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Publié le 14 Mars 2017

Lancement de l'initiative "Trilatérale de l'Adriatique" par la Croatie, l'Albanie et le Monténégro

 

La "Trilatérale de l'Adriatique", une initiative lancée par la Croatie, l'Albanie et le Monténégro, a été officiellement inaugurée vendredi à Split, ville côtière de la Croatie.

Les ministres des Affaires étrangères, Davor Ivo Stier de la Croatie, Ditmir Bushati de l'Albanie et Srdjan Darmanovic du Monténégro ont signé une déclaration conjointe visant à renforcer la coopération entre les trois pays en matière de sécurité et d'économie.

M. Stier a indiqué, lors d'une conférence de presse, que le prochain sommet de la Trilatérale de l'Adriatique au niveau de chefs d'État ou de gouvernement, se tiendra en Albanie.

La Croatie devrait soutenir l'adhésion de l'Albanie et du Monténégro à l'UE, a indiqué la déclaration, ajoutant que la Croatie et l'Albanie, deux membres de l'OTAN, contribuerait à l'adhésion du Monténégro à l'alliance militaire.

Les trois pays se sont rendus compte de l'importance du renforcement de la connectivité et de la coopération dans le domaine de l'économie, notamment dans les infrastructures, les transports, l'énergie, la protection transfrontalière de l'environnement, ainsi que le secteur touristique, selon la déclaration.


 

Source : french.peopledaily.com.cn, le 13 février 2017.

 

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 17 Février 2017

La lettre ouverte des douze généraux croates du 28 septembre 2000

 


 

Une partie de l'armée croate n'a jamais pardonné au président Mesic d'avoir témoigné de son propre gré au TPIY le 19 avril 1997. Le contenu du témoignage de Mesic portait sur l'implication de la HV et les partis d'opposition ont constamment cherché à remettre en question la légitimité du Président en l'accusant d'avoir trahi les intérêts nationaux de la Croatie. Cette situation a été particulièrement bien illustrée le 28 septembre 2000, alors que douze généraux, dont sept* toujours en service actif, ont signé une lettre ouverte adressée aux citoyens de la Croatie. Dans cette lettre, les généraux dénoncaient les représentations “indignes” de la “guerre patriotique”, cette campagne étant orchestrée, selon eux, par la classe politique au pouvoir depuis le 3 janvier 2000 et par les médias. Les généraux ont accusé implicitement dans leur missive le président de la République et le gouvernement de dénigrer systématique les vétérans de la guerre en les accusant d'être au service du HDZ. La lettre critiquait aussi les pouvoirs politiques pour leur complaisance à l'égard du TPIY. Selon les vétérans, le TPIY ne chercherait qu'à criminaliser la “guerre patriotique”. Les généraux signataires demandaient également que seuls les anciens combattants de la “guerre patriotique” puissent être nommés à des postes supérieurs au sein des forces armées croates.

Au lendemain de la publication de cette lettre, le président Mesic signa un décret présidentiel limogeant les sept généraux encore actifs dans la HV et les forçant à prendre leur retraite. Le président Mesic expliqua leur destitution par des propos incisifs et sarcastiques : “Ceux qui veulent faire de la politique mais qui sont dans l'armée, doivent quitter l'armée. Le résultat de ma décision est en fait de permettre à ces généraux de s'impliquer dans ce qui les intéresse véritablement : la politique.” Avant de s'exprimer publiquement, chaque membre actif des forces armées doit en effet recevoir la permission du ministère de la Défense, ce qui n'avait pas été fait à cette occasion. L'amiral à la retraite Sveto Letica-Barba a ainsi soutenu la décision du président Mesic en affirmant que, par leur geste, les généraux souhaitaient provoquer un coup d'État, une analyse que partageait d'ailleurs le Président.


 

* Voici la liste des généraux limogés : Kresimir Cosic, Damir Krsticevic, Ivan Kapular, Milenko Filipovic, l'amiral Davor Domazet-Loso, Mirko Norac et Ante Gotovina.


 


 

Source : http://www.sciencespo.fr/ceri/sites/sciencespo.fr.ceri/files/qdr5.pdf (p. 33)

La lettre ouverte en croate : https://hr.wikisource.org/wiki/Otvoreno_pismo_dvanaestorice_hrvatskih_ratnih_zapovjednika_hrvatskoj_javnosti

 

 

 

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 20 Janvier 2017

La Croatie se rapproche un peu plus de l'adhésion à Schengen


 

La Commission européenne propose l’intégration progressive de la Croatie dans le système d’information Schengen (SIS), rapprochant ainsi le dernier État membre à être entré d’une adhésion totale à l’espace européen sans frontière.


 

L’exécutif s’apprête à proposer au Conseil européen l’intégration de la Croatie dans le système d’information Schengen (SIS), qui est le système de partage d’informations le plus utilisé pour le contrôle des frontières en Europe.

« C’est une autre étape importante vers une amélioration efficace de l’échange d’informations entre les États membres et un renforcement de la sécurité des citoyens européens », a déclaré la Commission dans un communiqué.

« Cela permettra une meilleure coopération entre la Croatie et les autres États membres d’une part, et les pays associés à Schengen d’autre part, dans la recherche de personnes poursuivies pour activités criminelles, de personnes disparues ou d’objets disparus comme des voitures ou des documents volés. »

La Croatie satisfait les exigences techniques et juridiques de l’évaluation Schengen. Le processus d’intégration peut donc commencer, a ajouté la Commission.

À ce stade-là, la Croatie pourra exploiter le SIS seulement dans le but d’une coopération policière.

L’ancien pays yougoslave a rejoint l’UE en 2013 et espère être pleinement admis dans Schengen en 2018. En juillet de l’année dernière, l’ancien ministre des Affaires étrangères, Miro Kovač, a assuré qu’il était peu probable que l’adhésion ait lieu avant à cause d’élections importantes en France et en Allemagne cette année.

Schengen a été mis en place en 1995 et la Croatie fait partie des six États membres de l’UE ne faisant pas partie du club : la Bulgarie, Chypre, l’Irlande, la Roumanie et le Royaume-Uni. Quant à l’Islande, la Norvège, la Suisse et le Liechtenstein, ils ne font pas partie de l’UE mais sont pourtant inclus dans Schengen.

Pour la Bulgarie et la Roumanie, rejoindre l’espace de libre circulation est une priorité politique. Les deux pays sont entrés dans l’UE en 2007, soit six ans avant la Croatie, et sont considérés par la Commission comme aptes à rejoindre Schengen depuis 2010.

Leur intégration a néanmoins été bloquée par des États membres tels que les Pays-Bas, l’Allemagne et la France. Or, une adhésion à Schengen requiert l’unanimité de ses membres.

Depuis le début de la crise des réfugiés, l’UE a petit à petit réalisé que pour sauvegarder Schengen, les frontières extérieures de l’Union devaient être renforcées. La version plus musclée de Frontex, appelée Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, a été inaugurée à la frontière entre la Turquie et la Bulgarie.


 

Par Samuel Morgan

Traduit par Marion Candau

 

Source : euractiv.fr, le 20 janvier 2017.

 

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Publié le 29 Août 2016

1. L’Initiative des Trois Mers : l’Europe centrale et orientale se prend en main


 

Dubrovnik, Croatie – Un forum de deux jours a réuni en Croatie des chefs d’Etat et des représentants officiels de douze pays d’Europe centrale et orientale et membres de l’Union européenne en vue de discuter des défis communs pour renforcer économiquement et politiquement la zone comprise entre les trois mers – Adriatique, Baltique, Mer Noire. Retour sur l’Initiative des Trois Mers.

