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Publié le 9 Février 2016

5ème anniversaire du squat Reciklaonica 


 

Reciklaonica est un squat politique, un collectif basé à Zagreb. C’est un lieu où habitent une douzaine de personnes, avec des chiens et des chats. Ce lieu a aussi donné naissance à de multiples projets, un bar-club, un lieu de répet’ pour les groupes, un atelier de réparation de vélo, une zone de gratuité, un infoshop anarcha-féministe, une salle de sports antifa, un atelier de sérigraphie, un jardin pour la permaculture, etc. Toutes ces activités fonctionnent sur des principes de solidarité. Sans ces principes, tout squat ou projet ne pourrait exister.

Le 11 février 2016 marque le 5e anniversaire de Reciklaonica.

 

 

Ulica Vjekoslava Heinzela 66
1000 Zagreb, Croatie
http://reciklaonica.blogspot.com/
azklaonica@@@riseup.net

 

 

Source : fr.squat.net, le 7 février 2016.

 


 

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 19 Juillet 2013

Le marché de Dolac

Au XIXe siècle, l’emplacement du marché zagrébois central, son aménagement, les modalités de son entretien et de son utilisation font l’objet d’une vive polémique. Car, depuis des siècles, les produits agricoles et alimentaires se vendent à Zagreb sur les marchés en plein air, suivant une réglementation rigoureuse. Les documents datant de l’an 1425 régulent les conditions de vente du poisson frais de manière plus précise que ceux d’aujourd’hui. Les inspecteurs implacables de l’époque coupaient la queue aux poissons non vendus étalés trop longtemps, en les transformant en produits de deuxième classe. L’histoire de Dolac, depuis l’initiative pour l’ouverture du marché central jusqu’à l’inauguration de celui-ci en 1930, ressemble à un récit plein de suspense, de scandales, avec une issue heureuse. Aujourd’hui, les parties souterraine et extérieure du marché sont reliées à deux niveaux, bien ordonnées et logiquement structurées. L’offre du marché Dolac reflète avant tout la production saisonnière régionale des aliments. La partie la plus intéressante de cette offre est constituée par un large éventail de produits alimentaires des petits agriculteurs et fermes de famille. Contrairement à la logique économique qui oblige les petits producteurs à s’unir pour pouvoir faire face à l’invasion de marchandises à bas prix des marchés mondiaux, la logique gastronomique dit que les petits producteurs représentent un atout fantastique d’une offre culinaire de qualité et de la haute gastronomie. Sur le marché de Dolac, les aliments sont parfois vendus à des prix supérieurs à ceux des autres marchés croates, mais c’est logique: les producteurs locaux qui approvisionnent les marchés régionaux sont venus à Zagreb pour y montrer le meilleur de leur production. Dolac est le rendez-vous des grands maîtres cuisiniers de Zagreb. Ces derniers affirment que c’est au marché que la préparation de leurs mets commence. “Le choix de bons produits fait 90% de l’art culinaire”, dit Ana Ugarkovic, une jeune étoile de l’art culinaire zagréboise. Le savoir-faire des gastronomes et toutes les hautes gastronomies du monde reposent sur une sélection soigneuse des produits alimentaires de la meilleure qualité au meilleur moment de la saison. Les maîtres cuisiniers zagrébois qui s’approvisionnent sur le marché de Dolac proposent dans leurs restaurants les spécialités régionales, en premier lieu les spécialités dalmates, mais également les spécialités istriennes et slavonnes, les meilleurs plats des régions de Zagorje, de Prigorje, de Lika et de Gorski kotar, ainsi que quelques spécialités culinaires des Croates qui vivent en dehors de la Croatie, surtout des spécialités herzégoviniennes et des spécialités de Bosnie. Dans les restaurants zagrébois, les poissons sont aussi frais que dans les restaurants dalmates, les premiers agneaux des îles adriatiques sont vendus à Zagreb, les premières truffes blanches sont attendues avec la même impatience à Zagreb qu’en Istrie, les saucissons secs slavons de choix sont régulièrement acheminés aux commerces zagrébois de renom, les semaines gastronomiques consacrées aux huîtres de Ston et de Limski kanal se déroulent au printemps, en pleine saison, vers la Saint Joseph. Zagreb préserve également sa cuisine authentique, qui représente le sédiment historique de l’héritage culturel austro-hongrois. Certaines expressions allemandes, régionalismes autrichiens et noms de plats hongrois sont toujours utilisés, comme par exemple Grenadir Marsch (pâtes aux oignons et aux pommes de terre) ou Kaiserschmarn (pâte sucrée pour l’omelette). Ces plats de la cuisine zagréboise appelée “purgerska kuhinja” apparaissent de temps en temps sur les menus de restaurants zagrébois nostalgiques des temps passés.

Source : http://www.konoba.net/fr/

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 15 Mai 2013

Le Zagreb alternatif : l'art de rien

A quoi nous fait penser la Croatie ? A de magnifiques paysages en bord de mer, et donc aux multiples offres pour les vacances du type « lastminute.com ». Et, au premier abord, on ne pense pas du tout à une scène culturelle vivante, encore moins indépendante. J’ai donc décidé de trouver des arguments qui pourraient aller à l’encontre d’une telle opinion. Est-ce que j’ai réussi ? Jugez-en par vous-mêmes en lisant cet article par lequel vous voyagerez à travers les squats, les cinémas, les clubs et d’autres lieux d’inspiration de Zagreb.

