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Publié le 29 Juillet 2016

Le concert du nationaliste croate Thompson interdit
 

 

Les autorités de Schlieren (ZH) ont annulé la prestation musicale car «la sécurité publique n'est pas garantie».

 

 

Le concert que le chanteur nationaliste croate Marko Perkovic devait donner le 3 septembre à Schlieren (ZH) a été interdit par les autorités de la ville. La sécurité publique n'est pas garantie.

 

La décision a été prise en raison de nombreuses réactions négatives, ont indiqué vendredi les autorités. Les organisateurs ont été informés de l'interdiction. La «soirée croate» durant laquelle le chanteur aurait dû se produire est également annulée.

 

Marko Perkovic, qui chante sous le nom de scène de Thompson, est connu pour ses textes provocateurs glorifiant les fascistes croates. Deux de ses concerts avaient déjà été interdits à Dietikon (ZH) et à Lengnau (AG) en 2008.

 

En 2009, l'Office fédéral de la police avait interdit au chanteur d'entrer en Suisse. Le concert qu'il devait donner à Kriens (LU) avait alors été annulé.

 

Depuis, le chanteur peut à nouveau venir en Suisse. Il a donné un concert en décembre 2015 à Fribourg. Les organisateurs avaient alors contrôlé le choix de ses chansons.

 

Source : lematin.ch, le 29 juillet 2016.

 

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 17 Décembre 2015

Les accroches balkaniques de Branko Galoic

 

La moitié de la vie de Branko Galoic s’est déroulée loin de son pays, la Croatie. Des années à parcourir l’Europe avec sa guitare, souvent sans papiers, comme le Clandestino de Manu Chao. «Je voyageais en bus, parce que les contrôles aux frontières étaient peu fréquents. Mes ennuis ont cessé le 1er juillet 2013, quand mon pays est entré dans l’Union européenne», se souvient-il.

Avant de s’installer à Paris, Branko Galoic a vécu à Amsterdam et à Berlin. «J’ai débarqué aux Pays-Bas avec 50 Deutsche Mark en poche. J’avais vendu mon ampli de guitare pour me payer le voyage.» Il enregistre ses deux premiers albums à Amsterdam. Si le premier était fidèle au style folk-rock, le suivant introduit les sonorités cuivrées des Balkans. «En Yougoslavie, explique le chanteur, les fanfares de Serbie et de Macédoine faisaient partie du paysage musical.» Comme les musiques tsiganes, auxquelles il rend hommage dans Gypsy Passport, un titre du récent troisième album. Une autre de ses influences vient du pays de sa mère, l’Herzégovine : la sedvah, ce lamento orientalisant de Mostar.

A Paris, le chanteur croate a trouvé un producteur, un tourneur et des musiciens : un guitariste portugais, une violoncelliste française, un percussionniste iranien… Il n’exclut pas d’y ajouter une petite section de cuivres, selon la demande.

Branko Galoić chante en anglais et en serbo-croate ; parfois, il se tait pour laisser s’exprimer la guitare dans de superbes instrumentaux qui évoquent des paysages de cinéma. Les mélodies magiques baignent dans une mélancolie d’Europe centrale, comme celle d’Angel Song, au texte parlé-chanté plein d’autodérision.

 

Par sa couleur musicale, difficile de ne pas rapprocher Branko de son compatriote Goran Bregovic«Si on me compare à un musicien, autant que ce soit un bon, ce qui est le cas de Goran, sourit le chanteur.

J’ai beaucoup écouté son groupe des années 80, Bijelo Dugme, et ses premières musiques de films.»

 Mais à l’heure de rendre hommage, c’est un autre Croate qu’il a choisi : le rockeur Johnny Stulic, dont il reprend la chanson Sunday Comment«Un excellent parolier, et un grand bonhomme. Lui aussi s’est expatrié, il vit à Utrecht. Sa réputation n’a hélas jamais dépassé l’ex-Yougoslavie, la langue serbo-croate n’est pas l’idéal pour traverser les frontières…» Branko Galoic avoue ne pas être très au courant de la scène croate actuelle. «Mais je découvre encore des musiques traditionnelles, qui sont le carburant de ma création.»

 

 

Source : next.liberation.fr, le 14 décembre 2015.

 

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 26 Mars 2015

Croatia Records, l’industrie du spectacle au service du pouvoir

 

 

Avant, c’était Jugoton. Depuis 1992, c’est Croatia Records. Le plus grand label croate devrait bientôt être racheté par le N°1 mondial de l’industrie du disque, Universal, qui lorgne sur son catalogue. Seulement, personne ne sait à qui appartient vraiment l’entreprise... Sans compter les liens de certains de ses dirigeants avec les cercles nationalistes. Comment en est-on arrivé là ?


 

Dans le quartier de Dubrava à Zagreb, le complexe architectural où étaient installés la maison de disque et les studios d’enregistrement Jugoton est toujours intact. Mais aujourd’hui, plus de vingt ans après la privatisation de l’entreprise, peu de bâtiments et d’infrastructures servent encore à l’industrie du disque. Autrefois, près de 550 employés s’attelaient là à toutes les étapes de la production musicale. Aujourd’hui, les locaux sont loués à des entreprises privées diverses à des fins de stockage. Le destin de Jugoton ressemble beaucoup à celui de son voisin, un autre géant de l’industrie du divertissement yougoslave - Jadran film.

Les locaux de Jadran Film et de Jugoton ont été construits côte à côte, respectivement en 1956 et en 1964 et imaginés par le même architecte, Igor Skopin. Mais tandis que Jadran film a presque disparu et que son activité principale est aujourd’hui la location de décors, Jugoton - qui est entretemps devenu Croatia Records (CROREC) - a continué à jouer un rôle-clé dans l’industrie du spectacle régionale, même si sa sphère d’influence territoriale a beaucoup diminué.

