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Publié le 21 Septembre 2016

Accusé de crimes de guerre, le «Capitaine Dragan» devant la justice
 


 

Le procès de l'ex-chef paramilitaire serbe Dragan Vasiljkovic, «Capitaine Dragan», s'est ouvert ce mardi 20 septembre à Split, en Croatie. Il est accusé de torture et d'assassinats de civils et de policiers croates à Knin, bastion des séparatistes serbes, pendant le conflit de 1991-95 en Croatie.


 

Il était devenu professeur de golf à Perth en Australie. Aujourd’hui, il doit répondre des exactions de son unité dans les annés 1990 devant un tribunal à Split sur la côte dalmate. Accusé d'avoir ordonné la torture et l'assassinat de prisonniers croates, le « Capitaine Dragan », né à Belgrade, était d’abord retourné vivre en Serbie avant d'émigrer en Australie. C’est là qu’il a été arrété en 2006 alors qu’il se faisait passer pour un homme du nom de Daniel Snedden.

Extradé l'année dernière après une longue bataille judiciaire, Dragan, âgé de 61 ans, dément avoir commis des crimes de guerre, mais reconnaît avoir entraîné des recrues, tué des ennemis au combat et mené des interrogatoires.

Le procès devrait durer plusieurs semaines, non loin du lieu des exactions reprochées à sa section, chargée d'« opérations spéciales » au sein des forces paramilitaires serbes pendant la guerre. En tant que commandant d'une unité paramilitaire, il n'a « rien fait pour éviter ou punir de tels crimes » et y a même parfois participé, selon le procureur. Reponsable d'une attaque meurtrière en juillet 1991, au cours de laquelle un civil croate et un journaliste allemand ont été tués, il aurait ordonné de tirer « sur des habitations depuis des chars avec des mortiers et encouragé des snipers à tirer sur des civils ».


 

Source : rfi.fr, le 20 septembre 2016.

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 8 Août 2016

1. Belgrade et Zagreb n'arrivent pas à tourner la page


 

Les relations entre Zagreb et Belgrade ne cessent de se détériorer depuis des semaines, l’âpreté des échanges témoignant de l’incapacité des anciens ennemis à tourner la page.

 

« Renaissance du nazisme » en Croatie, accuse Belgrade. Rhétorique « rappelant les années 1990 », et l’éclatement de l’ex-Yougoslavie, rétorque Zagreb.

Plus de vingt ans après la guerre qui a opposé Croates et Serbes entre 1991 et 1995 faisant 20 000 morts, les deux pays, piliers de la stabilité régionale, entretiennent des relations exécrables.

La Croatie, membre de l’UE depuis 2013, et la Serbie qui négocie son adhésion au club des 28, affirment être attachées aux valeurs européennes mais, dans la pratique, elles peinent à se défaire du passé.

« Les querelles sont utiles pour détourner l’attention » alors que Belgrade et Zagreb sont « incapables de résoudre le moindre problème », note l’analyste politique serbe Dušan Janjić.

La Croatie traverse une crise politique sans précédent et retournera aux urnes en septembre après seulement cinq mois aux affaires de la droite nationaliste (HDZ), alors que la Serbie n’a toujours pas formé son nouveau gouvernement issu lui aussi d’élections anticipées.

Les célébrations vendredi en Croatie de sa victoire dans l’opération Tempête (août 1995), qui lui avait permis de reconquérir des territoires contrôlés par des sécessionnistes serbes, ont comme à l’accoutumée donné lieu à des échanges acerbes.


 

Éclatante victoire ou pogrom ?

À Zagreb, plusieurs ministres ont salué l’« éclatante victoire de la Croatie qui a libéré son territoire de l’occupant serbe ». Un « pogrom », a rétorqué le Premier ministre serbe, Aleksandar Vučić.

Des centaines de Serbes – 667 personnes selon le Comité Helsinki, et 2 500 selon le gouvernement serbe – ont été tués pendant et après cette opération, et plus de 200 000 ont fui la Croatie. Les Serbes, qui représentaient 12% de la population de Croatie avant la guerre, ne constituent donc plus qu’environ 4% des quelque 4 millions d’habitants du pays.

Jeudi, lors d’un hommage aux victimes serbes, Aleksandar Vučić a même évoqué « une solution finale criminelle » et « le plus grand nettoyage ethnique de l’histoire de l’Europe moderne », dans une allusion au camp Jasenovac, l’« Auschwitz croate » créé par le régime des Oustachis pendant la Seconde guerre mondiale.

Le musée du Mémorial de l’Holocauste à Washington évalue à 100 000 le nombre des victimes, serbes pour la plupart, les estimations des historiens locaux allant de 82 000 morts, selon le musée de Jasenovac, à 700 000, selon les sources serbes.

Avant même les commémorations de cette semaine, la tension était palpable entre les deux pays, conséquence, selon l’analyste croate Davor Gjenero, de la décision de Bruxelles d’ouvrir en juillet deux nouveaux chapitres de négociations avec la Serbie, en dépit de la ferme opposition de la Croatie.

La justice croate a depuis cassé la condamnation d’un ancien député reconnu coupable de crimes de guerre à l’encontre de civils serbes, et annulé la condamnation il y a 70 ans du cardinal Alojzije Stepinac pour collaboration avec le régime pronazi croate.


 

Questions litigieuses en suspens

Autant de décisions qui ont été perçues à Belgrade comme une révision du passé, et qui ont amené la Serbie à dénoncer à Bruxelles ce qu’elle considère être une dérive nationaliste de la Croatie.

La goutte qui a fait déborder le vase a été, il y a une semaine, l’inauguration d’un monument en hommage à Miro Barešić, un nationaliste croate condamné à perpétuité en 1971 en Suède pour avoir participé à l’assassinat de l’ambassadeur de Yougoslavie à Stockholm.

« La complaisance du pouvoir envers les activités de l’extrême droite […] a directement provoqué la détérioration des relations », estime l’analyste Ivo Rimac de l’université de Zagreb. La réaction de Belgrade est « logique », ajoute-t-il tout en rappelant que, l’an dernier, la réhabilitation par la Serbie du général royaliste Dragoljub Mihailović, dit « Draža », condamné à mort pour collaboration avec les nazis, avait elle aussi provoqué l’ire de Zagreb.

En juin, la présidente croate Kolinda Grabar-Kitarović et le Premier ministre serbe Aleksandar Vučić avaient bien signé une déclaration conjointe sur « l’amélioration des relations », à l’occasion d’une rare rencontre entre responsables serbo-croates.


Mais, souligne l’analyste serbe Aleksandar Popov, « aucune question litigieuse n’a été résolue » entre les deux capitales, alors que « les Balkans sont à la périphérie des problèmes de l’UE ».

 

 

Par EurActiv France avec l'AFP

Source : euractiv.fr, le 8 août 2016.

 

 

 


 


 

2. Serbie et Croatie à couteaux tirés 


 


 

Alors que la Serbie est officiellement candidate à l’adhésion à l’UE, la Croatie pourrait bien doucher les espoirs de Belgrade. Encore une fois, le ton monte entre les anciens rivaux.


