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Publié le 23 Mars 2013

Krk, le centre de l'Europe

 

 

 

La ville de Krk existait déjà alors que d'autres n'étaient pas encore sorties de terre : une inscription latine datant du 4e siècle après J.-C. affirmait « Splendissima civitas Curictarum », soit « Ville splendide des habitants de Krk ». De Curicta, son nom latin, elle se substitua en Kark, puis Kerk et enfin Krk (qui se prononce « Keurk »). Aujourd'hui, petite ville par son nombre d'habitants, elle est grande par son histoire et riche par son patrimoine, dont les premiers éléments remontent aux monuments élevés par les Romains, après qu'ils aient vaincu les Illyriens.

 

Antiquité

 

Habitée à l'origine par les Japods, puis par d'autres Illyriens, les Libourniens, qui prennent la place aux alentours de l'an IV avant J.-C. Puis, au IXe siècle de notre ère, les Romains conquièrent l'île et la région, organisant la vie civile, commerciale et culturelle. Certaines villes de l'île deviennent même des résidences pour les vétérans de l'armée romaine, signe que la vie y est déjà plus qu'agréable. À partir du Ve siècle, les chrétiens s'installent sur l'île et construisent églises, cathédrales, basiliques, écoles, monastères... La cathédrale actuelle de la ville de Krk fut bâtie à l'emplacement d'une basilique paléochrétienne datant du Ve siècle, elle-même bâtie sur des termes romaines.

 

Evangélisation

 

Puis, vers le Ve siècle, les Croates s'installent sur l'île, avant qu'au VIIe siècle, Saint Cyrille et Saint Méthode ne viennent répandre l'ancêtre du Cyrillique, l'alphabet glagolitique - que l'on retrouve toujours sur quelques stèles au travers de l'île. Puis, en 1001, Venise conquiert l'île ; à partir de ce moment, l'histoire des deux villes seront liées pour 7 siècles.

 

Une île vénitienne

 

C'est en 1118 que les Vénitiens installent le système féodal sur Krk, qui mènera à la fin du XIIe siècle à une relative indépendance sous les ducs de Frankopan (Frangipani, en italien), qui seront les dirigeants les plus marquants de l'île. Puis l'île revient sous la coupe vénitienne. En 1797, les Autrichiens prennent l'île à la chute de Venise, et la sépareront en 1822 de la Dalmatie, à laquelle elle était rattachée jusque là, après une courte interruption française, sous Napoléon (1806 - 1813). C'est cette séparation qui marquera le début du patriotisme local, en encourageant le développement de l'éducation et de la culture croates.

 

Les temps modernes

 

À partir de là, se succèdent des gouvernements Allemands, Italiens, Yougoslaves, jusqu'à l'établissement de la République de Croatie en 1991. Depuis la fin de la guerre, en 1995, le pays se reconstruit, s'ouvrant sur l'Europe et séduisant de plus en plus les touristes, qui découvrent notamment la douceur de vivre de Krk et ses environs.

 

 

Source : www.discover-krk.com

 

 

 

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Publié le 13 Septembre 2012

Le phare de Zaglav

 

 

Le phare de Zaglav (44° 55' N & 14° 18' E) se trouve sur l'îlot du même nom [Hrid Zaglav] situé à environ un kilomètre de la côte ouest de l'île de Cres.
L'île de Cres (400 km²) située en mer Adriatique, occupe la partie centrale de la baie de Kvarner un large espace maritime renfermé par la péninsule d'Istrie, dans le nord du pays.

 

 

http://mw2.google.com/mw-panoramio/photos/medium/33591454.jpg


Le phare, bâti en 1876, dispose d'une tour de section carrée qui émerge de la toiture (tuiles rouges) d'une maison de deux étages.
Haute de 15 m (49 pieds), cette dernière dispose d'un balcon qui surplombe le toit à quatre versants et entoure la lanterne, peinte en blanc.
Face à la mer, l'ensemble du bâtiment est construit en maçonnerie de pierre qui garde sa couleur blanchâtre naturelle.

Automatisé, alimenté en électricité par des panneaux solaires ; sur un plan focal de 20 m (65 pieds), l'optique émet trois éclats de lumière blanche toutes les 15 secondes selon la caractéristique suivante : éclat 0.5s + obscurité 2s + éclat 0.5s + obscurité 2s + éclat 0.5s + obscurité 9.5s.
Sa portée lumineuse est de 10 milles marins (1 mille = 1852 m).

 

 

Source : http://pharoteliste.blogspot.com.es/2012/09/croatie-zaglav.html

 


 

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Publié le 10 Avril 2012

Histoire du tourisme de Brela

 

 

Lorsqu'on souhaite évoquer l'éclosion du tourisme de Brela, le nom de l'évêque de Makarska Nikola Bjanković, né à Split en 1645 et décédé en 1730  à Makarska (sa sépulture y repose dans l'église St Marc) est incontournable. L'évêque a fait construire à Brela, dans le faubourg de „Soline“, l'oratoire de l'ordre Saint Philippe Neri et l'église Notre Dame du Carmel, et son attachement aux beautés naturelles de Brela est resté légendaire. Il dépensait souvent son temps libre à visiter Brela, s'asseyant et méditant au pied d'un des plus anciens et plus beaux pins qui, croissant dans la seule pierre, se courbait au-dessus de la mer. En sa mémoire, les locaux avaient nommé ce pin unique, qui se trouvait en face de l'actuel hôtel „Soline“, pin de Bjanković. Malheureusement, lors de la construction de cet hôtel, le pin a été détruit par l’incompréhensible indifférence de l’entrepreneur.

