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Publié le 17 Novembre 2016

1. Acquitté de crimes de guerre, l'ex-général croate Gotovina nommé conseiller à la Défense


 

L'ex-général croate Ante Gotovina, acquitté en 2012 par la justice internationale de crimes de guerre contre les Serbes, a été nommé jeudi conseiller du ministre de la Défense. Il s'agit du premier poste politique d'Ante Gotovina, 61 ans, depuis son acquittement en appel en 2012 par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), de crimes de guerre commis contre des Serbes de Croatie pendant la guerre (1991-95). Ante Gotovina et le général Mladen Markac avaient été condamnés en première instance respectivement à 24 et 18 ans de prison par le TPIY. Le gouvernement croate a décidé de nommer Ante Gotovina "conseiller spécial du ministre de la Défense" jeudi lors d'une réunion tenue à Vukovar (est de la Croatie), la veille du 25e anniversaire de la chute de cette ville martyre du conflit serbo-croate aux mains des indépendantistes serbes, a rapporté l'agence Hina. Le Premier ministre Andrej Plenkovic a estimé que "ses conseil seraient précieux tenant compte des défis auxquels fait face le pays et la région". Le ministre de la Défense Damir Krsticevic s'est, de son côté, déclaré "convaincu" que l'ex-général allait "contribuer de manière significative au maintien de la sécurité nationale". "Bienvenu général", a-t-il ajouté. Près de 80.000 personnes avaient acclamé Ante Gotovina à son retour à Zagreb en novembre 2012. Depuis son retour, il s'était retiré à Zadar (côte adriatique) où il s'occupait d'élevage de thons, évitant soigneusement tout engagement politique. En acceptant le poste de conseiller, Ante Gotovina retrouve un camarade d'armes. Il a étroitement collaboré, pendant le conflit 1991-95, avec Damir Krsticevic, qui est également un ex-général des forces armées croates.


 

Source : dhnet.be, le 17 novembre 2016.

 

 

2. Un général croate accusé de crimes de guerre

 

Le général croate Ante Gotovina, qui avait été acquitté par la justice internationale, est de nouveau confronté à des accusations de crimes lors des guerres balkaniques des années 1990, selon les médias bosniens et une source policière.

La police des Serbes de Bosnie a saisi le parquet national de ce pays en vue d'éventuelles poursuites pour des crimes de guerre et contre l'humanité qui auraient été commis durant les guerres dans les Balkans, selon ces sources.

En 2012, Ante Gotovina, un ancien de la Légion étrangère française, avait été acquitté en appel par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie.

Il avait été arrêté en 2005 aux Canaries, en Espagne, après quatre ans de cavale, et condamné en première instance à 24 ans de prison pour le meurtre de 324 Serbes de Croatie et l'exode forcé de 90 000 autres lors de la contre-offensive «Tempête», à la fin de la guerre d'indépendance de la Croatie (1991-95).

Après son acquittement en appel, il avait reçu un accueil triomphal en Croatie. Il s'est depuis retiré de la politique, devenant un homme d'affaires prospère.

Selon Jovana Cvijetic, porte-parole de la police dans la ville bosnienne de Trebinje (sud), des poursuites ont été engagées «pour crimes de guerre contre des civils, et contre l'humanité», contre un homme désigné par ses initiales A.G.

Les médias locaux ont précisé qu'il s'agissait d'Ante Gotovina, 61 ans.

Ces crimes auraient été commis en 1992 dans la région de Livno, près de la frontière entre la Croatie et la Bosnie, a indiqué à l'AFP Jovana Cvijetic, sans plus de détails.

Citée par l'agence serbe Beta (indépendante), une association d'anciens détenus de Trebinje a indiqué que plusieurs de ses membres étaient prêts à témoigner contre Gotovina.

Certains «ont été directement torturés par Gotovina», «nous ferons tout notre possible pour que cette fois la justice passe», a déclaré le président de l'association Vukan Kovac.

L'éclatement de la Yougoslavie a entraîné une série de conflits, qui ont fait 130 000 morts dans les années 1990, dont 100 000 pendant la seule guerre de Bosnie (1992-95).


 

Source : lapresse.ca, le 12 avril 2017.

 

 

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Publié le 29 Mai 2016

Il faut tout faire pour sauver Schengen et l'euro”

 


 

ENTRETIEN

Miro Kovac, ministre des Affaires étrangères de la Croatie, explique les orientations de la politique étrangère de son gouvernement.


 

La Croix : La Croatie semble entraver la poursuite des négociations d’adhésion entre la Serbie et l’Union européenne. Pourquoi ?

Miro Kovač : C’est une fausse impression. La Croatie fait partie des pays qui ont soutenu l’ouverture formelle des négociations entre la Serbie et l’Union européenne en janvier 2014, ainsi que le début des négociations sur les deux premiers chapitres en décembre 2015. Nous soutenons clairement le rapprochement de la Serbie avec l’UE. C’est dans l’intérêt de la Croatie.

La négociation sur les deux chapitres clés, relatifs aux droits fondamentaux et au système judiciaire, qui sont au cœur même de l’identité européenne, pourrait toujours s’ouvrir au mois de juin. Mais tout progrès dans ce domaine dépend en premier lieu de la volonté de la Serbie à appliquer les principes de l’État de droit. Je dois d’ailleurs me rendre à Belgrade après la formation du nouveau gouvernement.

 

La Croatie veut se rapprocher des pays du groupe de Visegrad. Est-ce par proximité idéologique ?

Miro Kovač : La Croatie entend entretenir des relations amicales avec l’ensemble de ses voisins immédiats : la Slovénie, la Hongrie, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie, le Monténégro et l’Italie. Nous voulons coopérer étroitement avec les pays d’Europe centrale et orientale, mais aussi d’une manière intense avec notre voisinage sud-est européen.

Nous sommes fiers du rôle joué par la Croatie dans la crise migratoire. Nous n’avons jamais fermé nos frontières et nous avons accepté d’accueillir, en Croatie, temporairement 1 600 réfugiés. La Croatie a travaillé étroitement avec l’Autriche et la Slovénie, deux pays membres de l’Union européenne, et avec la Serbie et la Macédoine, deux pays candidats, et ainsi contribué d’une manière cruciale à la diminution significative du nombre de réfugiés et migrants venant en Europe.

C’est nous qui avons aidé à ce qu’il y ait aujourd’hui dans l’Union européenne une approche commune vis-à-vis de la crise migratoire. Le premier ministre de Bavière nous en a d’ailleurs récemment remerciés.

 

La Croatie est candidate à l’entrée dans l’espace Schengen. Certains déclarent les accords de Schengen obsolètes. D’autres veulent les réformer. Quelle est la position du gouvernement croate ?

Miro Kovač : Il faut tout faire pour maintenir l’espace Schengen et en faire un mécanisme plus efficace. La Croatie espère le rejoindre dès 2018. Nous y travaillons. Pour un Croate ou Français moyen, l’Europe aujourd’hui, ce qui est tangible, ce sont la libre circulation des personnes et des biens et la monnaie unique, l’euro. Il faut tout faire pour sauver Schengen et l’euro.

 

Certains Croates, y compris dans le parti HDZ, ont une vision négative de l’Union européenne et comparent les directives de Bruxelles à un nouveau communisme. Qu’en pensez-vous ?

Miro Kovač : Encore une fausse impression. Les Croates sont plus pro-européens que les citoyens de nombreux pays fondateurs de l’Union européenne. Regardez ce qui s’est passé récemment aux Pays-Bas avec le référendum sur l’accord d’association avec l’Ukraine, ou en France lors du référendum de 2005 sur la Constitution européenne. Un récent sondage montre que 60 % des Croates sont favorables à l’élargissement.