« Lorsque je suis arrivé pour la première fois à Zagreb, le (centre culturel) Medika n’existait même pas encore. Il n’y avait pas vraiment de lieu où on pouvait sortir pour boire une bière, écouter de la musique et qui aurait par la même occasion senti bon l’alternatif. Moi qui étais habitué à la diversité des escapades nocturnes culturelles berlinoises, la situation ici me paraissait assez déprimante. » A peine étais-je sortie de l’aéroport que ma thèse fut vigoureusement critiquée par Christian, un artiste de théâtre et de rue allemand qui vit ici depuis des années.

Christian nous offre une visite nocturne du centre-ville, et en passant un énième carrefour, il nous explique que l’une de ses activités, la jonglerie près des passages piétons, est une bouée de sauvetage qui lui permet parfois de tenir jusqu’à la fin du mois. Au quotidien, il s’occupe d’une organisation de productions théâtrales indépendantes. « Celles-ci sont souvent meilleures que celles qui obtiennent des dotations de l’État. En revanche, la place accordée aux théâtres subventionnés par l’État est largement plus grande, et cela à cause d’une politique qui manque de vision. Si on veut expliquer correctement aux politiques comment devrait, d’après nous, fonctionner le mécanisme de dotations de l’art, il faudrait en fait devenir l’un d’entre eux. Le risque d’échec est grand car, quand on y parvient, il faut se conformer et vendre son âme. »

L’ « ATTACK » sur la culture

Jusqu’à maintenant, chaque organisation qui voulait agir au nom de la culture d’une façon officielle devait d’abord enfreindre la loi et « squatter ». Ce fut le cas pour ATTACK (une ONG active depuis 1997, née de l’union de la campagne contre la guerre et du mouvement anarchiste qui s’occupe de l’éducation artistique informelle), mais aussi celui de Mochvara, qui organise des soirées, que ce soient des soirées poétiques, des expositions ou des concerts. Ce fut encore le cas de Medika, un endroit qui peut se vanter d’avoir été le premier squat dans l’histoire de la ville à avoir été légalisé (en 2007). Sanja Burlović (35 ans) explique que la scène culturelle alternative à Zagreb est nettement meilleure qu’à Belgrade parce qu’elle est nettement moins commerciale. « Il faut bien remarquer que tout le mérite ne revient pas à la ville, mais à nous. (…) Au début de l’histoire du Medika (dont les bâtiments étaient au départ ceux d’une usine pharmaceutique), je vivais comme dans un ghetto : j’y dormais, j’y travaillais, et je m’y défendais contre les menaces d’expulsions. »

« Aujourd’hui je dirige une ONG légale, financée par un fonds qui provient de l’État, des villes, de l’UE ou de fondations étrangères. Nous organisons des concerts, des ateliers de production de films, de couture, de peinture. Nous sommes en charge de ce qu’on appelle un “infoshop”, c’est-à-dire un café dédié aux rencontres avec des auteurs. Personne n’est tenu de vivre dans le squat, à moins que ce soit de son propre chef (comme dans le cas d’Anthony, un Américain d’origine indienne qui est arrivé chez nous à cause… d’un permis de séjour expiré). »

« Si on commence à parler de culture alternative, pourquoi parler de Zagreb ? », me demande Luka. « Mochvara est un mythe dans son genre, synonyme de l’époque lycéenne (comme le club Purgeraj), parce qu’aujourd’hui personne n’a plus vraiment envie d’aller aussi loin le soir… Le Medika n’est d’ailleurs plus vraiment le Medika à partir du moment où il faut payer de 15 à 40 kunas ( de 2 à 5 euros, ndlr) pour entrer dans le club. Ça ne colle pas avec l’idéologie du squat », dit-il.

« J’ai 23 ans et je ne peux pas dire que Zagreb ait beaucoup à m’offrir. D’accord, si on se place dans la perspective de l’art “classique” (les musées traditionnels, les concerts de musique “sérieuse“), la situation n’est pas mauvaise. Mais en ce qui concerne la scène d’art alternatif, ça ne se passe pas si bien. (…) Si on prend en compte l’activité culturelle de la ville, on ne peut pas comparer Zagreb à Sarajevo, Belgrade ou même Ljubljana. »

Heureusement, Luka reconnaît quand même que des gens s’efforcent à mettre en mouvement la scène culturelle. Certaines initiatives sont vraiment dignes d’admiration, comme par exemple : « Screen on the green » (grâce à laquelle il a été possible de regarder des films d’animation tout en s’asseyant tranquillement sur du gazon), le Musée des Ruptures créé en 2007, sans parler du festival international Animafest (qui se déroule entre autres dans deux cinémas légendaires : Tuškanac et Kino Europa). Il est cependant dommage que la majorité de ces soirées captivantes se déroulent au bord de la mer.

Amstel dans les ruines d’un ancien marché

Le Centre Etudiant existe depuis 1957 et visait l’amélioration des conditions de vie des étudiants soit environ 1000 personnes qui occupent désormais un espace spécialement construit à l’occasion de la Foire Internationale.