Lors de la 350e célébration de la naissance de l'évêque Bjanković, la branche locale de l’association Matica Hrvatska, a planté un nouveau pin en 1995 et posé une plaque commémorative pour l’évêque Bjanković. C’est le moins qu’aient pu faire les habitants de Brela vis-à-vis de ce visionnaire de leur futur. L'une des premières tentatives concrètes d'orientation de Brela vers le tourisme, revient au frère Anđelo Cvitanović, curé de Baška Voda, qui a voulu concrètement mettre à profit la création de „l’association pour le développement et l’encouragement de la prospérité de Dalmatie“ mise sur pied par le comte Aratzki. Frère Anđelo écrit au comte Aratzki le 18.3.1897 « qu’il le considère avec émerveillement en tant que croate, fils de cette terre, comme le rénovateur providentiel de la prospérité de la magnifique et civilisée Dalmatie » . Dans la suite le frère Anđelo ajoute : « Je suis convaincu que toute la Dalmatie est connue de Votre Illustre Seigneurie – néanmoins je me permets d’exposer ici une particularité de dalmate, qui dans sa forme outre son romantisme, est particulièrement intéressante pour une villégiature et pour une station balnéaire durant toute l’année. Cette rare beauté se trouve sur la localité de Brela, tout près de Baška Voda à l’ouest de la ville de Makarska en direction de la partie orientale de l’île de Brač. On y trouve attenante à la mer une épaisse forêt de pins (Pinus) offrant des promenades sous une fraîcheur continuelle aux abords d’une côte agréable et propice à la baignade. Le climat est doux, puisque y poussent dehors orangers et limoniers, et qu’autour on trouve des plantations de vignes, de figues, de griottes, de pommes et d’autres fruits. On y entretient encore un petit monastère appartenant à d’anciens membres de l’ordre de Saint Philippe Néri…Tout ceci m’a poussé à apporter à Votre Illustre Seigneurie la connaissance de ce magnifique endroit, et en tant qu’amateur, non avare d’efforts, j’ai souhaité prendre quelques clichés avec un appareil de petit format. Frère Anđelo livre au comte Aratzki une photo de Baška Voda, où il a officié.
Voilà comment un autre visionnaire conscient de la beauté de Brela, a compris que cette beauté pouvait être la base d’un développement touristique multiple. Son nom ne doit pas être oublié à Brela et l’on ne peut que regretter qu’une rue au moins, n’ait reçu le nom de Frère Anđelo Cvitanović. Du début du siècle passé jusqu’à la première guerre mondiale, quelques familles aisées de Zadar, Split et Trieste, parmi lesquelles la riche famille De Franceschi de Trieste reste en mémoire, passaient de courts séjours à Brela. La décennie suivante n’a rien apporté au développement touristique de Brela.

Il faut ensuite se projeter vers 1930 pour noter un évènement intéressant. Roulant accompagnée de sa suite, le long de la côte adriatique, la reine Marija Karađorđević, princesse roumaine d'origine, ayant aperçu les forêts et les plages de Brela, s'est arrêtée, et émerveillée par cette vision, est restée longtemps assise au bord de la route pour observer ce paysage unique. Elle a ensuite immédiatement émis le souhait d'y construire un château. Les arrivées en hydravion d'experts de tous ordres  sont devenues fréquentes, afin d'analyser la composition de l'eau, de l'air, de l'environnement climatique, pour bientôt aborder l'achat d'un terrain. Il n'en est finalement rien sorti, car la politique s'en est mêlée, n'autorisant pas une telle construction sur le sol croate, de sorte que le château fut finalement construit à Miločer, sur le rivage monténégrin.

Les débuts d'un tourisme organisé voient le jour avec l'ouverture de la première pension, nommée "Soline", que Maša Chmelikova, tchèque de Prague, a aménagée en 1932 dans la maison vacante des frères Filip et Mirko Filipović.Son exemple est rapidement suivi par les locaux qui ouvrent quelques pensions de famille dans des maisons côtières existantes où dans de nouvelles maisons construites à cet effet. Ainsi Filip-Pile Filipović, dont la maison était adjacente à celle Mme Chmelikova se lança dans l'aventure, occasionnellement suivi par le docteur K.Filipović, également par  Ljubo Žamić qui construisit une nouvelle maison tout comme Stanko Bekavac et son épouse tchèque Joška, employée à la pension „Soline“. Tous ces gîtes offraient une restauration en pension complète car il n’existait pas d’autre possibilité de se nourrir sur place. Seulement quelques années avant la seconde guerre mondiale, les frères Ivan et Jozo Beroš de Baška Voda construisirent et aménagèrent un gîte en rez-de-jardin pour ouvrir le premier restaurant, l'actuel restaurant „Palma“.

En ces temps, Brela n'était desservie ni par la route, ni par un débarcadère. Il n'y avait pas d'électricité, d'eau courante ou de tout-à-l'égout. Lorsqu'un visiteur arrivait par autobus depuis l'actuelle route nationale, une descente d'environ 1 km vers la côte, digne d'un chemin à chèvres, l'attendait. S'il arrivait par bateau, il devait débarquer à Baška Voda pour se faire déposer à Brela via une barque à rames. Les hôtes avaient dans leur chambre des bougies de stéarine, et s'éclairaient dans la salle à manger ou surtout dehors avec des lampes à pétrole marines plus connues alors sous le nom de PETROMAX.
Néanmoins, les progrès étaient visibles. L'eau accumulée durant l'automne et l'hiver dans des citernes construites à cet effet, était ensuite pompée avec des pompes manuelles dans des réservoirs installés aux greniers des maisons, d'où elle approvisionnait par gravité les lavabos des chambres. Chaque étage était doté de deux toilettes anglaises. Cela représentait le standard alors atteint.

„L'eau courante dans les chambres“ était à l'époque un message publicitaire à succès. Le prix de la pension complète s'élevait à 50 dinars d'alors par personne. Les hôtes étaient essentiellement des Tchèques, Slovaques et Autrichiens et les couches aisées croates. Ce sont les débuts du tourisme organisé. Une association touristique en charge de l'inventaire des touristes de passage et de la récolte de la taxe de séjour, fut créée. Les ronces furent débroussaillées, un chemin de promenade reliant le petit port de pêche à la pointe de Dugi Rat fut créé, et des bancs furent installées. Au centre du village d'alors, à l'emplacement de l'actuel restaurant „Palma“, fût installé un candélabre avec une lampe à pétrole éclairant tant bien que mal. Il y avait aussi un rondier de service chargé d'allumer et d'éteindre la lampe et de faire respecter l'ordre et le calme sur les lieux de baignade.