 

« La zone comprise entre l’Adriatique, la Baltique et la Mer Noire est la pierre angulaire de l’Europe », a déclaré l’hôte du forum, la présidente croate Grabar-Kitarović. Jeudi 25 août, une table ronde réunissait à Dubrovnik, au bord de la mer Adriatique, les présidents de Croatie, de Hongrie, de Pologne, de Bulgarie, de Lituanie et de Slovénie, ainsi que des ministres et vice-ministres d’Autriche, de Tchéquie, d’Estonie, de Lettonie, de Roumanie et de Slovaquie.

 

La région (BABS : Baltic – Adriatic – Black Sea) compte pour 28% du territoire de l’UE, 22% de sa population mais seulement 10% de son PIB. Les discussions à propos de l’économie ont porté sur la nécessité d’améliorer les infrastructures de toute la région et en particulier la coopération énergétique, notamment pour favoriser la pluralité des sources d’énergie et diminuer la dépendance énergétique envers qui que ce soit. Selon la présidente croate, 50 milliards d’euros sont nécessaires pour palier aux manques actuels. Toutefois, elle a aussi attiré l’attention sur les grands défis de la région, à savoir la baisse démographique et l’émigration.

 

Le président polonais Duda a pour sa part souligné que la coopération devait s’étendre à d’autres domaines pour être suffisamment forte : la culture et la science ainsi que les échanges universitaires doivent venir renforcer cette coopération. Mais le cœur de cette coopération repose sur la création d’un véritable axe nord-sud européen, pour le président polonais. En conclusion de son intervention, Andrzej Duda a annoncé que le prochain sommet aurait lieu en Pologne à Wroclaw, en juin 2017.

 

Des intervenants de Chine et des Etats-Unis étaient également présents. Liu Haixing, assistant ministériel chinois aux affaires étrangères en charge de la région d’Europe centrale et orientale a rappelé que la Chine était très intéressée par le développement de la région, qu’elle voit d’un bon œil dans l’optique de son projet de nouvelle Route de la Soie.

 

Le général étasunien James L. Jones, président de Jones Group International et ancien conseiller à la sécurité nationale du président Obama a déclaré que le développement de l’Initiative des Trois Mers doit être un élément non seulement de développement européen mais aussi de sécurité. Le général Jones a insisté sur l’emploi par la Russie de sa position de fournisseur d’énergie pour augmenter son influence économique et renforcer ses objectifs géopolitiques.

 

Après la table ronde du jeudi, les discussions ont continué vendredi autour de sujets divers tels que la crise migratoire, la menace terroriste ainsi que l’instabilité à la frontière est de l’Union européenne. Autant de défis sur lesquels les participants ont dit vouloir une réponse commune au niveau européen, et entendent peser de leur poids pour pousser l’Union européenne vers les solutions qu’ils soutiennent.

 

Les participants au forum ont au final adopté une déclaration appelée « l’Initiative des Trois Mers », établissant une plateforme informelle visant à renforcer les liens politiques et faciliter la collaboration transfrontalière dans la région ainsi que la mise en place de projets macro-régionaux.

 


 

Source : visegradpost.com, le 29 août 2016.

 

 

 

 

 

2. L’Initiative de « Trois mers » – la coopération Nord-Sud au centre de l’Europe, le nouvel axe de la politique étrangère polonaise


 

Les 25 et 26 août 2016, lors du Forum International de Dubrovnik (Croatie) qui a réuni les représentants de 12 pays d’Europe centrale, tous membres de l’Union européenne, une nouvelle plateforme de coopération, appelée l’Initiative de « Trois mers », a été lancée. Initiative conjointe polonaise et croate, ce Forum a permis de concrétiser l’idée d’une coopération renforcée au centre de l’Europe, dans l’espace entre la Baltique, l’Adriatique et la mer Noire, autour de grands projets communs. La Déclaration, adoptée par les représentants de l’Autriche, la Bulgarie, la Croatie, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la République Tchèque, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie, souligne la nécessité d’une coopération Nord-Sud en Europe centrale dans des domaines stratégiques pour les économies des pays de la région, tout en restant dans le cadre de l’Union européenne. Les représentants des Etats-Unis et de la Chine ont également participé au Forum.

L’Initiative des « Trois mers » (Baltique, Adriatique, Mer noire) plonge ses racines dans l’histoire polonaise. Le projet politique « Intermarium » (« Miedzymorze » en polonais) de Jozef Pilsudski est né dans l’entre-deux-guerres et prévoyait de fédérer les pays d’Europe centrale et orientale dans l’espace s’étendant entre trois mers : Baltique, Adriatique et Mer Noire [1]. Une telle fédération devait permettre à l’Europe centrale de faire contrepoids à la suprématie de l’URSS et de l’Allemagne, deux puissances dominantes dans la région, et de sécuriser l’indépendance nouvellement acquise par certains pays de la région face à la menace qui se profilait tant à l’Est qu’à l’Ouest de la région. Dans l’entre-deux-guerres, en raison de la situation géopolitique complexe de la région (entre autres les différends frontaliers, les problèmes liés aux minorités nationales) et malgré quelques initiatives, le projet « Intermarium » en est resté au stade de concept. Par ailleurs, cette idée renouait avec la tradition bien plus ancienne de la République des Deux Nations, union politique et militaire entre le Royaume de Pologne et le Grand-Duché de Lituanie, scellée par l’Union de Lublin en 1569.

L’idée d’une coopération plus forte entre les pays du centre de l’Europe dans l’espace correspondant à « Intermarium », a été remise en avant par le président polonais, Andrzej Duda, au cours de sa campagne présidentielle. Une fois élu président, il a pris l’initiative conjointe avec la présidente croate, Kolinda Grabar-Kitarovic, d’organiser une première rencontre des pays de la région. L’occasion se présenta en 2015, lors de 70
ème session de l’Assemblée de l’ONU. Les représentants d’Europe centrale ont discuté notamment de la nécessité de construire ensemble des infrastructures permettant de relier leurs pays suivant l’axe Nord-Sud. Par la suite, le président polonais a poursuivi l’action diplomatique dans toute la région : afin de promouvoir son idée, Andrzej Duda a rencontré tous les présidents des pays concernés.

La préparation du sommet de l’OTAN à Varsovie (les 8-9 juillet 2016) a été une opportunité particulièrement intéressante de rencontres et de promotion de la coopération entre les pays d’Europe centrale. Ainsi, à l’initiative des présidents polonais et roumain, la réunion des chefs d’Etat de neuf pays d’Europe centrale situés sur le flanc Est de l’OTAN a eu lieu le 4 novembre 2015 à Bucarest [2]. Il s’agissait de préparer une position commune en vue du sommet de l’OTAN de Varsovie. A l’issue de cette rencontre, les représentants de tous les pays participants ont signé un document, dans lequel les pays signataires soutenaient l’idée du renforcement du flanc Est de l’OTAN par la présence des forces armées de l’Alliance. La Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque n’ont pas demandé la présence militaire de l’Alliance sur leurs territoires, mais ont soutenu la demande des autres. Le résultat de la réunion de Bucarest a été considéré comme un succès. Pour le président polonais c’était la preuve qu’une initiative de coopération comme celle de « Trois mers » pourrait aussi, en dehors des aspects économiques, permettre d’améliorer la sécurité dans la région.

Le Forum de Dubrovnik 2016, qui lança officiellement l’Initiative de « Trois mers » a eu lieu 25 et 26 août 2016 à Dubrovnik, en Croatie, sur le thème « Renforcer l’Europe – Relier le Nord et le Sud ».

