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Publié le 27 Novembre 2015

Une ville engloutie de 3500 ans découverte en Croatie

 

Des archéologues croates ont retrouvé une ville de 3500 ans engloutie depuis un demi-siècle dans la mer Adriatique, au large de Zadar (sud du pays).

L’ancienne cité et le port ont été découverts entre les îles de Ricula et de Galesnjak dans le détroit de Pasman en 2014. L’équipe de scientifiques a remonté à la surface des artefacts fabriqués il y a 3500 ans. Grâce à une donation, elle a ensuite mis à jour une spectaculaire cité engloutie grâce à des images satellites et des photographies aériennes.

 

Un village abandonné au XVIe siècle

«Une d’entre elles montre clairement les bâtiments sous l’eau. D’après les archives, tout cela faisait partie du village de Tukljaca. Il a été abandonné puis lentement submergé durant la guerre entre Venise et l’empire ottoman (1570-1573)», explique Alan Mandic, un des bienfaiteurs qui a permis aux fouilles de se dérouler.

Des récentes études menées en laboratoire montrent que le village et le port ont été construits au milieu de la période de l’âge du bronze. Cette découverte va permettre d’améliorer les connaissances sur une époque encore méconnue dans cette partie du monde.

 

 

Source : directmatin.fr, le 26 novembre 2015.

 

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Rédigé par brunorosar

Publié dans #Archéologie

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Publié le 25 Mars 2014

Le plus ancien bateau cousu de Méditerranée 


 

Giulia Boetto, archéologue naval, est chargée de recherches au CNRS, dans le Centre Camille Jullian à Aix-en-Provence.

 

Vous venez de participer à la découverte d'une épave très rare. De quoi s'agit-il ?

Il s'agit des restes d'un bateau d'une douzaine de mètres de long, dont un peu plus de la moitié de la coque est conservée. Elle se trouve à Zambratija en Croatie, à une cinquantaine de kilomètres de Trieste. C'est un pêcheur qui en a indiqué l'emplacement à deux archéologues croates (Ida Koncani du musée archéologique d'Istrie et Marko Uhač du ministère de la culture). Au départ, ils pensaient qu'elle datait sans doute de l'époque romaine. Mais la datation au carbone 14 nous a tous surpris. Elle a révélé que l'épave était très ancienne : du XIIe siècle av. J.-C. environ, donc de l'âge du bronze !

 

En quoi cette découverte est-elle importante ?

Trouver un bateau de l'âge du bronze est exceptionnel. Certes, il existe des embarcations plus anciennes datant de cinq à six milliers d'années. Mais ce sont des pirogues de fleuve, creusées dans des troncs. Ce ne sont pas des bateaux assemblés de planches. Il y a quelques bateaux très anciens, comme ceux des Égyptiens sur le Nil, préservées au sec grâce aux pratiques funéraires de ces derniers. Il y a eu aussi un bateau de l'âge du bronze qui naviguait probablement en Manche découvert à Douvres en Angleterre et datant du XVIe siècle av. J.-C. Mais en Méditerranée, il n'y a pratiquement rien. C'est paradoxal, car elle est alors le lieu de civilisations florissantes, comme les Mycéniens ou les Phéniciens. La principale épave connue est celle d'Uluburun en Turquie, qui date du XIVe siècle av. J.-C. Elle est très importante, car sa cargaison témoigne d'un important commerce maritime en Méditerranée à l'époque. Mais elle n'a livré qu'un tout petit fragment de coque. Impossible de se faire une idée du bateau.

 

Le bateau croate était cousu. Qu'est-ce que cela signifie ?