Pour avoir une idée de l'activité touristique d'alors, on notera que 808 nuitées ont été enregistrées en 1934.
Il est intéressant de rappeler une mesure gouvernementale prise alors en faveur du développement touristique. Comme les Tchèques et les Slovaques étaient les touristes les plus affluents, une devise „couronne touristique“, au cours monétaire avantageux, a été introduite pour tout un chacun pouvant justifier de sa présence pour un séjour touristique. Une contribution considérable a été apportée à la poursuite du développement touristique par la famille tchèque Machaček de Daruvar avec la construction d’un hôtel d’une capacité d’hébergement de 35 à 40 chambres, détruit par la suite pour laisser place à l’actuel hôtel „Soline“. L’hôtel suivant, d’une capacité similaire, a été construit par des autochtones, les frères Mate et Petar Ribičić. C'est l'actuel hôtel „Brela“.À partir de là, l'intérêt pour Brela croît brutalement, des gens fortunés achètent des terrains et construisent des résidences de vacances. C'étaient de belles et pour l'époque, luxueuses villas. Rappelons les villas des constructeurs Šojat et de l'ingénieur Batušić, du pharmacien Grlić, de l'émigré russe Tarhov, du courtier en bourse Smičiklas (aujourd'hui le restaurant „Rajski vrt“), de l'ambassadeur Grisogon, du professeur Sokolović, de la famille Machaček ("Marženka"), de l'écrivain Vilović et l'humble demeure du professeur d'université Apsen.M.Rier de Prague, qui a aussi construit une petite maison, est resté dans les mémoires des anciens habitants de Brela pour avoir été le premier homme à traverser à la nage le canal séparant Brela de Brač, bien qu'étant invalide de la première guerre mondiale avec une jambe amputée. Il était pour cela escorté par une barque à rames. Le début de la seconde guerre mondiale a coupé court à toute poursuite du développement touristique à Brela.

Après la guerre tout était abandonné, et il n'y avait toujours pas de route, d'électricité, d'eau courante et de tout-à-l'égout. Néanmoins, progressivement les touristes commencèrent à revenir. Par temps de paix, le tourisme renaît de ses cendres tel un phénix. Les premières années, ne vinrent quasiment que des gens du pays. Ils apportaient avec eux la nourriture qu'ils ne pouvaient pas trouver sur place pour cause de rationnement. Ils cuisinaient eux-mêmes et payaient parfois leur séjour en nature. Par la nationalisation des gîtes privés, pratique chérie des régimes communistes, à commencer par les hôtels Machaček et Ribičić, a été créée l'entreprise d'état hôtelière Brela. Le début des années soixante voit l'arrivée de touristes étrangers et d'abord allemands et autrichiens. De grands projets d'infrastructure voient le jour: L'électrification est réalisée, une route et un petit port sont construits et l'approvisionnement en eau est progressivement résolu. Une conduite d'eau est d'abord construite pour l'hôtel „Soline“, puisant dans une source à Soline, puis on puise dans des sources de Baška Voda, pour qu'enfin voit le jour l'aqueduc régional du littoral de Makarska s'abreuvant dans la rivière Cetina. Ensuite le problème du tout-à-l'égout fût résolu.

À l'époque le tourisme s'enracina profondément sur toute la côte de Brela avec de nouvelles places touristiques: Podrače, Stomarica, Podcrkavlje et Jakiruša, où furent construits de très belles et confortables pensions privées et restaurants, tel l'hôtel „Pelegrin“. Ainsi s'achève le passé du développement touristique à Brela, pour laisser place à son éclatant présent, et certainement  à son futur encore plus flamboyant.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/17/Brela%27s_small_harbour.jpeg


Il faut finalement souligner qu'en dehors des richesses naturelles, la part la plus significative du développement est due au facteur humain. On peut dire des habitants de Brela, qu'ils possèdent trois traits de caractère distinctifs: ce sont des gens extrêmement valeureux, perfectionnistes dans tout ce qu'ils font et qui acceptent facilement les nouveautés qui se présentent à eux.
La reconversion de ces hommes, attachés jusqu'à hier à la terre, en entrepreneurs hôteliers et touristiques exemplaires, comme s'ils pratiquaient cela depuis des générations, tient du miracle. Les maisons sont joliment et harmonieusement arrangées, l'accueil des hôtes et la relation envers eux sont remarquables, ce que confirment les médailles et diplômes distribués aux touristes venant depuis plus de vingt ans dans les mêmes maisons de Brela. Beaucoup viennent ici fêter leur anniversaire. Des noces d'or ont même été célébrées dans l'église Notre Dame du Carmel. Il est certain qu'avec de tels hôtes, les habitants de Brela ne doivent pas appréhender les lendemains touristiques.

dr. Ozren Žamić


 

Source : brela.hr 


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Publié le 7 Avril 2012

Entre Croatie et Bosnie, une frontière qui sépare et qui unit : Comment vivre à Bosanski Brod ?

 

 

 

Depuis vingt ans, la ville de Bosanski Brod est séparée de sa sœur jumelle croate, Slavonski Brod. La guerre et la frontière bosno-croate ont achevé de séparer les deux rives de la Save. Côté bosnien, le retour des réfugiés se fait difficilement, et la ville espère désormais que l’intégration européenne de la Croatie voisine, en 2013, améliorera les conditions économiques de ses habitants.

 

La vie à Brod, ou Bosanski Brod – comme on appelle parfois cette ville qui longe la Save près de la frontière croate – est très différente de celle d’il y a vingt ans. Même si les relations avec les voisins de Slavonski Brod sont bonnes, les deux villes jumelles ne sont plus celles qu’elles étaient dans le passé.

 

Deux décennies après le conflit, le Croates ne sont pas revenus à Bosanski Brod. Quelques-uns n’ont pas l’argent nécessaire pour réparer leur ancienne maison, ni de travail ; d’autres ont déjà une nouvelle vie de l’autre côté de la Save, en Croatie, qui est devenue leur deuxième patrie.