Dans son discours prononcé lors du Forum, Andrzej Duda a souligné que le projet de renforcer les liens entre les pays de l’espace de « Trois mers » était constamment présent dans ses rencontres bilatérales et multilatérales. Ensuite, il a exposé trois composantes essentielles, à ses yeux, de cette nouvelle coopération : les infrastructures de transport et de communication, l’approvisionnement énergétique et la coopération scientifique et culturelle. Ainsi, il a insisté sur le fait que les pays de la région de « Trois mers », partie importante de la communauté euroatlantique, souhaitaient enrichir cette dernière et contribuer activement à son développement suivant l’axe Nord-Sud (dont le potentiel n’est pas pleinement utilisé) qui devrait compléter l’axe Ouest-Est. L’intégration européenne devrait être renforcée par des liens Nord-Sud, notamment par le développement des infrastructures de transport et de communication. Cela est essentiel pour la coopération régionale, mais également pour la coopération économique avec les partenaires globaux,
comme la Chine. Le défi majeur dans ce domaine, mentionné par le président Duda, est la réalisation du couloir de transport Baltique – Adriatique. Des projets concrets, Via Carpatia et Via Baltica, prévoient la construction d’infrastructures routières et ferroviaires. Via Carpatia est un projet d’une route internationale « Nord – Sud » reliant Klaïpeda en Lituanie à Salonique en Grèce. Cette route passera par la Lituanie, la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie, la Roumanie, la Bulgarie et la Grèce et elle reliera la Baltique à la Mer Noire et la Méditerranée. Via Baltica, dont la construction doit être achevée en 2020, reliera l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie et la Pologne. Son complément ferroviaire, Rail Baltica, devra assurer la liaison entre Berlin et Helsinki en passant par Varsovie.

D’après le président polonais, une meilleure utilisation du potentiel de l’axe Nord-Sud permettrait d’enrichir le processus d’intégration européenne. Dans son discours, il soulignait la nécessité de nuancer les relations entre le « centre » et les « périphéries », caractérisées par les transferts en sens unique de solutions politiques, culturelles et économiques, ne prenant pas en compte le contexte historique particulier des périphéries. « Nous voulons l’unité et l’intégration, mais cela ne signifie pas que nous voulons l’uniformisation. L’intégration n’est pas l’ennemie de la diversité. Cette logique, nous pouvons la changer en développant la coopération entre les pays de « Trois mers » et dans l’axe Nord-Sud »,
a-t-il dit.

Le développement des infrastructures énergétiques dans la région de « Trois mers » occupait une place particulièrement importante dans le discours d’Andrzej Duda. Il a évoqué la menace pour les approvisionnements de la plupart des pays de la région résultant de la domination russe en tant que principal fournisseur en énergie. La réponse à ce problème est la diversification des approvisionnements. Le projet phare dans ce domaine serait la mise en place d’un couloir gazier Nord-Sud, reliant le terminal LNG à Swinoujscie, en Pologne, au terminal croate sur l’île de Krk. La réalisation de ce projet permettrait de diversifier les sources d’approvisionnement en gaz liquéfié en provenance, entre autres de l’Afrique du Nord, des Etats-Unis, du Canada et du Moyen-Orient. Par ailleurs, un autre projet, Nord Stream 2, est au cœur des préoccupations énergétiques de plusieurs pays d’Europe centrale. La Pologne est en effet particulièrement opposée à la construction de ce gazoduc reliant la Russie et l’Allemagne via la mer Baltique et qui accroîtrait encore plus la dépendance de l’Europe vis-à-vis du gaz russe. D’autres domaines de coopération évoqués dans le discours du président polonais sont la coopération scientifique et culturelle ainsi que les échanges de jeunes. D’après ses propos, la proximité géographique des pays doit s’accompagner d’un rapprochement entre les sociétés civiles.

Lors du Forum de Dubrovnik, les représentants des 12 pays de l’Initiative de « Trois mers » ont adopté une Déclaration commune sur la coopération dans les domaines de l’énergie, des transports, du numérique et de l’économie. La Déclaration souligne l’importance pour les pays de la région de relier leurs économies et leurs infrastructures dans le sens Nord-Sud, afin de compléter le marché commun européen construit essentiellement suivant l’axe Ouest-Est. Le renforcement de la coopération dans ces quatre secteurs permettrait de rendre les pays d’Europe centrale plus sûrs et plus concurrentiels en renforçant l’Union européenne dans son ensemble. Dans la Déclaration, les participants ont exprimé leur conviction que la coopération dans la région Baltique-Adriatique-Mer Noire, aussi bien à l’intérieur de l’UE que dans l’espace transatlantique plus large,
devait être renforcée, « toutefois sans la mise en place de structures parallèles aux mécanismes déjà existants de coopération ». L’initiative est considérée donc comme une « plateforme informelle » de coopération des pays d’Europe centrale qui permettra d’obtenir l’appui politique nécessaire pour réaliser des projets transrégionaux et macro-régionaux d’importance stratégique dans ces quatre domaines. D’après le texte, l’Initiative de « Trois mers » est ouverte aux partenariats avec les sujets économiques et étatiques du monde entier qui respectent des valeurs et les principes fondamentaux de l’Union européenne.

Lors de la conférence de presse commune d’Andrzej Duda et de la présidente croate Kolinda Grabar-Kitarovic, le président polonais a insisté sur deux éléments : l’infrastructure énergétique, permettant la diversification des approvisionnements et l’aide mutuelle en cas de crise énergétique et l’infrastructure routière et ferroviaire, notamment les projets précis Via Baltica et Via Carpatia. Ainsi, l’approfondissement de l’intégration, renforcerait la cohésion de l’Union européenne et de ses régions, et en conséquence permettrait l’amélioration du niveau de vie des populations. « Nous voulons nous développer, resserrer les liens, construire cet espace commun de coopération économique et dans le domaine de la sécurité »,
a dit le président polonais. De son côté, la présidente croate a insisté sur le fait, que l’Initiative de « Trois mers » n’avait pas pour objectif d’éloigner les pays engagés dans l’Initiative de l’UE, mais de réduire les disparités entre ces pays et les autres pays membres de l’UE, ce qui contribuerait au renforcement de l’Union.

A propos de cette nouvelle coopération en Europe centrale, la question reste ouverte de savoir dans quelle mesure cette initiative peut intéresser d’autres pays de la région, en particulier l’Ukraine, pays auquel la Pologne porte une attention particulière.

La veille du Forum de Dubrovnik, le 24 août 2016, Andrzej Duda s’est rendu en Ukraine à l’occasion de 25
ème anniversaire de l’indépendance de l’Ukraine où il a présenté sa vision d’intégration des pays d’Europe centrale et orientale. C’est à Kiev que le nom d’Initiative de « Trois mers » a été utilisé pour la première fois, à la place de « Intermarium », trop marqué historiquement. Dans le discours prononcé lors de la réunion annuelle des ambassadeurs ukrainiens, il a insisté sur le fait que cette intégration devrait se construire dans le cadre de l’UE et de l’OTAN. Cependant, le président polonais a suggéré qu’il s’agissait de construire un bloc autonome par rapport aux grands Etats de l’Ouest et de l’Est de l’Europe. Selon ses propos, repris ensuite à Dubrovnik, il est nécessaire de changer la vision de l’Europe, constituée du centre et de la périphérie, où le transfert des modèles se fait d’une façon unidirectionnelle, des pays occidentaux vers l’Est de l’Union. Dans cette vision, l’Ukraine pourrait être alliée de la Pologne « dans la construction de la communauté des nations de la région ». Le président polonais a présenté à Kiev les trois piliers de cette nouvelle forme d’intégration régionale. Le premier pilier serait la sécurité de la région, basée sur le potentiel militaire de tous les pays de la région, la présence permanente des forces armées de l’OTAN et la coopération militaire construite sur le modèle de la brigade Lituanie-Pologne-Ukraine. Les soldats de cette brigade ont défilé à Kiev à l’occasion de la fête d’indépendance. Le deuxième pilier est l’énergie, en particulier la construction d’infrastructures énergétiques permettant de diminuer la dépendance vis-à-vis de la Russie. La réconciliation entre les nations serait le troisième pilier. Par ailleurs, le président polonais a encouragé l’intégration transatlantique de l’Ukraine par le biais de la coopération avec la région des « Trois mers ». Toutefois, dans l’immédiat, le président Porochenko ne s’est pas exprimé à propos de la vision de « Trois mers » présentée par Andrzej Duda à Kiev.

