Boris Vukobrat

Publié le 10 Janvier 2012

Boris Vukobrat

 

Boris Vukobrat, philanthrope et homme d’affaires est né le 5 mars 1940 à Zagreb.  Ses parents sont Serbes : son père est originaire de Knin et sa mère de Bosnie, tandis que lui-même se déclare Yougoslave.  Son épouse, Hajrija Vukobrat, est issue d’une prestigieuse famille de Banja Luka.


Diplômé de la Haute École du Commerce Extérieur de Belgrade, Boris Vukobrat a travaillé pendant un certain temps comme journaliste dans la revue Ekonomska Politika, mais jugé politiquement inconvenant, il se trouve au chômage.  Vers la fin 1965, avec pour toute fortune deux cents francs suisses empruntés, il monte à Paris, où il mène avec son épouse une vie très modeste, travaillant en même temps comme peintre en bâtiment, laveur de vitres, ouvrier chez Revalut, et étudiant la langue et la civilisation françaises à la Sorbonne.  Il poursuit ses études également à la Haute école Polytechnique de Commerce Extérieur à Paris.  Les études terminées, il trouve un emploi dans la société Copechim.  Avec le temps, en avançant tous les ans d’un échelon, il finit par devenir le numéro un de cette compagnie qui devient, sous sa direction, l’une des plus importantes du monde en matière de commerce de produits pétroliers et pétrochimiques.


Il s’engagea tout particulièrement dans le commerce entre l’ancienne URSS et les autres pays de l’Europe de l’est et la France et les autres pays d’Europe occidentale.  Son engagement dans le développement des relations économiques entre la Russie et la France lui vaut en 1983 l’ordre du chevalier de la Légion d’Honneur. Il devint ainsi le plus jeune étranger à avoir été décoré de cette plus haute distinction française décerné pour les mérites en temps de paix.  Il devient aussi  mécène de l’Académie Française, un privilège  qui n’est pas accordé à tout le monde, indépendamment du montant de la donation, puis un des fondateurs, avec Butros Butros Ghali et Franco Agnelli, de l’Université Francophone d’Alexandrie.  Grâce à ses activités sociales et à ses contacts professionnels il devient ami intime de nombreux hommes d’État et d’autres éminentes personnalités du monde entier.  Chevalier en 1983, il devient en 1993 officier de la Légion d’Honneur, laquelle distinction lui est décernée du fonds personnel du président Mitterrand pour ses efforts de paix dans le cadre de la Fondation.


Sa fortune personnelle s’accroissant, il ne cessait d’investir dans sa patrie d’origine, si bien qu’il ouvrit des agences de la Copechim dans les chefs-lieux de toutes les républiques de l’anciennes Yougoslavie.  Il créa aussi à Konavli un domaine horticole dont la production et l’activité commerciale répondaient aux normes internationales les plus élevées, prouvant ainsi qu’en Yougoslavie aussi une gestion et une production au plus haut niveau mondial étaient possibles, à condition d’appliquer les principes de l’économie et de la technologie modernes.  Ce domaine fut complètement détruit pendant les opérations de guerre dans la région de Dubrovnik en 1991.


Lorsque la guerre éclata dans l’ancienne Yougoslavie, il décida de s’engager au maximum pour qu’une fin soit mise à ce conflit.  Il élabora un projet en vue d’une nouvelle communauté des républiques de l’ancienne Yougoslavie, fondé sur les idées de régionalisation et d’intégration.  Ce projet fut diffusé à des centaines d’experts : politologues, économistes, sociologues, juristes, ainsi qu’aux hommes des lettres et journalistes, avec la demande d’y apporter leurs suggestions.  Partant de ces suggestions et des résultats de la Table ronde qui avait réuni en septembre 1992 à Belgrade une quarantaine d’experts d’orientations différentes, il finit par élaborer, dans le cadre de la Fondation pour la Paix et la Gestion des Crises, qu’il avait créée entre-temps et qui étudie la situation dans les pays de l’ancienne Europe de l’Est pour proposer des solutions concrètes aux problèmes apparus lors du passage du totalitarisme à la démocratie et du collectivisme à l’économie de marché, ses « Propositions en vue d’une nouvelle communauté des républiques de l’ex-Yougoslavie ».  Ce document contient,  à côté du projet de base de Boris Vukobrat, une série de développement concrets de nombre de ses aspects,  élaborés les plus éminents experts du monde.