Après ma rencontre avec Sanja, je me rends vers le Centre Étudiant qui, malgré sa sonorité institutionnelle, semble être l’un des leviers les plus importants de la culture croate. Je découvre un parking, passe une barrière et traverse ensuite un patio qui n’est pas des plus attrayants au bout duquel un grand nombre de constructions décrépies et d’échafaudages témoignent d’un travail de rénovation pénible. Comme un symbole de la condition de l’art contemporain en Croatie. Seul un petit nombre de ceux qui sont ici (environ 50 personnes) s’occupe de la culture au sens large (actions soutenant le théâtre, les films, l’art visuel, la musique, les médias à travers l’organisation de « performances », de concerts, d’ateliers). Cela n’a pas empêché que soient découvertes ici des célébrités telles que Ordan Tudor, Ana Horvat (musique), Oliver Frljić, Miran Kurspahić (théâtre), ou encore Ines Matijević et Jelena Kovačević (art visuel).

Je rencontre Silvija Stipanova qui s’occupe de la coordination des évènements théâtraux au Centre Etudiant. Alors qu’elle attend la représentation commune des talents croates de jazz avec l’Amstel Quartet d’Amsterdam, elle critique sévèrement la position de Luka : « Tout dépend de ce à quoi on s’intéresse et de quelles dispositions on a envers l’art. Crois-moi, si quelqu’un veut s’amuser comme il faut à Zagreb, il n’aura pas de problème (…). La question essentielle reste quand même celle de savoir ce que l’on considère comme de la culture expérimentale, alternative ou indépendante. Pour nous ce qui compte, c’est la qualité. Si une création ne mérite pas d’être institutionnalisée en raison de sa qualité, je ne vois pas la raison pour laquelle nous aurions à parler d’elle », coupe Silvija.

Tout comme on peut observer une inclination vers l’Europe sur la scène politique, on peut soupçonner la culture croate d’avoir cette même appétence : ceci pourrait être illustré par le changement de nom du cinéma Kino Balkan par Kino Europa. J’espère entendre parler des premiers changements sur la scène culturelle indépendante croate dès le 1er juillet 2013.

Source : cafebabel.fr, le 16 juillet 2012.

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 10 Mai 2013

La maison des artistes plasticiens

 

Sur l'une des plus grandes places de Zagreb, le bâtiment de la Maison des artistes plasticiens (Hrvatsko Društvo Likovnih Umjetnika - HDLU) est un lieu au parcours singulier. Cet espace unique, se distinguant par son plan circulaire, a été imaginé par le sculpteur Ivan Meštrovic, disciple préféré de Rodin. Construit à l'origine en 1938, comme un pavillon de l'art, ce bâtiment fut utilisé à l'époque de la Seconde Guerre mondiale comme une mosquée et doté de minarets. Il abrita ensuite le Musée de la révolution pendant la période communiste de 1948 à 1990, avant de redevenir la propriété des artistes croates, en 1993. Aujourd'hui encore, les Zagrebois continuent à appeler cette institution la mosquée. Celle-ci accueille principalement des artistes vidéastes, des sculpteurs et des architectes.

La maison des artistes plasticiens

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 24 Mai 2012

La vie des uns aux abords de la colline de déchets

 

 

 

A vingt minutes de route seulement du centre de la capitale s’élève au bord de la Save une colline haute de cinquante mètres. Née au fil des ans par l’accumulation des déchets, une odeur insupportable s’en dégage et les habitants des localités environnantes, Mičevec et Jakuševac, vivent dans la crainte permanente d’une catastrophe… d’une explosion de gaz qui les effacerait de la surface de la terre.

 

Nous sommes à l’entrée du centre d'enfouissement de Prudinec-Jakuševec, implanté à une vingtaine de minutes du centre de Zagreb. A distance régulière, les camions poubelles gravissent une colline artificielle toute de déchets qui domine sur une hauteur de presque cinquante mètres. Au-dessus des mouettes tournent en rond dans l’attente que les chauffeurs aient déversé leur chargement afin qu’elles puissent s’emparer de la nourriture. Il est en ainsi depuis des décennies. Au pied de la décharge s’étalent des tas de compost sur une diagonale de plusieurs centaines de mètres. Le centre de compostage a ouvert il y a quatre ans. Le week-end il ne fonctionne pas.

 

Dans la localité il est interdit d’élever des porcs, parce qu’ils puent. Et ça par contre ? Bien des gens à Zagreb s’imaginent que les déchets se trouvent quelque part tout près de Sisak sans même savoir où est Jakuševec. J’ignore pourquoi on ne leur explique pas… pour leur dire les quantités et le danger dont il est question. Le problème concerne tout Zagreb. Cette colline est sans borne, elle restreint Zagreb dans son expansion… Une colline aussi peu naturelle au bord de la Save, dont nous prétendons faire un fleuve navigable, est inexplicable, fait remarquer mi-figue mi-raisin Ivica Barukčić, le président du conseil du Comité local de Mičevec, lequel nous attendait à l’entrée de la décharge.

 

A Mičevec comme dans un ghetto

 

Mičevec est une localité qui n’est séparée du centre d'enfouissement que de quelques centaines de mètres à vol d’oiseau. Selon Barukčić, plus personne ne veut s’y installer. Avant la guerre y vivaient plus de 1.300 habitants alors qu’aujourd’hui on n’en compte que 1.250. A cause des déchets, explique-t-il. A cause de la puanteur insupportable qui s’échappe de la décharge mais aussi de la bombe écologique potentielle due à la concentration des gaz dans les déchets. 

 

Nous lui demandons sil les rumeurs sont fondées. S’il est possible qu’une explosion de gaz sur la décharge aurait pour effet de tout raser dans un cercle de cinq kilomètres.