 

Certes, nous ne sommes pas « euro-enthousiastes », nous sommes « euro-réalistes ». L’indépendance de la Croatie est inséparable de l’idée européenne. Nous nous souvenons tous que l’indépendance de la Croatie a été reconnue par les États membres de la Communauté européenne en 1992. Dès 1990, notre premier président démocratiquement élu, Franjo Tudjman, s’était prononcé devant le Parlement croate pour l’« européanisation » de notre pays.

La Croatie est d’ailleurs un des rares pays au monde où, depuis 1990, le préambule de la Constitution fait explicitement référence au rejet des systèmes et valeurs totalitaires – fascistes et communistes. Nous dénonçons l’extrémisme de droite comme de gauche.


 


 

Par François d'Alançon


 

Source : la-croix.com, le 26 mai 2016.


 

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Publié le 30 Janvier 2016

Un ministre croate forcé de démissionner 

 

Le ministre croate aux Anciens combattants, Mijo Crnoja, a été contraint de démissionner jeudi, moins d'une semaine après la nomination du gouvernement conservateur, après avoir souhaité la création d'un "registre des traîtres à la Nation".

M. Crnoja avait en charge les affaires des vétérans de la guerre d'indépendance des années 1990, partisans traditionnels du parti conservateur HDZ majoritaire dans la coalition au pouvoir.
Il a annoncé démissionner pour "ne pas être un fardeau pour le gouvernement".

L'opposition et des militants de la société civile avaient exigé sa démission après sa proposition de la constitution d'un "registre des traîtres à la Nation" dans ce pays de l'ex-Yougoslavie.

Malgré le soutien d'un vice-Premier ministre et du chef du HDZ Tomislav Karamako, M. Crnoja avait retiré sa proposition.
Les médias ont cependant par la suite fait état de plusieurs dossiers embarrassants, notamment une fraude fiscale présumée.

 

 

Source : lefigaro.fr, le 29 janvier 2016.

 

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Publié le 25 Janvier 2016

1. Le nationaliste Zlatko Hasanbegović devient ministre croate de la culture.

 

Le nouveau ministre de la culture est un nationaliste croate. Zlatko Hasanbegović (HDZ) est historien et écrivain. Il est né et a grandi à Zagreb, la capitale du pays, au sein d’une famille musulmane croate. En 1990, il a été président de l’organisation de jeunesse du Pur parti croate du droit (Hrvatska čista stranka prava, HČSP). Il a ensuite quitté la politique et est devenu historien, écrivant principalement à propos de l’histoire politique des Musulmans de Croatie et Bosnie-Herzégovine et à propos de l’histoire du mouvement nationaliste croate et de l’État indépendant de Croatie (1941-1945). Au cours des dernières années, il a été également le président d’honneur de la Garde de Bleiburg, une organisation fondée par des vétérans nationalistes croates en Autriche au cours des années 1950 afin de tenir une commémoration annuelle pour les victimes du communisme en 1945. 

Il y a un mois, il a tenu un discours lors de la présentation du dernier numéro de la publication Obnova et a ouvertement à cette occasion fait l’éloge du nationalisme en tant qu’idéologie. 


 


 

Source : lionelbaland.hautetfort.com, le 25 janvier 2016.

url : http://lionelbaland.hautetfort.com/archive/2016/01/25/le-nationaliste-zlatko-hasanbegovi%C4%87-devient-ministre-croate-5750196.html

 

 

 

 

2. Accusé de révisionnisme, un ministre croate dénonce une “guerre culturelle”


 

 

Ministre de la culture accusé de révisionnisme, Zlatko Hasanbegovic est le personnage le plus controversé du gouvernement ultraconservateur croate. Une tribune publiée mardi 24 mai dans Libération et signée par plusieurs intellectuels européens parmi lesquels Alain Finkielkraut ou Annette Wieviorka dénonce notamment son « idéologie » destinée à « mettre en cause les vérités historiques et les valeurs fondamentales » de l’Union européenne.

Depuis sa nomination, cet historien musulman, considéré comme l’idéologue du HDZ, le parti nationaliste au pouvoir, multiplie les attaques contre la presse, les ONG et les artistes au nom de la lutte contre les restes du communisme dans le pays. Il se défend dans un entretien au Monde.

 

 

Vous êtes très critiqué par les milieux culturels, plusieurs milliers d’artistes demandent votre démission, n’est-ce pas un problème ?

Je suis critiqué par une partie de la communauté culturelle et artistique, mais je suis soutenu par une autre. Je dois faire face à une sorte de guerre culturelle. Dans notre société postcommuniste existent en effet toujours des divisions sur les interprétations du passé, notamment yougoslave. Mais, dans mon cas, le cadre d’un débat courtois et civilisé a été dépassé. Il y a une hystérie, une campagne de diffamation, venant d’une pseudo-gauche qui continue à exercer une sorte d’hégémonie culturelle et sociale sans prendre en compte la chute du communisme.

Pourquoi avoir changé le directeur de la télévision ? Pourquoi 70 journalistes ont-ils ensuite dû changer de poste en quelques mois ?

Le chiffre de 70 journalistes me semble exagéré. Le directeur a été limogé selon la loi, par le Parlement croate, sur la base de la demande du Conseil de surveillance de la radio et télévision croate. Le ministère de la culture n’a pas été impliqué dans cette procédure. Le Conseil avait constaté de nombreuses irrégularités. Il a été changé de la même façon que la majorité précédente l’avait nommé il y a de cela quatre ans. Il avait aussi effectué des changements de postes de plusieurs dizaines de journalistes et de rédacteurs à son arrivée sur ordre du gouvernement de gauche. Mais, à ce moment-là, cela n’avait pas suscité autant d’intérêts de la part des cercles internationaux…

Même la présidente du comité croate pour les médias électroniques, l’équivalent de notre Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), a présenté sa démission pour protester contre vos méthodes…

Sa démission n’est associée à aucune de mes décisions. Une telle personne n’aurait toutefois pas dû être à la tête de ce conseil. Tout comme le directeur de la télévision, qui a été également président de l’organisation communiste de la jeunesse dans les années 1980, elle était une éminente journaliste liée aux structures du parti. Ils étaient tous les deux des symboles de l’influence des structures du régime communiste qui perdure malgré la chute de la Yougoslavie.

Est-ce que vous regrettez d’avoir fréquenté les sympathisants des oustachis dans les années 1990 ? Il y a cette photo où vous portez le béret oustachi…

Ce n’était pas un béret oustachi ! C’était en 1993 à Split il me semble, j’ai rencontré par hasard les membres des troupes volontaires de l’armée croate. Je me suis juste fait prendre en photo avec une partie de leur uniforme. Celui dont je portais le bonnet sur ma tête est mort deux ans plus tard dans la guerre de Bosnie. Et c’est un honneur pour moi d’avoir pu rencontrer un homme qui a donné sa vie pour ladéfense de sa patrie.

Est-ce que vous regrettez la défaite de l’Etat oustachi entre 1941 et 1945 ?

Je regrette que le peuple croate n’ait pas réussi à exercer son droit à l’autodétermination nationale après la seconde guerre mondiale. Chaque Croate vous fera la même réponse, comme chaque Lituanien, Letton ou Estonien. Je regrette qu’on se soit retrouvés contre notre gré dans la Yougoslavie, un système bolchevique antidémocratique. Mais, bien sûr, je ne regrette pas le régime oustachi, qui porte la responsabilité de nombreux crimes.

Vous avez été l’éditeur du penseur d’extrême droite français Alain de Benoist et du suprémaciste blanc Tomislav Sunic. Etes-vous toujours proche de ces deux hommes ?