 

 

Le conflit des Balkans a pris fin il y a 21 ans, mais, aujourd’hui encore, les relations entre la Croatie et la Serbie sont tendues. Cet antagonisme se reflète dans le débat autour de l’entrée de la Serbie dans le bloc européen, une perspective que le plus récent État membre de l’UE ne voit pas d’un bon œil.

Le ministre des Affaires étrangères croate, Miro Kovač, a menacé de suspendre durablement les négociations pour l’intégration de la Serbie à l’UE. Si le pays continue ses provocations, « la Serbie ne sera jamais membre de l’UE », a-t-il assuré. Ces déclarations font suite à un événement apparemment sans importance, mais qui n’a pas manqué de jeter de l’huile sur le feu dans une atmosphère déjà électrique : un Croate a été arrêté en Serbie, sans motif visible. Les autorités serbes l’auraient confondu avec un homme portant un homonyme, recherché pour crime de guerre. La réponse de la Serbie ne s’est pas fait attendre.

Le ministre des Affaires étrangères serbe, Ivica Dačić, a déclaré que la Croatie était « la plus grande honte de l’UE ». Selon lui, la Croatie aurait banalisé  tous les crimes du mouvement [croate séparatiste] fasciste des Oustachis sous le régime du Troisième Reich et de l’Italie pendant la Seconde Guerre mondiale, contribuant ainsi au génocide de groupes ethniques tels que les Serbes, les Juifs ou les Tsiganes. C’est pourquoi elle ne disposerait d’« aucun droit moral » pour menacer la Serbie, s’est insurgé le ministre serbe.

Depuis les élections présidentielles début 2015, la Croatie connaît effectivement un mouvement de radicalisation. Des vétérans sortent dans les rues en uniforme oustachi, et dans les stades le salut oustachi « Pour la patrie –Prêts ! » est scandé de plus en plus souvent. D’autres minorités se plaignent que l’État croate banalise son passé fasciste, et ne prend aucune mesure contre sa glorification.

Les facteurs mettant en péril l’entrée de la Serbie dans l’UE ne sont pas uniquement extérieurs. Au sein même de la population serbe, l’intérêt pour le bloc s’affaiblit, et pour la première fois auprès des jeunes. Une petite majorité de jeunes Serbes ne souhaitent plus faire partie de l’UE, selon un sondage effectué il y a deux semaines de l’Institut pour les affaires européennes, une ONG de Belgrade. 51 % des Serbes âgées entre 18 et 29 ans pensent que le pays devrait interrompre le processus d’intégration au bloc.

En outre, la Serbie ne répond toujours pas aux normes européennes dans de nombreux domaines. Belgrade serait notamment en retard dans le domaine du contrôle des finances, selon une analyse du Freedom House Index pour la Serbie. Selon cette étude, la corruption n’a pas diminué sur les dix dernières années et l’indépendance des juges et du système judiciaire laisse à désirer. Par ailleurs, la liberté de la presse n’est toujours pas garantie, même si le Premier ministre, Aleksandar Vučić, affirme le contraire. La Serbie est 59e dans le classement de la liberté de la presse 2016 de Reporters sans frontières, la violence contre les représentants des médias posant encore problème.

 

 

Par Nicole Sagener 
Traduit par Céline Nguyen


Source : euractiv.fr, le 25 août 2016. 

 

 

 

 

 

 

 

3. Un espion croate arrêté en Serbie, la tension entre les deux pays relancée


 

 

A neuf jours des élections législatives anticipées en Croatie qui auront lieu le 11 septembre et alors que les relations diplomatiques avec la Serbie sont au plus bas, le procureur général de Serbie annonce l’arrestation d’un espion croate.

 

 

 

L’affaire a un parfum de guerre froide. Les services secrets serbes ont arrêté vendredi 2 septembre à Belgrade, la capitale, un espion croate. Ancien officier de l’armée yougoslave, disposant de la double nationalité, le suspect s’était installé en Serbie en même temps que les 200 000 Serbes expulsés de Croatie en 1995, pendant la guerre civile.

L’homme a été démasqué alors qu’il s apprêtait à fuir. Ancien commandant paramilitaire serbe de Croatie, il aurait accepté d’espionner pour son ancien ennemi, en échange de l’impunité dans une affaire de crimes de guerre.

L’arrestation intervient alors que les relations entre les deux pays sont exécrables. La Croatie, membre de l’Union européenne, tente depuis le début de l’année de bloquer les négociations d'adhésion de la Serbie à l’Europe. Les remarques acides sont devenues monnaie courante entre les deux gouvernements. Cette arrestation devrait aussi apporter des voix à la coalition nationaliste aux législatives croates qui se tiendront dans un peu plus d’une semaine.


 

Par Laurent Rouy

Source : rfi.fr, le 3 septembre 2016.

 

 

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 10 Mai 2016

1. La Serbie accuse la Croatie de bloquer son adhésion à l'UE


 

La Serbie a rempli les conditions pour que l'Union européenne poursuive comme prévu les négociations d'adhésion d'ici à juin, a déclaré mardi à l'AFP la négociatrice serbe, reprochant à la Croatie d'entraver le processus.

"Dans les faits, oui, ils bloquent", "dans les faits, ils ferment la possibilité d'avancer", a déclaré Tanja Miscevic. 

"Je ne vais pas appeler ça un blocage, puisque ils n'ont jamais formellement posé de veto sur quoi que ce soit (...) Mais ils font quelque chose d'autre: ils ne donnent pas leur feu vert", a regretté la responsable. 

La Croatie s'oppose à l'ouverture des négociations sur le système judiciaire, les droits fondamentaux et la sécurité. Pour ouvrir un chapitre de négociations, l'unanimité des 28 Etats membres est requise. 



Le tribunal pour l'ex-Yougoslavie pose problème


Les points problématiques aux yeux de Zagreb sont la coopération de Belgrade avec le tribunal pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), une loi offrant à la justice serbe une juridiction universelle sur les crimes de guerre, et la représentation politique des minorités. 



"La crédibilité de l'UE dans la région est en jeu"


"Nous nous organisons pour mettre l'accent sur les réformes. Mais il faut que l'on voit une lumière au bout du tunnel, quel que soit le moment de cette sortie du tunnel", a demandé Tanja Miscevic. "Elle ne brille pas assez", a mis en garde la négociatrice pour qui "la crédibilité de l'Union européenne est en jeu dans la région". 

Le Premier ministre Aleksandar Vucic a remporté le 24 avril les législatives, qu'il avait convoquées en demandant un mandat pour poursuivre les négociations avec l'UE.

 

 

Source : 7sur7.be, le 10 mai 2016.

 

 

 

 

 

 

 

 

2. Le premier ministre serbe renonce à une réunion à Bruxelles 

 

Le premier ministre serbe Aleksandar Vucic a écourté sa visite à Bruxelles aujourd'hui après une controverse avec la Croatie que la Serbie accuse de faire de l'obstruction à sa demande d'adhésion à l'Union européenne, indique l'agence de presse serbe Tanjug.