Aujourd’hui, quand on parle de Jadran Film on ne parle que de dettes qui se chiffrent en millions, tandis que Croatia Records est cité comme futur « partenaire » potentiel de la major franco-américaine Universal Music Group, N°1 de l’industrie musicale mondiale. Comme l’a annoncé le président du groupe CROREC, les négociations en vue de son rachat ont déjà commencé. Mais si l’on en croit l’article qui mentionne cette information, personne n’ignore que le groupe Universal est surtout intéressé par son catalogue riche de 70 000 références dont CROREC a hérité de Jugoton. Quelle est la véritable valeur de Croatia Records dans un contexte général de vente de disque en chute libre ? Qu’est-ce qui peut intéresser une compagnie multinationale en dehors de ce catalogue ?

 

Vente et revente

Jugoton a été privatisée en 1992 et transformée en société par action sous le nom de Croatia Records. Son actionnaire principal était alors Ante Glibota. À l’époque, cet événement a été interprété comme « le conflit des tycoons croates ». En janvier 1998, l’entreprise a finalement été confisquée à Glibota par la Zagrebačka banka ; l’homme d’affaires ne remboursait pas l’emprunt qu’il avait souscrit pour racheter l’entreprise. La banque a revendu une part conséquente de Croatia Records en 2000 et finit par s’en débarrasser complètement en août 2001 en le revendant au groupe Autor, qui la détient toujours.

La structure du capital d’Autor n’est pas transparente. D’après les gestionnaires de la maison de disques, il est clair que la société compte un certain nombre de copropriétaires, parmi lesquels quelques noms importants de la scène musicale croate. Les propriétaires d’Autor tiennent à leur anonymat et ne commentent pas les dernières transactions qui bousculent la maison de disque. Si la structure du capital reste inconnue, on sait que depuis 2001 c’est le chanteur et politicien Miroslav Škoro qui préside le conseil d’administration de l’entreprise. Rappelons que Miroslav Škoro a été consul général en Hongrie dans les années 1990 et employé au ministère des Affaires étrangères quelques années plus tard.

Selon les dires du président du conseil d’administration, le catalogue de Jugoton a joué un grand rôle dans le chiffre d’affaires de la maison de disque. Néanmoins, l’utilisation des anciens enregistrements de Jugoton n’est pas sans faire de vagues. En effet, il s’est avéré que le catalogue du label n’avait pas été pris en compte lors de la privatisation. Par conséquent, CROREC ne serait pas propriétaire des références qu’il commercialise à tout va. Une situation qui a poussé d’anciens collaborateurs de Jugoton à poursuivre Croatia Records en justice.

 

Blitzkrieg pop

 

Quoi qu’il en soit, le contrôle que CROREC exerce sur les archives de Jugoton et les profits que celles-ci engendrent lui ont permis de se lancer au début des années 2000 dans des projets de production ambitieux. Ainsi, au moment où le HDZ faisait pression sur le premier gouvernement social-démocrate en organisant des manifestations de masse comme celle sur le front de mer de Split et en utilisant les anciens combattants pour la militarisation du discours politique, le label a produit deux albums à succès : Milo moje de Škoro et E, moj narode de Thompson. C’est à partir de là que Thomson a d’ailleurs quitté le genre romantico-sentimental pour se lancer dans les chants patriotiques.

 

Les invités d’honneur des concerts de Thompson sont alors des cadres du HDZ. Les tubes chantés en chœur par toute l’assemblée sont les duos Škoro-Thompson (Sude miReci brate moj) qui se réfèrent ouvertement aux vétérans et à la justice qui doit leur être faite, sujet dont s’est accaparé le HDZ. Paradoxalement, cette superproduction pop directement liée à l’agenda politique de l’opposition va s’imposer comme une version inhabituelle de chants de révolte qui canalise (entre autre) le mécontentement social engendré par la privatisation agressive et les politiques antisociales des gouvernements social-démocrate.

 

Western Balkans Records

 

Depuis le changement de gouvernement en 2003, les albums et concerts de Thompson continuent à suivre le rythme des cycles électoraux, comme par exemple, les deux derniers concerts du chanteur à Zagreb et à Split quelques jours avant l'élection présidentielle Škoro a quant à lui démissionné (formellement) de sa fonction de président à CROREC pour devenir député HDZ et plus tard candidat au poste de maire de Osijek - sans succès. La carrière musicale de Thompson ne fait qu’aller de l’avant et il n’a pas été inquiété un instant par la condamnation de l’ancien Premier ministre HDZ Ivo Sanader, qui nous a appris que le politicien aurait offert plus d’un demi-million d’euros au chanteur en puisant illégalement dans les caisses de l’État.

Les projets que le futur propriétaire de Croatia Records dessine pour cette institution nationale (la fusion avec la compagnie régionale Universal Music Western Balkans) reflètent les paradoxes des dynamiques politiques nationales actuelles. L’ancienne fabrique de pop culture « nationaliste » devient la filiale balkanique d’une société multinationale. Ce processus illustre bien le tournant pris par la « bourgeoisie nationale » ces quinze dernières années. Un tel virage dans la politique du label rimera-t-il avec l’arrêt de la production de produits culturels romantico-chauvins ? Sûrement pas, parce que ce marché alimenté et développé par Croatia Records ces quinze dernières années a tout ce dont il a besoin pour continuer à croître. Le besoin de créer des mythes militaristes et ethno-patriarcaux ne vient pas que de l’opportunisme du parti « conservateur » au pouvoir, ce besoin est tout aussi bien produit par la catastrophe sociale créée par les politiques économiques libérales.