L’Initiative de « Trois mers » en tant que nouvel axe de la politique étrangère polonaise a été confirmée récemment par Andrzej Duda dans l’interview publiée le 23 octobre 2016 [3]. Il a souligné que la Pologne, en tant que pays le plus important en Europe centrale, assumerait une plus grande part de responsabilité dans la sécurité de la région et à ce titre devait être en position de construire une communauté régionale d’intérêt. La coopération avec tous les pays d’Europe centrale et orientale est un des piliers de la souveraineté et de la position forte de la Pologne en Europe. Dans cette coopération régionale, les projets économiques méritent autant d’attention que le projet politique. L’Initiative de « Trois mers » doit permettre la réalisation de ces projets. Dans son interview, le président polonais a encore une fois insisté sur l’importance du développement des infrastructures suivant l’axe Nord-Sud, dont la construction d’une ligne ferroviaire à grande vitesse reliant Tallinn et Dubrovnik avec des embranchements vers Vienne, Kiev, Bucarest, Sofia et Belgrade. Il a souligné, que l’idée de renforcer le potentiel économique de la région pouvait être coordonnée avec la coopération dans le Format « 16+1 », entre les seize pays d’Europe centrale et la Chine. Les réalisations dans le cadre de l’Initiative de « Trois mers » pourraient être ainsi reliées à la « Nouvelle Route de la Soie » : l’Europe centrale deviendrait le principal centre logistique de la « Nouvelle Route de la Soie » sur le continent, ce qui est un des principaux objectifs de la coopération dans le Format « 16+1 ».

L’ambition du président polonais est que la région des « Trois mers » devienne le partenaire des pays à l’Est (en particulier l’Ukraine) et au Sud de l’Union européenne, non membres de l’UE et pour certains n’appartenant pas à l’OTAN. A la fin de mois d’août 2016, a eu lieu une rencontre parlementaire des pays d’Europe centrale et orientale organisée par le président de la Diète (chambre basse du Parlement polonais) avec la participation des présidents et vice-présidents des Parlements de Biélorussie, Bosnie-Herzégovine, Monténégro, Géorgie, Macédoine, Moldavie, Serbie, Ukraine ainsi que d’Azerbaïdjan, Arménie et Turquie. Le
modèle que le président Duda souhaiterait concrétiser, c’est « la Pologne forte dans la région de « Trois mers », et la région forte dans l’espace de l’Europe centrale, orientale et du sud ». En conséquence, la région des « Trois mers » est un champ d’activité politique particulièrement important, qui donne, à travers des consultations avec les partenaires de la région, une possibilité d’élaborer une position commune, notamment lors des négociations au sein de l’UE. Le résultat pourrait effectivement contribuer à renforcer la position de la Pologne dans l’Union. Cela est d’autant plus probable, que le climat est favorable à l’intégration au centre de l’Europe. Entre autres, cela est confirmé par la coopération de l’Europe centrale avec la Chine dans le cadre du Format « 16+1 ». Le 5 novembre 2016, lors du dernier sommet du Format à Riga, le principal sujet des discussions était la coopération maritime entre les seize pays d’Europe centrale et la Chine, en intégrant dans cette coopération aussi le cadre de l’Initiative de « Trois mers ».

Les critiques sur l’Initiative de « Trois mers » insistent surtout sur le retour à l’ancien concept d’Intermarium, considéré comme utopique. Les raisons du gouvernement conservateur sont jugées comme purement idéologiques, relevant d’une contestation du rapport de forces actuel en Europe, marqué par la domination de l’Allemagne. La construction de « Trois mers » nécessite l’élaboration d’une stratégie régionale par rapport à l’Union européenne, dans la mesure où, pour les pays de la région, ce sont Bruxelles et Berlin qui constituent le principal
point de référence. L’absence au Forum de Dubrovnik de cette problématique doit être considérée comme une faiblesse de l’Initiative. Pour l’instant, le pragmatisme dominant favorise avant tout la coopération économique. Mais l’Initiative pourrait prendre d’autres formes, en particulier la coopération politique. A Dubrovnik, où la crise ukrainienne était débattue, le premier pas a peut-être été fait en ce sens. L’Ukraine pourrait être invitée au prochain sommet de l’Initiative, en juin 2017 à Wroclaw, en Pologne.

En aucun cas, l’Initiative de « Trois mers » ne peut constituer une alternative à l’Union européenne. Dans ses discours, Andrzej Duda a bien insisté sur ce fait. Il est question de coopération régionale centre européenne, portant sur des projets concrets, s’effectuant dans le cadre de l’Union européenne et contribuant à une plus grande cohésion et au développement régional de l’Union. Tout récemment, le Parlement européen, dans son « Rapport sur le renforcement du maillage et de l’accessibilité des infrastructures de transport en Europe centrale et orientale », daté du 6 octobre 2016, souligne l’importance de la construction de Via Carpatia pour le développement des régions situées à la périphérie de l’Union européenne et encourage la
mise en place de financements européens pour ce projet. Le même Rapport insiste sur le potentiel de développement de la « Nouvelle Route de la Soie » pour l’Europe centrale et orientale, qui grâce à sa situation géographique avantageuse, pourrait devenir un « centre logistique important et un pivot pour les communications entre l’Europe et l’Asie ».

[1] Pologne, Biélorussie, Lituanie, Lettonie, Estonie, Ukraine, Tchécoslovaquie, Hongrie, Roumanie, Yougoslavie, éventuellement Finlande.
[2] Dans la
réunion de Bucarest ont également participé le président de la Bulgarie – Rossen Plevneliew, de l’Estonie – Toomas Hendril Ilves, de la Lettonie – Raimonds Vejonis, de la Lituanie – Dalia Grybauskaite, de la Slovaquie – Andrej Kiska, de la Hongrie – Janos Ader, et le président de la chambre basse du Parlement de la République tchèque – Jan Hamaczek
[3] « Polski Przeglad Dyplomatyczny »
Revue Diplomatique Polonaise PISM.


 

Par Dorota Richard, docteur en sciences politiques et relations internationales, spécialiste de l’Europe centrale et orientale.


 

Source : iris-france-org, le 2 décembre 2016.

 

 

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 20 Juin 2016

PIB en hausse de 1,6% en 2015 


 

L'économie croate a crû de 1,6% en 2015, par rapport à l'année précédente, ce qui est la première croissance annuelle enregistrée par ce dernier pays membre de l'Union européenne après six années de récession.

Dopé notamment par une hausse de la consommation, le Produit intérieur brut (PIB) croate a augmenté au quatrième trimestre 2015 de 1,9%, par rapport à la même période en 2014, a par ailleurs indiqué l'Institut national des statistiques.

Après avoir plongé dans la récession en 2009, en pleine crise économique globale, l'économie croate a entamé un redressement au dernier trimestre de 2014, une tendance qui s'est poursuivie depuis. La dernière croissance annuelle avait été enregistrée en 2008.


 

Source : lefigaro.fr, le 26 février 2016.