Vucic devait participer mardi à une réunion de la Conférence intergouvernementale de l'UE qui doit approuver l'ouverture de trois nouveaux chapitres d'accession dans la candidature serbe au statut de membre. La Croatie s'est opposée à l'ouverture du chapitre sur la culture et l'éducation en raison d'une controverse sur la traduction des manuels scolaires, rapporte l'agence croate Hina.

"Il y a des choses que la Serbie doit mettre en oeuvre dans son parcours vers l'UE", a déclaré le ministre croate des Affaires étrangères et européennes, Davor Ivo Stier, cité par Tanjug. "Une protection complète des minorités est une de ces choses", a-t-il ajouté.

Les Croates représentent moins d'un pour cent de la population de la Serbie. Les langues des deux pays sont similaires et faisaient partie d'une langue commune pratiquée avant l'effondrement de la Fédération yougoslave. "Si la Croatie est celle qui décide si la Serbie doit entrer dans l'UE, alors mon intérêt est en train de chuter", a commenté Ivica Dacic, ministre serbe des Affaires étrangères.

 

 

Source : lefigaro.fr, le 12 décembre 2016.

 

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 6 Avril 2016

1. Le TPIY suspend indéfiniment le procès de Goran Hadzic, malade


 


La Haye - Le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) a suspendu indéfiniment le procès de l'ancien chef politique des Serbes de Croatie, Goran Hadzic, qui avait bénéficié l'an dernier d'une remise en liberté provisoire en raison d'un cancer du cerveau, a-t-on appris mardi.

La chambre déclare que Goran Hadzic n'est pas en condition pour comparaître lors d'un procès et suspend indéfiniment les procédures, ont affirmé les juges dans une décision prise de manière confidentielle le 24 mars et publiée mardi sur le site du TPIY.

Atteint d'un cancer du cerveau, Goran Hadzic, 57 ans, avait bénéficié en avril 2015 d'une mesure de libération provisoire et était rentré en Serbie pour y être soigné. Depuis, il vit dans sa ville de Novi Sad, à 70 km au nord de Belgrade.

Goran Hadzic était en 1992 et 1993 le président de la République serbe autoproclamée de Krajina, qui couvrait environ un tiers du territoire de la Croatie.

Au moment de son arrestation en juillet 2011, il était le dernier des 161 inculpés à être recherché par le TPIY, fondé en 1993.

Les rapports médicaux décrivent une forte détérioration de la capacité de Goran Hadzic à communiquer, soulignent les juges, qui ont pris cette décision à la majorité.

Lors d'un scanner effectué en mai 2015, une nouvelle lésion au cerveau avait été découverte, selon les juges. 

Cette lésion provoque une pression intracrânienne, qui, selon les experts médicaux, provoque le déclin visible de semaine en semaine des capacités neurologiques de M. Hadzic et de son état de conscience.

Les rapports médicaux ont donc mené les juges à la conclusion que Goran Hadzic n'était pas capable d'exercer son droit de recevoir un procès équitable.

Le tribunal reprochait notamment à Goran Hadzic son implication présumée dans les meurtres de centaines de civils croates et la déportation de dizaines de milliers de Croates et autres non-Serbes, dans le but de créer un Etat serbe en Croatie.

Il devait répondre de 14 chefs d'accusation pour des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre commis pendant la guerre de Croatie, dont le tristement célèbre massacre de Vukovar, où 264 personnes ont été abattues après s'être réfugiées dans un hôpital.

Il était également accusé d'être responsable, en octobre 1991, du massacre de civils croates qui avaient été forcés de marcher dans un champ de mines à proximité de la ville de Lovas, dans l'est de la Croatie.

Dans une opinion dissidente, le juge congolais Antoine Kesia-Mbe Mindua a néanmoins regretté cette décision, assurant que le but d'un procès n'est pas nécessairement de décider d'une condamnation : c'est pourquoi, même une personne en phase terminale a le droit d'entendre son jugement, même s'il n'y a aucun espoir de la voir purger une peine de prison.

Il est nécessaire pour les victimes de voir une détermination légale de l'affaire, a-t-il ajouté.

Son procès pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre s'était ouvert en 2012 mais était suspendu depuis 2014 en raison de son état de santé qui l'empêchait d'assister aux audiences.

Fin mars fut une période de forte activité pour le TPIY, fondé en 1993 : l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic a été condamné le 24 mars à 40 ans de détention pour génocide tandis que le 31, l'ultranationaliste serbe Vojislav Seselj était acquitté de tous les chefs d'accusation qui pesaient contre lui.


 

Source : romandie.com, le 5 avril 2016.

 

 


 

2. L'ex-chef des Serbes de Croatie est décédé 

 


 

L'ancien chef politique des Serbes de Croatie, Goran Hadzic, soupçonné de crimes de guerre et contre l'humanité lors des conflits en ex-Yougoslavie (1991-1995), est décédé hier, a annoncé l'agence officielle serbe Tanjug.

Le nom d'Hadzic, âgé de 57 ans, est notamment associé au massacre de Vukovar, une des pages les plus noires de ces conflits intercommunautaires sanglants: 264 personnes avaient été battues, torturées puis abattues après s'être réfugiées dans un hôpital, au début de la guerre en novembre 1991.

Arrêté en 2011, dernier suspect livré à la justice internationale par les autorités serbes, ce fidèle de l'ancien président serbe Slobodan Milosevic avait été libéré en avril 2015 en raison d'un cancer au cerveau, et le procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) avait demandé en mai la clôture officielle de son procès.

Entamées par les déclarations d'indépendance de la Croatie et de la Slovénie en juin 1991, les guerres dans l'ex-Yougoslavie avaient fait plus de 130.000 morts jusqu'en 1999. Hadzic devait initialement répondre de 14 chefs d'accusation pour des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre commis pendant la guerre de Croatie. 

Outre Vukovar, il était accusé d'être responsable, en octobre 1991, du massacre de civils croates qui avaient été forcés de marcher dans un champ de mines à proximité de la ville de Lovas, dans l'est de la Croatie. Il était également soupçonné d'être impliqué dans la déportation de dizaines de milliers de Croates et autres non-Serbes, dans le but de créer un Etat serbe en Croatie. 

Décédé à l'hôpital à Novi sad, selon Tanjug, cet ancien "président" de la République serbe autoproclamée de Krajina, non-reconnue par la communauté internationale, vivait depuis sa libération dans cette ville du nord de la Serbie.  Cette entité de Krajina, dans l'est du pays, avait couvert jusqu'au tiers du territoire croate jusqu'à la contre-offensive victorieuse des forces croates en 1993.



Modigliani a entraîné sa chute 

Hadzic collaborait notamment avec le défunt Zeljko Raznatovic, l'ultranationaliste sanguinaire "Arkan", dont la milice des "Tigres" était redoutée pour ses exactions et ses opérations de "nettoyage ethnique" en Croatie, en Bosnie puis au Kosovo.  L'objectif d'Hadzic était d'intégrer la Krajina "dans un nouvel Etat dominé par les Serbes", selon l'acte d'accusation du TPIY. Cette entité fut finalement dissoute à la fin de la guerre de Croatie.