C'est l'une de deux manières d'assembler la coque d'un bateau. Le principe est d'attacher ensemble les planches de la coque avec des liens, des cordes. Ces dernières passent à travers des trous pratiqués dans les planches, d'où ce nom de « cousu ». En Méditerranée, durant l'Antiquité, une autre type d'assemblage des planches, à base de tenons et mortaises, était également utilisé. Il requiert de fabriquer des milliers de petites languettes en bois dur, et de creuser des encoches dans chacune des planches. Il faut des charpentiers qui aient l'habitude de le faire. Par contre, l'entretien est plus simple. Car dans les bateaux cousus, les liens pourrissent et il faut les changer régulièrement. En outre, avec les tenons et mortaises, la coque obtenue, plus solide, supporte des tonnages plus importants. C'est une des raisons de la désaffection progressive pour la technique des bateaux cousus au cours de l'Antiquité. Même si le long des côtes croates et plus généralement en mer Adriatique, elle perdure jusqu'à l'époque romaine, voire plus tard.

 

D'où pouvait venir cette épave ?

Il s'agit presque certainement d'un bateau construit localement. Parce que la manière d'agencer les liens entre les planches est typique des traditions locales, que nous connaissons par des épaves plus récentes. Nous savons aussi que les peuples qui habitaient la région avant l'époque romaine, les Histri et les Liburni, construisaient des bateaux cousus.

En outre, les archéologues croates ont fait une découverte très intéressante. À cinq cents mètres environ, ils ont identifié une vaste zone, d'un hectare environ, où des pieux en bois émergent du fond de l'eau, à quatre mètres de la surface. Leurs analyses préliminaires ont montré qu'il s'agissait peut-être de restes d'habitations sur pilotis. D'après le type de céramiques retrouvés sur place, elles dateraient du début de l'âge du bronze ou de la fin de la période précédente, le Néolithique. À côté des pieux, il y a des poutres en bois, énormément d'ossements d'animaux et sûrement beaucoup plus encore, vu la bonne préservation des vestiges. Les spécialistes de ces périodes connaissent bien ce genre de sites. Mais ils sont situés en bord de lacs, en Suisse et dans le Jura, notamment. En bord de mer, c'est rarissime. C'est pourquoi les archéologues croates estiment qu'il s'agissait peut-être en fait d'une lagune, le niveau de la mer étant alors plus bas. En tout cas, cela pourrait éventuellement expliquer la présence de l'épave.

 

Quelle va être la suite des recherches ?

Nous avons prélevé deux échantillons de la coque, que nous avons transmis à des collègues spécialistes de la datation par les cernes du bois. Ce genre de technique peut donner la date où le tronc a été abattu, parfois à l'année près. En réalisant le même type de datation sur les habitats sur pilotis juste à côté, nos collègues croates pourront peut-être nous dire s'ils ont été construits en même temps. Après se posera sans doute la question de sortir l'épave, pour l'exposer dans un musée et réaliser des études plus approfondies de sa construction. Car c'est un bateau assez particulier : au lieu d'une quille, la partie centrale du fond de la coque est constituée d'une sorte de demi-tronc creusé, un peu comme une pirogue.


 

Propos recueillis par Nicolas Constans.


 


 

Source : http://archeo.blog.lemonde.fr/2014/03/08/le-plus-ancien-bateau-cousu-de-mediterranee/


 

 

 

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 22 Janvier 2014

La grotte de Ljubić

 

Entre 2008 et 2011, les fouilles de la grotte de Ljubic, financées par la Principauté de Monaco, ont livré des vestiges épigravettiens (éléments microlithiques en silex armant les projectiles), du Néolithique (céramiques des cultures Impressa, Danilo et Hvar), du Chalcolithique (céramiques de la culture de Nakovana) et de l'Âge du Bronze (grands récipients de stockage en céramique, parure en ambre). Des reproductions d'outils et d'armes (flèches, hache, couteau), ainsi qu'un film muséographique tourné en 2011 à Monaco et en Croatie, accompagnent la sélection de vestiges archéologiques.

De 2008 à 2011, la Principauté de Monaco a financé les fouilles archéologiques de la grotte de Ljubic, en Croatie. Située près de la mer adriatique, dans la péninsule de l'Istrie, cette cavité a livré de nombreuses occupations préhistoriques, de l'Épigravettien (13 000 BP) à l'Âge du Bronze (3000 BP). Cette exposition présente les premiers résultats de la coopération scientifique entre le Musée d'Anthropologie préhistorique de Monaco et l'Institut Croate de Conservation.