 

Bien sûr que c’est vrai, les déchets ont déjà explosé deux fois sur terre ; dans la décharge il s’en est fallu de peu récemment qu’il n’y ait un accident, la police est venue et a bloqué la décharge ; par la suite nous avons appris que les biofiltres étaient hors service… répond Barukčić d’une seule traite.

La semaine dernière, la décharge a été visitée par la ministre de l’environnement et de la nature, Mirela Holy, accompagnée du maire de Zagreb, Milan Bandić, et des gens de la mairie. Ils sont tombés nez-à-nez sur une centaine d’habitants de Mičevec et de Jakuševac venus à grand renfort de masque à gaz, d’un orchestre funèbre et d’un cercueil. Leur but était d’attirer l’attention sur ce problème qui ne saurait être remis à demain. L’accumulation des déchets doit cesser, la décharge doit être fermée parce qu’elle pollue l’air et l’eau, sans parler du danger d’explosion, signalent les habitants que nous rencontrons dans le café du coin. Ils nous disent qu’ils vivent dans une sorte de ghetto, en effet la gare de triage et l’aéroport s’ajoutent aux déchets qui peuplent leur environnement.

 

Mes amis, lorsque le vent se met à souffler, il nous faut fermer les fenêtres tant le gaz est concentré. Les matins d’été il arrive qu’un brouillard s’échappe de tout cela, raconte Vlado Marinčević Buco.

 

Lui aussi relate l’accident survenu il y a un mois et demi, lorsque la pression avait bloqué les valves et endommagé une partie du système où sont brûlés les gaz de la décharge.

 

Il s’en est fallu d’un cheveu que ne se produise une explosion, aujourd’hui nous ne serions pas ici. La solution est de faire partir les déchets, mais aucun pouvoir, ni l’ancien ni l’actuel, pourris à tous les niveaux, n’ont rien entrepris. Ce sera à nous de faire quelque chose. Vous avez pu noter quelle colonne de camions est née lors de la récente manifestation, lorsqu’ils n’ont pas pu décharger les détritus au sommet de la décharge, martelle Buco.

Celui-ci se moque des deux mille kunas de subvention écologique qu’il reçoit pour combler la différence entre la valeur de marché et la valeur amoindrie des propriétés qu’implique la proximité de la décharge. Tout ce qu’il veut, c’est que les détritus disparaissent au plus vite de l’horizon de sa maison.

 

Les habitants de Mičevec nous rappellent que les déchets ne sont pas recyclés, ce qui veut dire que tout et n’importe quoi atterrit sur la décharge, que ce soit des gravats, des pieds humains venus de l’hôpital, des médicaments ou d’autres choses.

 

Le président de l’Assemblée municipale, Davor Bernardić a dit que le problème sera résolu par une autre génération, glisse Juraj Špišić, l’un des anciens de la localité.

 

Il suggère aux responsables de trouver un autre emplacement pour stocker les ordures. D’après lui, la meilleure solution est une usine d’incinération telle qu’il en existe à Graz ou à Paris, qui en possède même trois.

 

Avec tous les assainissements réalisés à ce jour, on aurait pu construire deux incinérateurs. A partir des déchets on peut produire du courant, mais personne n’y a intérêt dès lors où il n’empocherait rien. Personne n’a demandé à Bandić pourquoi rien n’a été incinéré comme on nous avait expliqué que ce serait fait si la décharge n’était pas assainie d’ici 2012. Ne me dites pas que la ministre de l’environnement a le sens de l’écologie quand on voit toute la peinture qu’elle porte sur elle [sans doute une remarque inélégante sur son maquillage, N.d.T.], s’insurge Špišić à propos du comportement des politiciens.

 

La gorge et les yeux qui brûlent

 

A quelques minutes de route de Mičevec se trouve sa sœur voisine Jakuševac. De son centre s'étale la vue sur la colline de détritus, presque à un jet de pierre. Une odeur d’étable se dégage de certaines cours. Une femme âgée, appuyée contre la clôture, nous dit qu’il existe peu de vaches dans le village et qu’elles n’ont empoisonné personne.

 

Si vous saviez quelle puanteur ; ça brûle la gorge et les yeux, à s’étouffer, proteste-t-elle le doigt pointé sur la décharge. Le pire est en été lorsque souffle le vent. Notre peur est que quelque chose de pire n’arrive. Nous sommes nés ici mais personne ne cherche à nous comprendre.

 

Au café du coin s’étale un panneau d’affichage sur lequel on peut lire les concentrations de gaz de décharge planant dans l’air, lesquelles sont mesurées une fois par mois. Au regard des valeurs maximales de chlorure et de sulfate tout a l’air en ordre, aucune crainte à se faire. Toutefois, Željko Vrban, un habitant qui a porté en personne le cercueil à l’arrivée de politiciens, déclare que ces paramètres sont mesurés lorsque les conditions climatiques sont idéales. Il est assez bien instruit des problèmes de la décharge.

 

Lorsque la ministre et le maire ont annoncé qu’ils se rendraient sur le site, pendant trois jours et trois nuits on a veillé à amener de la terre de façon à aplanir et donner l’impression que le dépôt est correctement entretenu. Et lorsque la société Industrogradnja a assaini la décharge la première année, pour la première fois, ils ont respectés toutes les règles, que ce soit l’évacuation, la conduite de gaz… Ce fut le meilleur assainissement ! Ensuite ils sont tombés dans la mouise et les autorités ont confié la décharge en 2005 ou 2006 aux frères Žužul (Slaven et Jozo, les propriétaires de la société Skladgradnja, N.D.A), qui ont reçu pour ce faire 130 millions de dollars. Mais eux ne s’en sont pas tenus aux règles comme le remblaiement, le talus, les bâches… de sorte que la troisième surface s’est affaisée de sept mètres et demi. Maintenant pour assainir la troisième des quatre surfaces, il faut encore trois ans. Et pour la quatrième surface quatre autres encore, m’a confié un ingénieur, nous affirme Vrban.