Au moment de son arrestation, en juillet 2011, Hadzic était le dernier des 161 inculpés à être recherché par le TPIY, fondé en 1993 à La Haye. Son interpellation en Serbie avait mis un terme à sept ans de cavale. Cet ancien magasinier dans une entreprise agricole avait été arrêté dans les montagnes du nord de la Serbie, alors qu'il essayait de vendre un tableau de Modigliani.


 

Source : lefigaro.fr, le 13 juillet 2016.


 

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Publié le 31 Mars 2016

1. Le Premier ministre croate dénonce l'acquittement honteux de l'ultranationaliste serbe Vojislav Seselj


 

Le Premier ministre croate Tihomir Oreskovic a dénoncé jeudi le verdict honteux du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) qui a acquitté l'ultranationaliste serbe Vojislav Seselj de l'ensemble de neuf accusations de crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

C'est un jugement honteux. C'est une défaite du tribunal de la Haye et du Parquet, a déclaré à la presse M. Oreskovic.

Il est l'homme (...) qui est l'auteur du mal et qui n'a montré aucun remords, ni à l'époque, ni aujourd'hui, a-t-il ajouté, en s'exprimant à Vukovar, ville de l'est de la Croatie qui avait été pratiquement rasée par l'artillerie serbe au début du conflit serbo-croate (1991-95).

Vojislav Seselj, 61 ans, connu pour sa violence verbale, était accusé par le procureur du TPIY d'avoir propagé une politique visant à réunir tous "les territoires serbes" dans un Etat serbe homogène, qu'il appelait la "Grande Serbie", ainsi que des tortures et des expulsions de non-Serbes en Bosnie et en Croatie dans les années 1990.

Les juges du TPIY ont toutefois affirmé qu'il n'était pas "le chef hiérarchique" des milices de son parti politique, et ne peut donc être tenu pénalement responsable des crimes commis.

A Vukovar aussi, le président d'une association d'anciens prisonniers de guerre croates, Danijel Rehak, a exprimé une "profonde déception" à cause de l'acquittement de M. Seselj.

"Ce verdict est mauvais pour nous tous, il ne contribue pas à la réconciliation. Seselj prônait la Grande Serbie alors que tout le monde fait semblant d'être naïf", a déclaré M. Rehak à l'AFP.

La proclamation en 1991 par la Croatie de son indépendance de la Yougoslavie a été suivie d'une guerre entre les forces de Zagreb et les rebelles serbes de Croatie, soutenus par Belgrade, qui s'y opposaient. Ce conflit a fait environ 20.000 morts.


 


 

Source : romandie.com, le 31 mars 2016.

 

 

 

 

 

2. Vojislav Seselj interdit d'entrée en Croatie


 

Les autorités croates ont interdit jeudi l'entrée sur le territoire de la Croatie à l'ultranationaliste serbe Vojislav Seselj, acquitté par le TPIY de toutes les accusations qui pesaient contre lui pour son rôle dans les guerres qui déchirèrent l'ex-Yougoslavie dans les années 90.

 

"Le ministère de l'Intérieur a informé la police des frontières lui demandant d'interdire à Seselj l'entrée en Croatie s'il se présente à un poste-frontière", a déclaré à l'AFP Helena Biocic, porte-parole de la police.

Cette décision a été prise en vertu de la loi sur les étrangers stipulant que l'entrée sur le territoire de la Croatie peut être refusée à un ressortissant étranger s'il représente une menace pour l'ordre public, la santé publique ou pour la sécurité du pays.

Elle intervient quelques heures seulement après la lecture du verdict de M. Seselj devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) qui a acquitté le leader ultranationaliste, accusé de crimes contre l'humanité et crimes de guerre pendant les conflits en Croatie (1991-95) et en Bosnie (1992-95).

Le Premier ministre croate Tihomir Oreskovic a qualifié le verdict de "honteux". M. Seselj est l'homme "qui est l'auteur du mal et qui n'a montré aucun remords, ni à l'époque, ni aujourd'hui", a-t-il affirmé.

La présidente croate Kolinda Grabar Kitarovic a estimé que le verdict représentait "un coup très sérieux porté au droit international". "La Croatie ne peut pas et n'acceptera pas ce verdict honteux et continuera de faire tout son possible pour que justice soit faite", a-t-elle déclaré, citée par l'agence nationale Hina.


 

Source : 7sur7.be, le 31 mars 2016.

 

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 24 Septembre 2015

Migrants : la Serbie et la Croatie bloquent un peu plus leurs frontières

 

 

La dispute frontalière entre la Croatie et la Serbie, suite à l'afflux de migrants, est montée d'un cran, chacun des pays décidant de bloquer encore un peu plus sa frontière.

 

Et alors que le Premier ministre croate Zoran Milanovic appelait jeudi Belgrade à cesser de diriger un flux aussi intense de migrants vers les frontières de son pays, Belgrade a riposté, accusant Zagreb d'une agression économique brutale. 

La dégradation des relations entre les deux pays n'avait pas atteint un tel niveau depuis le conflit des années 1990.

La Croatie a commencé par fermer lundi à tous les camions provenant de Serbie le poste-frontière de Bajakovo-Batrovci, le dernier encore partiellement ouvert. Belgrade a répondu à minuit, dans la nuit de mercredi à jeudi, en fermant le sien à tout camion portant des plaques ou transportant des marchandises croates.

Zagreb a alors répliqué en fermant également ce poste-frontière aux voitures immatriculées en Serbie, selon l'agence serbe Tanjug. 

La Croatie accuse la Serbie de rediriger, en complicité avec la Hongrie, tous les migrants à sa frontière, créant une situation difficile à gérer.

Tout ce que nous demandons à Belgrade c'est de faire cesser un flux aussi intense de migrants, a déclaré M. Milanovic, assurant que son pays ne pouvait gérer qu'entre 4 et 5.000 migrants par jour.

Cela ne peut plus durer (...) La Serbie doit soit mettre en place des camps d'accueil, soit rediriger les migrants vers la Hongrie, a-t-il ajouté.

Et le ministre croate de l'Intérieur Ranko Ostojic, en charge de la question des migrants, a assuré que tant que Belgrade n'aura pas ouvert la voie vers Horgos (la Hongrie, ndlr), les mesures prises par Zagreb resteront en vigueur.

Depuis le 16 septembre, Belgrade n'envoie plus de migrants vers la Hongrie, qui a fermé par une clôture de barbelés ses 175 km de frontières avec la Serbie. La Croatie est donc devenue la nouvelle voie d'accès vers l'Europe occidentale.

Le Premier ministre serbe Aleksandar Vucic a lui dénoncé jeudi une agression économique brutale contre son pays, accusant la Croatie de violer toutes les règles européennes.

Pour le ministère serbe des Affaires étrangères, qui a adressé une note de protestation à l'ambassadeur croate à Belgrade, ces mesures discriminatoires ne peuvent être comparées qu'à celles prises (contre les Serbes, ndlr) par le régime pro-nazi croate pendant la Deuxième guerre mondiale.

Plus de 44.000 migrants sont passés en Croatie en une semaine en provenance de Serbie.