La grotte de Ljubic se trouve près du village de Marcana, dans une zone de plaine riche en dépressions karstiques. Cette grotte n'avait jamais été explorée auparavant, mais en surface, de nombreux vestiges de céramiques, des os et des outils en matériaux siliceux d'époques différentes, du Néolithique à l'Antiquité tardive, avaient été découverts.

 

 

 

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 26 Août 2013

Un bateau datant de l'époque romaine mis au jour en Croatie

Repérée en février dernier sur un chantier dans le centre de Pula, la structure en bois a pu être sortie de terre en une seule pièce et sans être abîmée. Après désalinisation, ce qui prendra quatre ans, le rarissime bateau romain sera montré au public dans cette station balnéaire de l’Adriatique.

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 28 Juillet 2012

Des animaux en céramique vieux de plus de 5000 ans

 

 

Des archéologues britanniques estiment que les fragments d’objets en céramique vieux d’au moins 15 000 ans qu’ils ont découverts dans une caverne de Croatie, témoignent de l’existence d’une communauté préhistorique locale qui a réinventé cette technique indépendamment des autres cultures qui l’ont utilisée ailleurs et à des dates différentes.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/be/Vela_Luka_Vela_spila_2002.jpg


C’est dans la grotte de Vela Spila, sur la côte adriatique de la Croatie que les chercheurs de l’Université de Cambridge ont fait une découverte inattendue. Dans ce site riche en vestiges du Paléolithique et du Néolithique, ils ont en effet mis au jour 36 fragments de céramique, provenant visiblement de figurines d’animaux et non de poteries. Pour en savoir plus sur ces précieux objets, les chercheurs les ont alors soumis à des analyses afin d'évaluer leur âge : d'après la radiodatation, ils seraient vieux de 15.000 à 17.500 ans.

 

Mais ce n'est pas la première fois qu'une telle découverte est faite. En effet, récemment, des archéologues en avaient fait une similaire en Chine, remettant également en question l'origine de la céramique et suggérant une toute autre hypothèse. Loin d’être une invention du Néolithique (10.000 ans au maximum), une période durant laquelle elle fut utilisée de façon pragmatique, la céramique a probablement été inventée et réinventée par diverses communautés humaines bien plus anciennes.

 

"C’est très inhabituel de trouver de l’art céramique si tôt dans la Préhistoire. Les découvertes de Vela Spila semblent représenter la première preuve d’art céramique paléolithique de la fin du dernier âge glaciaire. Elles paraissent avoir été développées indépendamment de tout ce qui nous connaissions avant", a ainsi relevé le Dr Preston Miracle, de Cambridge commentant l'étude parue cette semaine sur PLoS ONE.

 

"Nous commençons à voir que plusieurs sociétés paléolithiques ont produit de l’art à partir de ce matériau, longtemps avant la période néolithique, lorsque la céramique est devenue plus commune et était utilisée pour des visées fonctionnelles", a-t-il encore expliqué.

 

 

Source : maxisciences.com, le 28 juillet 2012.

  

 

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 1 Juin 2012

Le site du monastère Saint-Pierre d'Ilovik

 

 

Ce monastère, très mal connu, est situé dans une petite crique de l’îlot Saint-Pierre faisant face à l’île d’Ilovik, immédiatement au sud de Lošinj. L’îlot Saint-Pierre était occupé durant l’Antiquité par une grande villa, dont des vestiges (murs et sols) sont encore visibles sur la grève de la façade occidentale.

Les photographies aériennes révèlent également plusieurs organisations parcellaires, reflétant peut-être une structuration antique. La première mention du monastère de Saint-Pierre d’Ilovik – Sanctus Petrus de Nimbis – apparaît dans une charte de donation douteuse datée de 1071 : le monastère aurait été donné par Pag – évêché ou autre monastère ? – au monastère de Saint-Michel de Susak. Les bénédictins auraient quitté le monastère en 1266, avant d’être remplacés par des franciscains jusqu’au xviiie siècle.