 

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 11 Mai 2014

Création de la Ligue antifasciste de Croatie

 

 

Zagreb – A Zagreb, après la signature d'une charte, a été fondée la Ligue antifasciste de la République de Croatie (Antifašistička liga HR), dont le but est d'incorporer l'antifascisme dans les fondements de la société croate.

Cette ligue s'opposera systématiquement à toutes les manifestations nazies et fascistes et demandera que la Croatie applique effectivement les dispositions constitutionnelles et légales, démocratiques, la laïcité (en serbe : le sécularisme), dans un Etat sensible aux questions sociales et au respect de la dignité des travailleurs, a-t-il été affirmé à cette occasion, selon un communiqué de l'agence de presse Hina

En présence de membres de la NOB (Guerre de libération nationale, 1941-1945) et de personnalités de la vie publique et culturelle, la charte fondatrice a été signée par les représentants des associations des combattants antifascistes, des organisations non gouvernementales ou du Conseil national serbe (Srpsko narodno vijeće, SNV).

Considérant que 24 ans après l’indépendance de la Croatie il n'existe pas de société démocratique, le membre du Sabor (parlement croate) et président du SNV, Milorad Pupovac, a affirmé qu'en Europe il y a peu de villes, particulièrement  dans les capitales, qui ont eu un mouvement antifasciste vigoureux comme en Yougoslavie et en Croatie, il a souligné le fait qu'aucune rue de Zagreb ne porte le nom du 8 mai, jour de Libération de l'occupation et de ce gouvernement
collaborateur qu'était l'Etat  Indépendant Croate (NDH).

(...)

Par ailleurs, la charte de la Ligue antifasciste a été signée lors d'une conférence de presse par les représentants des organisations Documenta - Centre pour la prise en compte du passé, le SNV, l'Union des combattants antifascistes et des antifascistes de Croatie (SABH), ainsi que par Juraj Hrženjak, en tant qu'initiateur de l'idée de fondation de la Ligue antifasciste.

Figurent aussi parmi les organisations:  le  Comité civique pour les droits de l'Homme (Goljp), le Conseil national rom (Romsko nacionalno veće), la Communauté juive (Jevrejska opština), Jevrejska verska zajednica "
Bet Israel", Veće romske nacionalne manjine Grada Zagreba, la Maison des droits de l'Homme de Zagreb (Kuća ljudskih prava Zagreb), Mlade antifašistkinje i antifašisti Zagreba, le Forum Démocratique Serbe (Srpski demokratski forum), Centar za mirovne studije, B.A.B.E, Savez društava "Josip Broz Tito" et Savez ratnih i vojnih invalida RH iz Drugog svetskog rata, selon l'agence de presse Hina.



Source : Osnovana Antifašistička liga HR, Tanjug (B92), 9 mai 2014. Sur le site de Documenta, une présentation de la charte, en Pdf (et en  croate).


 

 

Source : http://serbie-droitshumains.blogspot.sk/2014/05/creation-de-la-ligue-antifasciste-de.html


 

 

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Publié le 11 Février 2014

Les nationalistes s'unissent 

 

L’écrivain nationaliste croate Leo Marić nous envoie un texte à propos d’un changement de la donne politique en Croatie. Les nationalistes croates, longtemps divisés, forment une Alliance pour la Croatie.

Quelques mois après l’annonce de la création d’une grande alliance patriotique, celle-ci a été présentée au public ce mercredi 5 février 2014 à Zagreb. L’Alliance pour la Croatie (Savez za Hrvatsku) a vu le jour en tant qu’alliance de 8 partis politiques.

En Croatie, 100 signatures de citoyens collectées dans la rue permettent de fonder un parti. En conséquence, le pays dispose de 140 partis enregistrés, bien que entre 30 à 40 soient actifs au quotidien en politique. La scène politique patriotique est particulièrement en proie à des divisions. Plus de 10 partis sont actifs au sein de cette sphère politique. 

Lors des élections européennes d’avril 2013, faisant suite à l’entrée de la Croatie au sein de l’Union Européenne, aucune des listes nationalistes n’a obtenu d’élu. Cependant, la nationaliste modérée Madame Ruža Tomašić a été élue sur la liste du Parti conservateur HDZ.

Lors de ce scrutin européen, les partis nationalistes ont récolté ensemble un peu moins de 10 % des voix.

La création de cette alliance est donc nécessaire afin d’obtenir des sièges au sein du Parlement européen. La coalition présentera probablement un candidat commun lors des élections présidentielles qui se dérouleront à la fin de l’année 2014 et des listes communes lors des élections législatives de 2015. 

L’alliance est constituée de différents partis patriotiques modérément eurosceptiques et de partis nationalistes. L’Alliance démocratique croate de Slavonie et Barania (Hrvatski demokratski savez Slavonije i Baranje, - HDSSB) est le plus grand parti de l’alliance. Il dispose de 7 sièges au Parlement [national]. Ce parti régionaliste de Slavonie et Barania a été fondé en 2005 par le héros de guerre croate et général Branimir Glavaš, ancien politicien de haut niveau du HDZ. Le parti met en avant à la fois le régionalisme économique slavonien et un nationalisme croate modéré ainsi que l’héritage politique du premier président croate Franjo Tuđman au cours des années 1990. 

Hrast, un parti conservateur relativement nouveau signifiant « chêne », est le deuxième membre le plus important de la coalition. Il a été créé en 2010 par des mouvements aux racines catholiques et certains politiciens nationalistes modérés. Ayant récolté de piètres résultats lors des élections législatives de 2011 et des élections européennes de 2013, son importance s’est accrue lorsqu’il a lancé une campagne en vue de voir organiser un référendum visant à obtenir l’inscription au sein de la Constitution du principe que le mariage est une union entre un homme et une femme. L’Aurore croate – Parti national (Hrvatska zora – stranka naroda), un nouveau parti, est un autre membre de la coalition. Il est dirigé par Milan Kujundžić qui en 2012 est arrivé second lors de l’élection à la tête du HDZ. Le Parti croate du droit (Hrvatska stranka prava - HSP) dont le président est Daniel Srb fait également partie de l’alliance ainsi que de petits partis conservateurs et nationalistes tels que l’Action pour une meilleure Croatie (Akcija za bolju Hrvatsku - ABH) du Général Željko Sačić, Serment pour la Croatie (Zavjet za Hrvatsku) du Général Marko Lukić, le Parti des paysans autonomes croates (Autohtona Hrvatska seljačka stranka - A-HSS) du héros croate de guerre Branko Borković et le Parti de la famille (Obiteljska stranka - OS). 

L’Alliance pour la Croatie a pour objectif de surmonter le bipolarisme du centre-droit HDZ (Hrvatska demokratska zajednica – Union Démocratique Croate) et du centre-gauche SDP (Socijaldemokratska partija –Parti social-démocrate) et de se placer sur l’échiquier politique en tant que troisième possibilité. Le premier coordinateur de l’alliance, le président du HDSSB Vladimir Šišljagić, déclare : « Nous en avons assez de l’alternance des gouvernements bleus et rouges. » 

L’alliance est favorable à la préservation des valeurs traditionnelles et des intérêts nationaux croates, à l’expulsion des anciens cadres communistes de l’appareil d’État, à la défense des intérêts des Croates de Bosnie et Herzégovine,… L’alliance désire que l’Union Européenne soit une alliance d’États-nation. Cependant, certains des dirigeants de l’alliance sont opposés au processus de centralisation qui a cours au sein de l’Union Européenne et certains d’entre eux sont favorables au fait que la Croatie quitte l’Union Européenne. 

 

Un espace disponible pour l’alliance 

Les derniers sondages montrent qu’un espace existe pour l’alliance, car le centre-gauche au pouvoir chute dans les sondages et le centre-droit n’en profite pas. Des représentants de l’aile droite du parti conservateur HDZ pourraient être tentés de la rejoindre.