 

Par Nikola Vukobratović

Traduit par Jovana Papović

 

 

Source : balkans.courriers.info, le 25 mars 2015.

Article paru à l'origine sur bilten.org, le 9 mars 2015.

 

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 11 Février 2014

Punčke (Les Punkettes)

 

Interview de Pedrag Brlek, rédacteur en chef du webzine Terapija, à propos de la « Coupe du monde de la musique indé ».


 

Avant de revenir à la musique, est-ce que tu peux nous présenter la Croatie dans les grandes lignes ?

Notre Histoire est très compliquée. Même si la région qui porte aujourd'hui le nom de Croatie a été habitée dès la période préhistorique, certains disent que nos origines remontent au VIIème siècle. Mais la République de Croatie, telle que nous la connaissons, n'existe que depuis 20 ans et nous sommes le dernier pays à avoir rejoint l'Union Européenne, en juillet 2013. Le pays compte environ 4 millions d'habitants pour 60 000 km² en forme de croissant (ce que nous appelons "kifla"). Nous sommes bordés par la Mer Adriatique avec de magnifiques côtes et de belles îles, mais l'intérieur des terres est aussi très joli, avec Zagreb comme capitale.

 

Comment décrirais-tu la scène indépendante croate ?

Même si Zagreb est la plus grande ville et concentre la plus grande partie des groupes, il y a aussi d'excellents musiciens et des endroits où jouer dans tout le pays, par exemple à Rikeka, à Split et dans plusieurs petites villes. Par exemple, le groupe Puncke vient de Vinkovci, une ville située dans l'est du pays. Cette ville est d'ailleurs très marquée par le rock puisque l'un des plus grands groupes de rock croates, Majke, en est aussi originaire. Ces dernières années, les chanteurs et compositeurs sont devenus plus nombreux et se sont réunis autour de l'association informelle "Bistro na rubu šume" qui est très active dans la promotion des groupes et des artistes. House of Pablo est une autre association qui regroupe plutôt des groupes avec de solides sons de guitare.

 

Quelle est l'histoire de la scène indépendante en Croatie ? Y a-t-il des précurseurs, des légendes ?

Bien sûr, la légende et "l'ange-gardien" de la scène indépendante est Zeljko Franjic, l'homme qui se cache derrière le label indépendant Listen Loudest. Il a débuté en 1987 et c'est lui qui a découvert un groupe de surf-pop croate qui est maintenant mondialement connu : The Bambi Molesters (dans une ville qui s'appelle Sisak), mais aussi le groupe de garage-rock californien The Humpers. Depuis ses débuts, il a sorti plus de 500 cassettes, CD, vinyles. Tellement qu'il a arrêté de les compter.

 

J'ai déjà eu l'occasion d'écouter Puncke. Est-ce que beaucoup de groupes chantent en croate ?

Je suis ravi que tu aies entendu parler de ce groupe. Ils sont super. Bien sûr, beaucoup de groupes chantent en croate - c'est notre langue - mais nous avons aussi beaucoup d'artistes qui chantent en anglais. En mauvais anglais pour la plupart et c'est vraiment dommage. Mais il y aussi des groupes avec un bon anglais, qui ont du succès au-delà de nos frontières.

 

J'imagine que beaucoup de Croates attendent avec impatience la Coupe du Monde cet été. On se souvient de la génération 98, demi-finaliste. Que peut-on espérer de la Croatie cette fois ?

On peut s'attendre à tout avec notre équipe. Nous avons de super joueurs mais, mentalement, ce n'est pas toujours ça. Nous pouvons battre n'importe qui mais aussi perdre contre n'importe quel adversaire. Mais je pense quand même que c'est nous qui allons gagner !



 

Source : http://jaitoutlutoutvutoutbu.blogspot.com.es/2014/02/le-tour-du-monde-en-81-groupes-3eme.html

 

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 28 Novembre 2013

Révolution féministe en Croatie : OK chorale

 

Etre une chorale gay frendly, féministe et révolutionnaire n’est pas vraiment une sinécure à Zagreb. En chantant, le Zbor tente tout de même d’éveiller les consciences dans un pays qui se radicalise de plus en plus au moment d’entrer dans l’UE. Reportage au sein de ces femmes qui s’affirment. Envers, et contre tout.

 

Une dizaine de filles pressent le pas sur l’escalier de Pogon, un centre culturel au cœur de Zagreb. Nous sommes dimanche après-midi et les filles de « Le Zbor » - un chœur amateur devenu une véritable attraction musicale sur la scène croate - se rendent à une répétition très importante. C’est la dernière ligne droite avant le concert sur la radio locale Studentski où elles sont invitées à interpréter cinq chansons de leur choix pour une émission spéciale consacrée à la journée contre l’homophobie. Formé en 2005, le nom du chœur « Le Zbor » est d’abord un jeu de mots : l’article LE emprunté à la langue française et « Zbor » (le chœur en croate). Prononcé en croate, on obtient une toute nouvelle signification - Lézbor – lesbienne. Arrivée parmi les premières pour la répétition, Nina, la trentaine et la crête de cheveux bien portante, explique : « On se déclare lesbienne et féministe, mais on est aussi un chœur mixte parce qu’on accepte tout le monde dans nos rangs : les homos, les hétéros, les jeunes et les moins jeunes, même les mecs ! »

Lea est en retard. Cette sociologue de formation est la porte-parole du groupe et elle n’a pu éviter une confrontation avec des gens impliqués dans une initiative citoyenne, « Au nom de la famille », qui collectaient des signatures sur un stand au centre de Zagreb afin d’obtenir un référendum pour définir le mariage comme « l’union entre un homme et une femme ». « Après que la France a autorisé le mariage gay, certaines personnes en Croatie veulent désormais s’assurer que tous les recours possibles soient annihilés », dit Lea - bouleversée - à propos de ce mouvement qui est de plus en plus soutenu par les personnalités publiques croates.