La thèse de Tomislav Sunic est un travail universitaire de politologue sur la « nouvelle droite » européenne, soutenu aux Etats-Unis dans les années 1980. C’est un travail scientifique très apprécié, cela ne veut pas dire que je soutiens tout ce qu’il dit. En ce qui concerne Alain de Benoist, on dit qu’il est controversé, mais, d’après moi, il est l’un des plus grands intellectuels français. Nombre de ses travaux ont joué un rôle prépondérant dans ma formation intellectuelle.

Vous êtes l’un des organisateurs des commémorations du massacre de Bleiburg, où chaque année viennent défiler des nationalistes avec des symboles oustachis. Pourquoi continuez-vous d’y aller ?

Vous vous concentrez sur cinq provocateurs, les symboles oustachis sont un folklore marginal. Bleiburg est le symbole de la souffrance du peuple croate et de la persécution infligée par les communistes yougoslaves. Après la seconde guerre mondiale, ceux-ci se sont débarrassés d’une façon brutale de leurs opposants – pas seulement des militaires sans armes, mais aussi de civils. Il y a eu des exécutions brutales de plusieurs dizaines de milliers de personnes. Et les crimes de Bleiburg ont été un des tabous les plus importants et les plus sévèrement gardés du communisme yougoslave.

Vous ne mettez pas autant de ferveur à commémorer l’insurrection du camp d’extermination de Jasenovac, où sont morts plus de 80 000 juifs, serbes ou gitans…

C’est votre impression, j’ai le même respect pour toutes les victimes de n’importe quelle guerre. Il y a une différence notable entre Bleiburg et Jasenovac. Pendant cinquante ans, il a été interdit de commémorer les crimes perpétrés à Bleiburg, alors que les manipulations des crimes perpétrés à Jasenovac et l’exagération du nombre des victimes étaient des éléments constitutifs du régime communiste yougoslave et de son idéologie.

 

Cette année, les organisations juives et serbes ont préféré boycotter la commémoration de Jasenovac plutôt que de venir avec vous. Le regrettez-vous ?

Certains juifs ! Certains Serbes ! Il y avait des représentants de l’Eglise catholique, de la communauté islamique, de l’Eglise orthodoxe serbe, un grand nombre des juifs croates éminents et l’ambassadrice d’Israël. Le boycott avait un arrière-fond politique lié aux rapports internes entre les partis croates. Je l’ai très mal vécu et j’ai exprimé mon regret.

Vous avez réussi à faire inscrire l’interdiction du mariage entre personnes de même sexe dans la Constitution en 2013, est-ce que vous voudriez aussi interdire l’avortement ?

Il n’y a pas d’interdiction dans la Constitution croate, mais uniquement une disposition disant que le mariage est une union entre l’homme et la femme. Pour l’avortement, cela n’a jamais été à l’ordre du jour. La problématique n’a pas le même poids qu’en Pologne. L’avortement est un malheureux accident, mais il ne faut pas se comporter de manière sectaire. Les communautés religieuses doivent éduquer leurs membres à éviter l’avortement, aucune interdiction légale n’a jamais réussi à interdire ce phénomène.

Votre gouvernement s’est clairement rapproché du premier ministre ultraconservateur hongrois, Viktor Orban, qui n’a jamais caché son rejet de l’islam. Qu’en pense un musulman comme vous ?

Je ne vois pas en quoi Viktor Orban représenterait l’avant-garde de l’islamophobie. Il a certes pris position contre l’immigration. Mais toute sorte d’immigration chaotique et non contrôlée est un problème de société, pour les migrants comme pour le pays d’accueil. Si soudainement il arrivait une immigration incontrôlée de bouddhistes ou de taoïstes, les résistances à l’immigration seraient absolument identiques.

M. Orban ne conteste pas que l’islam fait partie de l’Europe, il a d’ailleurs récemment reçu le mufti de Bosnie. C’est la différence avec Alain Finkielkraut, qui pense que l’Europe n’est que judéo-chrétienne, qui critique l’islam et participe à la campagne de diffamation contre moi en me reprochant de mener une « alliance dangereuse entre le catholicisme intégriste et l’islamisme radical », ce qui a provoqué des éclats de rire en Croatie.


 

Par Jean-Baptiste Chastand

Source : lemonde.fr, le 25 mai 2016.

 

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Publié le 24 Décembre 2015

1. Tihomir Oreskovic, nouveau Premier ministre croate


 

La coalition de droite, issue des dernières législatives croates, porte un homme d'affaires sans appartenance politique, Tihomir Oreskovic, au poste de Premier ministre. 

Né à Zagreb en 1966 (49 ans) et diplômé en chimie de l'Université McMaster au Canada, le successeur de Zoran Milanovic, est, depuis 2014, directeur financier pour l'Europe du groupe pharmaceutique israélien Teva en poste à Amsterdam. Il a débuté sa carrière en 1992 au Canada dans l'entreprise pharmaceutique Eli Lilly avant de rejoindre Novopharm puis, en 2009, la société Pliva (filiale de Teva) comme directeur financier pour l'Europe de l'Est puis, en 2010, directeur financier pour la région Emia (Europe de l'Est, Méditerranée, Israël et Afrique). 

Désigné mercredi 23 décembre 2015 au soir, sa nomination doit encore être entérinée par la présidente du pays, Kolinda Grabar-Kitarovic. Il devra ensuite se présenter le 20 décembre 2015 devant le Sabor, le Parlement croate. 

Tihomir Oreslovic a indiqué que sa première préoccupation serait de résoudre les problèmes économiques du pays, grands absents des thèmes de campagne lors des législatives.


 

Source : econostrum.info, le 24 décembre 2015.

 

 

 

 

2. Le croate hésitant du nouveau Premier ministre

 

 

Tihomir Orešković, le futur Premier ministre croate, a grandi au Canada et ne vit que depuis quelques années dans son pays de naissance. La maîtrise lacunaire de sa langue maternelle fait de lui la cible croissante des quolibets et pose problème, écrit le portail libéral tportal.hr : "Dans son discours d'investiture, il a parlé de 'bâtiments' au lieu de 'citoyens', et mercredi, il a déclaré vouloir étudier les moyens d'accroître l'endettement les deux prochaines années. Ses difficultés linguistiques deviennent un problème pour l'opinion publique et les médias, qui doivent souvent expliquer, interpréter voire même falsifier ses déclarations afin que les gens comprennent quelque chose à ce que dit leur futur Premier ministre. Certaines de ses erreurs linguistiques ne sont pas si graves, mais lorsqu'il les commet en lien avec des questions importantes comme la dette, la croissance, la note souveraine ou autre sujet délicat, cela devient très dangereux, pour lui comme pour nous."

 

 

Source : http://www.eurotopics.net/fr/home/presseschau/aktuell.html 



 

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Publié le 27 Mars 2015

La valse des démissions se poursuit au sein du gouvernement

 

 

La ministre croate de la Culture, Andrea Zlatar Violić, a été poussée à la démission suite à des révélations « d’irrégularités » relevées dans la gestion des dépenses de son ministère par la Cour des comptes. Il s’agit du neuvième ministre à devoir quitter ses fonctions en deux ans.

 

La démission d’Andrea Zlatar Violić s’ajoute à la longue liste des limogeages au sein du gouvernement de Zoran Milanović suite aux révélations de la Cour des comptes au sujet d’« irrégularités » dans la gestion de ses dépenses publiques, la ministre de la Culture a été contrainte de quitter son poste mercredi 25 mars. Elle est accusée d’avoir utilisé de façon frauduleuse des cartes de crédit et soupçonnée par la presse d’avoir reçu des avances pour des voyages qu’elle n’aurait jamais effectué.