 

http://arhinet.arhiv.hr/_DigitalniArhiv/Monumenta/images/Povelje/HR-HDA-876-8.jpg

 

La suite sur le Bulletin du Centre d'études médiavales d'Auxerre

url : http://cem.revues.org/index11939.html

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Publié le 28 Novembre 2010

Ćiro Truhelka


 

http://essekeri.hr/images/essekeri/ciro-truhelka/ciro-truhelka-bio.jpgĆiro Truhelka, né à Osijek le 2 février 1865 et décédé à Zagreb le 18 septembre 1942, était un archéologue et historien de l'art.

Après avoir fréquenté l'école primaire et le gymnase dans sa ville natale, il étudia l'histoire de l'art et l'archéologie à Zagreb. Il fut conservateur de la Galerie Strossmayer à Zagreb, ainsi que conservateur et directeur du Musée provincial de Bosnie-Herzégovine. C'est lui qui forgea le mot bosančica pour désigner cet alphabet particulier dérivé du cyrillique.

Durant sa carrière à Sarajevo il conduisit les fouilles archéologiques à Glasinac (sépultures préhistoriques), à Donja Dolina (nécropole) et dans bien d'autres localités. Il a écrit sur les trouvailles préhistoriques, romaines et médiévales, sur les documents turcs, les stećci, la monnaie romaine et médiévale, la bosančica et il se consacra aussi à l'albanologie. Ćiro Truhelka dirigea la revue Bulletin du Musée provincial de Bosnie-Herzégovine.

Dans la municipalité de Prozor-Rama il s'intéressa à la légende de la Vierge de Grabov (Diva Grabovčeva), lorsqu'il découvrit les restes d'une jeune fille datant du 16ème ou 17ème siècle. En 1888, Truhelka mit à jour les restes présumés du roi Etienne Tomašević.    

 


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Publié le 13 Octobre 2010

L'épave de Caska

 

 

La fouille programmée du site immergé et de l’épave de Caska s’est déroulée du 10 au 30 mai 2010, sur l’île de Pag en Croatie. Cette île, longue de 60 km, appartient à l’archipel des îles de Dalmatie septentrionale et s’étend, entre les villes de Rijeka et Zadar, le long de la côte qui forme le canal du Velebit.


Découverte par 3 m de fond en 2007, l’épave a fait l’objet, en mai 2009, d’une expertise approfondie dirigée par Irena Radić Rossi et Zdenko Brusić (Université de Zadar). Le Centre Camille Jullian a participé à cette première opération afin de cerner les potentialités du site et élaborer un programme commun franco-croate en continuité avec une collaboration déjà établie qui avait portée sur l’étude de l’épave de l’Antiquité tardive de Pakoštane (2007 et 2008).

 

 

 

Voir l'article sur la page du Centre Camille Jullian

 

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 11 Septembre 2010

1. La découverte de Krapina

 

 

Capitale d'une province éloignée de l'Empire d'Autriche, Zagreb restait, au milieu du XIXe siècle, une petite ville de 20.000 habitants. La répression qui se fit sentir dans les provinces de l'Empire autrichien, de 1848 à 1860, avait pour but de supprimer le nationalisme, mais elle allait plus loin, cherchant à décourager aussi les innovations, la recherche scientifique et la liberté d'expression (RADOVCIĆ, 1988). Un petit nombre d'individus, presque tous enseignants dans les écoles secondaires, qui avaient de la curiosité pour les sciences naturelles, réussirent pourtant à maintenir pendant cette période une certaine activité scientifique. Le Musée national d'Histoire naturelle, fondé en 1846, resta ouvert pendant cette période et continua d'acquérir d'importantes collections. Mais les livres de sciences naturelles utilisés à l'époque offraient une vue traditionnelle et biblique de la création du monde, en six époques (RADOVCIĆ, 1988). Un climat politique et intellectuel plus progressif permit la formation de l'Académie des Sciences, en 1866, et surtout la réouverture de l'Université, en 1874. Celle-ci accueillit des hommes formés à l'étranger, dont l'esprit était ouvert aux théories de l'évolution. Parmi eux, Radovcić mentionne Djuro Pilar qui, de retour à Zagreb après plusieurs années d'études à Bruxelles, devint conservateur au Musée national des Sciences naturelles et occupa plus tard la chaire de Géologie à l'Université, et Spiridion Brusina, paléontologue contemporain de Pilar, qui défendit avec vigueur, dans ses écrits et ses conférences, l'oeuvre de Darwin et plus spécialement les vues concernant l'origine de l'homme exprimées dans The Descent of Man. Les théories darwiniennes restaient encore controversées dans la communauté scientifique des années quatre-vingts, mais du moins étaient-elles présentes dans les discussions. C'est dans cette atmosphère de changement et de débat intellectuel que grandit l'inventeur de Krapina.