 

 

La frontière en partage


Pendant des années, Ivan Cindrić a voyagé presque tous les jours de Slavonski Brod à Bosanski Brod. Avant 1992, quand les deux villes étaient situées dans le même pays, il n’y avait rien d’extraordinaire : les Brođani fréquentaient l’école ou travaillaient à Slavonski Brod en Croatie, et avaient leurs maisons du côté bosnien.

 

Aujourd’hui, les deux villes ne partagent que la frontière, et tout ce que la guerre a laissé en héritage. Vers la fin de la guerre, Ivan est passé de Brod, où il est né, à Slavonski Brod, où il vit aujourd’hui avec sa famille. Sa maison et ses biens sont restés du côté bosnien : « je n’ai jamais réussi à collecter assez d’argent pour la restaurer, et on n’a jamais eu aucune aide ». Nous le rencontrons devant une maison détruite, en train de converser avec un voisin qui prend soin de ce qui a été abandonné.

 

 

Le difficile retour des réfugiés


« Les politiciens utilisent des mots importants comme « transparence », mais la reconstruction n’a pas été transparente du tout. Quelques-uns ont reconstruit une maison ou deux, mais on ne sait pas s’ils sont retournés ou pas. D’autres, qui n’ont pas eu de bonnes relations ou de pistons, ont eu des taudis ».

 

Dans la région de la Posavina bosnienne, 200.000 Croates se sont enfuis, dont une majorité qui n’est jamais revenue. Les raisons sont nombreuses, dit Ivan Brico, président de Phénix, une association pour le retour. Il est retourné dans sa ville natale, Derventa, il y a treize ans.

 

« Pour que ça arrive, il faut prendre en considération trois conditions. La première, c’est la volonté de revenir. Je suis revenu en 1999 car j’avais le désir de rentrer ici. Un autre facteur est la restauration de l’infrastructure. Nous avons visité le village où vivaient les Croates. L’an dernier, grâce à l’armée de Bosnie-Herzégovine, on a réussi ouvrir un passage. Les routes étaient complètement impraticables. Les gens n’ont pas pu revenir, même pour restaurer leurs maisons. Le troisième facteur, c’est l’emploi, auquel il faudrait ajouter la restauration. Je crois que les quelques organisations qui ont travaillé jusqu’à maintenant, et les communautés qui vivent où ces organisations ont opéré, n’ont aucun plan pour le retour des réfugiés ».

 

 

En vingt ans, la ville a perdu un tiers de ses habitants


La guerre a commencé dans cette région avant de se propager à toute la Bosnie-Herzégovine. Le conflit a duré quatre ans. À Brod, et dans ses environs, la vie est en train de revenir, lentement. Mais cette région, comme beaucoup d’autres dans tout le pays, n’est plus ce qu’elle était il y a vingt ans. La population a changé, et la ville a connu une chute démographique.

 

« Avant-guerre, Brod avait 33.400 habitants, dont presque 12% était Musulmans, avec des Serbes et des Croates, exactement comme partout. Mais on se déclarait Yougoslaves », explique le maire de Brod, Milovan Čerek.

« Aujourd’hui, nous sommes environ 22.000, même s’il n’y a pas encore eu de recensement officiel. La majorité des habitants sont serbes, même si beaucoup de Bosniaques sont revenus dans leurs anciennes maisons. Par contre, les Croates sont beaucoup moins nombreux qu’auparavant. Ils ne peuvent pas mener leur existence ici, ils ne trouvent pas de boulot et ne peuvent pas envoyer leurs enfants à l’école, car ils ont déjà commencé leurs études ailleurs », poursuit Čerek.

 

 

L’intégration européenne de la Croatie : une bonne nouvelle ?


La ville se trouve approximativement à la même distance de Belgrade, Sarajevo et Zagreb : 200 km. Sa première industrie est, depuis 1892, la raffinerie. En 2007, les installations ont recommencé à fonctionner et aujourd’hui elles appartiennent à l’entreprise russe Zarubeznjeft. La raffinerie ne travaille pas à pleine capacité, mais elle emploie déjà 1.600 ouvriers. Cas presque unique en Bosnie-Herzégovine, la population active de Brod est trois fois supérieure à celle des retraités. Le commerce, assure une part significative des revenus de la ville car les bas prix attirent beaucoup de clients venus de Croatie.

 

En juillet 2013, quand la Croatie deviendra membre de l’UE, Brod et les Brođani seront un peu plus proches de l’Union européenne. Les autorités locales disent que les deux villes coopèrent correctement, mais la situation pourrait être meilleure. Et personne ne sait comment évoluera le voisinage dans les prochaines années le long de la rivière Save.

 

 

Par Zana Kovacevic

Traduit par Rodolfo Toé

 

Source : balkans.courriers.info, le 5 avril 2012.

Article original paru sur slobodnaevropa.org, le 13 mars 2012.

 

 

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Publié le 24 Mars 2012

Le phare de Grujica

 

 

Le phare de Grujica (44° 25' N & 14° 34' E) se trouve sur l'îlot du même nom situé à environ 80 km au sud-est de la péninsule d'Istrie.


L'îlot est au milieu du passage maritime entre l'île d'Ilovik (au nord-ouest) et de Premuda (au sud-est). Ces îles dont les surfaces sont inférieures à 10 km², font partie de l'archipel de Zadar 

La construction du phare, en 1872, a été réalisée sous l'autorité du  Royaume de Croatie-Slavonie, monarchie autonome au sein de l'Empire austro-hongrois (1867 - 1918).

 

 

http://www.pearlsofcroatia.com/images/grujica.jpg

 

 

La tour portant la lanterne est de section carrée et s'intègre à la façade d'une maison traditionnelle (toiture en tuiles à quatre pentes), construite en pierre qui garde sa couleur grisâtre naturelle.

La lanterne, de section circulaire, est peinte en blanc. La toiture, en forme de coupole, est de couleur grise. Une rambarde métallique suit le périmètre de la tour.