La semaine dernière, la Croatie avait déjà fermé aux camions sept de ses huit poste-frontière avec la Serbie pour tenter de ralentir ce flot, et six aux véhicules particuliers.

En revanche, selon l'organisme croate chargé de la circulation, le point de passage de Tovarnik-Sid restait ouvert aux voitures.


 

Source : romandie.com, le 24 septembre 2015.

 

 

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Publié le 10 Janvier 2012

Boris Vukobrat

 

Boris Vukobrat, philanthrope et homme d’affaires est né le 5 mars 1940 à Zagreb.  Ses parents sont Serbes : son père est originaire de Knin et sa mère de Bosnie, tandis que lui-même se déclare Yougoslave.  Son épouse, Hajrija Vukobrat, est issue d’une prestigieuse famille de Banja Luka.


Diplômé de la Haute École du Commerce Extérieur de Belgrade, Boris Vukobrat a travaillé pendant un certain temps comme journaliste dans la revue Ekonomska Politika, mais jugé politiquement inconvenant, il se trouve au chômage.  Vers la fin 1965, avec pour toute fortune deux cents francs suisses empruntés, il monte à Paris, où il mène avec son épouse une vie très modeste, travaillant en même temps comme peintre en bâtiment, laveur de vitres, ouvrier chez Revalut, et étudiant la langue et la civilisation françaises à la Sorbonne.  Il poursuit ses études également à la Haute école Polytechnique de Commerce Extérieur à Paris.  Les études terminées, il trouve un emploi dans la société Copechim.  Avec le temps, en avançant tous les ans d’un échelon, il finit par devenir le numéro un de cette compagnie qui devient, sous sa direction, l’une des plus importantes du monde en matière de commerce de produits pétroliers et pétrochimiques.


Il s’engagea tout particulièrement dans le commerce entre l’ancienne URSS et les autres pays de l’Europe de l’est et la France et les autres pays d’Europe occidentale.  Son engagement dans le développement des relations économiques entre la Russie et la France lui vaut en 1983 l’ordre du chevalier de la Légion d’Honneur. Il devint ainsi le plus jeune étranger à avoir été décoré de cette plus haute distinction française décerné pour les mérites en temps de paix.  Il devient aussi  mécène de l’Académie Française, un privilège  qui n’est pas accordé à tout le monde, indépendamment du montant de la donation, puis un des fondateurs, avec Butros Butros Ghali et Franco Agnelli, de l’Université Francophone d’Alexandrie.  Grâce à ses activités sociales et à ses contacts professionnels il devient ami intime de nombreux hommes d’État et d’autres éminentes personnalités du monde entier.  Chevalier en 1983, il devient en 1993 officier de la Légion d’Honneur, laquelle distinction lui est décernée du fonds personnel du président Mitterrand pour ses efforts de paix dans le cadre de la Fondation.


Sa fortune personnelle s’accroissant, il ne cessait d’investir dans sa patrie d’origine, si bien qu’il ouvrit des agences de la Copechim dans les chefs-lieux de toutes les républiques de l’anciennes Yougoslavie.  Il créa aussi à Konavli un domaine horticole dont la production et l’activité commerciale répondaient aux normes internationales les plus élevées, prouvant ainsi qu’en Yougoslavie aussi une gestion et une production au plus haut niveau mondial étaient possibles, à condition d’appliquer les principes de l’économie et de la technologie modernes.  Ce domaine fut complètement détruit pendant les opérations de guerre dans la région de Dubrovnik en 1991.


Lorsque la guerre éclata dans l’ancienne Yougoslavie, il décida de s’engager au maximum pour qu’une fin soit mise à ce conflit.  Il élabora un projet en vue d’une nouvelle communauté des républiques de l’ancienne Yougoslavie, fondé sur les idées de régionalisation et d’intégration.  Ce projet fut diffusé à des centaines d’experts : politologues, économistes, sociologues, juristes, ainsi qu’aux hommes des lettres et journalistes, avec la demande d’y apporter leurs suggestions.  Partant de ces suggestions et des résultats de la Table ronde qui avait réuni en septembre 1992 à Belgrade une quarantaine d’experts d’orientations différentes, il finit par élaborer, dans le cadre de la Fondation pour la Paix et la Gestion des Crises, qu’il avait créée entre-temps et qui étudie la situation dans les pays de l’ancienne Europe de l’Est pour proposer des solutions concrètes aux problèmes apparus lors du passage du totalitarisme à la démocratie et du collectivisme à l’économie de marché, ses « Propositions en vue d’une nouvelle communauté des républiques de l’ex-Yougoslavie ».  Ce document contient,  à côté du projet de base de Boris Vukobrat, une série de développement concrets de nombre de ses aspects,  élaborés les plus éminents experts du monde.


Ce projet repose essentiellement sur l’idée que les peuples de l’ancienne Yougoslavie n’avaient pas voulu la guerre dans laquelle ils furent poussés par les politiciens luttant pour se maintenir au pouvoir.  Les raisons historiques, culturelles, économiques, de communication, géographiques et politiques imposent l’intégrité de l’espace de l’ancienne Yougoslavie.  D’autre part, il est indispensable que chaque partie de cet espace puisse exprimer sa particularité.  Aussi Boris Vukobrat propose-t-il, en guise de solution, la réalisation de deux principes, de celui de régionalisation et de celui d’intégration.  Ce sont les régions qui assureraient à leurs habitants le maximum de démocratie, la mise en valeur optimale de leurs potentiels économiques, la réalisation de leurs intérêts ethniques, la satisfaction de leurs besoins culturels, historiques et traditionnels.  Une intégration « à géométrie variable » permettant que chacune des république engage avec toutes les autres les relations qui lui conviennent du point de vue de leur portée et de leur nature, aboutirait à la création d’une communauté à l’instar de l’Union Européenne, en conformité avec les intérêts et les besoins de chacune d’entre elles.


Ce projet fut accueilli dès le début avec une attention particulière de l’opinion mondiale.  En s’employant en faveur des principes de ce projet, l’ancien président soviétique Mikhaïl Gorbatchev demanda à Boris Vukobrat de préparer, sur les mêmes bases, un projet de solution de la crise dans l’ancienne URSS.  La Fondation pour la paix et la Gestion des Crises de Boris Vukobrat s’acquitta de cette tâche en engageant un groupe de plus éminents experts russes d’orientations politiques différentes, qui finirent par rédiger l’ouvrage intitulé « Les Propositions pour la Russie et la Communauté des États Indépendants ».


A la demande adressée du siège de la Conférence sur l’ex-Yougoslavie à Genève, la Fondation de Vukobrat développa aussi un projet de solution de la crise en Bosnie-Herzégovine, en octobre 1992.  Tous les principes de ce projet furent contenus dans les bases constitutionnelles du document connu comme le Plan Ahtisari, plus précisément du projet d’aménagement de la Bosnie-Herzégovine dans le cadre du plan Vance-Owen.  Cependant, l’idée de la régionalisation dans le plan Vance-Owen s’étant substantiellement écartée de l’idée de Boris Vukobrat, du fait de reposer sur une division ethnique, ce plan a dû échouer.