 

Source : http://lionelbaland.hautetfort.com/archive/2014/02/07/croatie-les-nationalistes-s-unissent-5292727.html

 

 

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Publié le 10 Février 2014

Comment être subversif aujourd'hui ?

 

 

A Zagreb, au deuxième Forum des Balkans

« Il faut partir de la dépression. Car c’est le meilleur endroit pour penser. Et surtout, c’est le seul aujourd’hui pour recréer de l’empathie »… Les paroles de l’essayiste italien Franco Berardi, dit « Bifo », résonnent dans l’immense salle du cinéma Kino Evropa, dont le décor néobaroque m’évoque spontanément des mondes disparus : celui de la Mitteleuropa et cette époque où à Zagreb comme à Paris, le cinéma était le loisir favori des citadins. Sur l’affiche du Festival subversif, le drapeau rouge porté par Europe, déesse antique chevauchant le taureau, flotte sur une photo panoramique de la place du Ban Jelacic envahie par une foule énorme. Zagreb, 8 mai 1945, un peuple uni regarde vers l’avenir.

 

Contestation internationale et réseaux balkaniques

C’est pourtant d’autres unions, des collectifs plus larges mais aussi plus mouvants, des réseaux et des formes de solidarités inédites qu’ont appelés de leurs vœux les participants du Festival subversif, en particulier, ceux du Forum des Balkans (12 -14 mai 2013). L’événement a rassemblé des militants associatifs et politiques de la gauche alternative de toute la « région ». Une façon de sortir du face-à-face avec l’Union européenne et ses diktats néolibéraux, mais aussi de l’autodénigrement.

Dans cette seconde semaine du Festival subversif - l’ensemble de l’événement a duré du 4 au 18 mai -, la partie dédiée au cinéma et aux œuvres littéraires est achevée. Les soirées sont rythmées par les conférences d’invités étrangers au Kino Evropa et les discussions interminables sur sa terrasse… En journée, le Forum des balkans déploie ses tables rondes et ateliers au théâtre ZeKaeM (Zagrebačko kazalište mladih).

S’organiser au niveau régional, y compris dans les forums alternatifs comme les contre-sommets et les forums altermondialistes, c’est ce qu’on proposé les militants de l’association Critic Atac (Bucarest), soutenus par de jeunes anthropologues bulgares de la Central European University de Budapest. Pourquoi l’approche régionale ? Parce qu’existe une expérience historique commune : celle du communisme (même s’il était différent) et de l’installation rapide du néolibéralisme dans la période post-socialiste. Mais aussi une expérience commune d’un certain mépris de la part de « la vieille Europe ». Sans oublier que l’éclatement de la Yougoslavie a porté un coup fatal à la coopération régionale est-européenne dans les années 1990. Aujourd’hui, à Zagreb, on se permet d’imaginer des structures nouvelles pour construire des coopérations entre les sociétés civiles : un centre de formation régional par exemple, installé « à l’Est », incubateur d’idées nouvelles pour le développement de l’Europe toute entière…

 

S’auto-organiser

Comment trouver une parole nouvelle qui ne ressasse pas les mots galvaudés ? Une parole qui s’adresse et vienne des « travailleurs », concept qui a lui aussi perdu beaucoup de son sens depuis que l’industrie est gravement détruite ? Comment s’exprimer au-delà et en dehors du système « démocratique » institutionnalisé du vote ? Au Festival subversif, de vrais « espaces publics », investis par des jeunes, des espaces de débats interactifs et respectueux, « démocratiques » donc, se déploient en illustrant le titre de la manifestation : « Une utopie de démocratie ». Mais dehors ? Où sont les espaces publics où la parole ne tournera pas en vase clos, dans un parti politique clientéliste ou une ONG obsédée par la recherche de fonds, et notamment de fonds étrangers ?

Il faut « s’auto-organiser ». Partir de rien, d’un petit noyau, c’est ce qu’ont dit Emin Eminagić et Gordan Isabegović, tous deux membres de l’organisation Lijevi (Bosnie-Herzégovine) et encore quelques gars fort en gueule du mouvement Marks21 (Serbie) et des jeunes filles de l’organisation DPU (Slovénie). Après une première expérience de mobilisation en 2010-2011 dans des mouvements étudiants, ces jeunes ont décidé de se regrouper afin de fonder, à partir de ces nouveaux collectifs, de « vrais » partis de gauche. Pour eux, sans moyens financiers ni réel accès aux médias, Internet, les réseaux locaux et internationaux sont essentiels. L’année 2011 a vu éclore de nouvelles formes de contestation un peu partout dans le monde : à Zagreb, Ljubljana, Belgrade, comme en Espagne ou à New York, à la suite bien sûr du « Printemps arabe », ( « Is the Balkans a new Maghreb ? »  selon le titre un brin provocateur de l’article signé à l’époque par les deux organisateurs du Festival, Srećko Horvat et Igor Štiks). « Le mouvement est-il retombé ? », s’interroge sur la scène du Kino Evropa la sociologue franco-américaine Susan George, cofondatrice du Transnational Institute d’Amsterdam. Non, répondent les jeunes participants du Forum des balkans le lendemain, mais il n’est plus visible médiatiquement…. « J’ai peur qu’on entre dans une période très difficile où les solidarités entre les gens s’effondrent »

Alors, outre l’international et la renaissance des réseaux balkaniques, l’autre mot d’ordre du Forum est l’auto-organisation, « Self-organisation », « samoupravljanje », ici plutôt entendue comme le fait d’entreprendre une action en partant du quotidien, des individus qui nous entourent et de « la communauté » au sens large. Auto-organisation : un mot plein de promesses et plein d’ambiguïté, connoté, chargé d’histoire… qui provoque des débats passionnés sur l’héritage yougoslave, et les expériences concrètes qu’on pourrait reproduire, comme les universités populaires (radnički univerziteti).

Le Forum des Balkans fait aussi état de travaux soigneusement préparés par des groupes de travail qui s’efforcent de faire des propositions concrètes à l’action militante. Tout le monde s’accorde à peu près sur la priorité de la défense du « bien commun », des services publics mis à mal par le néolibéralisme, un thème qui peut permettre de fédérer les luttes. Communs, « public goods » en anglais, des mots qui n’ont pas forcément le même sens dans un monde anglo-saxon où l’Etat n’est historiquement pas l’organisateur principal de la société, et en Europe, balkanique ou non. Dans la salle, le public attentif n’hésite pas à critiquer les risques de l’abstraction, quand les mots ont été vidés de leurs contenus par la crise économique et les transformations post-socialistes : que signifie la défense du service public quand le système scolaire ne fonctionne plus ou que les transports publics sont le terrain de jeux d’intérêts privés ? On s’interroge sur les nouveaux modèles économiques à promouvoir : entreprises coopératives, revenu citoyen ou universel (citizen’s income ou basic income), banques équitables (social banks), ressources en open access

 

Où sont nos voix de citoyens ?

Les débats sont souvent passionnants, parfois également convenus, mais l’essentiel est ailleurs, dans les discussions prolongées aux terrasses des cafés du ZeKaeM et du Kino Evropa, dans les réseaux vivants qui se créent dans l’informel. Serait-ce là une des caractéristiques des mobilisations contemporaines ? Celle qui permet d’exprimer une part individuelle irréductible à l’expression collective, celle qui est aussi créatrice d’identité ?