 

Il avertit que seuls 20% des gaz s’échappent des déchets tandis que 80% restent dans les détritus. Cela en dépit des tuyaux d'échappement placés sous terre.

 

Est-ce à dire qu’un danger menace, lui demandons-nous.

 

Il suffit qu’un incendie éclate là-haut, là où les gars rassemblent du cuivre et brûlent des câbles. Et les gens fument…, nous dit-il.  

 

Jakuševec attend un incinérateur

 

Nous avons appris que chaque jour arrivent entre 600 et 800 tonnes de déchets sur le site. D’après Vrban, on trouve de tout, personne ne saurait dire quoi avec certitude. On se demande où sont passés les déchets dangereux de l’ancienne armée, stockés dans l’entrepôt de l’incinérateur Pluto qui a brûlé en 2002.  Il s’énerve contre Bernardić, le président de l’Assemblée municipale, un monsieur qui a terminé la faculté mais qui prétend que le problème de la décharge trouvera sa solution avec la prochaine génération. Il pense que jusqu’il y a peu la ministre Mirela Holy ne savait pas le moins du monde où se trouvait la décharge.

Afin d’attirer à nouveau l’attention sur le problème, nous serons contraints de fermer la décharge pendant deux ou trois jours, et on verra alors ce qu’on fera des déchets lorsqu’il fait 35 degrés. Nous le pouvons, le terrain de décharge n’a même pas de permis d’emplacement ni de construction. Ca reviendrait à fermer quelque chose d’inexistant. Je pense néanmoins que l’on attend l’argent de l’Union européenne pour construire un incinérateur que nous recevrons, soyez-en sûrs, d’ici 2016, affirme Vrban.

 

Le président de l’Assemblée municipale était un gars bien jusqu’à hier aux yeux de Kata Vučković, mais aujourd’hui elle n’en dirait plus autant. Cela fait deux ans qu’elle est venue s’installer ici après avoir quitté le quartier de Sopot à Novi Zagreb.

 

Lorsque j’ai acheté l’appartement, ils avaient dit que la décharge serait assainie. Malgré tout je ne regrette pas d’avoir aménagé, lorsque ça pue, je ferme la fenêtre, nous assure-t-elle.

 

 

Source : balkanikum.vefblog.net, le 25 mai 2012.

Article paru à l'origine sur snv.hr, le 18 mai 2012.


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Rédigé par brunorosar

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Publié le 18 Décembre 2011

Le renouveau de la vie juive à Zagreb

 

 

Associés à l'histoire de la ville dès le XIVe siècle, les Juifs n'y sont vraiment tolérés qu'à partir de Joseph II (1783). La communauté juive de Zagreb est fondée en 1806. Originaires pour la plupart d'Allemagne et de l'Empire austro-hongrois (Bohème, Galicie), ses membres ne bénéficient qu'en 1873 des mêmes droits que les chrétiens. En 1941, quelque 11.000 Juifs vivaient à Zagreb. Parmi les 3.000 survivants de la Shoa, beaucoup émigrent en Israël. Aujourd'hui, la communauté compte moins de 1.500 personnes, souvent âgées et aux conditions de vie précaires.

Le Centre communautaire juif de Zagreb se trouve au centre de la ville basse, Palmoticeva n°16. Sérieusement endommagé par un attentat en 1991, il abrite un oratoire, un jardin d'enfants, un club des seniors, un petit musée d'art juif, et une bibliothèque, riche en judaïca et préservée des nazis. Un bimensuel en Croate, Ha-kol, contribue à la renaissance de la vie communautaire.

Premier rabbin à résider en Croatie depuis la Seconde Guerre mondiale, Kotel Dadon vient d'Israël et vit à Zagreb depuis 1998. Avec le soutien du Joint et de la Memorial Foundation for Jewish Culture, il a jeté les bases d'un programme d'éducation juive : classes de religion, traductions en croate de livres du culte, création d'un jardin d'enfants et enfin, projet d'ouverture d'une école juive dans le futur Centre culturel juif (rue Praška). Il est aussi rabbin des communautés de Dubrovnik, Rijeka, Osijek et Split.

L'éclatement de la Yougoslavie a rendu encore plus précaire la survie d'une communauté décimée par la Shoa, puis lentement asphyxiée par l'émigration et l'assimilation. Certains jeunes veulent transcender les frontières nées de la guerre civile. Ainsi, l'an passé, un groupe de jeunes Juifs de Belgrade se sont rendus à Zagreb pour un séminaire avec d'autres jeunes Juifs de Croatie, de Slovénie et de Bosnie. Nés de mariages mixtes, la plupart d'entre eux n'ont qu'un seul parent, voire un seul grand-parent, juif. Attachés à leur judéité, ces jeunes manifestent une volonté croissante d'épouser un conjoint juif pour construire une famille juive. Vu la taille actuelle des communautés juives dans les pays de l'ex-Yougoslavie, ces désirs semblent peu réalistes !