Gardienné, automatisé, alimenté en électricité par des panneaux solaires ; sur un plan focal de 17 m (56 pieds), le phare émet trois éclats de lumière blanche toutes les 15 secondes avec la caractéristique suivante : éclat 0.5s + obscurité 2s + éclat 0.5s + obscurité 2s + éclat 0.5s + obscurité 9.5s.
Sa portée lumineuse est de 10 milles marins (1 mille = 1852 m).

 

 

Source : pharoteliste.blogspot.com

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Publié le 28 Février 2012

Saint-Jean d'Oruda

 

 

L’îlot d’Oruda, au large de  Mali Lošinj, se situe à quelques centaines de mètres de l’îlot de Palacol sur lequel se trouvent les vestiges (bien connus) d’un fortin byzantin. Oruda mesure environ 950 x 350 m, soit une surface de 36 ha, et culmine à seulement 13 m au-dessus du niveau de la mer. Son accès est rendu difficile par une grève rocheuse continue – à l’exception de rares petites criques vaseuses – et l’absence de ponton. L’îlot, inhabité, se présente comme un vaste champ de chardons et de buissons épineux ponctué de quelques bosquets. Au centre de l’îlot, les ruines d’une église sont dissimulées et envahies par une importante végétation. Il s’agit d’un édifice de petites dimensions, dont l’abside centrale semi-circulaire est partiellement conservée en élévation ; le reste de l’église est enfoui sous un monticule de pierres. Une absidiole, au sud, semble appartenir à une seconde phase ; on observe également des vestiges de maçonneries le long du flanc nord de l’église. Un plan partiel et une esquisse de restitution axonométrique ont été publiés par A. Mohorovičić.

 

 

En typologie, Saint-Jean d’Oruda s’inscrit parfaitement dans la famille de ces simples chapelles à nef unique et à abside semi-circulaire que l’on identifie à des petits sanctuaires monastiques (cf. supra). Saint-Jean s’en distingue cependant par l’adjonction d’une chapelle latérale indiquant une évolution dans les besoins du culte. Selon les recherches de A. Mohorovičić, le vocable primitif de l’église serait Saint-Pantaléon, référence directe à l’église d’Orient. Sa situation, sur un îlot perdu, pourrait convenir à un ermitage de quelques moines, mais sa proximité avec une petite garnison byzantine doit être prise en considération et nous interroger sur le rôle de Saint-Jean.

 

 

Source : Sébastien Bully et Morana Čaušević-Bully , « Le monachisme insulaire dans l’archipel du Kvarner (Croatie) entre le ve et le xie siècle. Projet de recherches archéologiques, 2011-2014 », Bulletin du centre d’études médiévales d’Auxerre | BUCEMA


http://cem.revues.org/index12017.html 

 

 

http://www.delo.si/assets/media/picture/20110307/nevenkahorvat.jpg

 

Oruda à l'avant-plan, à l'arrière l'îlot de Palacol

 


 


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Publié le 9 Février 2012

L'observatoire de Višnjan en timelapse

 

 

 

 

 

Une oeuvre de Mario Romulić et Dražen Stojčić

 

 

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Publié le 23 Décembre 2011

I. A Vukovar pardonner n'est pas oublier

 

 

Plus de vingt ans après le siège de Vukovar, une journaliste macédonienne se rend de nouveau dans cette ville martyre des guerres yougoslaves et constate que Croates et Serbes vivent désormais en paix. Mais sans jamais se mélanger.

 

Quatre heures d'autoroute séparent Zagreb de Vukovar. Le car avale les kilomètres à travers la plaine infinie de la Slavonie orientale, étonnamment verte pour un hiver. Nous dépassons Vinkovci et il ne reste plus que quelques kilomètres jusqu'à Vukovar, notre destination finale. Et soudain, une peur nous saisit – celle de devoir affronter la ville.

Située aux confins orientaux de la Croatie, Vukovar est une ville martyre, symbole des grandes souffrances de la "guerre patriotique" des années 1990 et un lieu saint pour les Croates. A la confluence du Danube et de la Vuka, Vukovar a depuis toujours été un port. C'était également un haut lieu du baroque austro-hongrois et un poste-frontière : la Serbie n'est qu'à quelques centaines de mètres, de l'autre côté du Beau Danube bleu. Vukovar est la patrie de Lavoslav Ruzicka , Prix Nobel de chimie, de l'écrivain Pavao Pavlicic et du journaliste et publiciste Sinisa Glavasevic.

 Après les quelques panneaux électoraux qui nous rappellent que le pays vient de changer de gouvernement, commence l'interminable rangée de maisons à deux étages. Leurs façades sont presque toutes rénovées, certaines aux couleurs vives. De toute évidence, il ne s'agit pas d'une coïncidence, mais d'un besoin vital pour une ville qui a connu l'enfer. Mais les maisons et bâtiments portant les traces de la guerre sont là, elles aussi.

Nous arrivons à temps pour l'ouverture des rencontres organisées par le Centre des droits de l'homme et l'association Affrontons le passé. Elles portent sur la "collaboration régionale vingt ans après le siège de Vukovar". Les organisateurs, qui ne tarissent pas d'éloges pour le programme East-East de Georges Soros qui finance l'événement, ont réussi à rassembler des représentants des élites intellectuelles de presque toute l'ex-Yougoslavie : Zarko Korac, qui était vice-Premier ministre du gouvernement serbe de Zoran Djindjic, côtoie le vice-président des sociaux-démocrates de Bosnie-Herzégovine Ivo Komsic, le député monténégrin Slobodan Uzelac, le vice-Premier ministre croate sortant Slobodan Uzelac, le théologien Drago Pipsel et l'avocat kosovar Azem Vllasi, qui fut jadis président des jeunesses socialistes yougoslaves.

En ouvrant le débat, le maire de Vukovar Zeljko Sabo, visiblement ému, a invité tout un chacun à s'interroger intimement sur son rôle pendant la guerre. Sa pensée va particulièrement vers les mères à la recherche de la vérité, "car les mères sont au-dessus de tout clivage ethnique et religieux", dit-il. Il serre ensuite la main d'Alija Behmen, son homologue de Sarajevo, venu signer le jumelage entre ces deux villes qui sont parmi celles qui ont le plus souffert pendant les guerres yougoslaves.

