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Publié le 27 Novembre 2010

Le tatouage des Croates catholiques en Bosnie-Herzégovine


 

En 1894, un conservateur du Musée de Sarajevo [1], Ćiro Truhelka, publia une importante étude en serbo-croate sur le tatouage bosniaque [2], traduite deux ans plus tard en allemand [3]. Ć. Truhelka copia une centaine de tatouages dont une bonne part se trouve reproduite dans son article (qui compte 64 figures). Certains d'entre eux furent même reproduits sur des modèles en cire grandeur nature, dans la section ethnographique du Musée de Sarajevo [4]. Ć. Truhelka insiste sur le fait que le tatouage se rencontre presque exclusivement chez les catholiques. A cause de la prédominance du motif de la croix, ceux-ci appellent souvent leurs compositions ornementales križ (croix) ou križevi (croix au pluriel) et ont tendance à les considérer comme un signe distinctif de leur religion. Le tatouage, exécuté par une vieille femme experte ou par une amie, est souvent reçu un jour de fête religieuse (saint Joseph, Annonciation, Rameaux, ou Semaine Sainte). Mais il ne donne lieu à aucun rituel particulier : on choisit ces dates uniquement parce qu'elles sont l'occasion d'une réunion familiale. Ć. Truhelka remarque d'ailleurs qu'à l'exception de la croix, aucun motif tatoué ne porte de nom chrétien. Les appellations rapprochent simplement la forme des motifs de réalités quotidiennes prosaïques, ainsi : kolo (cercle), ograda (clôture), narukvica (bracelet), grančica (brindille), jelica (sapin), klas (épi), sunce (soleil), mjesec (lune), zvijezde (étoile), zvijezda prehodnica (étoile du matin), etc. La nature de ces motifs invite à exclure l'hypothèse d'une origine chrétienne telle qu'avait pu l'imaginer G. Capus :

"Tous ces motifs ont peut-être jadis représenté une symbolique dont les motivations sont pour nous aujourd'hui parfaitement obscures ; mais on se trouve obligé de reconnaître qu'ils n'ont rien à voir avec le christianisme. A côté de ces motifs populaires, la croix ne semble pas complètement hétérogène. Cependant, bien que la croix se trouve fréquemment dans le tatouage des tribus sauvages et que nous en connaissions en bronze - et en d'autres matériaux - datant d'une période bien antérieure à l'émergence du christianisme, la question reste posée de savoir si la croix représente, dans le tatouage bosniaque, un motif ornemental ancien ou si elle a été introduite parmi les motifs de marquage corporel par le christianisme. En tout été de cause, nous pouvons supposer que la croix existait déjà et que, par affection pour elle, la pratique du tatouage a été tolérée par le clergé catholique."

"L'absence d'autres symboles prouve que la coutume [du tatouage] ne provient pas du christianisme, malgré la croix et les nombreuses petites croix dont les motifs isolés sont agrémentés. Très tôt, le christianisme a introduit un certain nombre de symboles [...], symboles de la foi, de la vie et de l'espérance, monogrammes du Christ, de Marie et d'autres, et pourtant ceux-ci n'ont jamais été employés par la praxis populaire du tatouage. Là où on les trouve, ils proviennent d'une influence étrangère et n'ont rien à voir avec la pratique ancienne du tatouage. Jusqu'à présent, je n'ai trouvé employé qu'un seul motif de ce genre, le monogramme du Christ, or même qu'il avait été assez incorrectement importé. En effet, le I manque, et entre le H et le S parfois écrit à l'envers, un cercle a été intercalé d'où sort un ornement fait de petites croix combinées les unes avec les autres. J'ai reproduit trois de ces motifs que j'ai vus assez souvent dans la ville de Fojnica sur des avant-bras de femmes. Il est révélateur que ce motif ne se trouve qu'à Fojnica et soit seulement utilisé par les citadins. Il est facile d'expliquer comment ce motif est arrivé là : certainement l'un des ecclésiastiques du couvent en aura livré une esquisse, et celle-ci, plus ou moins bien comprise, aura bientôt été copiée jusqu'à ce qu'il en résulte cette figure déformée. Comme je l'ai appris, ce motif a seulement été adopté à une époque récente : il est par conséquent en grande partie dépourvu de signification ethnologique." [5]

Ce constat conduit Ć. Truhelka à reculer les origines du tatouage bosniaque à une époque antérieure à la christianisation des Balkans, et à le considérer comme un héritage des pratiques observées par les auteurs grecs et latins chez les peuples barbares de la Péninsule (Thraces, Iapodes, Illyriens). Ć. Truhelka mentionne enfin d'autres attestations de cette pratique en dehors de la Bosnie : il a eu l'occasion d'observer que, dans ces régions reculées de l'Albanie, certaines musulmanes étaient tatouées.