 


La mémoire de la Shoa

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/59/Sinagoga1906_11.jpg

Construite en 1867, par l'architecte Franjo Klein, dans le style mauresque de la synagogue du quartier Leopoldstadt à Vienne, la synagogue réformée de la rue Praška est détruite fin 1941 sur ordre des autorités de Zagreb. A nouveau propriétaire, depuis décembre 1999, du terrain sur lequel s'élevait ce symbole prestigieux de la vie juive, la communauté projette d'y édifier une synagogue-mémorial, accompagnée d'un centre culturel et d'un musée. Les Juifs de la ville sont enterrés à Mirogoj, cimetière inter-confessionnel fondé en 1876. Ils y reposent avec les catholiques, les Grecs orthodoxes et les musulmans composant la population de la ville sous l'empereur François-Joseph.

Suite à l'invasion de la Yougoslavie par les forces de l'Axe en avril 1941, la Croatie déclare son indépendance. Le parti ultra-nationaliste des oustachis, dirigé par Ante Pavelić, prend le pouvoir avec le soutien de l'Eglise catholique. Le nouvel Etat pratique d'emblée une politique antisémite d'une virulence inouïe, n'épargnant pas les nombreux Juifs convertis au catholicisme. Quelque 40.000 Juifs vivaient alors en Croatie; moins de 8.000 échapperont à l'extermination. Ainsi, 18.000 Juifs périssent dans le camp de concentration de Jasenovac. Fin 1941, la majorité des Juifs de Croatie ont déjà été victimes de la Solution Finale. Rançonnés par les oustachis, les derniers Juifs de Zagreb sont tous déportés par les nazis en 1943. Une cinquantaine de résidents d'un home sont sauvés par l'archevêque de Zagreb, Mgr Alojzije Stepinac. Condamné en 1946 par un tribunal yougoslave aux travaux forcés pour faits de collaboration, puis nommé cardinal par Pie XII en 1953, Mgr Stepinac (1898-1960) a été béatifié par Jean-Paul II en 1998. Très controversée "l'affaire Stepinac" reste au cœur du débat sur les responsabilités de l'Eglise catholique dans l'extermination des Juifs et la politique de conversion forcée et de purification ethnique des oustachis contre les musulmans et les serbes de Croatie. Le Vatican voyait dans le nouvel Etat croate un bastion catholique contre le communisme et l'orthodoxie grecque. Malgré son opposition aux atrocités commises dès avril 1941 par les oustachis, l'Eglise de Croatie ne remettra pas en question son soutien au régime de Pavelić (voir : "L'affaire Stepinac", Regards n°436, 1998).


Des inventeurs de l'identité croate moderne

Ironiquement, cette communauté réduite, et que ses origines historiques associent aux cosmopolitisme de l'Empire austro-hongrois, se trouve étroitement liée à la construction de l'identité croate au XXe siècle. Responsable du Comité de l'Héritage Juif, la cinéaste Mira Wolf a réalisé récemment un film documentaire sur Salomon Berger (1858-1934), un parent éloigné, grande figure historique du judaïsme croate. Originaire de Slovaquie, Salomon Berger s'établit à Zagreb en 1876 et devient rapidement un marchand de tissus prospère. Fasciné par l'art textile traditionnel croate, il se constitue une importante collection d'artisanat, s'efforce de préserver les techniques de tissage dans les villages et montre les créations de cet artisanat dans le cadre des expositions universelles (ex. Paris 1900). A partir de 1904, Berger se consacre à la fondation d'un musée d'ethnographie, ouvert en 1919 et dont il est le premier directeur. Auteur de documentaires sur des artistes juifs de Croatie, les peintres Milan Steiner et Oskar Hermann, ainsi que le pianiste Geiger Eichhorn, Mira Wolf projette de faire un film sur les architectes et ingénieurs juifs qui vers 1900 furent les auteurs d'une bonne partie du patrimoine architectural à Zagreb (tel le Musée ethnographique) et dans d'autres villes de Croatie.

Doyenne des spécialistes du folklore national, Maja Bošković-Stulli a consacré toute sa vie à l'étude des contes, proverbes et traditions orales de Croatie. Seule membre de sa famille à échapper au génocide, elle rejoint les partisans en 1943. Après des études en URSS et fascinée depuis l'enfance par les contes de Grimm, elle commence à travailler pour l'Institut du Folklore à Zagreb en 1952. Son mari, un Croate de Dubrovnik, écrivit sur l'histoire de sa ville natale et de ses résidents juifs.

Membre de la communauté juive et professeur d'histoire médiévale à l'Université de Zagreb, Ivo Goldstein est l'auteur d'une Histoire de la Croatie, analyse critique des grandes périodes de l'épopée nationale et excellente introduction à l'histoire complexe de ce pays de langue slave et d'écriture latine, situé aux frontières des églises de rites romain et grec et de l'islam européen. En mai dernier, Ivo Goldstein participait à un atelier du Libnet (Regional Network for Liberal Politics in Central, South Eastern and Eastern Europe), réseau de la Fondation Friedrich Naumann destiné à renforcer le courant libéral en Europe de l'Est. Organisée à Zagreb et à Dubrovnik, en collaboration avec l'American Jewish Committee, cette rencontre visait à promouvoir la tolérance et le respect des droits des minorités dans les pays de l'ancien bloc communiste. Ainsi, en Croatie, tout comme les Tchèques, Hongrois et Slovaques, les Juifs jouissent du statut de minorité (la Croatie reconnaît 16 minorités nationales), ce qui leur permet de bénéficier d'une aide de l'Etat pour différents projets culturels. Le combat des Juifs de Croatie pour le maintien de leur identité et la survie de leur communauté est aussi celui de toutes les minorités dans les pays nés de l'effondrement du communisme.


