéficient plus de l’aura de ceux qui ont été les premiers à se battre physiquement contre le régime de Tuđman», décrypte Loïc Trégourès.

Pour faire entendre leurs réclamations, les BBB organisent depuis plusieurs années un boycottage massif des matchs, lequel vient s'ajouter aux interdictions de stade qui pleuvent sur les ultras et aux désertions des supporters lassés par la répression et l'inflation sécuritaire, avec pour résultat que le Dinamo joue dans un stade Maksimir quasiment vide.

Mais ce boycott, explique Loïc Trégourès, est économiquement peu pénalisant pour un club financé par la mairie de Zagreb et les transferts –parfois faramineux– des meilleurs jeunes. Dans ces conditions, explique-t-il, «le Dinamo peut bien jouer à huis clos, ce n'est pas grave», contrairement au Hajduk Split, dont le modèle économique «fait qu’il a besoin de la Torcida pour remplir son stade».

 

Une future privatisation?

Malgré tout, un soutien public commence à s'organiser autour du club. D'abord, une association de fans s'est créée, Ensemble pour le Dinamo, qui revendique des élections libres au conseil d'administration. Plus récemment, d'anciennes légendes du club (dont Robert Prosinečki, actuel sélectionneur de l'Azerbaïdjan) se sont eux aussi publiquement engagés pour des élections qui mettraient fin à l'ère Mamić.

Fait inimaginable il y a quelques années: en mai 2014, le derby éternel entre Zagreb et Split –qui a attiré moins de 2 000 spectateurs sur les 35.000 places que compte Maksimir– a vu la Torcida et les BBB se réunir dans la même tribune pour protester à l'unisson contre Mamić et la fédération complice, dont le président n'est autre que l'ancienne gloire Davor Šuker.

Plus spectaculaire encore: en novembre dernier, les supporters de Split ont boycotté le derbypour protester contre les interdictions de stade prononcées à l'encontre de centaines de fans placés sur une liste noire, établie et alimentée au bon vouloir du clan Mamić. Et dans un bel élan de solidarité, les joueurs du Hajduk eux-mêmes ont refusé d'entrer sur la pelouse, au prix d'une défaite par forfait et d'une grosse amende. Amplement relayé par les médias, l'évènement avait contraint le Président croate Ivo Josipović à admettre que la fédé rencontrait de «très sérieux problèmes» auxquels il allait falloir remédier en«changeant les bases [du] football [croate]».

Au Dinamo en tout cas, les choses pourraient être en train de changer. Mamić a récemment annoncé la future privatisation du club, sur l'air du «Si vous ne voulez plus de moi, je m'en vais, et il faudra pas venir pleurer». Mais en Croatie, plusieurs journalistes sportifs estiment que cette annonce ressemble moins à un véritable choix stratégique qu'à l'énième fanfaronnade d'un homme poussé vers la sortie par les supporters, critiqué tant par la presse que par l'opinion publique et de plus en plus désavoué par les cénacles politiques et institutionnels, lesquels tentent de faire pression pour une refonte des statuts (comme l'exige la loi croate) et un assainissement des finances du club, qui accuse une dette de 12 millions d'euros. Tout cela sous l’œil insistant de la Commission européenne, qui s'apprête à interdire le financement des clubs sportifs par les collectivités territoriales.

Tout pousse à croire que bon gré mal gré, Mamić devra un jour ou l'autre rendre les clefs du Dinamo. Si la privatisation est, comme beaucoup le croient, une hypothèse hautement improbable, peut-être n'est-il pas interdit de rêver à des élections libres au conseil d'administration. Élections auxquelles, bien sûr, les supporters devront être associés.

 

 

 

Par Jérôme Houard

Source : slate.fr, le 3 mai 2015.

 

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Publié le 4 Novembre 2014

L’enterrement du NK Pomorac Kostrena

 

Le long de la paradisiaque baie de Kvarner, nombreux sont les habitants à connaître les marins du coin. Beaucoup sont amis et prennent le large ensemble. Alors forcément, quand un des leurs ne revient jamais, la tristesse se ressent. Les funérailles ont alors lieu, selon la tradition locale. A la disparition du NK Pomorac, club de deuxième division croate, le même rituel s’est enclenché.

Dans la nuit de samedi à dimanche, la grande famille du NK Pomorac s’est réunie, vêtue des couleurs du club, à la station de bus située sur la colline surplombant le stade Zuknica. Tout ce petit monde a marché religieusement pour aller déposer des fleurs et des lanternes sur la station. La date du 19 octobre restera dans les mémoires comme le décès du NK Pomorac et du football en général à Kostrena, petite bourgade maritime jouxtant Rijeka. Les joueurs, eux, étaient apparus au stade un peu plus tôt, vers 13h30, nullement prévenus que le match prévu contre Imotski ne se déroulerait pas. La ligue, HNS, avait pourtant envoyé une lettre à leurs adversaires la veille pour les informer que le match ne débuterait pas.