[1] Le Landesmuseum de Sarajevo, fondé en 1885, comprenait une importante section d'Archéologie administrée par Ćiro Truhelka et Carl Patsch regroupant la Préhistoire, les Antiquités romaines et l'Ethnographie.
[2] Ć. TRUHELKA, "Tetoviranje katolika u Bosni i Hercegovini", Glasnik Zemaljskog muzeja u Bosni i Hercegovini [Bulletin du Musée provincial de Bosnie-Herzégovine] 6, 1894, p. 241-257.
[3] Ć. TRUHELKA, "Die Tätowi[e]rung bei den Katholiken Bosniens und der Hercegovina", Wissenschafliche Mittheilungen aus Bosnien und der Hercegovina (Vienne), 4, 1896, p. 493-508.
[4] Cf. L. OLIVIER, "La science, les services scientifiques et les oeuvres intellectuelles en Bosnie-Herzégovine", Revue générale des Sciences pures et appliquées, 11, 1900, fasc. 6, p. 381 et p. 382, fig. 19-22.
[5] Ć. TRUHELKA, "Die Tätowi[e]rung bei den Katholiken Bosniens und der Hercegovina", 1896, op. cit. n. 404, p. 502-504.

 

Source : Marquage corporel et signification religieuse dans l'antiquité, thèse de doctorat, Luc Renaut [document pdf]

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/6f/BH_Croats%2C_Tattoo.jpg

 

Dessin d'une Croate de Bosnie portant des tatouages

 

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 23 Novembre 2009

Nouvel attentat à Zagreb


 

Les nouvelles sur les événements guerriers n'arrivaient à Zagreb qu'avec une relative lenteur. Elles manquaient de précision. Ce n'est qu'aux alentours des 27-28 octobre qu'apparut clairement l'importance de l'indéniable victoire serbe à Kumanovo. Dans les jours qui suivirent, le peuple ne sera intéressé que par la tournure que les choses allaient désormais prendre. Tout le reste n'intéressait personne. Et certainement pas de savoir que le mercredi 30 octobre était prévue l'unique apparition au Théâtre de Zagreb de l'actrice française Henriette Rogers avec une troupe et dans une pièce d'Henry Bernstein, Le voleur, une représentation alors à la mode et faisant sensation. A côté du théâtre guerrier balkanique, Bernstein et la compagnie française ne signifiaient rien.

 

Pourtant la rareté est ordinairement prisée. Avant 1914, les apparitions d'artistes dramatiques étrangers étaient une rareté à Zagreb. Par moments se produisaient des Italiens, épisodiquement un artiste français, l'actrice japonaise Hanako était aussi passée une fois par Zagreb. Et encore deux actrices polonaises. Les prestations étrangères remplissaient difficilement le foyer, mis à part l'interprétation d'Hanako qui avait attiré les spectateurs pour cause d'exotisme. La raison du peu d'intérêt manifesté pour les artistes étrangers était très simple : une faible connaissance des langues étrangères presque généralisée, sauf pour l'allemand. La majorité des amateurs de théâtre étaient des enfants de la culture austro-hongroise. L'influence culturelle hongroise n'existait pas parce que la culture hongroise n'existait pas non plus. Elle était représentée par des tziganes instrumentistes. Un spectacle étranger était d'abord perçu comme un acte social. Les gens se rendaient au théâtre pour montrer combien ils étaient cultivés. Par pure motivation snob. Il y en avait qui se plaignaient que les théâtres de Vienne ne venaient pas. Entendons par là des opérettes et non pas des drames. Néanmoins depuis que la jeunesse avait empêché un drame allemand par des manifestations un certain 24 novembre 1860, il avait été annoncé au public, après que les directeurs de théâtre avec à leur tête Dimitrija Demeter l'eurent rapidement décidé, qu'"à partir de demain il ne serait interprété sur cette scène qu'en croate." Cette décision était devenue une règle tacite que respectèrent toutes les directions théâtrales jusqu'à la Première Guerre mondiale.

 

Ce 30 octobre 1912 le théâtre était peu concouru. En particulier les loges étaient restées béantes. Pas même le parterre pour élèves n'avait été occupé comme à l'accoutumée. Il y avait tout de même pas mal d'élèves. Les professeurs de langue française avaient recommandé aux élèves d'assister à la représentation afin que pour une fois ils entendent un vrai discours en français. Même si leurs têtes étaient remplies d'événements guerriers et d'hypothèses sur ce dont serait fait le lendemain, les élèves étaient venus au théâtre convaincus que les enseignants les interrogeraient le lendemain ou le surlendemain sur ce qu'ils avaient compris. Parmi les plus jeunes, on en trouvait certains qui étaient mordus pour tout ce qui est français grâce à l'influence des prêches de Matoš quant à la supériorité de la culture française sur celle germanique. Peut-être y avait-il également parmi eux une touche de snobisme. Le français vous marquait du sceau de la plus haute élégance. On savait qu'en Croatie aussi la couche supérieure de l'aristocratie conversait occasionnellement en français.