 

Karl Kramberger naquit en 1856, d'une mère croate et d'un père cordonnier-aubergiste dont la famille d'origine allemande s'était établie en Croatie. Il fit des études secondaires à Zagreb et il semble que son intérêt pour les sciences naturelles se soit développé au contact d'un voisin pharmacien qui était aussi taxidermiste au Musée d'Histoire naturelle (RADOVCIĆ, 1988). Il poursuivit des études supérieures de paléontologie à Zurich, puis à Munich sous la tutelle de Karl Zitter, et enfin à Vienne. De retour à Zagreb en 1880, il devint conservateur de Minéralogie et Géologie au Musée national et en 1884 professeur de Paléontologie des Vertébrés à l'université. C'est à cette époque qu'il prit le nom de Gorjanović pour bien marquer son appartenance à la nation croate.

 

En 1899, alors qu'il poursuivait des recherches sur le terrain en vue de préparer une carte géologique, il fit un détour jusqu'à Krapina pour examiner la carrière de sable d'où provenaient les ossements fossiles que l'instituteur local, Josip Rehovic, lui avait fait parvenir. Dans son carnet de notes, Gorjanović décrit son étonnement à la vue du site. Il était fasciné par ces bandes noirâtres faites de cendres et d'ossements qui apparaissent à l'intérieur des couches de sables jaunes formant le remplissage naturel de l'abri de Krapina. En examinant la coupe, il eut la chance, mais surtout le flair, de trouver une dent humaine en place dans l'une de ces bandes noires. Ceci l'amena à reconnaître qu'il s'agissait là de traces de foyers construits par des hommes primitifs ou, pour utiliser ses propres termes, les traces d'habitat des hommes diluviens (RADOVCIĆ, 1988). Enthousiasmé par ces trouvailles, Gorjanović mit sur pied un programme de recherches qui lui permit de revenir à Krapina le mois suivant et, avec l'aide de Stjepan Osterman, son assistant au Musée d'Histoire naturelle, il entreprit la fouille du site.

 

Gorjanović est donc venu à la préhistoire par le hasard de la découverte ; pour lui comme pour beaucoup d'autres à cette époque, la fouille d'un site paléolithique était l'extension du travail sur le terrain d'un géologue et l'étude des restes osseux appartenait à la paléontologie. Il aborda la fouille avec méthode, suivant les niveaux naturels qu'il avait reconnus. La provenance du matériel à l'intérieur des couches était soigneusement notée dans les carnets de fouilles et le numéro des couches était mentionné sur les pièces. Et si les couches étaient épaisses et dégagées à la pelle, si les petits éclats et fragments n'étaient pas toujours ramassés, il n'en reste pas moins que la collection de Krapina fut l'une fut l'une des mieux documentées de son époque. Il est regrettable que la numérotation d'origine, qui permettait d'établir l'origine stratigraphique des pièces, n'ait été conservée que sur certaines pièces et que les séries aient été mélangées. On a ainsi perdu en partie le bénéfice du travail soigné de Gorjanović et Osterman. Car s'il est possible, grâce aux carnets de fouilles, de rétablir l'origine précise de la plupart des fossiles humains (SMITH, 1976 : 26-27), il n'est pas possible de déterminer la provenance de nombreux outils et éclats (SIMEK, 1991 : 61-62 ; MIRACLE, 1994b).