Dans une lettre adressée au chef du gouvernement, la ministre âgée de 54 ans a admis une « utilisation abusive de l’argent public », en précisant que « cela n’a pas été fait à des fins personnelles, ni au détriment de l’Etat ». Andrea Zlatar Violić est le neuvième ministre à devoir quitter le gouvernement depuis que le Premier ministre Milanović est au pouvoir.

En 2012, le ministre des Affaires maritimes, des Transports et des Infrastructures, Zlatko Komadina, fut le premier à quitter l’exécutif pour « raisons de santé ». Quelques mois plus tard, en juin, Mirela Holy laissait le ministère de l'Environnement après avoir fait pression sur la société des chemins de fer croate pour éviter le licenciement d'un employé.En fin d’année, c’est Radimir Čačić qui était condamné à 22 mois de prison pour homicide involontaire. L’ancien vice-Premier ministre et responsable de l’Economie avait été jugé pour avoir causé un accident mortel sur une autoroute près de Budapest.

 

En 2013, deux autres membres du gouvernement ont quitté l’exécutif. Veljko Ostojić, alors en charge du Tourisme, a été démis de ses fonctions en mars, accusé d’avoir profité de la vente de terrains en Istrie. Neven Mimica, vice-Premier ministre chargé des Affaires intérieures, étrangères et européennes a, lui, démissionné le 15 juin pour devenir quinze jours plus tard commissaire européen à la Politique des consommateurs.

Mais dans ce long inventaire, c’est sans doute l’affaire Linić qui a fait le plus de bruit. Contrairement à ses prédécesseurs, Slavko Linić, alors au portefeuille des Finances, n’est pas parti de son propre gré, mais a été congédiépar le Premier ministre pour une affaire de corruption en 2014. En juin dernier, c’était au tour de Rajko Ostojić et Željko Jovanović, respectivement à la Santé et à l’Education, d’être remplacés sans véritables explications par Siniša Varga et Vedran Mornar.

Avec ce nouveau départ, le gouvernement de Zoran Milanović atteint un record. Quant à elle, l’ancienne ministre de la Culture pourra peut-être retourner enseigner à l'Université de Zagreb, où elle exerçait avant d'entrer au gouvernement...

 

Par Laetitia Moréni

Source : balkans.courriers.info, le 27 mars 2015.

 

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Publié le 20 Janvier 2015

 

1. Un Croate inculpé de crimes de guerre élu au Parlement

 

 

A l'occasion des législatives croates de dimanche, un ex-général de l’armée croate retrouve son siège aux côtés de son parti d’extrême droite.

 

Branimir Glavas, 51 ans, jugé pour crimes de guerre commis contres des Serbes lors du conflit serbo-croate de 1991-1995, est réélu député, selon les résultats presque définitifs publiés lundi.

Déjà élu en 2003, il avait été déchu de son immunité et était jugé depuis octobre à Osijek, dans l’est du pays. Il est accusé pour son implication dans la persécution et les meurtres de douze civils en 1991. Après la proclamation de l’indépendance de la Croatie, une guerre avait opposé les forces croates aux sécessionnistes serbes appuyés politiquement et militairement par le régime au pouvoir à Belgrade.

L’homme plaide non coupable. Son parti avait exigé, avant même l'annonce des résultats, la remise en liberté de Branimir Glavas une fois élu, en invoquant qu'il jouissait à nouveau d'une immunité parlementaire.

 

 

Source : lessentiel.lu, le 26 novembre 2007.

 


 


 

2. La condamnation d'un ancien général annulée

 


La Cour constitutionnelle croate a annulé lundi, pour vice de procédure, le verdict pour crimes de guerre commis contre des civils serbes durant le conflit serbo-croate (1991-1995) par l'ancien général croate, Branimir Glavas. Cet ex-député avait été condamné en 2010 à huit ans de prison.

Branimir Glavas avait été reconnu coupable d'enlèvement, torture et assassinat d'au moins dix Serbes à Osijek (est), au début de la guerre de Croatie. Il avait été condamné en première instance, en mai 2009, à dix ans de prison par un tribunal de Zagreb. Sa peine a ensuite été réduite en juillet 2010 à huit ans par la Cour suprême.

L'ancien général, qui possède également la nationalité bosnienne, s'était enfui en Bosnie, où il purge actuellement sa peine. Dans sa plainte adressée à la Cour constitutionnelle, il a notamment contesté une contradiction, dans les deux verdicts, quant à la date de l'accès à l'indépendance de cette ancienne république yougoslave.

Branimir Glavas avait été le responsable de la défense d'Osijek pendant le conflit. La proclamation par la Croatie de son indépendance de la Yougoslavie, en 1991, a été suivie d'une guerre entre les forces de Zagreb et les sécessionnistes serbes soutenus par Belgrade. Ce conflit a fait près de 20.000 morts.


 

Source : romandie.com, le 12 janvier 2015.

 

 

 

3. Crimes de guerre en Croatie : retour à la case prison pour Branimir Glavaš
 
 

 

 

Condamné à huit ans de prison pour des crimes de guerre commis contre des civils serbes, Branimir Glavaš, l’ancien chef de la défense croate d’Osijek, avait été remis en liberté conditionnelle le 20 janvier dernier. La Cour suprême de Croatie a ordonné son retour en détention provisoire.

 

Conformément à la demande du Tribunal de grande instance de Zagreb, qui a exigé que Branimir Glavaš soit placé en détention provisoire à la maison d’arrêt de Remetinec, la police est venue chercher l’accusé jeudi 5 mars à son domicile d’Osijek.

Branimir Glavaš, dont les avocats ont d’ores et déjà annoncé qu’ils allaient saisir le Conseil constitutionnel, devrait rester en prison jusqu’à ce que soit rendu le jugement définitif, mais pas plus longtemps que la peine prévue par le jugement non-définitif. « C’est la sixième fois que je suis arrêté par la justice croate. On crée un précédent de plus dans cette affaire, dix ans de persécution politico-juridique. Comme je l’ai dit en revenant en Croatie, je ne renonce pas à la lutte pour prouver mon innocence, même face à une justice manifestement instrumentalisée par la politique. Je le fais pour ma famille, pour tous les habitants d’Osijek et de Slavonie, et pour ceux qui ont participé à cette juste Guerre pour la Patrie (« (Domovinski rat »), qui a permis la création et la défense d’une Croatie indépendante. Ne l’oubliez pas, la défense d’Osijek est blanche comme neige, vous n’avez rien à vous reprocher. Merci à tous pour votre fidèle soutien. Mes avocats continueront la bataille juridique, et il ne me reste malheureusement qu’un moyen de lutter et protester contre ces dix ans de violations continuelles de mes droits d’homme et de citoyen tels que figurant dans la Constitution croate et dans les conventions internationales. La grève de la faim, que je commence dès aujourd’hui », a annoncé Branimir Glavaš aux journalistes réunis devant chez lui.

L’accusation affirme elle que tout est en règle : suite à l’invalidation par le Conseil constitutionnel de la sentence définitive de huit ans de prison rendue par la Cour suprême, c’est le jugement du Tribunal de Grande Instance de Zagreb, selon lequel Branimir Glavaš est condamné à titre non-définitif à dix ans de prison pour crimes de guerre contre des civils serbes à Osijek, qui entre à son tour en vigueur. Or, selon la procédure judiciaire, un prévenu dont la peine non-définitive est supérieure à cinq ans de prison doit automatiquement être placé en détention provisoire. Le Tribunal de Grande Instance affirme d’autre part que, contrairement aux affirmations de la défense, « la détention provisoire a un but propre strictement défini par la loi, si bien que la peine de prison purgée par le prévenu pour un jugement, même si ce dernier est annulé par la suite, ne peut absolument pas être déduite de sa détention provisoire ».