 

La représentation de la troupe française, qui avait débuté à huit heures, avait été assistée par le ban-commissaire Slavko Cuvaj. C'était une sorte d'usage protocolaire que par une visite, ne fut ce que de quelques instants, l'autorité du pays fasse honneur aux invités étrangers. Sans doute souhaitait-il également se montrer lors d'une manifestation culturelle. Personnellement, il est probable que cette visite lui pesait. Il n'aimait pas le français, le théâtre ne l'intéressait pas, d'autres soucis le tarabustaient. Ayant accompli un geste de politesse, sans attendre la fin de la représentation, Cuvaj quitta le théâtre aux alentours de neuf heures. Il regagna le Palais du ban en voiture. La nuit à l'approche de l'hiver était pénétrante et désagréable. La ville tranquille et déserte.

 

Le lendemain matin la rumeur se répandit par murmures que cette nuit-là quelque chose était survenu devant le Palais du ban sur la Place de Marc. Certains affirmaient qu'un attentat avait été commis sur le ban-commissaire. Et aussi qu'un jeune avait été jeté en prison. Concrètement personne ne savait rien. Dans la soirée du 30 octobre pas même Cuvaj n'était au courant de rien. Les rédactions des journaux de Zagreb n'en savaient pas plus. Depuis que l'on avait commencé à chuchoter, les plus curieux et les plus hardis s'étaient rendus sur la Place de Marc. Mais rien de particulier. Comme à l'accoutumée, que ce soit de jour ou de nuit, un soldat de garde faisait le pas automatique devant le portail tandis qu'un gendarme en faction se promenait tout en s'arrêtant à intervalle. Certains passants affirmèrent que dans le mur sous la fenêtre au premier étage on remarquait une sorte d'éraflure. Personne ne savait que la crevasse avait également existé auparavant. On raconta qu'une balle s'y était logée pour de bon.

 

Le jeudi aux alentours de midi les suppositions se concrétisèrent. On affirma qu'un attentat avait été commis mais qu'il avait avorté. L'exécutant était un étudiant qui après avoir échoué avait recouru au suicide. Personne ne savait le nom de cet étudiant. Le nom de Planinscak qui filtra le lendemain n'était pas vraiment connu des étudiants en droit. Le cas concernait exclusivement le groupe de la jeunesse nationaliste, une minorité à l'université. Les journaux de Zagreb ne souffleront aucun mot sur toute l'affaire. Tout le monde avalait les rapports sur la guerre dans les journaux ; tant les jeunes que les plus âgés se transformaient en stratèges aux tables des cafés ou bien, avec un verre de vin, dans les auberges où les lumières devaient être éteintes dès neuf heures du soir.

 

Ce n'est que le vendredi ou le samedi que l'on appris ce que les journaux échappant à la censure de Zagreb racontaient sur les événements relatifs à la Place de Marc. Le Sloboda de Split, dont le rédacteur était Oskar Tartaglia, avait annoncé le vendredi 1er novembre que dans la soirée du 30 octobre à neuf heures l'élève planinscak avait tiré quatre balles de revolver en direction du véhicule du ban, lorsque celui-ci rentrait chez lui, et la cinquième sur lui-même. Le lendemain, le Sloboda annonça par ailleurs que le défunt Planinscak s'appelait Ivan et qu'il était étudiant en droit. La police avait soi-disant étouffé l'affaire et c'est pourquoi la recherche des coauteurs avait été suspendue.

 

Le Novi list de Rijeka dans le numéro du 31 octobre avait fourni le rapport suivant : "Dans la soirée à huit heures le juriste Planinscak a tiré sur la fenêtre du Ban sur la Place de Marc. Ayant repéré la silhouette d'une personne à la fenêtre, et pensant qu'il s'agit de Cuvaj, il a tiré trois balles de browning qui n'auraient touché personne. Sur cela, l'auteur de l'attentat s'est tiré lui-même une quatrième balle dans la tempe et il s'est effondré couvert de sang. L'auteur a expiré devant les portes de l'hôpital, là où on l'avait transporté. Il a pour nom Planinscak, c'était un juriste âgé de 24 ans et il était employé au Bureau des statistiques. La police s'est dispersée dans la ville et elle a arrêté plusieurs personnes." Dans le numéro suivant du Novi list de Rijeka, il était signalé que : "La Police de Zagreb a employé toutes ses forces afin de présenter toute l'affaire comme un simple suicide. C'est en ce sens que l'affaire a été communiquée aux agences de Vienne et de Pest. Les journaux de Zagreb ont reçu l'ordre de ne rien écrire sur l'attentat, les autorités souhaitent le voiler, l'étouffer. La police déclare prétendument ne pas avoir établi l'identité de Planinscak et avoir procédé à des interrogatoires chez le chef du Bureau des statistiques et chez la logeuse. Il est du Zagorje, élève, et il est employé au Bureau des statistiques. La Place de Marc est occupée par la police en force tandis que le Palais du ban est dans le noir. La police est lancée dans une vaste recherche des prétendus complices du tueur. A Zagreb la rumeur sur l'attentat a suscité une grande sensation et partout règne un émoi compréhensible. A la fenêtre du ban, au premier étage, un morceau du mur est perforé, là où la balle a heurté. Tous les efforts de la police pour dissimuler l'attentat ont échoué."