Références : Voice of the Jewish Communities in Croatia, n°3, 2000 (traduction anglaise d'une sélection d'articles parus dans le bimensuel croate Ha-kol et publiée tous les deux ans) - Ivo Goldstein, Croatia : A History, Londres, 1999

 

 

Source : http://www.cclj.be/article/1/884

 

 

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Publié le 30 Octobre 2011

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Publié le 5 Septembre 2011

Lauba, nouveau carrefour de l’art contemporain à Zagreb

 

 

À Zagreb, un entrepreneur croate vient d’ouvrir un nouveau lieu « pour les hommes et pour l’art »... Ce n’est pas tous les jours qu’une nouvelle galerie apparaît dans le paysage culturel croate. Quand, de plus, cet espace abrite une collection privée permanente de 500 œuvres d’art contemporain, l’événement a de quoi susciter tout l’intérêt. L’initiateur du projet est Tomislav Kličko, et sa collection Filip Trade s’offre au visiteur dans un espace éclectique nommé Lauba.


Lauba est située à Črnomerec, quartier relativement peu animé de la capitale croate, dans une ancienne écurie de l’époque austro-hongroise, qui a longtemps servi de fabrique de textile et de dépôt industriel.

Depuis son ouverture en mai 2011, Lauba laisse jaillir de ses entrailles un panache autrement coloré sur l’horizon gris de l’ouest zagrebois. Rénovée conformément à son statut de monument historique, cette bâtisse, entièrement peinte d’un noir granite surprenant, a l’ambition de devenir un lieu d’exposition, d’apprentissage, de rencontres et de production artistique.

Sa particularité réside dans le fait que le complexe Lauba héberge à la fois les locaux de l’entreprise Filip Trade et l’une des plus grandes collections privées d’art contemporain croate et bosnienne, désormais ouverte au public. Même si toutes les fonctionnalités de cette maison pour les hommes et pour l’art ne sont pas encore opérationnelles (la cafétéria est encore en travaux et la boutique en ligne attend son lancement), l’ambiance qui y règne témoigne d’un work in progress entamé il y a vingt ans par l’entrepreneur, avec l’acquisition du premier élément de la collection.

Depuis les années 1990, Tomislav Kličko a organisé et financé un grand nombre d’expositions et de concours artistiques, jouant le rôle de mécène pour nombre d’artistes croates. Sa collection a pu être rendue publique grâce à l’acquisition, il y a deux ans, de l’ancienne écurie et la création de l’association artistique baptisée Lauba.

Si, pour certains, le motif principal qui a poussé l’entrepreneur Kličko de lancer un projet d’une telle envergure est de faire de l’auto-promotion et de se présenter comme un entrepreneur puissant et attentif à la responsabilité sociale des entreprises dans la Croatie d’aujourd’hui, la sincérité de sa passion de collectionneur ne saurait être mise en doute.

Tomislav Kličko a su gagner la confiance des artistes exposés et les inclure dans la création, la promotion et le développement du projet. Tomislav Kličko et son équipe expliquent sur le site web de Lauba que leur galerie n’a bénéficié d’aucune aide publique et appellent d’autres entreprises à les rejoindre dans leur efforts visant à soutenir les artistes et l’art croate en général.

Le visiteur, peu attiré par l’aspect « local d’entreprise », pourra aisément ne pas y prêter attention, car la présence de Filip Trade est bien dissimulée dans l’espace. Les employés restent cachés derrière les baies vitrées teintées du bâtiment annexe, s’élevant du côté droit de la salle d’exposition. Celle-ci est située dans les écuries de l’ancienne bâtisse, qui ont conservé leur aspect simple et dénudé, les anciennes parois en brique, un sol en bois sobre, ainsi qu’une toiture simple et apparente, respectant la logique de l’ancienne construction. L’espace peut évoquer celui de la Punta della Dogana à Venise, rénové grâce aux fonds de la fondation François Pinault et réaménagée en espace d’exposition par l’architecte japonais Tadao Ando. À Lauba, les œuvres d’art habitent l’espace d’une façon inventive, en créant autant de petits univers pour chaque créateur exposé.

La galerie présente une collection remarquable d’artistes contemporains croates et bosniaques, dont Lovro Artuković, Kristian Kožul, Marija Ujević Galetović, Kristian Kožul, Ines Krasić, Ivana Franke, Slaven Tolj, Silvio Vujičić, Siniša Majkus, Zlatko Kopljar, Igor Ruf, Nika Radić, Zlatan Vehabović, Ivan Kožarić, Lala Raščić – pour n’en citer que quelques uns. La collection propose au public un regard original sur l’art contemporain croate et de Bosnie-Herzégovine, complémentaire à celui de la collection du Musée d’art contemporain ouvert à Zagreb il y a deux ans.

Lauba possède les pièces de certains auteurs que ne présente pas le Musée. Elle permet au visiteur de se régaler de délices artistiques comme, par exemple, une mise en scène originale et assez controversée des Accords de Dayton, intitulée « Potpisivanje deklaracije o pripajanju zapadne Hercegovine i Popova polja Republici Hrvatskoj (Wer hat das Bier bestellt ?!) », créée par Lovro Artuković à Berlin dans les années 1990.