Branimir Glavaš, dont les avocats dénoncent plusieurs irrégularités et précédents dans les jugements rendus, crie à la persécution et parle de « farce juridique ». Son avocat, Dražen Matijević, affirme quant à lui n’avoir pas encore reçu la décision de la Cour suprême qui condamne son client à la détention provisoire, et compte saisir le Conseil Constitutionnel dès réception de la décision en question.


 

Traduit par Chloé Billon

 

Source : balkans.courriers.info, le 6 mars 2015.

Article paru à l'origine sur index.hr, le 5 mars 2015.

 

 

 

 

4. Elections en Croatie : Branimir Glavas, criminel de guerre et candidat nationaliste


 


 

La modeste salle des fêtes de Kutjevo est pleine à craquer. Trois cents habitants réunis

pour accueillir leur héros. Quand il fait son entrée, précédé comme à son habitude

de ses « gardes » en chemises noires, ils sont tous debout. Dans cette petite commune

agricole perdue au milieu de la Slavonie, région croate frontalière de la Serbie, Branimir

Glavas, ancien criminel de guerre en campagne pour les législatives croates du dimanche

8 novembre, se sait en terrain favorable. « Je suis sorti de prison encore plus fort », tonne

celui qui promet de tout faire pour rétablir « cette zone qui a été détruite par la

guerre [d’indépendance de la Croatie] ».


 

A 59 ans, celui qui pourrait passer pour un paisible retraité avec son chapeau slavon savoure son retour tonitruant sur la scène politique croate. Branimir Glavas était encore emprisonné début janvier en Bosnie où il purgeait une peine de huit ans prononcée en 2010 pour avoir fait tuer et torturer plusieurs civils serbes lorsqu’il était commandant militaire de la ville d’Osijek, en 1991. Sur son jugement, il est précisé que les corps de ses victimes étaient la plupart du temps jetés dans la Drave, la rivière qui longe la ville. Et que l’une d’entre elles a été contrainte deboire de l’acide de batterie.

« Glavas a été un combattant comme moi, il a défendu la Croatie », vante Vinko Baric, un invalide de guerre de 48 ans venu le soutenir. Ses crimes ? « Cela ne me regarde pas », glisse le solide gaillard qui élève des porcs pour compléter sa pension de vétéran de 2 000 kunas (265 euros) par mois. L’assistance est composée quasi exclusivement d’hommes, agriculteurs ou vétérans de guerre, voire les deux à la fois.

« Faucons slavons »

« Je me considère comme innocent, j’ai été victime d’une répression politique »,proteste l’ancien général, sourire avenant mais regard perçant, au siège de son parti situé dans un des nombreux immeubles d’Osijek encore criblés d’impacts de balles. Il s’appuie sur l’annulation surprise pour vice de forme de sa condamnation en appel prononcée en janvier par la Cour constitutionnelle croate. Dans l’attente d’un nouveau procès, il a pu sortir en liberté provisoire et reprendre les rênes de l’Alliance démocratique croate de Slavonie et Baranya (HDSSB), le parti« régionaliste et nationaliste » qu’il a fondé en 2005 pour garder la main sur une région dont ce juriste de formation a longtemps été le maître incontesté.

De retour dans son fief, il compte bien retrouver son poste de député – et l’immunité qui va avec. Sa campagne, ciselée pour plaire aux habitants de cette région durement touchée par la pauvreté et la guerre, multiplie les provocations. Sa « garde des faucons slavons », officiellement simple « section sportive », est par exemple composée de jeunes en uniformes noirs qui marchent au pas, ressemblant furieusement à ceux de la milice qu’il dirigeait en 1991. Censés s’occuper de la sécurité du parti et d’action humanitaire, ils ont défilé sans prévenir devant le Parlement croate à Zagreb, le 19 octobre, suscitant un choc dans le pays.

« Cela était autorisé, car ils étaient allés déposer leurs listes. Ils ne sont pas armés, il n’y a rien d’illégal », explique bien embêté Ranko Ostojic, le ministre de l’intérieur (social-démocrate), qui préfère les prendre de haut. « Ses chemises noires sont un corps sportif récréatif, non ? » « Je ne soutiens pas son type de communication, mais chacun a sa façon de contacter les électeurs », explique de son côté Pero Cosic, candidat en Slavonie du HDZ, le parti conservateur croate d’opposition. Un parti que Branimir Glavas a quitté en 2005 après en avoir été un des fondateurs aux côtés du nationaliste Franjo Tudjman, le « père » de l’indépendance du pays.

Pouvoir de nuisance

« Le résultat de l’élection de dimanche s’annonce très serré et les autres partis auront peut-être besoin de lui pour gouverner. Alors ils le tolèrent et personne n’est vraiment très clair », déplore Drago Hedl, journaliste et auteur d’un livre sur Branimir Glavas (« Chronique d’une destruction », non traduit). Même s’il baisse dans les sondages, le parti devrait sauver son groupe au Parlement.

Fort de son pouvoir de nuisance, il n’exclut de soutenir aucun des deux partis.« Après dix ans d’existence, nous voulons passer de l’opposition au pouvoir »,martèle l’ancien maître d’Osijek lors de tous ses meetings. Quel sera le prix d’un éventuel soutien ? Au-delà du discours ultra-basique sur le soutien à l’agriculture slavone et sur son propre sort, Branimir Glavas pourrait imposer un durcissement de l’accueil des migrants dans le pays, situé au milieu de la route des Balkans. Plus de 300 000 réfugiés ont traversé le pays depuis mi-septembre, avec la bénédiction du gouvernement, mais sous les critiques de la droite.

« On aurait dû faire comme la Hongrie qui a su protéger ses intérêts nationaux »,assure M. Glavas, fervent défenseur des racines catholiques de la Croatie et admiratif de la clôture installée par Viktor Orban à la frontière hongroise. Mais les manifestations antiréfugiés soutenues par son parti ont jusqu’ici peiné à attirer du monde. Marqués eux aussi par la guerre, les Croates restent en effet dans leur majorité favorables à l’accueil des migrants. Est-ce un signe de la fin de Branimir Glavas ? « Je ne pense pas que les électeurs sont encore prêts à le suivre »,veut croire Nenad Zakosek, professeur de science politique à l’université de Zagreb.


 


 

Par Jean-Baptiste Chastand

Source : lemonde.fr, le 7 novembre 2015.


 

 


 

5. Jugement annulé pour un ex-député condamné pour crimes de guerre

 

 

La Cour suprême de Croatie a annoncé ce jeudi avoir cassé la condamnation à une peine de prison de l'ancien député Branimir Glavas, reconnu coupable de crimes de guerre à l'encontre de civils serbes pendant la guerre de 1991-1995 et ordonné un nouveau procès.

Branimir Glavas a été condamné en 2010 à huit ans de prison pour son rôle dans le meurtre de civils serbes en 1991 dans la ville d'Osijek dont il était le commandant militaire. 

Mais en 2015, la Cour constitutionnelle a annulé ce verdict en invoquant des vices de procédure et demandé à la Cour suprême de se prononcer sur le jugement tandis que Branimir Glavas était libéré de la prison où il purgeait sa peine.

La sentence condamnant l'ex-député "a été totalement annulée et l'affaire a été renvoyée au tribunal de première instance pour un nouveau procès", a annoncé un communiqué de la Cour suprême.


En 2009, Branimir Glavas avait été condamné par un tribunal de Zagreb à dix ans de prison, mais l'année suivante, sa peine a été réduite par la Cour suprême.

Il avait été reconnu coupable d'avoir fait enlever, torturer et tuer au moins dix Serbes à Osijek dont il assurait la défense au début de la guerre de 1991-1995.