 

La troisième version sur l'affaire Planinscak, qui était alors la plus répétée, a été annotée ultérieurement par Stjepan Dojcic. Cette version est encore aujourd'hui remémorée par les contemporains ayant vieilli. "Planinscak a grimpé sur un lampadaire dans la soirée autour de 9 heures, le 30 X 1912, et c'est ainsi qu'il a voulu assassiner Cuvaj, qui se trouvait à la fenêtre, mais il a manqué de veine et ne l'a pas atteint, au contraire c'est lui qu'ils ont abattu sur place."

 

Les rapports du Sloboda et du Novi list sont des exemples de mauvais reportages journalistiques. Ce n'était là que des constructions sur un événement ayant pu compter deux ou trois témoins et sur lequel personne ne pouvait rien savoir les 30 et 31 octobre, les services d'information n'ayant pas même fait l'effort ou tenté d'interroger les faits les plus élémentaires, par exemple établir le nom et le prénom exact du défunt. Ce n'est finalement que le 2 novembre que fut publié un communiqué dans le Narodne novine par lequel on démentait que l'élève Stjepan Planinsak - pour la première fois son nom et son prénom étaient correctement mentionnés - eût tenté un attentat sur le ban-commissaire. Et il était certifié qu'il s'agissait d'un suicide "bien conçu". Planinsak avait tiré quatre balles en l'air afin d'éprouver l'arme. Planinsak avait été enterré le 2 septembre à dix heures du matin. Sa tombe existe encore de nos jours "au vieux cimetière". Elle se trouve inscrite au registre et est entretenue par son frère, un assesseur à la retraite, Mirko Planinsak, installé dans un appartement à Petrova 21.

[...]

L'énigme de ce soir-là sur la Place de Marc restera entière. Il y a trop peu de points sur lesquels s'appuyer pour reconstruire quoi que ce soit. Les documents officiels sur l'affaire n'existent pas. Peut-être le communiqué affirmant qu'il s'agit d'un suicide est-il après tout le plus proche de la réalité. Les motifs sont entourés de brouillard. Peut-être Planinsak avait-il commencé à tirer en l'air avec fracas dans l'ambiance généralement survoltée de la jeunesse qui était alors euphorisée par les victoires des alliés balkaniques. Ou alors avait-il commis un suicide en raison d'une crise intime. Déjà à l'époque les suicides provoqués par un amour malheureux n'étaient pas une rareté. Ou bien la police avait-elle tout simplement battu à mort un inconnu pour ne pas avoir répondu à l'injonction qui lui était faite de s'arrêter. L'énigme demeure.

 

La jeunesse nationaliste, fébrile en contrecoup de l'attentat de Jukic, avait repris l'affaire et l'avait utilisée comme matériel de propagande. Ce n'est assurément pas un hasard si Oskar Tartaglia, un collègue en droit de Planinsak, ne mentionne pas du tout le nom de Planinsak dans son livre de souvenirs sur le mouvement révolutionnaire nationaliste. Son nom allait entrer dans le martyrologe du mouvement de la jeunesse nationaliste et pourtant il tomba dans l'oubli dès les jours suivants, emporté par le torrent des événements historiques. Après sa mort Planinsak n'est resté qu'une ombre indécise.

 

Source : Josip Horvat - Pobuna omladine 1911-1914 (La Révolte de la jeunesse 1911-1914), Biblioteka Gordogan, 2006, p. 214-218, 221-222.  (Le texte original d'Horvat date de novembre-décembre 1967).