Le témoignage de Ljiljana Gehrecke de la Maison de l'Europe de Vukovar a jeté le trouble dans l'auditoire en pointant les stéréotypes présents au sein des familles croates et serbes – ce discours de haine où Serbes et Croates se traitent mutuellement d'Oustachis et de Tchetniks – mais aussi les problèmes liés au système éducatif. "Les enfants sont séparés pendant tout le parcours éducatif et toute mixité ethnique est soigneusement évitée. Plusieurs crèches disposent de deux entrées et de deux cours de récréation. Deux roulements, l'un le matin, l'autre l'après-midi, ont été mis en place pour séparer les écoliers croates et serbes, du primaire au lycée. Les élèves travaillent sur des programmes d'enseignement différents, où chacun interprète l'histoire à sa manière. La ségrégation du système éducatif est désormais institutionnalisée", dit-elle.

Le lendemain, nous partons visiter le mémorial des victimes et la plus grande fosse commune de Croatie. Nous y rencontrons Eugen Jakovcic, journaliste de Split, qui nous confirme cette honteuse évidence. "Si Vukovar n'est pas une ville coupée officiellement en deux, une ligne invisible sépare cependant les deux ethnies. Les jeunes ne se mélangent pas et vont toujours, en fonction de leur origine, dans un café soit serbe soit croate. Cette ségrégation légalisée dans l'enseignement, qui avait été pourtant conçue initialement comme une étape dans la réintégration pacifique des écoliers, est cependant le point le plus scandaleux." 

La ferme porcine d'Ovcare, appartenant à la coopérative agricole Vupik, est située à 5 km de Vukovar. Le 20 novembre 1991, elle fut le lieu d'exécution de 200 civils de Vukovar. Le temps froid et les bourrasques n'empêchent pas Mirko Kovacevic, un ancien détenu de camp, de nous parler posément de ces événements. Le siège de Vukovar a duré plusieurs mois et s'est terminé par la reddition de la garnison militaire croate.

 

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Deux jours plus tard, l'hôpital était vidé et 201 civils, dont le plus jeune n'avait que 14 ans, embarqués dans cinq camions. Une femme enceinte de six mois fut abattue.

Les paroles de Mirko résonnent dans l'espace et il nous semble entendre le hurlement de ces malheureux exécutés en groupes de 15 ou 20 personnes. Après l'exhumation, commencée en 1996 et qui a duré un an et demi, les enquêteurs du tribunal de La Haye et les meilleurs légistes n'ont pas réussi à identifier 52 corps. L'un d'eux appartient probablement au gendre de Mirko. Zdravko Novak est le seul survivant de cette nuit de la Saint-Barthélemy, celui qui a réussi à fuir et a permis aux enquêteurs de découvrir l'emplacement de la fosse commune. Vingt ans plus tard, ce père quadragénaire de deux enfants, qui vit aujourd'hui à Zagreb, est toujours en proie à des cauchemars. 

Une allée de deux cents petits pins auxquels on a attaché des roses écarlates couvre aujourd'hui l'emplacement de la fosse. Un peu plus loin, un lieu de prière a été aménagé pour les visiteurs, qui y déposent croix, statuettes, chandelles, chapelets et fleurs. A quelques centaines de mètres de là, à côté de la route, se trouve le hangar où furent emprisonnées les victimes avant leur exécution. Il abrite aujourd'hui le mémorial des victimes. En poussant le lourd portail, nous apercevons un puis central en forme de spirale dans lequel errent, comme des âmes perdues, les prénoms illuminés de tous ceux qui y furent massacrés.

"Pardonner sans oublier", telle est la devise d'une ville qui essaie de vivre avec ses souvenirs, mais aussi avec la réalité d'aujourd'hui, car la tâche la plus difficile reste de retisser la confiance perdue. Nous quittons Vukovar comme accablés par un fardeau, conscients du déferlement de folie humaine dans cette ville et encore plus convaincus qu'il est du devoir de tous de transmettre les leçons du passé aux générations futures.

 

Par Gordana Duvnjak

 

 

Source : courrierinternational.com, le 22 décembre 2011.

Article paru à l’origine sur utrinski.kom.mk, le 11 décembre 2011.

 

 

 

 

II. Vingt ans après, l’impossible réconciliation des Serbes et des Croates de Vukovar  
 

Une fois par an, à la fin du mois de novembre, la Croatie n'a d'yeux que pour Vukovar. Loin à l'est, là où le Danube trace la frontière avec la Serbie, la ville sort soudain de son isolement. Des dizaines de milliers de personnes affluent, représentants de l'Etat, vétérans, anonymes, pour célébrer l'héroïsme et le martyre de la ville, devenue le symbole de la "guerre patriotique" croate.

Trois mois de siège, d'août à novembre 1991, face à 30 000 soldats de l'armée yougoslave déployés pour appuyer les sécessionnistes serbes locaux. Trois mois de guérilla à l'arme légère face aux chars du président Slobodan Milošević, pendant lesquels la ville fut écrasée sous des milliers d'obus. Trois mois dans les caves, pour les civils serbes et croates, à laper l'eau des tuyaux de canalisation.

Et puis, après la chute de la ville, le 18 novembre, ces innombrables viols, crimes et meurtres perpétrés tandis que les 22 000 habitants croates étaient contraints de fuir. L'horreur a un nom : Ovčara. Un massacre au cours duquel 260 personnes évacuées de l'hôpital par des militaires serbes furent amenées dans une porcherie isolée, à cinq kilomètres de la ville, torturées, exécutées et enterrées dans des fosses communes.

Le père d'Ivana Bodrožić, Ante, est l'un des morts d'Ovčara. La jeune femme a quitté Vukovar au début des combats, à l'âge de 9 ans, avec sa mère et son frère. Devenue écrivain - son livre, Hôtel Zagorje, doit paraître au printemps chez Actes Sud -, Ivana porte, vingt ans après, un regard amer sur ce qu'est devenue sa ville. "Quand nous étions enfants, c'était normal d'entendre les adultes parler de meurtres et de viols, dit-elle. Ce qui m'effraie, c'est qu'aujourd'hui ce climat de haine ne s'est pas complètement dissipé." Elle ajoute : "La guerre est passée, mais Vukovar ne s'est jamais remise, et ses habitants non plus."