On y trouve des œuvres de Kristian Kožul, travaillées dans des matières originales tels que les lanternes de cimetière, le cuir, les perles, la dentelle et les miroirs. Ses « Cloches balkaniques », dont l’intérieur est entièrement tapissé de cartouches de munition et l’extérieur de fine dentelle, portent bien leur nom.

Le visiteur aura également l’occasion d’admirer une nouvelle version du Bruce Lee d’Ivan Fiolić - statue dont une première version a initialement été exposée à Mostar.

Marija Ujević Galetović y est également présente avec une statue de chat et quelques peintures plus récentes. Avec leurs installations, Ines Krasić et Ivana Franke explorent les effets de lumière et l’intérieur d’un univers artistique. Slaven Tolj, artiste et activiste de Dubrovnik, expose une installation comportant plusieurs écrans de télévision, diffusant l’enregistrement d’une chanson traditionnelle dalmate interprétée par sept employés provenant de différents univers de travail.

La collection expose enfin « Le tapis volant » de Lala Raščić, sur lequel le visiteur est invité à se poser afin d’écouter un instant les bruits des villes de Sarajevo, d’Istanbul et de Split.

La constitution de la collection Filip Trade ne suscite guère de polémiques. Les artistes exposés à Lauba vivraient leur rapport avec le collectionneur comme une sorte de mécénat bienvenu, qui leur permet d’aller de l’avant, d’exposer et de continuer leur recherche artistique. L’entreprise Filip trade semble vouloir sérieusement jouer le rôle d’une entreprise socialement responsable, qui construit sa renommée et son réseau par son activité de base qui est le commerce, mais aussi à travers des partenariats public-privés, nécessaires au développement durable de la société.

L’espace Lauba - la signification de ce nom est dévoilée lors de la visite guidée gratuite proposée tous les jours à 18h - devient ainsi l’un des endroits à ne pas manquer dans le panorama culturel zagrébois. Grâce à ses partenariats avec le Musée des coeurs brisés et le fameux théâtre Exit - établissement qui, avant l’arrivée de Lauba dans le quartier était le lieu artistique du coin - l’équipe de Lauba montre que l’intégration de leur « maison pour l’art et les hommes » lui tient à cœur.

La conservatrice du musée, Vanja Žanko, explique que l’espace d’exposition changera régulièrement de visage, étant donné que tous les ouvrages de la collection ne peuvent être exposés en même temps.

Tous les samedis, l’équipe de Lauba organise des ateliers pour enfants et ouvre les portes aux habitants du quartier de Črnomerec à des prix très peu élevés. Ainsi, Lauba affiche sa volonté de devenir un lieu de rencontres fréquentes et amicales. Lauba semble introduire en Croatie un nouveau concept, louable, bien connu au-delà des frontières, mais encore bien peu répandu dans le pays.



Par Ursula Burger Oesch

Source : balkans.courriers.info, le le 4 septembre 2011.
 

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Publié le 6 Juin 2011

La Porte de pierre (Kamenita vrata)


 

L'histoire du coeur de la ville haute commence à la Porte de pierre, qui en est l'un des symboles. Il ne s'agit pas là seulement d'un point de départ pour tous les touristes qui viennent visiter Zagreb, mais c'est en général près de la Porte de pierre qu'ils passent le plus de temps, filmant ou photographiant les scènes intéressantes qu'offre le site. Il s'agit en fait des restes de la forteresse qui entourait autrefois la vieille ville, et bien qu'il n'y soit fait référence qu'à partir de 1429, on suppose qu'elle a été construite en 1266. A travers les siècles, elle a souvent été reconstruite et a souvent été la proie d'incendies. Ainsi, lors du dernier grand incendie qui a ravagé Gradec le 31 mai 1731, l'image de la Vierge Marie qui trônait au-dessus des portes de la ville a été épargnée. En signe de gratitude on a érigé une chapelle qui subsiste toujours, dans le renfoncement de la Porte de pierre, dans lequel se trouve une image de la Vierge. C'est depuis lors le plus grand sanctuaire de Zagreb. Pour la célébration du 260ème anniversaire du site, lors de laquelle de nombreux croyants ont allumé un cierge pour exprimer leur gratitude à leur protectrice, l'archevêque de Zagreb,  Franjo Kuharić, a proclamé le 31 mai 1991 la Sainte Vierge de la Porte de pierre protectrice de la ville de Zagreb. C'est également ce jour-là qu'on célèbre la fête de la ville.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/34/Kamenita_vrata_Sv._Juraj_2009.jpg

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Publié le 5 Mars 2011

La place Petar Preradović

 

 

La place Petar Preradović doit son nom au poète de l'amour et du patriotisme, qui était général de profession. Un monument à son effigie se dresse au milieu de la place. Le nom officiel de la place est toutefois rarement usité, tout le monde préférant l'appeler la Place des fleurs. Au XIVè siècle, cette place servait de foire et s'ornait de bancs fleuris. L'église orthodoxe de la Sainte-Transfiguration, construite à la fin du XIXe siècle sur le site de l'Eglise catholique de Sainte-Marguerite, borde le côté nord de la place. L'atmosphère détendue des cafés avec leurs terrasses que l'on voit aussi dans les rues avoisinantes, illustre parfaitement la vie quotidienne de Zagreb, où réunions et rencontres entre amis se font autour d'un café.

 

 

 

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