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 23 Novembre 2009

La Bosnie-Herzégovine


 

La guerre récente contre la Bosnie-Herzégovine fait essentiellement partie de cet épisode historique. Cette guerre fut engagée par ses voisins et alliés selon une action préalablement concertée et coordonnée, incluant l'intervention d'éléments internes animés d'une intention destructrice, pour anéantir son unité dans la diversité. Elle trouva son accomplissement avec l'accord de paix de Dayton, imposé par les Etats-Unis d'Amérique et leurs alliés. Les principaux instigateurs de la guerre furent inclus dans ce processus de négociation, au premier plan desquels la Serbie et la Croatie : le résultat de Dayton fut que la partition créée par la guerre était légitimée comme nouvelle réalité. Cependant, le pays se trouvait ainsi conduit à un croisement d'où il pourrait se diriger vers l'un des deux scénarios probables : une totale désintégration ou la réunification. Quel que soit le dénouement, le libre marché, la privatisation et l'introduction du capitalisme furent acceptés comme inévitables. La Bosnie communiste a été détruite par la guerre. Ce qu'il en reste doit être transformé en un pays démocratique et capitaliste. Néanmoins, il existe de nombreux arguments pour soutenir l'affirmation que les seuls marchés libres, surtout s'ils sont encouragés par des investisseurs occidentaux en quête d'un profit rapide, n'offrent que des miettes d'une assistance véritable aux institutions civiles et à la démocratie qu'ils prétendent soutenir.

 

Source : Rusmir Mahmutcehajic, Une réponse bosniaque - Modernité et tradition - publié par Durieux / Textor Verlag / Paris Méditerranée, seconde édition revue 2005, p. 34. Traduit de l'anglais par Paul Ballanfat. Titre original : Bosanski odgovor : o modernosti i tradiciji

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 17 Novembre 2009

La 13ème division SS de montagne Handschar


 

Handschar (Handzar en croate) est une division de la Waffen-SS. Elle fait partie des trois divisions musulmanes de la Waffen-SS avec la 23ème division SS de montagne Kama et la 21ème division SS de montagne Skanderberg, ces trois divisions étant des divisions de volontaires.

 

 

Formation de la 13ème division SS de montagne Handschar


La Division Handschar fut composée de Bosniaques musulmans, principalement recrutés dans les rangs des milices autonomistes musulmanes en accord avec l'Etat indépendant de Croatie d'Ante Pavelic auquel la Bosnie-Herzégovine appartenait.

 

L'uniforme de la division Handschar a deux particularités : le port du Fez musulman, avec la tête de mort, traditionnel emblème des SS. Sur le col des chemises, les runes sont remplacées par un sabre et une croix-gammée. Contrairement aux autres Divisions SS, qui n'étaient pas particulièrement religieuses, la division Handschar est encadrée par des imams, et les soldats font régulièrement les prières musulmanes.

 

 

Histoire 


Recrutement


Dès la fin 1942, le Reichsführer SS Heinrich Himmler propose à Hitler de former une division bosniaque musulmane en accord avec le Grand Mufti de Jérusalem Hadj Amin al-Husseini. C'est seulement le 10 février 1943 que Hitler donnera son accord quant à la constitution de cette formation de la Waffen SS. Le 13, Himmler charge le SS-Gruppenführer Artur Phleps, alors Kommandeur de la division Prinz Eugen, de mener à bien le recrutement de la nouvelle unité SS. Malgré les réticences des autorités croates, Phleps obtient finalement de celle-ci leur accord à condition que les effectifs soient prélevés au sein des Ustashi, le parti de Pavelic, et que la nouvelle division prenne la dénomination de "SS-Ustasha Division Kroatien" voire division "Bosnia-Hercegovina". La campagne de recrutement est lancée dans le centre de la Bosnie grâce aux réseaux islamistes de la JMO et de la JMM, les deux composantes politiques musulmanes bosniaques.

 

Très vite, cette unité de montagne prend des attributs distinctifs : sabre recourbé et croix gammée au col des uniformes à la place des S runiques, port du fez etc. Au mois d'avril 1944, le Grand Mufti de Jérusalem se rend sur place afin d'inciter les jeunes bosno-croates de confession musulmane à rejoindre la Waffen-SS. Environ 10.000 volontaires se présentent et le recrutement stagne, face à l'obstruction de Pavelic. En effet, celui-ci accuse les Allemands de lui prendre les recrues dont il a besoin pour sa propre armée. Il suppose surtout que cette unité risque de développer certaines idées automonistes chez les musulmans de Bosnie et remettre en cause l'unité de son Etat. Finalement, ce sont les unités musulmanes de l'Ustasha qui sont affectées dans les rangs de la nouvelle unité SS (Cadres verts, bataillon d'Husein Miljkovic, etc.). A Sarajevo, les Jeunes musulmans (Mladi Muslimani) d'Alija Izetbegovic assurent le recrutement de volontaires en ouvrant un bureau (Erzatzkommando der Waffen-SS) comme en attestent les archives du SS-Führungs-Haupt-Amt de Gottlob Berger à Berlin.

 

L'organisation de la nouvelle division de montagne SS est confiée au SS-Standartenführer Herbert von Obwurzer. L'encadrement devait être assuré par des officiers bosniaques, mais devant leur manque il sera assuré par des Volksdeutsche yougoslaves provenant de la division "Prinz Eugen" auxquels sont adjoints des officiers bosniaques musulmans formés dans les écoles de la SS, Sennheim (Cernay en Alsace) et Bad Tolz en Bavière.