 

Gorjanović consacra le reste de sa vie à l'étude de ce matériel. Selon Tobias (RADOVCIĆ, 1988), il fut probablement le premier à utiliser la radiographie pour étudier les restes humains fossiles, alors que les rayons X venaient d'être inventés. Il utilisa les méthodes craniométriques que Gustav Schwalbe, le paléontologue de Strasbourg, venait de mettre au point pour étudier le crâne de Néandertal. Les publications restent un remarquable monument de précision et de détails. Et il faut bien dire qu'il n'y a pas de comparaison possible entre la qualité des dessins originaux de l'outillage lithique et celle des illustrations que l'on trouve dans les études plus récentes.

 

Convaincu d'avoir mis au jour à Krapina les éléments qui prouvaient les théories de Darwin, Gorjanović publia les conférences et les interventions dans les centres de recherches d'Europe centrale. Et l'attention des chercheurs se tourna, pendant un moment au moins, sur Krapina et le Musée de Zagreb. D'autres découvertes à la Ferrassie et la Chapelle-aux-Saint vinrent plus tard attirer l'attention du monde savant. Gorjanović n'en continua pas moins à défendre ses vues sur l'évolution, notamment sur la position intermédiaire des fossiles de Krapina entre l'homme moderne et les grands singes. A travers toute son oeuvre, il fit preuve d'innovation et d'intuition et continua son activité scientifique après sa retraite en 1924 et jusqu'à sa mort en 1936. Krapina reste la collection la plus étendue et la plus diversifiée de restes de l'homme de Néandertal.

 

Source : Anta Montet White, Le paléolithique en ancienne Yougoslavie, Editions Jérôme Millon, 1996, pp 12-15.

 

 

 

 

2. Ere de Néandertal, les plus anciens bijoux au monde découverts en Croatie

 

Découvertes il y a plus d'un siècle sur un site préhistorique en Croatie, plusieurs serres d'aigles viennent de dévoiler leur secret : il s'agit des plus anciens bijoux au monde fabriqués il y a 130.000 ans par les Néandertaliens, bien avant l'apparition en Europe de l'homme moderne.

 

"Lorsque j'ai réexaminé les huit serres de l'aigle à queue blanche, j'y ai remarqué de nombreuses marques de coupes et cette révélation m'a frappée : elles ont été modelées par une main d'être humain", raconte Davorka Radovcic, conservatrice au Musée d'histoire naturelle de Zagreb où sont conservées depuis la fin du 19e siècle ces griffes de rapaces.

"Il s'agit, au moins pour l'instant, des plus anciens bijoux au monde", affirme Davorka Radovcic, précisant que ces serres sont datées d'il y a 130.000 ans.

115 ans pour trouver

Davorka Radovcic s'était donné en 2013 pour mission de réexaminer la collection d'objets découverts sur le site néandertalien de Krapina, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Zagreb. Sa recherche a abouti par la publication en  ligne, début mars, d'une étude internationale par la revue scientifique  américaine PLOS. Le site de Krapina, qui dissimulait notamment des restes osseux de quelque 80 individus, avait été découvert en 1899 par le paléontologiste croate Dragutin Gorjanovic Kramberger. Il s'agit de la plus riche collection de  fossiles néandertaliens découverte dans le monde. Il a pourtant fallu 115 ans pour comprendre que les huit serres découvertes à Krapina faisaient partie de parures et qu'ils avaient été utilisés à des fins symboliques.

Selon Davorka Radovcic, "une approche nouvelle et fraiche" lui a permis de remarquer ce qui échappait à de nombreux scientifiques durant des décennies. Épaulée par deux collègues croates, Ankica Oros Srsen et Jakov Radovcic, et un professeur américain d'anthropologie à l'université de Kansas, David Frayer, elle a soigneusement étudié les échantillons portant des marques de coupes, de polissage et d'abrasion, à savoir les éléments suggérant que ces griffes  avaient été modelées pour être transformées en bijoux.