Oeuvrant avec dévouement à la divulgation de son projet, en convaincant les officiels du monde de rejeter les principes de la division ethnique et de sauvegarder l’unité de la Bosnie-Herzégovine, sans laquelle il ne pouvait pas y avoir de paix durable et juste dans l’ex-Yougoslavie, Boris Vukobrat rencontrait régulièrement les plus hauts fonctionnaires au Kremlin, à l’Élysée, dans la Maison Blanche, au Palais des Nations, au siège de l’Union Européenne à Bruxelles, il rencontrait les médiateurs internationaux…A l’initiative d’un groupe d’anciens leaders occidentaux, des présidents Ford et d’Estaing et des premiers ministres Callaghan et Schmidt, Boris Vukobrat élabora un plan de paix pour la Bosnie-Herzégovine vers le milieu de l’année 1993.  Dans ce plan, entre autres,  il s’employa en faveur d’un contrôle strict de toutes les frontières de la Bosnie-Herzégovine afin que Belgrade et Zagreb fussent empêchés d’armer les parties en conflit,  en faveur de l’extension du mandat des forces de l’ONU de manière qu’elles pussent protéger efficacement les populations civiles, il prôna le rejet de toute idée de division ethnique de la Bosnie-Herzégovine, ainsi que la reconnaissance mutuelle immédiate et inconditionnelle de toutes les républiques de l’ancienne Yougoslavie, avec une possibilité de modification des frontières sous réserve d’un accord de toutes les parties intéressées.


Considérant que la communauté internationale endossait une grande responsabilité pour le prolongement de la guerre en Bosnie, il faisait ressortir à partir du milieu de l’année 1993 la nécessité pour les plus grandes puissances du monde d’empêcher la poursuite de la guerre par une position unique et par une action conjointement mise au point, de manière que Moscou et paris eussent exercé une influence sur les Serbes, Washington sur les Musulmans, Bonn et Vatican sur les Croates, et Londres sur toutes les parties au conflit, afin que celles-ci  acceptent une solution de paix.  Durant le premier semestre 1994 il envoya une lettre ouverte aux leaders de ces pays en leur faisant comprendre qu’une large partie de leur responsabilité pour la poursuite de la guerre en Bosnie-Herzégovine relevait précisément de ce qu’ils hésitaient d’intervenir en commun et en leur demandant de mettre au point une action conjointe qui mettrait fin à la guerre.  Bientôt l’Élysée, le Kremlin et la Maison Blanche, ainsi que le chef de la diplomatie russe de l’époque André Kozirev se félicitèrent officiellement des idées de cette lettre lors d’une réunion avec Boris Vukobrat, et la création du « Groupe de contact » de ces pays fut l’aboutissement des longues années d’efforts de Boris Vukobrat.


En quelques années les idées défendues par Boris Vukobrat et sa Fondation devinrent partie intégrante de l’approche officielle des États-Unis et de l‘UE au problème de l’ex-Yougoslavie.  En effet, l’approche régionale de l’UE et la déclaration des États-Unis reposaient, au fond, sur les mêmes bases que le projet de Boris Vukobrat.


Avec le temps, les idées de la fondation de Vukobrat s’imposaient toujours davantage dans l’espace de l’ancienne Yougoslavie. Sept tables rondes furent tenues, réunissant au total quelque 300 éminents experts qui discutaient de divers aspect du projet, et cela deux fois à Belgrade et les cinq autres fois à Ohrid, à Cetinje, à Subotica, à Banja Luka et à Paris.  Les recueils des exposés présentés à ces réunions font partie intégrante du projet de base.


Conscient des effets du blocus informatif sur la poursuite de la guerre et l’incitation à la haine, Boris Vukobrat lança en juin 1993  l’émission radiophonique « L’Âge de la Raison », retransmise par les stations de radio indépendantes en Serbie, au Monténégro, en macédoine, en Bosnie-Herzégovine, en Slovénie, en Croatie, ainsi que par les stations de radio étrangères diffusant un programme en serbo-croate et couvrant l’espace de l’ancienne Yougoslavie.  Des articles choisis de ces émissions constituent le contenu d’un livre qui, de l’avis des critiques, représente le meilleur témoignage publié jusqu’à présent de l’absurdité et de l’inutilité de la guerre, montrant que tous les peuples de l’ancienne Yougoslavie avaient été poussés dans la guerre contre leur gré.  Suite à la parution de cet ouvrage, la Fondation entreprit de publier mensuellement un choix de meilleurs articles du mois précédent.


Parmi les nombreuses actions engagées par Vukobrat, il est à noter son action humanitaire et de paix entreprise en novembre 1993 à Paris. En effet, la Fondation de Vukobrat organisa une rencontre de la sélection nationale française de handball et de celle des joueurs de toutes les parties de l’ancienne Yougoslavie qui jouait en France..  Toutes les recettes de ce match et de sa retransmission radiophonique en direct furent utilisées aux fins humanitaires.


Avec le temps, M.Vukobrat a réussi, dans une série d’interviews, à expliquer à l’opinion publique sa vision et son bien-fondé, de sorte que toute tentative de manipulation était de moins en moins possible, d’autant plus que les plus prestigieux des médias mondiaux, de la CNN, en passant par Le Monde et Le Figaro, jusqu’à l’International Herald Tribune accordèrent aux actions et aux idées de Boris Vukobrat toute l’attention due, de quoi témoignent des centaines de pages de son volumineux dossier de la presse.

 

Source : http://www.fondmir.com/OLDversion/docs/boris_f.html

 

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Publié le 13 Août 2011

Le Lycée serbe orthodoxe de Zagreb


 

I. L'Eglise serbe ouvre un lycée à Zagreb

 
Zagreb est la première ville au monde qui comptera un lycée d’élite créé par l’Église orthodoxe serbe. Il sera fréquenté par des élèves de nationalité serbe, mais aussi par tous ceux qui auront réussi le difficile examen d’entrée. Ce lycée confessionnel suivra les programmes du ministère croate.

16 élèves de nationalité serbe parmi les plus talentueux des villes de Knin, Obrovac, Benkovac, Osijek, Vukovar et Zagreb seront bientôt assis sur les bancs de l’école Kantakuzina Katarina Brankovic, récemment ouverte dans la rue Bogoviceva de Zagreb, rapporte le journal Vecerni List.

« Au cours de la session d’inscription estivale, 25 lycéens se sont présentés. Parmi eux, 16 ont réussi le test d’entrée et vont s’inscrire dans une école qui perpétue une tradition bicentenaire d’activité éducative de l’Église orthodoxe serbe », déclare le père Milan Topic, directeur du Lycée Kantakuzina Katarina Brankovic.

Au cours de cette première session d’inscription, une lycéenne de nationalité croate s’est présentée. Mais elle n’a pas été retenue, à la suite du test d’entrée, très exigeant, tout comme sept autres élèves de confession serbe.

Ce lycée a été créé à l’initiative de Sa Béatitude le métropolite de Zagreb, Ljubljana et d’Italie, Mgr Jovan, en partenariat avec le ministère croate de la Science et de l’éducation. Son statut est public. « Les élèves qui suivront l’enseignement de ce lycée vont acquérir un savoir qu’on ne peut pas acquérir dans aucun autre lycée en Croatie », ajoute le père Topic.