 

Face au manque de tact de Obwurzer envers ses volontaires, il est démis de ses fonctions de commandant de la division. Il est remplacé par le SS-Oberführer Sauberzweig, le 1er août 1944.

 

Le représentant d'Himmler en Croatie, le SS-Grupenführer und Generalleutnant der Polizei Konstantin Kammerhofer est chargé par celui-ci de reprendre en main le recrutement. Le Reichsführer-SS lui accorde un mois pour lever les 26.000 hommes nécessaires à la constitution de la division ; de plus 2 millions de Reichsmarks lui sont donnés pour relancer la campagne de recrutement. Kammerhofer finit par convaincre Pavelic ; il donne son accord quant à l'enrôlement des musulmans. Malgré tout, le nombre de volontaires demeure insuffisant et recours est fait à la conscription (rétablie par le gouvernement croate) mais aucun recrutement forcé n'est à noter comme en attestent les archives militaires allemandes (BA/MA, RS 3-13). Des Musulmans ghegs albanais sont incorporés, ainsi que 2.800 croates catholiques, le tout ne manquera pas de provoquer des tensions au sein de l'effectif. Il est nécessaire de préciser que le nombre maximal de soldats au sein de la Handschar sera de 21.065 hommes (fin 1943).

 

 

Entraînements et constitution finale de l'unité


Face aux risques de désertions et surtout à l'hostilité des populations locales, il sera décidé que l'entraînement aura lieu en France, dans le Massif Central, région rappelant le relief yougoslave. Le transfert a lieu tout au long du mois de juillet. Le P.C. de la division se situe au Puy, son dépôt à Mende.

 

C'est durant cette période d'instruction que des frictions apparaissent entre les officiers Volksdeutsche de la division et les volontaires musulmans. Ceux-ci sont affublés du surnom de "Mujos", et subissent vexations et humiliations de la part de leurs officiers. La rude discipline imposée aux volontaires de la SS ne semble pas convenir aux jeunes bosniaques. Himmler est amené à réagir et c'est en ce sens qu'il adresse une lettre à Phleps et Kammerhofer dans laquelle il insiste sur le fait que les Musulmans "doivent être en mesure d'accomplir les préceptes de leur religion" et que les auteurs de plaisanteries à l'égard des Musulmans soient punis. Une véritable révolution dans un corps national-socialiste très influencé par la mystique germano-païenne.

 

Il est bon à ce sujet de revenir sur les fameux privilèges accordés aux musulmans : d'abord proscription de viande de porc et d'alcool ; des vivres de remplacement doivent leur être attribuées (ordre d'Himmler). Les impératifs religieux : un mollah (docteur de la loi coranique) par régiment et un Imam (chef religieux) par bataillon. Malgré tout le 17 septembre une mutinerie éclate au sein du Pionnier-Abteilung (génie) à Villefranche-de-Rouergue, dans l'Aveyron. Des officiers allemands sont exécutés. La répression amènera la mise à mort de quelques dizaines de volontaires, répression savamment menée par la compagnie albanaise du bataillon du génie.

 

A la fin du mois de septembre 1943 les premières unités croates musulmanes commencent à quitter la France, il en sera ainsi durant le mois d'octobre. Elle prend ses quartiers à Neuhammer, en Silésie pour y parfaire son entraînement. En décembre, la division est envoyée en Autriche, elle y stationnera jusqu'à son retour dans les Balkans en février 1944.

 

Sauberzweig étant appelé à commander le futur corps de montagne croate, le commandement de la Handschar est confié au SS-Standartenführer Desiderius Hamfel au mois de juin 1944. Elle repasse durant cette même période sous contrôle du V. SS Geb. Korps, pour rejoindre à la fin septembre - début octobre le IX Waffen Gebirgs Korps der SS avec la nouvelle division bosniaque musulmane "Kama". Début octobre 1944, le commandement SS prend la décision de se séparer de ses volontaires musulmans en tant qu'unité constituée.

 

 

Eclatement de l'unité et dispersion


Octobre 1944 : l'Armée rouge pénètre en Serbie. Les désertions au sein de l'effectif croate musulman se sont multipliées, beaucoup de soldats fuient pour retrouver et protéger leurs familles restées en Bosnie et en Croatie. Un accord de Tito amnistie partiellement les volontaires musulmans qui rejoignent les rangs de l'AVNOJ, l'armée populaire yougoslave d'obédience communiste.

 

Le 11 octobre, les volontaires musulmans sont donc réorganisés et dispersés au sein de diverses unités de la Waffen-SS ; et la mutinerie du 17 octobre 1944 (touchant aussi la Kama), à la veille de la libération de Belgrade le 20, marque la fin officielle de la division SS musulmane "Handschar" en tant que division constituée.