 

Le chant des signes

Dans ce chœur engagé, le débat d’idées prime souvent sur le chant. Mais Gloria, trentenaire baba cool diplômée de la Faculté de littérature comparée et leader du groupe, n’est pas de cet avis. Il y a encore beaucoup de choses à faire avant la représentation et le temps presse. Si elles chantent faux, ni elles ni leur message ne seront crédibles auprès du public. « Les gens vont d’abord aimer la chanson, et peut-être, après, ils réfléchiront sur le fond », explique-t-elle.

Assises en demi-cercle, elles se sont rapidement mises d’accord concernant le répertoire. Elles commenceront avec une reprise de Rijecke picke (les chattes de Rijeka) une chanson de « Let 3 », un groupe croate plutôt controversé, et ensuite elles enchaîneront avec « Mon copain est gay » de Lollobrigida, un groupe local pop et trash, suivie par une chanson d’amour populaire, pour finir avec un répertoire révolutionnaire. Audacieux. Car, depuis son indépendance, la Croatie dégobille tout ce qui a à voir de près ou de loin avec l’ancien régime. Autre variante intrépide : la scène. Après avoir été témoins de l’incapacité de la police à protéger le cortège de la première Gay Pride en 2011 dans la ville de Split, le collectif a décidé de se donner en représentation habillé en uniforme, rappelant ainsi celui de la police anti-émeute. Avec, cela dit, une petite différence : une banane à la ceinture à la place du revolver.

 

Le Zbor, à fond la forme

La Croatie a connu, le 27 mai dernier, sa première manifestation pour réclamer le mariage pour tous, récemment introduit en France. En signe d’allégeance à l’Union européenne que le pays rejoindra le 1er juillet prochain, le gouvernement a également adopté une batterie de mesures laïques telles que l’instauration d’un programme d’éducation sexuelle dans les écoles primaires et secondaires. Très vite, l’archevêque de Zagreb n’a pas hésité à taper sur les doigts des hauts représentants de l’Etat, créant une avalanche de propos homophobes dans le pays. Des propos qui se banalisent compte tenu du nombre toujours plus important de groupes radicaux qui n'hésitent plus à employer la force. Pour montrer son mécontentement, Le Zbor a assisté à l’événement « Aime ton prochain » organisé par la Zagreb Pride. Un événement plutôt bon enfant qui a pourtant mal tourné. « On s’est retrouvés entourés par des hooligans habillés en noir qui, le poing levé, criaient "A mort les pédés !". Finalement, la police nous a embarqué dans des fourgons pour nous emmener vers un endroit plus sûr », raconte Lea. « C’était la première fois que je me retrouvais dans un panier à salade ! », ajoute Nina en plaisantant. Mais pour Tea, une jeune étudiante fraîchement débarquée à Zagreb, la scène n’avait rien de drôle. « Je viens de Rijeka, une ville sur le bord de la mer plutôt tolérante. Je n’avais jamais vécu ça, que quelqu’un vous crache à la figure juste parce que vous êtes différent. »

 

Le revers de la bataille

Lesbienne, féministe et révolutionnaire, le groupe participe aussi aux combats des autres. Une fois aux côtés des ouvrières du textile, une autre auprès des hôtesses de l’air de Croatia Airline, le but est d’assister toutes les luttes qui vaillent la peine d’être menées. Le revers de la bataille, c’est que cet engagement demande beaucoup de temps et d’argent. Les filles ont dû produire elles-mêmes leur premier album, Hrvatske budnice, sorti en 2012. Tout ça en vaut la peine, répondent-t-elles en choeur, surtout lorsqu’elles réussissent à toucher un public qui n’est pas vraiment le « leur ».

« Quand on nous présente sur la scène en tant que chœur lesbien et féministe qui va chanter un répertoire révolutionnaire, certains ont peur et d’autres sont curieux. Après, nous sommes là, avec notre musique, pour faire tomber des préjugés. L’art a cette possibilité de rapprocher les gens d’une façon très directe des sujets qu’ils avaient complètement ignorés », conclu Lea. A voir désormais si cet art est brut… ou abstrait.

 

 

Par Sladjana Perkovic

Source : cafebabel.fr, le 2 juillet 2013.

 

 

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 26 Mai 2013

Monika Leskovar

Formée à Zagreb puis à Berlin, la violloncelliste Monika Leskovar a reçu plusieurs prix dans des concours internationaux. Professeur au Conservatoire de musique de Lugano en Suisse, elle s’est produite comme soliste avec de nombreux orchestres parmi lesquels l’Orchestre Symphonique de la Radio Bavaroise, l’Orchestre Philharmonique de Moscou ou l’Orchestre Philharmonique de Zagreb, sous la baguette de Valerij Gergiev, Thomas Hengelbrock, Krzysztof Penderecki entre autres. Elle s’est produite dans de nombreux festivals tels que ceux de Schleswig-Holstein, Dubrovnik, le Festival Casals Festival à Tokyo ou le Festival Rostropovich à Riga et a collaboré notamment avec Gidon Kremer, Yuri Bashmet, Tabea Zimmermann et Sofia Gubaidulina.

Elle collabore, depuis 2005, avec le viollonceliste et compositeur Giovanni Sollima avec lequel elle a enregistré l’album We Were Trees, récemment édité par Sony/BMG.