Au moment de la dernière réunion officielle avec la plupart des membres de l’administration, l’ambiance était bien celle de l’enterrement d’un club de 93 ans. Il y avait beaucoup de tristesse, même des larmes comme celles de la secrétaire Petra Zudic qui était venue vêtue d’un tee-shirt à l’effigie du club.  Quelqu’un a sorti du placard les maillots des saisons de 2001 à 2003, quand « la fierté de Kostrena » jouait au plus haut échelon du football croate. Un membre revivait avec fierté le match de Pomorac en demi-finale de Coupe de Croatie 2002. D’autres faisaient remarquer non sans regrets qu’il y avait probablement plus de bougies brûlées devant l’arrêt de bus que de gens présents au stade cette saison. Une preuve que personne n’avait complètement oublié le NK Pomorac.

 

Mais comment en est-on arrivé là?

Tout a commencé en hiver, lorsque la municipalité de Kostrena a décidé de réduire les subventions du club local sur fond de conflits d’intérêts politiques entre le maire de la ville et le président du club. La dette, déjà présente pour cause de gestion hasardeuse, s’est fortement accrue à partir de ce moment-là. En outre, la coopération avec le géant local, Rijeka, a été inexplicablement interrompue. Damir Miskovic, le riche président du club qui a le vent en poupe, avait des projets pour Pomorac. Ces deux dernières saisons, il a investi près d’un million de kunas dans le club et a prêté de nombreux joueurs. Il projetait de reconstruire le stade Zuknica pour faire jouer Rijeka pendant la reconstruction du mythique Kantrida mais l’opération n’a pas pu aboutir et les relations se sont refroidies, ce qui aurait conduit Miskovic à stopper la coopération.

L’été venu, deux options se sont présentées au club. La première était l’option Zlatko Petricevic. Ce mystérieux homme d’affaires, très respecté en Amérique du Sud (probablement en raison de ses liens avec Pablo Escobar…) souhaitait reprendre le club. La deuxième option était de descendre au plus bas de l’échelon du football croate pour repartir sainement. Bien entendu, l’option numéro 1 fut choisie, dans une tentative désespérée de sauvetage. Ainsi, personne ne s’est demandé pourquoi le businessman avait été recalé à la reprise de Rijeka, à l’époque où le club vivait sans le sou.

Il est difficile d’énumérer toutes les divergences au sein du club et le nombre de situations extravagantes qui se sont passées depuis que Petricevic a repris le club fin juillet. Le premier à avoir été débarqué fut Goran Gajzler, l’assistant manager, qui a osé s’opposer aux idées du tout puissant président et de sa famille, placée dans l’administration du club. Dès son arrivée, Petricevic n’a pas manqué une occasion pour souligner son expertise du football, pour le plus grand agacement de beaucoup au club.

Les promesses de remboursement des dettes n’ont pas été tenues et les joueurs, non payés, ont commencé une grève de l’entraînement dès le mois d’Août. Le capitaine et leader Muminovic, porte parole du groupe, a perdu son brassard pour s’être imposé en « chef rebelle ». Lors du premier match à domicile, Zlatko Petricevic  a critiqué ouvertement les choix des entraîneurs en leur imposant d’effectuer d’autres changements. Le coach principal qu’il avait fait venir, Marijan Bloudek (son ami !), s’est fait virer après trois matchs. Son successeur fut Vito Butorac, lui aussi un proche du président… Par la suite, deux joueurs de l’effectif qui n’avaient pas reçu un seul salaire depuis le début de la saison partirent et les résultats ne s’améliorèrent pas. Pour finir, le NK Pomorac se vit accorder une fin de non recevoir par la ligue croate pour des frais impayés dus à une dette de plus de 800.000€. Le sulfureux homme d’affaires, lui, est condamné à 2 ans d’interdiction de toute activité liée au football pour menaces de mort et agressions physiques envers des journalistes.

Désormais, il ne reste plus qu’un arrêt de bus aux couleurs du club des marins. Cet endroit où les amoureux du club s’arrêtaient avec fierté il y a 10 ans pour aller dans leur stade préféré, ne leur apporte plus aujourd’hui qu’une grande tristesse.

 

Par Damien Goulagovitch

 

Source : footballski.fr, le 27 octobre 2014.

Lien url : http://www.footballski.fr/lenterrement-du-nk-pomorac-kostrena/

 

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