La ville n'a pourtant plus rien du champ de ruines de 1991. La plupart des maisons ont été rénovées ou reconstruites, leurs murs repeints de couleurs pastel. Seuls quelques édifices forment de vastes amas de briques rouges. D'autres sont criblés d'impacts de balles, témoins de l'intensité des combats.

Mais pour qui a connu la splendeur passée de la "petite Vienne", Vukovar n'est que l'ombre d'elle-même. željko Sabo, le maire, a beau distribuer ses cartes postales montrant la rue principale "avant" et "après" la reconstruction, il ne peut s'empêcher de soupirer à l'évocation de la riche métropole d'antan : ses palais baroques, son port sur le Danube, ses artisans, ses vingt-trois minorités ethniques qui cohabitaient harmonieusement... Ses usines, aussi, comme celle de Borovo, où 23 000 personnes fabriquaient des pneus et des chaussures "de réputation internationale". Aujourd'hui, à peine 500 ouvriers se débattent, de chômage partiel en chômage technique.

Entre les morts, les expulsés, les chômeurs et les jeunes partis tenter leur chance ailleurs, la population a subi la même saignée. De 42 000 à la fin des années 1980, la ville compte aujourd'hui un peu plus de 25 000 habitants. Un gros tiers de Serbes. Quelques Magyars, Ukrainiens, Ruthènes, Russes, Roms... Et les Croates, qui forment la majorité.

Dans une ville où le taux d'activité plafonne à 16 %, la séparation entre les communautés est d'abord palpable dans les cafés. Aux Croates, le Mustang, le Best, l'Etno... Aux Serbes, le Maritimo, le Cobra ou l'Atina. Les bars "mélangés", comme disent les locaux, sont rares : le Quo Vadis, qui organise sa "soirée récession" avec alcool à bas prix, ou le Den Haag (La Haye), clin d'oeil désabusé à la prison du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, où criminels de guerre serbes et croates cohabitent, dit-on, en paix. "La seule chose qui nous unit, c'est ce qu'on boit, rigole Milorad, attablé au Mornar. La même bière, les mêmes eaux-de-vie... et dans les mêmes quantités !"

Milorad lit un journal en cyrillique. Serbe, donc. Pour lui, le "vrai problème, c'est le chômage. S'il y avait du travail, on ne parlerait pas de ces questions ethniques". Au chômage depuis dix ans, Milorad, la cinquantaine, assure que les emplois vont en priorité aux Croates, car "les patrons sont presque tous croates". Une situation d'autant plus difficile, assure Vojislav Stanimirović, un dirigeant de la minorité serbe, que "les Croates touchent, en tant que vétérans ou victimes de la guerre, des pensions auxquelles nous n'avons pas droit ".

Dans les écoles, les collèges, les lycées, séparation encore. Elle reste invisible de l'extérieur : les élèves, qui habitent les mêmes quartiers et parfois les mêmes immeubles, franchissent ensemble la porte d'entrée, mais se séparent ensuite. Enseignants et élèves serbes d'un côté, croates de l'autre. Dans les établissements de petite taille, le matin est pour les Serbes, l'après-midi pour les Croates. Et l'on alterne chaque semaine.


"C'est de la ségrégation, tranche Ivana Bodrožić. Ces enfants jouent ensemble sans aucun problème et on ne leur offre pas la possibilité de s'asseoir ensemble en classe. Quelle ville a un avenir avec un tel système ?" Il a pourtant été accepté par les deux parties, au moment de la "réintégration pacifique", entre 1996 et 1998 : à l'époque, tout le territoire croate avait été repris par les armes ; seul Vukovar restait aux mains des Serbes et, pour éviter de nouveaux combats, l'ONU a forcé Serbes et Croates à négocier le retour dans la ville de ces derniers.

"Cela nous a permis de nous assurer que nos droits seraient respectés, explique Vojislav Stanimirović, négociateur pour la partie serbe. Je ne veux pas que mes enfants aillent à l'école croate pour s'entendre seriner que les Serbes sont des agresseurs et des assassins." Le maire, un Croate "élu avec les voix de tout le monde", concède qu'"il est temps de changer, de faire un pas en avant. Nous avons tous suffisamment mûri".

A l'heure de l'université, les étudiants croates partent à Zagreb, les Serbes à Belgrade. Et ceux qui reviennent continuent à vivre au sein de leur communauté. Fréquents avant la guerre, les mariages mixtes n'existent presque plus.

La méfiance est entretenue par des lectures de l'histoire discordantes. La thèse communément admise en Croatie attribue aux sécessionnistes serbes la responsabilité du déclenchement du conflit. Mais une partie de la minorité serbe la conteste. "Ce sont des questions qui se dissiperont avec le temps, élude le maire de Vukovar. Nous devons seulement faire en sorte que les Croates ne regardent pas leurs voisins serbes en se demandant qui a tué. C'est le travail de la justice."

 

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Sur la colline de Mitnica, où se dresse le symbole du siège, un château d'eau criblé d'impacts d'obus, ce discours ne passe pas. Mitnica est le haut-lieu des Croates les plus "durs", et Vilma Vidović en est une figure. Cette femme de 68 ans, visage émacié et voix basse, a perdu cinq membres de sa famille en 1991. Elle-même a vécu le siège jusqu'à son évacuation, en octobre, infirmière ou petite main pour les combattants.

"Avec leur réintégration pacifique, nous qui avons souffert, qui avons été violés et torturés, nous avons dû négocier pour revenir chez nous. Les bourreaux, eux, ont été amnistiés, et aujourd'hui, ils se moquent quand ils nous croisent." L'amnistie est une réalité : les chefs serbes ont été condamnés à La Haye ou à Belgrade, mais les exécutants, qui pour beaucoup étaient des habitants de Vukovar, ont été amnistiés. "Ces gens sont nos voisins, ils savent même où sont les derniers charniers mais ne le disent pas", assure Vilma. Elle ne veut pas le départ de tous les Serbes, mais "que justice soit faite".