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 24 Mai 2013

Seadeta Midžić

 

 

 

Biographie

 

Musicologue et diplomate, étudiante à la Sorbonne en 1968-1970, Seadeta Midžić a été secrétaire d'Etat aux relations internationales, puis conseillère culturelle à l'ambassade de Croatie à Paris de 2005 à 2009. Elle a été commissaire de la saison "Croatie, la voici".

 

 

 

Interview

 

Seadeta Midzić, la Croatie a-t-elle toujours connu des frontières précises, ou a-t-elle vécu, comme la Pologne et la Lituanie, de brutaux changements de contours ?

­— Je cite souvent un historien de l’art, Radovan Ivančević, qui a très bien décrit cette situation dramatique mais aussi enrichissante : « Le territoire de la Croatie a une place toute particulière dans l’espace culturel européen parce qu'il était la frontière, mais aussi le point de rencontre de l’Église catholique et de l’Église orthodoxe, de l’Islam et de la Chrétienté. Il ne s’agit pas seulement de la fameuse ligne de séparation entre l’Ouest et l’Est (Empire romain d’Occident et Empire romain d’Orient, Empire franc et Empire byzantin, plus tard Empire autrichien et Empire ottoman) mais aussi du lieu de rencontre du Nord (Europe centrale) et du Sud (Méditerranée). » Les Croates s’installèrent vers l’an 800 dans la province romaine de Dalmatie, une principauté se forma au IXe siècle. Puis vint le temps du royaume croate, qui communiquait avec tous les peuples et états de son entourage géographique et culturel (Venise et les villes italiennes de l’autre côté de l’Adriatique, au Nord l’Autriche et la Hongrie au Nord, et à l’Est la Bosnie qui, au XVe siècle, fut envahie par les Turcs et fit partie jusqu’au milieu du XIXe siècle de l’Empire ottoman, comme d’ailleurs, au Sud, le Montenegro). Les grands seigneurs croates embrassèrent assez vite le christianisme. Mais les Croates, « le plus latin des peuples slaves », a vécu dans le domaine de la musique sacrée médiévale quelque chose d’unique en Europe, je crois, qui reflète bien la position particulière de la Croatie.

 

Quelles ont été les conséquences musicales de cette situation ?

— Parallèlement avec le chant grégorien et le répertoire en latin qui a accompagné les cérémonies liturgique de l’Église catholique romaine, il existait un chant glagolitique, plus simple, populaire, qui accompagnait la liturgie slave en Dalmatie, d’abord en ancien slavon de l’Église, puis également en croate. On possède beaucoup de documents sur le chant grégorien en Croatie, les codici importés d’ailleurs ou écrits dans les scriptoria des villes dalmates (le plus ancien date du XIe siècle), mais on n'en a pas pour le chant glagolitique. Cette tradition a survécu surtout sur les îles et en Istrie presque jusqu’à nos jours. « Dalmatica », le programme des ensembles Dialogos et Kantaduri, est une interprétation artistique brillante, du point de vue non seulement de la musique, mais aussi de la langue et de l’écriture. Dans cette langue, le slavon ancien de l’Église, et l’écriture glagolitique (inventée par Constantin pour les langues slaves en Moravie au IXe siècle), on a écrit des livres liturgiques et bibliques, importants aussi pour la littérature croate du Moyen-Âge. Dans les débuts de l’imprimerie, au XVe siècle, on a fabriqué de très beaux livres dans les imprimeries de Croatie, ainsi qu’à Venise. Ce phénomène culturel et musical a intéressé les ethnomusicologues, comme l’avait déjà fait le riche folklore croate au XIXe siècle. On a effectué des recherches et on a beaucoup écrit sur cette culture spécifique. On a aussi enregistré relativement tôt ce chant conservé dans la tradition populaire.

 

Glagolitique : ce mot, pour un mélomane, évoque Janaček…

— Tout le monde connaît la Messe glagolitique de Janaček, mais en Croatie, à la toute fin du XXe siècle, Igor Kuljerić, en s’appuyant sur son expérience de la musique expérimentale et de l’avant-garde, a écrit un Requiem glagolitique croate. En reprenant la forme du requiem latin, il a exprimé toutes les influences que ce territoire de la côte adriatique a subies et produites. Cet apparent dualisme latin/croate est présent dans toute la culture croate, même dans la politique : on sait qu’au parlement croate la langue officielle était le latin jusqu’au milieu du XIX siècle ! Marko Marulić (1450-1524), le « père de la littérature croate » avec sa Judith en vers croates, est aussi un grand représentant de la littérature néolatine et de la poésie humaniste. Ses œuvres étaient publiées en plusieurs éditions dans nombre de grands centres de l’Europe de son temps. Il s’agit, comme le disent les experts, de la littérature d’un tournant : la littérature croate fait alors un pas décisif vers son « européisation » en acceptant en même temps la tentation du latin. Katarina Livljanić, avec son interprétation de Judith, a admirablement exprimé la richesse de la langue croate de Marulić et de l’héritage musical. Il est significatif qu’Ivo Malec se soit inspiré pour Epistola, cantate pour solistes, chœur et orchestre, d’une lettre de Marko Marulić adressée au pape Adrien VI. Une lettre implorant son aide pour résister à l’invasion des Turcs à Split, ville natale de l’écrivain. Réagissant ainsi à l’histoire de la Croatie, son pays d’origine, Malec partage avec Marulić l’horreur devant le silence de l’Occident, indifférent aux souffrances des Croates.

 

Y eut-il un art courtois en Croatie ? des Minnesänger ?