« Les cours seront en langue serbe, mais selon le programme éducatif croate, qui sera enrichi d’enseignements issus de la culture religieuse orthodoxe. Les élèves auront la possibilité d’apprendre l’anglais, le russe, l’allemand et l’italien et, outre le latin qui sera optionnel, ils pourront suivre des heures de grecs et de slave ancien.

Le contenu de la riche culture religieuse orthodoxe serbe servira d’ossature à la volonté de préserver l’identité nationale et la culture au sein de ce lycée. Il est notable que les enseignements de langue seront assurés uniquement par des locuteurs de langue maternelle. Ceux-ci assureront, outre leurs heures de cours régulières, des activités libres et créatives », explique le père Topic.

Le diplôme du premier lycée serbe orthodoxe de Zagreb bénéficiera du même traitement que ceux des autres lycées de Croatie. Munis de ce diplôme, les élèves pourront s’inscrire dans n’importe quelle Université. Les professeurs qui travailleront dans ce lycée seront rétribués, comme ceux des autres lycées, par le ministère de la Science et de l’éducation.



Source : Courrier des Balkans
Mise en ligne le jeudi 18 août 2005. 

 

 

 

II. Au lycée orthodoxe de Zagreb des livres et des excursions gratuites

 

Bientôt dix nouveaux lycéens croates, après les neuf premiers de l'année dernière, sortiront de l'école munis de leur diplôme. En effet la seconde génération de bacheliers représentés par Tatjana, Milica, Dejan, Anja, Danijela... achèvent leurs études au Lycée serbe orthodoxe de Zagreb.


- Non, cette école n'est pas bien différente des autres, à part que les classes sont beaucoup plus petites. L'avantage est qu'ainsi on se côtoie plus entre nous et avec les professeurs, mais l'inconvénient c'est qu'ils nous interrogent davantage, plaisante Tatjana Dragičević, venue étudier à Zagreb depuis les environs d'Obrovac.

Sans insignes visibles depuis la rue

Le Lycée serbe orthodoxe Kantakuzina Katarina Branković diffère néanmoins beaucoup des autres lycées de la capitale. Le programme scolaire conventionnel est enrichi de matières en langue, histoire, art plastique et art musical serbes, et pour les 61 élèves des quatre classes tout est gratuit, que ce soit les livres, le matériel, le transport, les entrées pour des spectacles et des musées, ou encore les excursions et le logement dans les maisons d'étudiant.


- Nombre d'entre nous proviennent de familles qui y attachent de l'importance, par ailleurs les études dans la capitale nous ouvrent plus de possibilités - raisonne Dejan Gledić, de Gvozdo.


Depuis cinq ans qu'existe le Lycée serbe orthodoxe, situé en plein centre de Zagreb, sans aucun signe visible depuis la rue, les élèves n'ont pas eu à subir de sérieux déboires. Actuellement on en compte 10 dans la quatrième classe, 15 dans la troisième et 18 respectivement dans la deuxième et première.

 

http://www.vecernji.hr/slika-640x348/vijesti/u-pravoslavnoj-gimnaziji-besplatne-knjige-izleti-slika-162560

 

Nous vivons en maison [d'étudiants] comme tous les autres, on se fréquente, il n'y a pas de problème - déclare Milica Mijatović qui vient des environs de Vukovar. Tatjana rajoute : A la différence des petits milieux, à Zagreb on peut éviter le comportement primaire et le nationalisme.


De nos jours se sont estompés les messages déplaisants et injurieux sur les forums, l'étonnement manifestés par des proches envers les professeurs croates ayant décidé d'enseigner dans l'école orthodoxe ou toute autre réaction semblable datant de l'époque où l'école avait débuté ses activités. 


- Il a fallu un peu de temps mais aujourd'hui il n'y a plus de suspicion à l'endroit de notre école. Tous nous apprenons à respecter la différence, ce qui avec les jeunes est plus facile - déclare le directeur du lycée orthodoxe Mihailo Majk Žikić, né en Suisse, originaire de Pirot, et depuis trois ans Zagrébois.


Sur les bancs de son école les filles sont majoritaires et beaucoup d'élèves sont nés au sein de couples mixtes par leur nationalité. 


- Nous n'avons pas eu de demande mais il est évident que chez nous l'inscription est ouverte tout aussi bien à des enfants dont les racines ne sont pas serbes et orthodoxes. Nous disposons de pas mal d'atouts. Les cours sont individualisés, on travaille en petit groupe, les élèves ont accès à la bibliothèque de la métropolie de Zagreb-Lljubljana, laquelle est riche en vieux manuscrits et permet des travaux de recherches scientifiques, en outre notre diplôme donne autant accès aux facultés croates que serbes, dit le directeur Žikić pour vanter les avantages de son école.


Tous les bacheliers sortis l'année dernière se sont inscrits dans les facultés (dont une de théologie), et leurs homologues de cette année nourrissent les mêmes ambitions.

Peu d'enfants originaires de Zagreb


- Il est désormais clair que le Lycée serbe orthodoxe n'est pas une école théologique, comme certains l'avaient cru au début - déclare Žikić. L'intérêt auprès des élèves ne cesse de se renforcer, et d'ici deux ans, lorsqu'il est prévu que le lycée se sera installé dans un nouvel espace aménagé pour deux cent élèves, on s'attend à ce qu'il y ait plus d'enfants de Zagreb.



Source : vecernji.hr, le 2 mai 2010.

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 19 Novembre 2010

Le camp de concentration de Velepromet


 

Le camp de Velepromet est un camp de concentration à proximité de la ville de Vukovar. Des prisonniers croates, militaires et civils, y ont été détenus par les forces serbes durant la guerre en ex Yougoslavie. Ce camp a été fermé en mars 1992. D'après le Tribunal pénal international pour l'ex Yougoslavie, 1200 personnes ont été détenues à Velepromet

Après la bataille de Vukovar, l'Armée populaire yougoslave et les forces paramilitaires serbes ont improvisé un camp dans les installation de l'entreprise Velepromet où furent enfermés un millier de Croates. L'identification et la séparation des prisonniers commençait en séparant d'un côté les hommes et de l'autre les femmes et les enfants. Chaque groupe était ensuite amené pour être interrogé. Les hommes étaient passé à tabac et certaines femmes ont été violées.

Quelques témoignages :

Les forces serbes ne contrôlaient pas seulement les activités policières et judiciaires dans le district mais aussi les services judiciaires. Une femme affirme avoir été amenée devant le Tribunal de la République serbe de Krajina et avoir été accusée de "génocide contre les Serbes". Elle a été condamnée à 15 ans de prison et ramenée au camp de Velepromet.

Beaucoup étaient contraints à des travaux forcés tels que la réparation de toits ou l'enterrement des morts dans des fosses. D'après plusieurs détenus, des membres des unités de Vojislav Šešelj étaient présents dans la prison.

Un témoin dit avoir été amené dans une pièce de 100 mètres carrés où se trouvaient 260 détenus. Toute la nuit des détenus en furent retirés et ceux qui restaient ont pu entendre des tirs d'armes laissant penser que les autres étaient exécutés.