Les scientifiques n'ont pas pu établir si ces serres faisaient partie de colliers ou de bracelets. Ils assurent, en revanche, que les Néandertaliens avaient collectionné et modelé des griffes d'aigles et que celles exhumées à Krapina appartenaient à trois oiseaux.


Capacité de pensée abstraite des Néandertaliens

Par ailleurs, ces bijoux de Krapina viennent confirmer à leur tour plusieurs autres études selon lesquelles les Néandertaliens avaient la capacité de pensée abstraite, contrairement à une idée générale de notre époque les décrivant comme des "brutes" et "stupides". "Les Néandertaliens étaient dotées d'une culture symbolique quelque 80.000 ans avant l'apparition de l'homme moderne en Europe", dit Davorka Radovcic. "Je crois qu'ils admiraient les aigles. Ces bijoux sont un message. Nous ne savons pas ce qu'ils signifient, mais peut-être qu'ils voulaient ainsi  s'accorder les caractéristiques d'un aigle", ajoute-t-elle.

La découverte croato-américaine a aussitôt provoqué des réactions des pairs. "Elle révèle que les pratiques symboliques étaient ancrées dans les cultures matérielles des Néandertaliens avant ce que l'on pensait jusqu'à présent", dit l'archéologue italien Francesco D'Errico, chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) français, cité par la revue  Sciences et avenir.

Des griffes similaires, mais plus "jeunes" déjà découvertes en France et Italie

A ce jour, les plus anciens bijoux provenaient des sites préhistoriques découverts en Israël (Skhul et Qafzeh). Il s'agit de colliers de coquillages modelés il y a 110.000 ans par l'espèce dont l'anatomie était celle de l'homme moderne. Des griffes similaires à celles de Krapina avaient été découvertes sur plusieurs sites en France et en Italie, dont la plus ancienne, à Pech-de-l'Azé,  dans le sud-ouest de la France, est datée de quelque 100.000 ans.

Les Néandertaliens peuplaient pendant 250.000 ans certaines partie d'Europe, d'Asie centrale et de ce qui est aujourd'hui le Proche-Orient. Les raisons de leur disparition complète, il y a environ 40.000 ans, font toujours l'objet de débats. Selon certaines théories, des hivers extrêmement froids en sont la cause.  D'autres spécialistes croient qu'ils ont été surpassés par l'homme moderne  (Homo sapiens), plus intelligent et plus sophistiqué, qui avait investi le  territoire peuplé par les Néandertaliens en arrivant en provenance de ce qui est aujourd'hui l'Afrique.


 

Source : culturebox.francetvinfo.fr, le 23 mars 2015.

 

 

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 28 Avril 2010

L'apoxyomène


 

http://www.hikenow.net/images/LosinjMali/thumb/Apoxiomen.jpgCe sublime bronze antique du IIe s. avant notre ère, qui représente un jeune athlète nu se décrassant des onguents, du sable et de la sueur après l'exercice, ne laisse pas de faire l’admiration du monde entier. Fortuitement découverte par un plongeur belge, dans les eaux de Mali Lošinj, près de l’îlot Vela Orjule, la statue (192 cm) émerge en 1999. Il semblerait qu'elle se trouvait sur un navire romain ayant coulé à cet endroit, le long d'une route maritime reliant le nord et le sud de la mer Adriatique  La statue fut restaurée sous la houlette de l’Institut de Conservation avec le renfort d’experts de Florence. Elle a déjà été exposée à Zagreb, à Osijek, à Rijeka, ainsi qu’à Florence où elle a vu défiler quelque quatre-vingt-mille admirateurs.

 

Pur chef-d’œuvre, la statue serait une copie antique d’une œuvre du grand sculpteur antique Lysippe. C’est l’une rares grandes œuvres de bronze de l’Antiquité retrouvée entière.

 

Il existe huit variantes connues de l'Apoxiomène (la plus connue étant la statue de bronze du Kunsthistorisches Museum à Vienne découverte en 1896 à Efez).

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Rédigé par brunorosar

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