­— Oui mais il ne s’agit pas d’art formé. On mentionne par exemple en 1284 les « citharistes » (Čestivoj et Andrija), qui étaient sûrement au service des aristocrates croates : peut-être ont-ils également chanté. Dès le Moyen-Âge, des musiciens de Dubrovnik, Zagreb ou Split venaient d’Allemagne, d’Italie, ou étaient d’origine française (plus précisément franco-flamande) : Lambert Courtois, par exemple, au XVIe siècle, était tromboniste et a dédié l’un de ses livres de madrigaux aux nobles de Dubrovnik. De ce même cercle de patriciens qui régnaient dans la République de Dubrovnik, vient le compositeur des premières symphonies croates, Luka Sorkočević, par ailleurs diplomate (en France et à la cour de l’empereur Joseph II, à Vienne, où il a rencontré Haydn et Gluck). Il a reçu ses premières leçons de musique de Valente, un musicien italien de Dubrovnik, mais il a aussi étudié la composition à Rome. Son fils Ante était lui aussi compositeur. L’un de ses maîtres était Julije Bajamonti qui a vécu a Split. Médecin, compositeur, archéologue, Bajamonti était d’origine italienne, mais comme tous ces musiciens qui arrivaient dans les villes croates, il s’est plongé dans ce nouveau milieu culturel. Bajamonti parle ainsi dans ses lettres de la « nostra lingua croata ».

 

Et la Réforme ? A-t-on vu l’apparition d’un Bach croate ?

— Les idées étaient là, et le protestantisme eut une certaine influence. Matija Vlačić Ilirik (Flacius) était l’ami de Luther, il a publié des œuvres importantes en Istrie. Dans la Croatie du Nord, Juraj Zrinski, le fils de Zrinski, héros de la bataille contre les Turcs de Siget et héros de l’opéra d’Ivan Zajc Nikola Šubić Zrinski (1876), est devenu protestant. Il a fondé une imprimerie à Nedelišće où on a publié le Nouveau Testament ainsi que des livres sacrés en croate. Sur le plan musical, la fervente Contre-Réforme qui a suivi fut elle aussi riche de conséquences. Quant aux orchestres qui existaient à cette époque en Croatie, il a fallu concentrer les forces dont on disposait pour réaliser les idées des grands centres et des mouvements culturels européens, autant que le permettait le destin d’un pays déterminé par les facteurs politiques et économiques.

 

Haydn était-il vraiment croate ?

— On s’amuse avec ça, car il y avait des Croates à Eisenstadt. Aujourd’hui encore beaucoup de gens y parlent croate, de même qu’il y a beaucoup de Haydn à Zagreb. Et puis, musicalement, il y a cette mélodie de Gradisce, citée par Haydn, qui nous fait dire, en exagérant un peu, que Haydn était bien croate !

 

Nous avons tout à l’heure évoqué le XIXe siècle et le nouvel intérêt suscité par les cultures populaires…

— C’est le mouvement politique, patriotique, romantique, du renouveau national. Dans la Croatie désunie, affaiblie, germanisée (à Zagreb le théâtre était allemand, même le quotidien de Zagreb était en langue allemande), on a fait preuve dans les années 1830 d’une énergie étonnante, et on s’est consacré avec un élan incroyable à la culture en stimulant la littérature en la langue croate, en ouvrant des bibliothèques. Et en s’appuyant tout naturellement sur les chansons populaires, on a composé des chansons avec lesquelles on cherché à mobiliser toute la société et surtout à conquérir la scène du théâtre et les salles de concert. Ferdo Livadić, un noble amateur talentueux, est un des premiers à avoir écrit des chansons sur des textes croates. Il est notamment l’auteur d’un beau notturno pour piano, forme rare à cette époque, immédiatement après Field mais avant Chopin. Dans cette petite ville qu’était Zagreb, on a fondé en 1827 le Musikverein (institut musical) muni d’une école musicale (de même à Varaždin et à Osijek), puis une Société illyrienne de la musique consacrée à la recherche et à la présentation des chansons croates populaires et sacrées. (Mais la vraie origine de la musique populaire croate, on va la trouver dans les œuvres de la génération des compositeurs actifs entre les deux guerres mondiales.) Conscients de l'importance de la musique, les personnalités qui ont guidé le mouvement ont trouvé les moyens, avec beaucoup d’enthousiasme, d’aider le jeune Lisinski à composer un opéra, Amour et malice, joué en 1846 avec un énorme succès. On lui a donné aussi la possibilité de continuer à Prague ses études de composition commencées à Zagreb. Amour et malice venait après Ivan Soussanine de Glinka, le premier opéra qui ait vu le jour dans le monde musical slave. Par aileurs, au commencement du XIXe siècle, on a pu entendre à Zagreb les opéras de Rossini qu’on aimait beaucoup (mais aussi, trois ans après la création en 1828, La Dame blanche de Boieldieu) et de grands œuvres comme La Création de Haydn. La professionnalisation de la musique se prépare au cours de cette période, où se trouvent les racines de l’Académie de la musique ouverte au commencement du XXe siècle.

 

Y a-t-il toujours un festival d’opéra à Split ?

— Oui. Il y a aussi un grand nombre de festivals sur la côte, notamment vers Dubrovnik, mais qui ne peuvent pas faire concurrence aux grands festivals qui ont lieu ailleurs en Europe. Il existe aussi une biennale de musique contemporaine à Zagreb. Milko Kelemen, le fondateur de cette biennale, a écrit plusieurs opéras dont un d’après L’État de siège de Camus (commandé par Rolf Liebermann pour l’Opéra de Hambourg), un autre d’après Le nouveau locataire de Ionesco, ainsi qu’un oratorio inspiré des Mots de Sartre.