 

 

Source anonyme

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 10 Novembre 2009

Les acharnés


 

Tandis que les Autrichiens, à l'instar des Turcs auparavant, avaient cherché à diviser pour régner, en favorisant une communauté au détriment des autres, en particulier les Catholiques, les étudiants recherchèrent quant à eux la solidarité par la collaboration entre Serbes, Croates et Musulmans. Ils s'en tenaient à une vision d'un Etat slave du Sud unifié, qui aurait profité à tous, même si les Serbes dominants regardaient Belgrade comme la capitale naturelle d'une telle fédération. Celle-ci portait un nom : la Yougoslavie.

 

Il existait des sociétés serbo-croates conjointes, l'une d'entre elles impliquant Ivo Andrić paradant avec un badge secret représentant les deux drapeaux des Serbes et des Croates. Lorsque Princip rejoignit ce groupe il essuya rapidement les critiques des Serbes nationalistes qui prétendaient que lui et les autres Serbes dans ce groupe commun ne pouvaient être de vrais Serbes. "Cela causa une profonde brouille et haine entre nous", écrivit-il dans une lettre.

 

Andric a décrit la profonde division religieuse bien ancrée parmi la Société bosnienne dans "Une lettre de 1920" :

Quand on reste jusqu'au matin tout éveillé dans son lit, on entend tous les bruits de la nuit à Sarajevo. Pesamment et sûrement, l'horloge de la cathédrale catholique sonne deux heures. Une minute plus tard ( soixante-quinze secondes exactement, j'ai compté ), sur un timbre un peu plus faible, mais pénétrant, l'horloge de la cathédrale orthodoxe sonne ses deux heures. Un peu plus tard, la tour de l'horloge de la mosquée du Bey sonne à son tour, elle sonne onze heures, onze heures turques spectrales, conformément aux comptes étranges de pays situés à l'autre bout du monde ! Les Juifs n'ont pas d'horloge pour sonner et seul un dieu méchant sait quelle heure il est maintenant, selon leurs comptes différents, d'une part pour les Ashkénazes, d'autre part pour les Sépharades. Ainsi, même la nuit quand tout dort, dans le décompte des heures creuses du sommeil, veille la différence qui divise ces gens endormis ; ces gens qui, à l'état de veille, se réjouissent et se désolent, jeûnent et font ripaille selon quatre calendriers différents et inconciliables et envoient vers le même ciel tous leurs souhaits et leurs prières en quatre langues liturgiques différentes. Et cette différence, tantôt de façon visible et ouvertement, tantôt de manière invisible et sournoise, ressemble toujours à la haine et se confond parfois tout à fait avec elle.


Il existait également des contacts avec des groupes et des sociétés dans d'autres provinces slaves du Sud de l'empire austro-hongrois telles que la Croatie, la Dalmatie et la Slovénie. Au sein de ces associations, qui essaimaient en tout sens et partageaient l'objectif commun d'expulser les Habsbourg, de nouveaux complots inspirés par Žerajić ne pouvaient manquer de se former. Toute l'année 1912 allait être émaillée de vastes troubles ayant pour point de départ Zagreb où les étudiants commencèrent à protester après qu'un nouveau gouverneur, le comte Slavko Cuvaj, eut été nommé par les Hongrois en dépit d'une élection qui avait installé des éléments locaux au pouvoir.

 

Plusieurs étudiants en sortirent meurtris par des sabres policiers lorsqu'ils tentèrent de tenir une manifestation ayant été interdite. Les étudiants provoquèrent un arrêt à l'université tandis que d'autres se mêlèrent aux ouvriers pour lancer des pierres sur la police. Une seconde vague de protestations et de manifestations se répandit à travers la région et il y eut d'importantes grèves estudiantines. Gavro faisait partie des étudiants qui conduisirent les manifestations à Sarajevo et, selon un récit, il fut blessé par un sabre. On en appela à la grève générale et Dedijer cite un témoin contemporain qui dans son carnet avait noté comment Gavro était allé de classe en classe en menaçant les garçons avec un coup-de-poing américain pour les forcer à rejoindre les grévistes.

 

Un des autres organisateurs des manifestations à Sarajevo était un étudiant croate, Luka Jukić, qui plus tard se plaignit à des collègues que ce mouvement "écolier" ne suffit pas. C'est par trop innocent. "D'autres moyens doivent être employés et Cuvaj devrait être écarté à tout prix et je suis prêt à le faire, soit avec le poison... soit avec des bombes et des revolvers."

 

D'autres eurent la même idée mais Jukić était décidé à aller de l'avant et il obtint des armes à Belgrade. Lui aussi était un poète-révolutionnaire ; il écrivit certains vers qu'il appela "Ma devise" : Je suis désolé pour moi-même, Mais je n'ai pas d'autre choix, Pour la liberté et le peuple, Je veux tout sacrifier.