L'annulation du verdict a suscité l'indignation en Serbie. Le ministre serbe des Affaires étrangères Ivica Dacic a estimé dans un communiqué que "le message de cet acte honteux est que les crimes impunis contre les Serbes sont normaux et permis".

La proclamation de son indépendance par la Croatie en 1991 a provoqué une guerre avec les séparatistes serbes, qui a fait près de 20.000 morts. Un des motifs du conflit était la crainte des Serbes de voir le nouvel Etat croate reprendre les emblèmes et les méthodes du régime des Oustachis, les fascistes croates qui s'étaient alliés aux nazis pendant la seconde guerre mondiale, et qui avait massacré les Serbes, les Juifs et les Tsiganes.

En juillet 1995, l'opération militaire "Tempête" de l'armée croate a mis en déroute les séparatistes, et a provoqué l'exode de près de 300.000 Serbes. 

La capacité de la justice croate à juger les Croates accusés de crimes de guerre était l'un des critères exigés en vue de l'adhésion à l'Union européenne de la Croatie, qui en est devenue membre en 2013.

 

 

Source : lefigaro.fr, le 28 juillet 2016.

 

 

 

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 13 Janvier 2015

1. La diplomate Kolinda Grabar-Kitarovic prend les rênes de la Croatie

 

 

La candidate de centre droit, Kolinda Grabar-Kitarovic, a été élue dimanche 11 janvier présidente de Croatie.

 

Cette mère de famille issue d’un milieu modeste promet un renouveau économique à son pays.

La première présidente de l’histoire croate ne fait presque pas ses 46 ans. Kolinda Grabar-Kitarovic est une femme rompue depuis longtemps aux us des hautes sphères diplomatiques.

De son début de carrière, en 1992, à la présidentielle de 2015, cette diplômée en relations internationales, qui a étudié dans plusieurs universités aux États-Unis, n’a occupé que des postes dans le milieu diplomatique.

Conseillère en la matière pour divers ministères croates, diplomate à l’ambassade du pays au Canada puis, à partir de 2011, adjointe du secrétaire général de l’Otan : les postes internationaux ont jalonné sa carrière.

Même en Croatie, elle y est abonnée. Kolinda Grabar-Kitarovic, qui parle anglais, espagnol et portugais, a été successivement ministre de l’Intégration européenne, de 2003 – année où elle a été élue députée – à 2005, puis est devenue ministre des affaires étrangères jusqu’à 2008.

 

Des origines modestes

Durant sa campagne, elle a largement martelé qu’elle est « une femme du peuple ». Soucieuse de paraître proche des Croates, cette mère de deux enfants – un garçon, une fille – a assuré que « la patrie et la famille sont [son] choix de vie ».

Et s’est targuée d’être, au sein de l’Otan, la seule personne « sachant traire une vache ». Car ses origines sont modestes : née à Rijeka, ville portuaire de l’Adriatique, cette fille de boucher a grandi à la campagne.

 

Libéralisme sociétal

Malgré son appartenance au parti conservateur HDZ, dont elle fait partie des modérés, elle s’est voulue ouverte sur les questions de société durant la campagne.

Faisant de son conjoint un « papa de profession », cette catholique pratiquante a pris des positions favorables vis-à-vis de l’homosexualité et de l’avortement, et souhaite autoriser le cannabis à but thérapeutique.

Pour séduire les nationalistes, dont le report de voix au second tour était décisif, Kolinda Grabar-Kitarovic s’est montrée ferme sur l’adhésion de la Serbie à l’Union européenne, actuellement en négociation, contre laquelle elle a promis de lutter.

 

Lutter contre la corruption

Mais l’essentiel de sa présidence se jouera sur l’économie, dont elle a fait l’axe moteur de son programme électoral au titre alléchant, « Pour une meilleure Croatie ». Car l’entrée du pays dans l’Union européenne n’a pas permis d’enrayer l’effrayante spirale dans laquelle il est empêtré : en récession presque ininterrompue depuis six ans, son taux de chômage culmine à 17 %.

 

La nouvelle présidente souhaite à la fois relancer la production par l’attraction d’investissements étrangers et lutter contre la corruption qui mine le pays et son économie. Un ambitieux programme qu’elle a désormais cinq ans pour appliquer.

 

 

Par Youness Bousenna

Source : la-croix.com, le 12 janvier 2015.

 

 

 

 

2. Investiture de la présidente : l'unité est-elle possible ?


 

"C’est l'heure d'une nouvelle unité croate", titre Jutarnji List. Le quotidien de Zagreb cite les propos de la nouvelle présidente croate, Kolinda Grabar Kitarovic, prononcés lors de la cérémonie d'investiture le 15 février.

Selon le journal, cet appel à "abandonner la polarisation dramatique de la société croate", ainsi qu'à "se tourner vers l’avenir", constitue le message clé de l'adresse inaugurale de Mme Grabar Kitarovic. Toutefois, 
Jutarnji Lists'interroge au sujet de la sincérité de ces mots : "Etant donné le nombre de personnes invitées à la cérémonie d'investiture connues pour leur discours de haine et leurs positions idéologiques tranchées, voire révisionnistes […], ou même la présence de certains responsables de crimes, on a quelques doutes", note le quotidien.

Quant à la cérémonie d’investiture, 
Jutarnji List la trouve "digne", bien qu’un peu "surdimensionnée" : "Pour un Etat au bord de la faillite, il y avait peu de modestie et trop de faste et de pompe. La cérémonie faisait penser plus à un couronnement qu'à la prestation de serment de la présidente d'un Etat démocratique moderne", estime le quotidien. 


 

Source : courrierinternational.com, le 16 février 2015.

 

 

 

 

3. Kolinda Grabar-Kitarović fait retirer le buste de Tito du palais présidentiel

 

 

Pour la nouvelle cheffe de l’État croate, le Maréchal Tito n’était qu’un « dictateur communiste sanguinaire », comme elle n’a eu de cesse de le répéter tout au long de la dernière campagne électorale. Une fois ses fonctions prises, elle a donc tout naturellement fait retirer le buste de l’ancien dirigeant yougoslave du Pantovčak, le palais présidentiel croate.


 

Le buste du Maréchal Tito qui trônait dans le palais présidentiel croate a été retiré jeudi. La décision a été prise par la nouvelle cheffe de l’État, la très droitière Kolinda Grabar-Kitarović.

 

Élue de justesse en janvier, Kolinda Grabar-Kitarović n’a eu de cesse de qualifier Josip Broz Tito de « dictateur communiste ». Selon elle, son buste n’avait pas sa place au côté de ceux des autres grandes figures de l’histoire croate.

Cette décision a suscité une avalanche de réactions dans l’opinion publique croate, toujours divisée sur la question de l’héritage yougoslave. La villa, construite à l’origine pour accueillir Tito lors de ses déplacements à Zagreb, est devenu le palais présidentiel de Croatie juste après l’indépendance, en 1992.

Pour certains Croates, le Maréchal Tito reste l’un des plus importants personnages de l’histoire nationale. Malgré ses erreurs, ils retiennent surtout son action à la tête de la résistance antifasciste pendant la Seconde Guerre mondiale, sa rupture avec Staline et sa mise en œuvre d’un socialiste bien moins dur que dans les républiques du bloc soviétique. Pour d’autres, Tito n’est qu’un dictateur atroce, responsables de milliers de morts, dont de nombreux Croates.

Le buste a été donné avec des centaines d’autres objets appartenant à l’ancien chef de l’État au musée qui lui est dédié à Kumrovec, la ville où il est né. C’est là que son anniversaire est célébré chaque année par les nostalgiques de la fédération socialiste. Jusqu’à présent, aucun Président croate ne s’était risqué à retirer le buste de Tito, pas même le très nationaliste père de l’indépendance, Franjo Tuđman.