 

Quelle était l’attitude du régime communiste envers la musique ? Y avait-il obligation, comme en URSS, de se conformer aux canons du réalisme socialiste ?

— Oui, c’était dur, nous étions contrôlés, nous avons vécu dans l’isolement, les idées nouvelles étaient suspectes. Les dates importantes qui ont annoncé le changement sont la rupture avec l’URSS en 1948, les premières nuances intervenues dans les discours des plus grands écrivains lors du congrès des écrivains yougoslaves à Bled, en Slovénie, en 1951, le manifeste du groupe des architectes et peintres EXAT de Zagreb en 1951, qui parle de l’abstraction, s’engage pour la synthèse de toutes les disciplines des arts visuels et de la communication visuelle. C’était un geste très courageux dans cette époque de réalisme socialiste obligatoire. L’accumulation des connaissances, les recherches et les gestes individuels des artistes ont préparé la grande ouverture qui eut lieu au début des années 60. Zagreb, en quête d’une réponse désespérée et immédiate aux demandes artistiques et sociales, est devenu un lieu de rencontre et de percée des idées nouvelles qui se sont cristallisées à travers des manifestations comme la Biennale de la musique contemporaine de Zagreb et le mouvement artistique des Nouvelles Tendances, fondées en 1961. Il ne s’agissait pas seulement d’art : ces manifestations étaient l’expression des forces intellectuelles et sociales croates qui se manifestaient de façon créative à cette époque, et furent perçues comme telles sur le plan international. Le compositeur Milko Kelemen, fondateur de la Biennale, a invité des musiciens illustres tels que Messiaen, Stockhausen, Kagel, Cage, Stravinsky, Berio, Chostakovitch, Britten, avec les plus grands interprètes de la musique contemporaine et des maisons d’opéra comme celle de Hambourg. Il y avait aussi des symposiums avec théoriciens, musicologues et critiques. La concentration des efforts a transformé la périphérie en centre provisoire. L’espace frontalier a été exploité avec sagesse comme un lieu de rencontre entre l’Est et l’Ouest. Zagreb est ainsi devenu, durant une décennie, un centre culturel européen à l’activité intense, spécialement sur le plan musical. La voie était ouverte aux compositeurs croates qu’on va entendre à Paris grâce au week-end conçu par Radio France.

 

 

 

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Publié le 16 Août 2012

Blaga Ruže


 

 

 Les Blaga Ruze   sont une aventure qui a vu le jour au mois d’Octobre 2006.

 

Notre histoire, nous la devons à Alexis Coutable qui, après un long périple estival en Croatie avec Gaël Renoux et leurs très chères douces, eu le déclic... Et voila comment tout a commencé ! » Les influences Croates, Russes, Roumaines et Macédoniennes sont le berceau de leur répertoire, autant vocal qu’instrumental : les Blaga Ruze (prononcer « blaga roudjè ») savent mener la fête – et à la sauce balkanique qui plus est ! – et constituent un puissant pharmacom contre la monotonie et les jours de grisaille !

 

 

 

 

 

 

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Publié le 18 Avril 2012

Petar Čulić

 

 

 

Petar Čulić est né à Split le 26 juin 1986 et vit à Dugi Rat, près de sa ville natale. Il a été diplômé de l’Académie des Arts de l’Université de Split en juillet 2008 dans la classe du Professeur Goran Listes. Il a obtenu deux prix du rectorat pendant l’année académique 2005/ 2006, l’un en reconnaissance des excellents résultats obtenus dans ses études, l’autre pour récompenser ses créations artistiques exceptionnelles. A l’Université, il a été inscrit dans la catégorie réservées aux élèves particulièrement doués, n’ayant pas terminé leurs études secondaires. 

 

Après avoir obtenu son diplôme, il poursuit ses études à Koblenz en Allemagne à l’Académie privée pour l’étude de la guitare « Koblenz international guitar Academy », dans la classe du Professeur Hubert Kappel ; il termine ses études avec un grand succès en mai 2010 ; en 2009, il avait obtenu une bourse d’étude Adris. 

 

Jusqu’à maintenant, il a donné, en soliste, plus de 400 récitals réussis et a participé à plus d’un millier de concerts en Croatie et en Europe. 

 

Pendant ses études, il a obtenu des résultats exceptionnels à des concours internationaux et dans son pays tels que : « Simone Salmaso »- Viareggio ( Italie)- Kutna Hora ( Tchéquie)- « Andréas Segovia » à Velbert (Allemagne)- « Anna Amalia » à Weimar (Allemagne)- le festival maritime de la guitare à Murska Sobotica (Slovénie)- Niksic festival pour la guitare à Niksic ( Monténégro) « Winter guitar festival » à Volos (Grèce) –« Citta di Gorizia » à Goritsa ( Italie) – « festival de guitare Gevelsberg à Gevelsberg (Allemagne) . En tout, il a obtenu 36 prix, dont 23 premiers prix, 6 deuxièmes prix et 7 troisièmes prix. Huit fois, il a obtenu le premier prix de l’Etat, 5 fois comme soliste et 3 fois avec un ensemble de musique de chambre.

 

Il a joué comme soliste avec le Rheinische philharmonique, l’Orchestre symphonique du Monténégro et l’Orchestre à cordes d’Omis.

 

Il est membre de jurys de concours croates et internationaux et donne des cours de haut niveau en Croatie et à l’étranger. Il a reçu le prix de la mairie de Dugi Rat pour son oeuvre de création musicale et culturelle. Le 16 mai 2005, il a donné au théâtre national croate à Split un récital de guitare et fait la promotion de son premier CD. 