Selon un autre témoin, les prisonniers étaient répartis en trois endroits : le sous-sol, une petite pièce située près du poste de garde, la menuiserie. D'après un rapport, plusieurs membres de la JNA assistés par des "tchetnick" ont emmené huit prisonniers du hangar où ils étaient détenus, leur ont attaché les mains avec du fil de fer, les ont liés à une haute clôture en fil de fer barbelé à proximité du hangar et les ont fusillés. Un rapport fait également mention d'un groupe de 25 prisonniers qui auraient été séparés et passés par les armes.

Le lieu d'exécution était éloigné d'une cinquantaine de mètres des hangars et tous les prisonniers étaient en mesure d'assister aux exécutions.

Une scène de décapitation est également rapportée ainsi qu'un homme découpé en deux à la scie électrique.

 

http://blog.vecernji.hr/sandra-sabljak/wp-content/blogs.dir/81/files/stajicevo/velepromet4.jpg

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 5 Mai 2010

Fièvre du samedi soir sur le Danube


 

L’ancienne capitale de la Yougoslavie attire désormais de plus en plus de fêtards des pays voisins, notamment de Croatie.

"On vit à Zagreb, mais on sort à Belgrade. Au moins une fois par mois, on y va pour le week-end, toute la bande. Pourquoi ? Parce que là-bas les gays se sentent plus libres, on trouve les clubs belgradois meilleurs, il y a toujours de la bonne musique…” C’est ainsi que Jasmina, 32 ans, explique l’attrait des jeunes Croates branchés pour la capitale serbe. “Zagreb est trop cloisonnée, un peu ennuyeuse, alors que Belgrade est plus ouverte, les femmes y sont superbes aussi”, renchérit Damir. “On y trouve des bars à eau-de-vie, même des bars à purée, où l’on sert plusieurs sortes de purée. Le vendredi, après le boulot, on saute dans la voiture, et en route pour Belgrade !

Depuis quelques années, avec la normalisation des relations serbo-croates, il est tout à fait courant de faire le déplacement de Zagreb à Belgrade. Mais les virées massives du week-end, essentiellement pour faire la fête, sont un phénomène nouveau. La visite nocturne d’un club de “turbo folk” [musique mi-traditionnelle mi-pop, interprétée le plus souvent par des jeunes femmes plantureuses], considérée à Zagreb comme un loisir de plouc, devient d’un exotisme fou à Belgrade…

Nous partons de Zagreb à 4 heures de l’après-midi. A 20 heures, nous traversons le pont de la Gazelle, l’une des principales artères de la capitale serbe. Belgrade est une ville très colorée, grande, tout en hauteur et en contrastes, avec des boulevards à plusieurs voies sillonnés de voitures de luxe et de trolleybus vétustes, et des ponts imposants sous lesquels vivent des Tsiganes.

Les façades des immeubles, qui ont connu des jours meilleurs, rappellent, à l’aide de graffitis, que “le Kosovo appartient toujours à la Serbie” [Belgrade ne reconnaît pas l’indépendance de la république sécessionniste]. En descendant la rue Kralja Petra vers l’hôtel Royal, j’ai impression que Belgrade a vieilli, mais en gardant un certain charme, comme les belles villes savent vieillir. “Jusqu’au premier chant du coq” est l’expression locale qui résume le mieux la vie nocturne à Belgrade. La plupart des Belgradois sortent deux ou trois fois par semaine, le plus souvent le vendredi et le samedi. Les jeunes et les moins jeunes, les rockeurs, les alternatifs, les romantiques, les frimeurs, les loosers, les rêveurs, les nouveaux riches et les gens honnêtes – tous partagent la même passion pour la vie nocturne. Où trouvent-ils l’argent et l’énergie pour ça ? Mystère ! Le samedi après-midi est le moment idéal pour faire un tour de la ville et de ses innombrables cafés et bars aux noms imbattables : Ana 4 pistolja [Ana aux quatre pistolets, en référence à un personnage de bande dessinée western] ; Elle et pas une autre, le bistro dans lequel les garçons doivent obligatoirement être accompagnés d’une petite amie ; Informbiro et son fameux plafond, où sont gravés les noms de tous les musiciens de la Philharmonie de Belgrade, depuis sa création.

Skadarlija, dans la légendaire vieille ville, vous plonge dans l’ambiance de Belgrade de jadis. C’est une ruelle pavée qui abrite plusieurs restaurants traditionnels célèbres, tels Tri sesira [Trois chapeaux] et Ima dana [Il y a des jours]. Ici règnent des odeurs de grillades et l’inévitable son du violon.

Les Zagrébois aiment passer une partie de leur soirée à l’Iguana, club huppé récemment ouvert sur le port de la Sava. On y sert les meilleurs vins, on y écoute du bon jazz joué par les musiciens de la télévision nationale. Ensuite, on poursuit l’échauffement dans la rue Stahinjica Bana, que les Belgradois appellent “Silicon Valley”. Elle doit son nom aux bimbos à implants mammaires qui la fréquentent et qui y attirent inévitablement des hommes possédant de luxueuses voitures. Vers minuit, les fêtards se dirigent vers les péniches. Elles sont le symbole de Belgrade, la principale raison pour laquelle cette ville, située au confluent de la Sava et du Danube, a acquis sa réputation de capitale balkanique de la fête. Les péniches sont connues pour leur programmation musicale. On y trouve tous les genres : les chansons cultes de l’ex-Yougoslavie, le r’n’b, le rock, la house, la pop, la techno, la dance, la musique alternative et, bien évidemment, le turbo folk. Si vous demandez aux Belgradois combien de péniches il y a dans leur ville, ils vous répondent d’un air embarrassé…

Beaucoup !” Un peu comme le nombre d’habitants de Belgrade, qui varie entre un million et demi et deux millions et demi selon l’interlocuteur. “En tout cas, dans cette ville, il y a beaucoup de péniches et beaucoup d’habitants”, conclut de manière sibylline le chauffeur de taxi qui nous conduit à 1 heure du matin de la Silicon Valley jusqu’à l’ancien hôtel Jugoslavija, point de ralliement des fêtards en direction des péniches. Ce soir, c’est noir de monde. Une véritable fourmilière dans laquelle on discerne des hordes de filles aux jambes longilignes et à talons hauts, qui descendent vers le Danube. A Belgrade, on a trouvé un néologisme pour désigner ces filles “pénichardes” : les splavuse – un mélange de splav (péniche) et plavusa (blonde). Elles sont belles, séduisantes, aiment les froufrous et flirtent avec le kitsch.

Comme il se doit, on fait la fête jusqu’à l’aube, dans cette “Sin City” des Balkans. Une fête qui, néanmoins, se termine de façon bien sage : avant de rentrer à l’hôtel, on fait une dernière escale place de la République pour y manger une crêpe.

par Sandra Bolanča* du Jutarnji list

Source : courrierinternational.com, le 6 mai 2010.

 

* une journaliste dont les articles oscillent généralement entre le futile et  le nuisible

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Rédigé par brunorosar

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