 

Source : balkans.courriers.info, le 21 mars 2015.

 

 

 

 

 

4. Les quotas de migrants obligatoires de l'UE ne sont pas une bonne solution (présidente croate)

 

Les quotas de migrants obligatoires ne sont pas une bonne solution, car ils ne traitent pas la cause de la migration à laquelle l'Europe devra encore faire face dans les années à venir, a déclaré mercredi la présidente croate Kolinda Grabar-Kitarovic.


 

"Il est nécessaire d'arriver à trouver une approche européenne commune, car des solutions partielles ne sont rien de plus qu'une voie sans issue", a souligné la présidente croate à l'issue de sa rencontre avec son homologue slovaque Andrej Kiska à Bratislava.

Mme Grabar-Kitarovic a indiqué qu'il revenait à la décision souveraine des Etats membres de l'UE d'approuver ou de rejeter les quotas obligatoires, selon s'ils estiment qu'ils ont la capacité réelle d'atteindre ces quotas ou non.

La présidente croate a ajouté que l'UE aura à gérer un énorme afflux de personnes, dont une part importante est composée de migrants économiques.

Elle a souligné que même avec les meilleures intentions, l'UE n'a pas encore la capacité nécessaire pour accepter les millions de migrants du monde entier qui souhaitent venir en Europe.

Selon le président Kiska, la discussion à ce sujet en Slovaquie a été grandement déformée par les élections générales à venir. "S'il n'y avait pas les élections en mars prochain, le débat et les politiques individuelles auraient pris une tournure différente", a-t-il ajouté.

Il est nécessaire de faire preuve de solidarité et d'être sûr que la crise migratoire ne mènera pas à une division au sein de l'UE, a souligné M. Kiska.

 

 

 

Source : french.china.org.cn, le 10 décembre 2015.

 

 

 

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 26 Décembre 2014

1. Ivan Vilibor Sinčić, « candidat anarchiste à la présidentielle »

 

 

Ivan Vilibor Sinčić, le fondateur de l’ONG Živi zid, le « Bouclier humain », qui lutte contre les expulsions locatives, est candidat à la présidentielle. Âgé de 24 ans, cet « extraterrestre de la société croate », comme il se définit, pourrait bien être la surprise du scrutin du 28 décembre. Portrait.

 

Dans les rues de Zagreb, il fait nuit noire. À la sortie d’un bar, quatre jeunes interpellent Ivan Sinčić : « Allez-vous légaliser le cannabis ? ». Le candidat à la présidentielle, de grande taille et à l’allure élancée, n’a pas le temps de s’arrêter, prend un air gêné et bredouille un « oui ». Cheveux longs, barbe négligée et manteau noir, Ivan Vilibor Sinčić se démarque du communicant habituel par un côté taciturne. « Je me suis toujours considéré comme un extraterrestre dans la société croate », dit-il à demi-sourire.

Depuis que la campagne électorale a débuté le 9 décembre, la vie de l’étudiant de 24 ans a totalement changé. Plus le temps de cultiver les patates douces du potager, ni de suivre les cours à la faculté d’ingénierie : Ivan est un homme politique à plein temps. « Je suis la seule possibilité de changement dans ce pays et l’unique candidat qui présente une nouveauté », affirme le plus jeune aspirant au titre de chef d’État dans l’histoire de la Croatie.

Désormais à l’intérieur d’une taverne enfumée, Ivan Sinčić commande un thé chaud. Le « candidat anarchiste à la présidentielle », comme l’a défini le premier quotidien croate Jutarnji List, ne boit pas, ne fume pas, se montre réservé, mais déterminé à remporter le scrutin. Son programme s’inscrit dans la lignée de son engagement civique : il souhaite arrêter les expulsions tout comme la confiscation des immeubles aux personnes endettées et rendre aux citoyens les biens publics qui ont été privatisés de manière obscure dans les années 1990. Il veut aussi redonner à la Croatie sa souveraineté monétaire. « Je ne suis pas contre l’Union européenne, mais je veux qu’elle soit reformée : nous ne voulons pas d’une union de banquiers », affirme-t-il.

D’un geste mécanique, le militant replace sa veste sur les épaules. Il explique, le visage impassible et clignant sans cesse l’œil droit, son engagement depuis deux ans pour défendre ceux qui risquent l’expulsion de leur foyer. En mars 2012, il crée avec son ami Ivan Pernar l’ONG Živi zid (« bouclier humain »). En formant une chaîne humaine bloquant l’accès à l’entrée des habitations, Živi zid empêche la police de déloger les familles qui n’ont plus les moyens de payer leur loyer. « C’est comme une partie d’échecs. Toute expulsion doit respecter une longue série de formalités. Et nous sommes là pour veiller à ce que tout soit fait dans les règles. À la moindre erreur, la procédure est annulée. » Sur 22 interventions, le jeune homme a été arrêté cinq fois pour résistance passive, un délit mineur qui lui a valu 200 kunas d’amende (30 euros). « Aujourd’hui les politiciens sont d’abord élus, ensuite arrêtés… Moi, c’est le contraire ! »

Les parents du jeune candidat au charisme déconcertant vivent toujours dans la maison familiale de Karlovac avec leurs trois fils et suivent avec attention le parcours politique d’Ivan. « Ils me soutiennent », affirme-t-il. Son père, un ingénieur employé au ministère des Finances, craint cependant de perdre son poste depuis que son fils se porte candidat. « Ainsi, ça lui ferait des vacances », s’amuse celui-ci.

D’après un sondage publié par Jutarnji List le 20 décembre, Ivan Sinčić gagnerait environ 10% des voix, arrivant troisième devant Milan Kujundžić (droite). « Mais avec un taux de participation important, nous pourrions arriver deuxième... » Dimanche 21 décembre, lors du premier débat télévisé, Ivan Sinčić a su garder son sang-froid face aux trois autres candidats à la fonction suprême, autrement plus chevronnés. « Ils essaient de vous faire croire que nous sommes tous les mêmes, mais ce n’est pas le cas », a-t-il conclu face à la caméra.

 

 

Par Laetitia Moreni

Source : balkans.courriers.info, le 25 décembre 2014.

 

 

 

 

 

 

2. Présidentielle en Croatie : "bonnet blanc et blanc bonnet" ?

 

Les Croates retournent aux urnes dimanche à l’occasion du deuxième tour de l’élection présidentielle entre le sortant social-démocrate Ivo Josipović et la candidate de droite Kolinda Grabar-Kitarović. Un scrutin qui promet d’être serré et qui comporte une inconnue : que feront les 16 % d’électeurs qui ont voté pour le candidat de la société civile, Ivan Vilibor Sinčić, qui n’a pas donné de consigne de vote ? Entretien avec le candidat qui a créé la surprise au premier tour du scrutin.

Avec 38,5 % des voix recueillies au premier tour, Ivo Josipović (SPD, social-démocrate) est en ballotage défavorable. Kolinda Grabar-Kitarović (HDZ, droite nationaliste) peut compter sur les 37 % d’électeurs qui lui ont fait confiance au premier tour, ainsi que sur le report des 5 % de supporters du candidat ultranationaliste Milan Kujundžić.

Kolinda Grabar-Kitarović martèle depuis des jours un message de fermeté à l’égard de la Serbie et promet, si elle est élue, d’imposer des conditions drastiques à l’entrée du pays voisin à l’Union européenne. Un appel du pied à la frange la plus nationaliste de son électorat, mais qui ne parviendra peut-être pas à séduire au-delà de son propre camp.