 

Par deux fois il tenta d'abattre Cuvaj et s'en revint sans avoir rien fait. Des disputes eurent lieu avec ses collègues ; il fut qualifié de poltron et de fanfaron. Quelqu'un lui cracha dessus pour montrer leur mépris et il déclara renoncer et rentrer chez lui. Mais au lieu de cela, il saisit sa chance le lendemain et fit feu sur Cuvaj à l'angle d'une rue à Zagreb.

 

Le coup manqua sa proie et ce fut le secrétaire de Cuvaj qui fut blessé et périt. Jukić déguerpit. Il fut pris en chasse pendant vingt minutes au travers des rues de Zagreb par des officiers agitant leurs sabres. Ayant fait volte-face il tira trois fois en blessant deux officiers et en tuant un troisième. Il finira par être arrêté par un passant sur lequel il avait ouvert le feu. 

 

Il semble que des douzaines d'étudiants avaient été instruits de ce que Jukić tramait et ils avaient commencé à fêter la tentative avant même que les autorités n'en soient clairement informées. Nombre d'arrestations s'ensuivirent. Certains pamphlets furent saisis qui proclamaient la création d'une nouvelle république slave du Sud, baptisée la Yougoslavie.

Jukić était âgé de 25 ans mais lorsqu'il assista à son procès en 1912 il partagea le banc des accusés avec une douzaine d'autres dont l'âge allait de 15 à 18 ans. L'un d'entre eux âgé de 15 ans raconta que Jukić lui avait dit qu'il faudrait tuer Cuvaj parce que ce n'était pas un crime mais une bonne action lorsqu'un tyran était assassiné. Au moment du verdict une jeune fille parmi le public lança une rose à Jukić qui se retourna et cria : à bas la tyrannie !

 

Jukić fut condamné à la pendaison mais les autorités sachant qu'elles ne feraient que créer un nouveau martyr commuèrent sa peine en détention à perpétuité. Selon Dedijer, il fut relâché en 1918 et il vécut ses jours dans son village d'origine en Bosnie où il est mort dans la pauvreté en 1929, en ne laissant rien d'autre à sa femme et ses enfants que quelques poèmes.

 

Un deuxième étudiant, Ivan Planinšak, tenta d'exécuter le gouverneur Cuvaj en grimpant à un lampadaire pour l'abattre à travers la fenêtre du premier étage. Lui aussi rata son coup et il mit fin à ses jours. Le gouverneur Cuvaj décida de démissionner.

 

Une troisième tentative visant Cuvaj vit le jour aux Etats-Unis où, à l'instar des Irlandais républicains, les Serbes et les Croates avaient organisé des groupes de soutien. Un jeune Croate avait fait le voyage depuis le Wisconsin jusque Zagreb et il s'employa à éliminer l'ancien gouverneur. Désormais les allées et venues de Cuvaj étaient tenues secrètes et le Croate américain fut incapable de le localiser. Ayant appris par une lettre qu'il commençait à devenir la risée dans son pays pour son échec, il décida de tuer quelqu'un d'autre et il prit pour cible le nouveau gouverneur de la Croatie, le baron Ivo Skerletz, en lui tirant dessus alors qu'il sortait d'une messe catholique. Cette fois la balle fit mouche quoiqu'elle ne fit que blesser le gouverneur au bras. Quand on le condamna à 16 années de réclusion, le Croate américain eut pour parole : "Je suis convaincu qu'après moi d'autres viendront."

 

En Dalmatie une autre graine d'assassin fut arrêtée en possession d'un revolver à la veille d'attenter aux jours du gouverneur de la province. Un autre étudiant fut appréhendé dont il avait été averti qu'il s'était procuré une arme et qu'il projetait de s'en prendre à l'héritier présomptif à Vienne. Il déclara à la police : "Franz Ferdinand est l'ennemi de l'unification des Slaves du Sud et je veux éliminer cette ordure qui empêche notre aspiration nationale."

 

Gavro lui-même reconnut plus tard qu'il avait songé pour la première fois à assassiner un Habsbourg après les manifestations estudiantines en 1912. Il avait assisté à des réunions secrètes à Sarajevo chez deux jeunes Musulmans ; ils y avaient évoqué plusieurs cibles avant de convenir de tirer au sort qui s'en chargerait. Un étudiant se rendit à Belgrade pour obtenir quelques armes mais il s'en revint bredouille, en se plaignant que Jukić accaparait toute l'attention.

 

Source : David James Smith, One morning in Sarajevo - 28 june 1914, Weidenfeld & Nicolson, Londres, 2008, pp. 51-54.

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Rédigé par brunorosar

Publié dans #Bosnie-Croatie

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