Dans ce contexte, les moindres tensions sont observées à la loupe. Il y a six mois, le passage à tabac d'un jeune Serbe a été interprété comme une agression "ethnique" par les Serbes. Bagarre de supporteurs de football, répondent les autorités. La profanation du monument aux morts d'Ovčara ? Il s'agissait d'une provocation d'extrémistes nationalistes croates, mais les gens de Mitnica ne le savent pas - ou ne veulent pas le savoir.


A en croire Željko Šimundić, le chef de la police, le niveau de violence a beaucoup baissé : "Aujourd'hui, ce sont plutôt des graffitis haineux, qui sont effacés dans la nuit. Les bagarres sont sporadiques, et leur première cause est l'alcool." Il y a trois ans, la police avait dû envoyer ses hommes dans les bus scolaires et à la sortie des écoles, à l'heure où les élèves serbes et croates se croisent, pour éviter les bagarres.

"Les patrouilles mixtes sont un facteur d'apaisement", assure Željko Šimundić. Elles sont nées à l'époque de la réintégration pacifique : dans la police comme dans toutes les administrations municipales, les Serbes, y compris des personnes amnistiées, représentent un tiers des employés." Pas encore aux plus hauts postes, mais c'est positif", convient le Serbe Vojislav Stanimirović.

Saša Bjelanović, un Serbe, a fondé il y a quinze ans le Youth Peace Group Danube, une ONG qui vient en aide aux jeunes Serbes et Croates, pour du soutien scolaire ou une recherche d'emploi. Ce colosse joyeux est certain que les jeunes générations ont tiré un trait sur les blessures du passé. Au point d'avoir inscrit son fils de 9 ans à l'école croate : "En deux ans, il n'a jamais eu un seul problème et, cette année, Luka a été élu président de sa classe par les petits Croates." De plus en plus de parents serbes suivent son exemple, assure-t-il.

Ivana Bodrožić a du mal à partager les espoirs de Saša. "Quand j'étais petite, je ne savais même pas que j'étais croate. Puis le temps de la haine et de la mort est venu. Aujourd'hui, on offre à nos enfants l'indifférence." Comme l'assurance d'une paix fragile, aussi trompeuse que le placide Danube.


Par Benoît Vitkine


Source : lemonde.fr, le 28 décembre 2011.

 

 

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Publié le 4 Décembre 2011

L'église baroque de Belec
 
L’église Sainte Marie de la Neige à Belec constitue l’un des plus beaux exemples d’art baroque dans la Croatie septentrionale. Le village de Belec est rattaché à la ville de Zlatar, dans le Comitat de Krapina-Zagorje.
L’église est mentionnée pour la première fois en 1676 au titre de chapelle de Kostanjevac.
Cette chapelle votive dédiée à la Vierge fut construite par Elizabeta Keglević-Erdody en 1674. Pendant tout un siècle l’église va faire l’objet d’aménagements et d’agrandissements pour revêtir son aspect actuel en 1739, lorsque furent ajoutées une chapelle et une sacristie. Un clocher est érigé sur la façade occidentale tandis qu’un mur avec des tours et un porche ceint l’église.
Les travaux de maçonnerie prennent fin en 1740. L’intérieur de l’église est peint entre 1740 et 1742. L’artiste principal s’appelle Ivan Ranger, il est secondé par trois assistants, eux aussi des Pauliniens.


 

 

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Publié le 8 Août 2011

Dajla


 

Dajla (Daila en italien) est une localité située à proximité de Novigrad. Elle s'est développée autour de la baie éponyme qui abritait dans sa partie nord (Karigador) un port dont se servaient les habitants des alentours, en particulier ceux de  Brtonigla. Aujourd'hui la localité s'est agrandie au gré des maisons de villégiature qui ceinturent le golfe tout entier. Les hameaux de Zidine, Fermići, Šajini, Milovac et Punta occupent l'arrière-pays immédiat et bordent la route qui longe la rive. 


La population s'occupe surtout d'agriculture (vigne, olive, blé) et de pêche. A une époque plus récente elle s'est lancée dans le tourisme (restaurants, location d'appartements ainsi que les campings Ladin Gaj et Mareda). A l'époque romaine toute la côte était habitée (vestiges de villas rustiques, inscriptions, tombes...). Au VIè siècle fut construire une basilique paléochrétienne (vestiges d'une mosaïque au sol). Le monastère existait déjà au VIè siècle tandis que la cénobie bénédictine date à peu près du IXe siècle. Le toponyme (Ayla) est mentionné pour la première fois lorsque le patriarche d'Aquilée est mis en possession des lieux. Abandonnés au XIIIè siècle pour des raisons inconnues, ceux-ci échoient alors aux évêques de Novigrad qui les confieront à la famille patricienne des Sabini. Ces derniers y construisent une fortification (castel) qui finit par devenir le centre d'un vaste domaine mais qui est abandonné par la suite. En 1736 la famille Grisoni, de Kopar, l'achète, se charge de le rénover et d'y construire un nouveau complexe résidentiel muni d'un parc en son centre. Le vieux castel est abattu en 1830 et c'est l'architecte français Le Terrier de Manetot qui dessine les plans d'un nouveau palais dans le style néoclassique (fin des travaux en 1839). En 1858 les Bénédictins reviennent mais ils s'en iront en 1948 après une parodie de procès et la nationalisation des biens monastiques. Au cours de l'année 2011, ce contentieux sur les biens monastiques ressurgira et viendra brouiller les relations traditionnellement bonnes entre la Croatie et le Vatican. (reportage audio)

 

L'église paroissiale Saint Jean-Baptiste fut construite de 1763 à 1903 dans le style du baroque tardif et du néo-classicisme. La paroisse a été instaurée en 1971. Au cap du Belvedere  non loin de la pointe du golfe se trouve une chapelle dédiée à la Vierge Marie qui date de 1912.

 

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Le monastère de Dajla

 

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