Ce soir-là, Franco « Bifo » Berardi a aussi rappelé l’incroyable cynisme du monde politique, en rapportant les paroles du directeur de la Banque centrale européenne (BCE) après les votes italiens et espagnols contre les politiques d’austérité imposées par Bruxelles : « Je sais que les peuples sont contre, mais cela ne m’inquiète pas tant que cela, car je sais aussi que l’Union européenne est en pilotage automatique »…

Est-ce que ce sont nos voix de citoyens qui sont sans importance ou bien « la politique » qui a réussi à nous faire oublier qu’elle était d’abord une affaire de langage et d’échange de paroles ? Face à un monde menacé par « le pilotage automatique », il est plus que jamais nécessaire que les mobilisations altermondialistes soient des mouvements de citoyens, c’est-à-dire aussi d’individus qui ne reproduisent pas la langue technocratique, mais au contraire, fassent tout pour rendre leurs voix signifiantes… 


 


 

Par Anne Madelain

Doctorante et chargée de mission à l'Ecole des Hautes études en sciences sociales

le 10 juin 2013

Source : http://www.medelu.org/spip.php?page=imprimir_articulo&id_article=1456

 

 

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Publié le 8 Juin 2013

Le Forum social des Balkans, une chance pour l'Autre Europe

 

 

Catherine Samary qui a rédigé l’article qui suit a participé en mai 2011 à la 5ème édition du « Forum subversif de Zagreb ». Placée sous le thème de « La fin de l’Europe telle que nous la connaissons », la rencontre était élargie à des participants venant de tous les pays des Balkans. En mai 2013, à la demande des amis croates organisateurs, Attac participera au Forum en organisant une journée entière de débats publics. L’occasion de se rapprocher de cette région de l’Europe où une nouvelle gauche radicale, très critique de l’Union européenne (la Croatie entrera officiellement dans l’Union le 1er juillet 2013), est en train d’émerger.

 

L'union européenne (UE) est souvent – même dans le vocabulaire des courants progressistes, malheureusement – identifiée à « l'Europe » ; et le fait que dix pays d'Europe centrale et orientale (PECO) l'ait rejointe[1] et que les « Balkans de l'ouest » soient admis comme des membres potentiels[2] n'a guère changé ce « biais » : on entend souvent dire qu'ils ont « rejoint » (ou vont rejoindre) « l'Europe »... C'est ne pas désigner l'UE pour ce qu'elle est : une « construction européenne », historique, institutionnelle, socio-économique – et donc étouffer sa critique ou la présenter comme « anti-européenne ». Ce fut ainsi que, de façon mensongère, fut présentée Syriza dans les média pendant la dernière campagne législative en Grèce ; et c'est ainsi que fut présenté le « non de gauche » français au Traité constitutionnel européen en 2005.

Cette « Europe idéologique » est aussi, comme le disait feu Eric Hobsbawm une « métaphore d'exclusion » qui sous divers variantes désigne une « Europe terre de civilisation contre la non-Europe des Barbares »[3]. Aux Barbares habituels et plus que jamais cibles de toutes les xénophobies – les « étrangers » - la guerre froide de « l'Europe-civilisation », occidentale, a ajouté une exclusion politique : si les pays de l'Est « rejoignent l'Europe », c'est qu'ils n'étaient pas « européens » = civilisés ? Depuis la dissolution de l'URSS, c'est l'islam qui a remplacé le diable communiste comme « non-européen » en même temps que tout est fait pour imposer le capitalisme comme seul horizon de pensée : d'où la criminalisation des résistances et l'identification de tout passé communiste au goulag. Un nouveau révisionnisme sévit qui renvoie dos-à-dos (au mieux) le totalitarisme nazi et les révolutions et résistances antifascistes du XXè siècle – dont celle impulsée par les Partisans yougoslaves. On réhabilite même les « patriotes » fascistes contre les communistes « sans patrie ni frontières ». A fortiori cherche-t-on à bannir des mémoires les tentatives de socialisme autogestionnaire et les conseils ouvriers en rupture avec l'URSS stalinisée.

Les peuples des Balkans cumulent tous ces enjeux. Les populations qui avaient fait partie de l'Empire ottoman - mais aussi la Turquie – sont -elles « européennes » - dignes de l'être ? Certains courants albanais du Kosovo le revendiquent... en vantant leur catholicisme et dénigrant l'islam. Mais le basculement anti-communiste de biens des anciens membres du parti unique vise aussi une « reconnaissance » européenne. Et sous diverses étiquettes, bien des courants politiques croates ou slovènes ont vanté leur passé dans l'Empire austro-hongrois et cherché les appuis du Vatican contre les peuples « balkaniques » arriérés. Le nationalisme croate peut être anti-serbe, anti-juif et anti-européen autant qu'anti-balkanique » (rejetant à la fois les Balkans comme « barbares » et de riches traditions socialistes). Mais on trouve aussi des variantes se revendiquant de « l'Europe » contre tous ces « Autres ». Ainsi, Franjo Tudjman, ex-communiste dirigeant de l'indépendance croate des années 1990 se réjouissait que sa femme fut « ni serbe ; ni juive », et tout en assimilant les musulmans bosniaques à des Croates, se présentait à l'Occident à la fois comme « démocrate » contre « le serbo-communisme » et comme « rempart » protégeant « l'Europe » contre l'islamisme...

C'est dire que dans les débats précédant le référendum d'adhésion de la Croatie à l'UE en janvier 2012, un « non de gauche » à l'UE se confrontait à d'immenses enjeux idéologiques. Il se devait en tous les cas d'être « balkanique » contre tous les nationalismes réactionnaires de la région, de se démarquer du « socialisme » de Slobodan Milosevic, du système de parti unique ou des pratiques sectaires. Mais il s'inscrivait en même temps contre les révisions de l'histoire de la révolution yougoslave et de l'autogestion, en dressant le bilan désastreux socialement de plus de vingt ans de restauration capitaliste [4].

C'est dans une période de conflits sociaux croissants dans les Balkans[5] – des Indignés de Roumanie résistant notamment à la privatisation de la santé aux grèves et protestations contre les privatisations mafieuses, en passant par les luttes étudiantes particulièrement fortes en Croatie en 2010-2011 contre la marchandisation de l'éducation et de la culture -, et un large discrédit des partis existants que s'est installé depuis cinq ans le Festival subversif de Zagreb. Celui de mai 2012 était placé sous le thème de « la fin de l’Europe telle que nous la connaissons » et marquait un tournant en organisant le premier Forum social balkanique. Celui-ci accueillait une cinquantaine de syndicalistes, étudiants, membres d'associations diverses venant à la fois de pays déjà membres de l'UE (Roumanie, Bulgarie) – voire de l'euro-zone comme la Slovénie-, de pays en passe d'intégrer l'UE (la Croatie le 1er juillet 2013) et des pays candidats en attente de négociations finales (Macédoine, Monténégro, Serbie), ou potentiellement candidats (Albanie, mais aussi semi-protectorats de Bosnie-Herzégovine et Kosovo). Comme le dit un des participants roumains, « il faut regarder l'Europe avec les yeux de ses périphéries ». Il ajoutait que la Roumanie avait déjà subi tous les programmes que la Troïka impose en Grèce.

« Nous avons deux objectifs : dépathologiser les Balkans et déprovincialiser la gauche occidentale », explique dans une interview[6] Igor Stiks, un des deux jeunes organisateurs du forum avec Srecko Horvat. « En réalité », explique-t-il « les questions sociales et politiques sont très largement les mêmes dans les pays des Balkans que dans les autres pays d’Europe, qu’il s’agisse des nouveaux ou des anciens membres de l’UE». Quant à la gauche occidentale, « il est temps qu’elle comprenne qu’elle n’est plus forcément au centre du monde et de tous les débats » poursuit le jeune sociologue et écrivain qui dit appartenir « comme des milliers de gens de ma génération, à un prolétariat intellectuel mondialisé ».