 

Dès le début de ses études de guitare, il a commencé à composer. Il a écrit sa première composition à 12 ans qui lui a valu un premier prix dans trois concours.

 

Petar Culic a participé à de nombreux cours de perfectionnement avec les plus grands professeurs de guitare, en Croatie et à l’étranger : (Pepe Romero, Ana Vidovic, Marcin Dylla,William Kanengiser, ScottTenant, John Dearman, Mathew Greif, Pavel Steidl, Aniello Desiderio, Carlo Marchione, Tilman Hoppstock,Zoran Dukic, Costas Cotsiolis, Marco Tamayo, Jaime Zenamon, Predrag Stankovic, Ramon Carnota Mendez, Goran Krivokapic, Alexander S.Ramirez, Goran Listès, Denis Azabagic, Alexis Muzurakis, Lorenzo Micheli, Fabio Zanon, Judicaël Perroy, Darko Petrinjak…)

 

Le compositeur français Colette Mourey a créé une oeuvre pour guitare solo, appelée la Sonata Appasionata, Hommage à Petar CULIC. Cette oeuvre a déjà été éditée aux éditions Marc Reift (EMR).

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié le 26 Mars 2012

Judith, séduire pour tuer, tuer pour séduire

 

 

 

Elles se sont parées de leurs plus beaux atours. Ont parfumé leur corps et bouclé leur chevelure. Les diamants et les émeraudes brillent à leur cou, à leurs poignets et leurs doigts. Les (très) riches élégantes invitées samedi 24 mars au Bal de la Rose de Monaco paradaient, coupe de champagne à la main, dans le hall de l’Hôtel de Paris, somptueux palace de style Belle Époque, fierté de la Société des Bains de mer de la principauté…

 

À quelques mètres de là, dans la salle de l’Opéra, un bijou construit par Charles Garnier en 1879, une autre femme se faisait, elle aussi, séduisante entre les séduisantes. Mais c’est avec un tout autre objectif que Judith abandonnait ses austères voiles de veuve pour revêtir les soieries chatoyantes et les joyaux dignes de sa radieuse beauté. 

 

Cette héroïne biblique aussi pieuse que courageuse usa en effet des armes de la féminité pour endormir la méfiance du général Holopherne et le mettre – radicalement – hors d’état de nuire. Elle libéra ainsi la ville de Béthulie d’un siège implacable.

 

Les arts se sont emparés de cette figure forte et complexe qui fascine par sa détermination, sa ruse et la violence de son acte, lorsque, saisissant le cimeterre du puissant guerrier qu’elle a subjugué, elle l’égorge et le décapite. 

 

On pense aux peintures de Rembrandt et Caravage ou, exposées actuellement au Musée Mayol à Paris, à celles d’Artemisia Gentileschi, ou encore, plus près de nous, aux somptueuses icônes de Gustav Klimt. Mais la musique n’est pas en reste, d’Alessandro Scarlatti à Arthur Honegger en passant par l’oratorio Beltulia liberata de Mozart…

 

 

Inspiré des chants de Croatie

 

À Monte-Carlo, dans le cadre du Printemps des arts, c’est une version issue de la tradition croate que la chanteuse et comédienne Katarina Livljanić, entourée de deux musiciens, a révélé au public. En 1501, le poète dalmate  Marko Marulić compose un texte, considéré aujourd’hui comme le premier grand poème lyrique en langue vernaculaire. Même si Marulić, né à Split en 1450 mais qui étudia notamment à Padoue, écrivait également le latin et l’italien.

 

Édités à Venise en 1521 (la Dalmatie d’alors appartenait à la République de Venise), ces alexandrins sophistiqués à double rime, l’une à la fin du premier hémistiche et l’autre à la fin du vers, ont frappé Katarina Livljanić, fondatrice de l’ensemble Dialogos par leur puissance évocatrice. 

 

S’inspirant des chants traditionnels, profanes et liturgiques de Croatie, elle a conçu une « reconstitution » des Mystères sacrés de la fin du Moyen Âge. Avec elle, deux musiciens : Albrecht Maurer à la vièle et Norbert Rodenkirchen aux flûtes, donnent naissance à un spectacle d’une envoûtante magie, sobrement mis en espace par Sanda Herzić et en lumières par Marie Bellot.

 

 

Eros et Thanatos

 

Katarina Livljanić, longue silhouette et gestes éloquents tour à tour anguleux ou assouplis, est à la fois la récitante et les personnages du récit. Judith, bien sûr, puisant dans la prière l’idée d’un plan audacieux pour neutraliser l’ennemi de son peuple. Mais aussi Holopherne et les convives du banquet où tous s’enivrent et ripaillent sans mesure. 

 

La voix parlée et surtout chantée – dans une tessiture resserrée – module du sublime au trivial pour raconter cette histoire où palpitent de concert Eros et Thanatos. Ductile, la ligne de chant brode ses subtiles variations sur une trame instrumentale souvent douce, soudain animée d’accents plus robustes, notamment lors du fameux banquet où la vièle s’emballe dans une hystérie de danses et d’agapes barbares.

 

Mêlées au texte de Marulic, deux admirables « agonies », nées sous la plume de poètes croates anonymes, mettent en scène la lutte angoissée (sens étymologique du mot agonie) entre l’âme et la conscience de Judith puis, entre l’âme et le corps décapité d’Holopherne. 

 

Ce dédoublement des personnalités fait basculer le spectacle dans une dimension nouvelle. Impalpable, à la limite de l’audible, l’accompagnement instrumental semble alors émaner d’un autre monde, qui a vu la mort en face.

 

 

Source : la-croix.com, le 26 mars 2012.

 

 

 

 

 

 

 

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