Reste une inconnue pour ce scrutin : le choix que feront les électeurs du candidat arrivé en troisième place le 28 décembre, avec 16 % des voix. Ivan Vilibor Sinčić, militant de 24 ans et candidat « anarchiste » issu de la société civile, se pose comme le véritable vainqueur de cette élection. Il n’a pas donné de consigne de vote à ses partisans, et entend bien devenir un acteur incontournable de la politique croate lors des prochaines élections législatives fin 2015. A quelques heures du deuxième tour de scrutin, il explique au Courrier des Balkans comment il entend faire fructifier ses bons résultats au premier tour de la présidentielle.

 

 

Courrier des Balkans (CdB) : Vous avez réalisé un score exceptionnel lors du premier tour. Vous avez remporté plus de 16% des voix alors qu’un sondage publié à la veille de l’élection présidentielle par le quotidien Jutarnji List vous attribuait 9,2% des votes. Êtes-vous surpris ?

Ivan Vilibor Sinčić (I.V.S.) : Je ne m’y attendais pas. A vrai dire, j’ai commencé cette campagne sans trop d’attentes et aujourd’hui je suis très, très content. C’est un énorme succès pour nous.

 

CdB : Comment expliquez-vous ce résultat ?

I.V.S. : Nous avions le meilleur programme : nous avons donné des réponses concrètes à des problèmes réels, tandis que les deux autres principaux partis (SDP et HDZ) se sont contentés de faire leur rhétorique habituelle. Ils ont tenu un discours simpliste et dangereux, en parlant de communisme, de Deuxième guerre mondiale et en s’accusant l’un l’autre de corruption… Exactement le contraire de ce que nous avons fait.

 

CdB : Comment alors avez-vous mené votre campagne électorale ?

I.V.S. : Même avant de connaître les résultats, notre campagne était un succès. Nous avons réussi à élever le niveau du débat public, tout en restant concret et en parlant d’expulsions, de crise économique et de réforme monétaire.

 

CdB : Votre score peut-il aussi s’expliquer comme un vote de protestation contre l’establishment politique ?

I.V.S. : Oui, sûrement. Mais c’est aussi le résultat de trois ans de travail et d’activisme.

 

CdB : Dimanche 11 janvier, Ivo Josipović et Kolinda Grabar-Kitarović s’affronteront pour le poste de chef d’Etat. Ces deux candidats sont-ils vraiment différents ?

I.V.S. : Non, pas vraiment. Ils ont le même programme et ils vont faire la même politique. Ils peuvent paraître différents, mais seulement en surface, pour le public. Au fond, ils défendent les mêmes idées. Que ça soit l’un ou l’autre qui gagne, cela ne changera rien pour la Croatie.

 

CdB : Vous n’allez donc pas donner de consignes de vote pour ce deuxième tour ?

I.V.S. : Non. Les deux continueront la récession, la corruption et les expulsions. Mon éthique m’interdit de choisir entre ces deux candidats. Je conseille à mes électeurs de rester à la maison, ou de voter librement selon leur conscience.

 

CdB : A 24 ans, qu’avez-vous appris de cette élection ? Quel message voulez-vous lancer aux jeunes croates ?

I.V.S. : Je pense qu’il est très important d’avoir une vision claire du monde dans lequel on veut vivre. C’est seulement ainsi que nous pouvons changer les choses. Je vais me battre pour défendre mon programme et mes idées et j’espère que la participation citoyenne augmentera. Le 28 décembre, le taux de participation a été élevé (47%) mais l’on pouvait mieux faire. Il faut que les citoyens s’activent, qu’ils disent quelque chose, qu’ils fassent partie de la solution qu’ils veulent voir dans leur société. Sans l’apport de tout le monde, il n’y a pas de changements possibles.

 

CdB : Dans moins d’un an, les Croates se rendront de nouveau aux urnes. Cette fois-ci, pour renouveler leur Parlement et ainsi choisir l’exécutif. Que fera Živi zid ?

I.V.S. : Nous allons participer, sachant que nous avons obtenu 300 000 votes à la présidentielle. Nous allons mettre à profit notre expérience, tout comme les fonds et les bénévoles qui nous ont permis d’obtenir ce résultat, pour continuer sur cette voie.

 

 

 

Propos recueillis par Laetitia Moréni

 

Source : balkans.courriers.info, le vendredi 9 janvier 2015.

 

 

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Publié le 26 Octobre 2014

Miroslav Tuđman, pâle héritier du "père de la Croatie indépendante", est candidat à la présidentielle

 

 

Le nom de Tuđman n'est pas encore relégué dans les livres d'histoire croate. Après Franjo Tuđman, (premier) président de la Croatie indépendante jusqu'à sa mort en 1999, voici que son fils, Miroslav (63 ans), veut marcher dans ses pas. Il a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle, dont le premier tour est prévu le 27 décembre. 

 

Ses chances ? Inexistantes, selon les sondages, dont il conteste la validité. Son objectif ? Défendre l'héritage familial - une indéniable ressemblance physique le lie à son père - et dénoncer la politique de Stjepan Mesić. Président depuis 2000, "Stipe" Mesić fut un effet un pourfendeur des tendances nationalistes et autoritaires de Franjo Tuđman. 

 

En visite à Paris, fin octobre, Miroslav Tuđman a rencontré le président de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale, Axel Poniatowski (UMP). Dans un entretien au Monde, le candidat croate a critiqué les positions de Zagreb sur deux dossiers connexes : le conflit territorial avec la Slovénie et l'intégration à l'Union européenne (UE). Début octobre, la Croatie a repris ses négociations d'adhésion, gelées depuis décembre 2008 en raison du veto slovène. Les deux pays, en conflit sur la démarcation de la frontière maritime et terrestre dans le golfe de Piran, ont accepté de s'en remettre à un arbitrage international. 

 

Selon Miroslav Tuđman, "la Croatie a une mauvaise approche des négociations d'adhésion depuis dix ans. On a répété sans cesse qu'il n'y avait aucune alternative, sans penser à négocier les meilleures conditions possibles pour y entrer". 

 

 

Conception souverainiste

 

Au sujet du conflit frontalier, il qualifie de "complètement erronée" l'option qui consiste à faire de sa résolution un préablable à l'entrée dans l'UE. "C'est à l'UE d'expliquer s'il existe un critère dérogatoire, spécifique pour la Croatie, alors que d'autres pays avec ce genre de problèmes ont été acceptés avant de les résoudre", assure-t-il. M. Tuđman, qui dit souhaiter une intégration de son pays dans l'UE, prône une conception souverainiste de l'Union, qui devrait être une "union d'Etats souverains". 

 

L'ancien chef du service de renseignement extérieur croate (HIS), qu'il a dirigé entre 1993 et 1998 et entre 1999 et 2000, estime que son nom de famille ne constituera pas forcément un handicap dans la course présidentielle. Ses maigres résultats électoraux à la tête de sa formation, le Parti de la véritable renaissance de la Croatie (HIP), ne sont pourtant guère encourageants. "Mon nom est un avantage parmi les gens ordinaires. Le problème se pose au sein de certains cercles du pouvoir, où le rôle de l'Eglise, l'action de mon père et celle de l'armée croate pendant la guerre sont perçus négativement." A l'écouter, il n'existerait pas "un seul exemple concret où la loi aurait été violée" par Franjo Tuđman, lors de sa présidence. 

 

Quant aux crimes de guerre commis par des Croates, "il y en a eu, mais c'était le fait d'individus ou de groupes isolés, et non la conséquence d'une politique. Regardez ce qui s'est passé après l'ouragan Katrina, à la Nouvelle-Orléans. Il y a eu des pillages, des crimes". 

 

Par Piotr Smolar

 

Source : lemonde.fr, le 12 novembre 2009. 

 

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Rédigé par brunorosar

Publié dans #Hommes politiques, #militaires et diplomates

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