Les thèmes prioritaires débattus au Forum sont significatifs d'une telle « mondialisation intellectuelle » : la justice sociale, la résistance à l'agenda néo-libéral, la lutte pour les biens communs, les relations économiques, la désindustrialisation et les luttes des travailleurs, enfin la crise de la démocratie représentative et l'exigence d'une profonde démocratisation des sociétés balkaniques. Comme le dit le contre-rendu de ces débats sur le site « un autre Balkan est possible »[7], « les luttes en cours doivent rejeter les frontières artificielles dans les Balkans, qu'elles soient dressées entre les Balkans de l'Est ou de l'Ouest ou entre les membres de l'UE, les candidats, ou les (semi)protectorats sous contrôle international. Des problèmes partagés requièrent des actions transfrontalières basées sur des valeurs partagées de justice sociale et de démocratisation profonde ».

Semblables regroupements et actions communes dans les Balkans ou en Europe du Sud, peuvent se se consolider en étant popularisés et relayés à l'échelle de l'UE. Le prochain Forum de Zagreb en mai 2013 s'articulera avec la préparation d'un sommet européen des Alternatives prônant la désobéissance massive à des projets injustes, inefficaces et non démocratiques, au profit de projets protecteur des droits sociaux et des biens communs qui doivent échapper à la marchandisation - dont la nature, l'être humain, les services publics et la monnaie...

 

 

Catherine Samary

Octobre 2012

 

 

[1] En 2004, outre Chypre et Malte, 8 PECO intégraient l'UE : Hongrie, Pologne, Slovénie, Slovaquie, République tchèque et les trois pays baltes, rejoints en 2007 par la Roumanie et la Bulgarie. Depuis lors, la Slovénie, la Slovaquie et l'Estonie ont adopté l'euro.

[2] L'UE a, depuis la fin de la guerre de l'OTAN en juin 1999, affiché le choix d'un « avenir européen » des Balkans de l'Ouest, regroupant les anciennes républiques yougoslaves – moins la Slovénie devenue membre – plus l'Albanie. La Croatie est la première a avoir achevé les négociations d'adhésion. 67% des votants ont dit oui l l'intégration en janvier dernier. Mais seuls 27% de la population en âge de voter se sont prononcés.

[3] Conférence donnée en septembre 2008 à Paris publiée le 5 octobre 2008 sur http://goudouly.over-blog.com/article-23117587.html

[4] les premières lois de transformation de la propriété datent de 1989. Mais il n'y avait pas de capital ni de bourgeoisie « yougoslaves ». L'étatisation nationaliste – accompagnée par les conflits violents de partage ethnique des territoires - fut l'étape préalable aux privatisations forcées démantelant à la fois la fédération, les droits nationaux et la propriété sociale. Cf. Les articles sur ce sujet sur http://csamary.free.fr

[5] Voir le dossier du Courrier des Balkans (CdB) : « Les Indignés et la renaissance d’une gauche radicale : vers un printemps des Balkans ? », 8 novembre 2011.

[6] cf. compte rendu du Forum par Jean-Arnault Dérens CdB, 12 juin 2012.

[7] http://www.subversivefestival.com/newsiteml/3/104/en/the-1st-balkan-forum-another-balkans-is-possible

 

Source : http://www.france.attac.org/articles/le-forum-social-des-balkans-une-chance-pour-lautre-europe

 

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Publié le 7 Juin 2013

Etre subversif à Zagreb

 

 

À l’heure où la Croatie entre dans l’Union Européenne ( en juillet), de nouvelles questions surgissent, d’autres sont enterrées et c’est toujours avec la même véhémence que la jeunesse veut faire entendre sa voix. Alors, on veut nager à contre-courant, on veut crier son désespoir, ou montrer sa joie, ses doutes et ses volontés politiques. Le mélange est parfait et on sera donc critique, pointilleux, revendicateur, bref en un mot : subversif. Voilà le maitre mot de la saison, et c’est l’esprit averti que l’on s’en va polémiquer sur cette démocratie qui nous fait rêver…

Petit tour d’horizon et rappel des faits; C’est pour la sixième année consécutive que s’est produit le « Subversive Festival » de Zagreb et c’est toujours avec plus d’enthousiasme et plus d’écho que cette plateforme internationale s’agrandit et organise dans la capitale croate, des ateliers divers, des conférences, des table-ronde ainsi qu’un festival de films critiques provenant du monde entier. Ainsi, l’événement convie tous les participants ( écrivains, cinéastes, chercheurs, activistes) à échanger ensemble autour des thèmes de la démocratie, des Droits de l’Homme, du droit des migrants, de la mobilisation citoyenne, de la littérature engagée, de la paix dans les Balkans etc.

Festival cosmopolite et pluriel, on y a pu y voir le philosophe français Bernard Stiegler ainsi que son confère slovène Slajov Žižek, des cinéaste comme Oliver Stone, des militants politiques tels que Chantal Mouffe et Sylvia Federici, les écrivains Eric O.Wright, Yanis Varoufakis ou encore Costas Douzinas.

 

 

Ainsi, au sein du festival, différents forums thématiques sont proposés :

  • Forum sur la paix
  • Austérité, Économie Verte et Lutte pour la démocratie
  • Nationalisme, Néolibéralisme et perspective des partis de Gauche
  • Forum sur les Balkans
  • L’élargissement des démocraties en Europe
  • Les partis de gauche en Europe et la crise globale du Capitalisme

L’ Assemblée Européenne des citoyens ( AEC)- la branche française du réseau Helsinky Citizens’ Assembly » qui est une structure axée sur la mobilisation citoyenne et sur la résolution des conflits- a tenu le « Peace Forum » durant la journée du 7 mai avec trois tables-rondes autour de la notion de la paix en général et dans les Balkans en particulier.

La première table-ronde concernait la position de l’Europe dans sa politique migratoire: continent de paix et de sécurité humaine ou forteresse infranchissable? Le sujet fut débattu avec Lola Shuman ( France), membre de l’AEC et du réseau Européenn Migreurop. Ont été traités les questions des pratiques de l’agence Frontex, des itinéraires des migrants ainsi que la réalité des camps d’enfermement présents en Europe.

La seconde table ronde intitulée » Les Balkans après la guerre: Quelle sorte de paix? Quelle sorte d’intégration ( européenne)? Quelle sorte de sécurité? Quelle sorte de société? fut présentée tour à tout par Zoran Pusić (Croatie), président du comité civique pour les Droits de l’Homme en Croatie; par Igor Milosevic (Montenegro), membre de l’ ADP (Asocijacija za demokratski prosperitet) , par Lindita Rexhepi (Macedonia) du centre Centre Culturel Kumanovo, par Darko Brkan( Bosnie et Herzégovine), membre de Dosta et enfin par Iva Zanzerovic, (Croatie) du Centre des Etudes sur la paix.

Enfin, la troisième et dernière table-ronde » les nouvelles guerres: Quelle sécurité humaine? » fut présentée par Abraham Behar (Paris), membre de l’AEC et président de la section française de l’International Physicians for the Prevention of Nuclear War (IPPNW), par Michel Warshawsky (Palestine/Israel) fondateur de l’Alternative Information Center in Jerusalem, par Sharon Weill (France), membre de l’AEC, chercheuse en Droit Internationale et professeur à Science po Paris et par Gordan Bosanac (Croatie) du Centre des Etudes sur la paix.

Et, c’est ainsi que tout se déroule sans peine, en surfant sur les vagues du capitalisme et du socialisme,l’esprit critique aiguisée et c’est bien dans la capitale croate, qu’on polémique gaiement tout en espérant que l’écho, quant à lui, sera mondial…

 

 

Source : http://emi-cfd.com/echanges-partenariats/?p=1955

 

 

 

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