Ce projet repose essentiellement sur l’idée que les peuples de l’ancienne Yougoslavie n’avaient pas voulu la guerre dans laquelle ils furent poussés par les politiciens luttant pour se maintenir au pouvoir.  Les raisons historiques, culturelles, économiques, de communication, géographiques et politiques imposent l’intégrité de l’espace de l’ancienne Yougoslavie.  D’autre part, il est indispensable que chaque partie de cet espace puisse exprimer sa particularité.  Aussi Boris Vukobrat propose-t-il, en guise de solution, la réalisation de deux principes, de celui de régionalisation et de celui d’intégration.  Ce sont les régions qui assureraient à leurs habitants le maximum de démocratie, la mise en valeur optimale de leurs potentiels économiques, la réalisation de leurs intérêts ethniques, la satisfaction de leurs besoins culturels, historiques et traditionnels.  Une intégration « à géométrie variable » permettant que chacune des république engage avec toutes les autres les relations qui lui conviennent du point de vue de leur portée et de leur nature, aboutirait à la création d’une communauté à l’instar de l’Union Européenne, en conformité avec les intérêts et les besoins de chacune d’entre elles.


Ce projet fut accueilli dès le début avec une attention particulière de l’opinion mondiale.  En s’employant en faveur des principes de ce projet, l’ancien président soviétique Mikhaïl Gorbatchev demanda à Boris Vukobrat de préparer, sur les mêmes bases, un projet de solution de la crise dans l’ancienne URSS.  La Fondation pour la paix et la Gestion des Crises de Boris Vukobrat s’acquitta de cette tâche en engageant un groupe de plus éminents experts russes d’orientations politiques différentes, qui finirent par rédiger l’ouvrage intitulé « Les Propositions pour la Russie et la Communauté des États Indépendants ».


A la demande adressée du siège de la Conférence sur l’ex-Yougoslavie à Genève, la Fondation de Vukobrat développa aussi un projet de solution de la crise en Bosnie-Herzégovine, en octobre 1992.  Tous les principes de ce projet furent contenus dans les bases constitutionnelles du document connu comme le Plan Ahtisari, plus précisément du projet d’aménagement de la Bosnie-Herzégovine dans le cadre du plan Vance-Owen.  Cependant, l’idée de la régionalisation dans le plan Vance-Owen s’étant substantiellement écartée de l’idée de Boris Vukobrat, du fait de reposer sur une division ethnique, ce plan a dû échouer.


Oeuvrant avec dévouement à la divulgation de son projet, en convaincant les officiels du monde de rejeter les principes de la division ethnique et de sauvegarder l’unité de la Bosnie-Herzégovine, sans laquelle il ne pouvait pas y avoir de paix durable et juste dans l’ex-Yougoslavie, Boris Vukobrat rencontrait régulièrement les plus hauts fonctionnaires au Kremlin, à l’Élysée, dans la Maison Blanche, au Palais des Nations, au siège de l’Union Européenne à Bruxelles, il rencontrait les médiateurs internationaux…A l’initiative d’un groupe d’anciens leaders occidentaux, des présidents Ford et d’Estaing et des premiers ministres Callaghan et Schmidt, Boris Vukobrat élabora un plan de paix pour la Bosnie-Herzégovine vers le milieu de l’année 1993.  Dans ce plan, entre autres,  il s’employa en faveur d’un contrôle strict de toutes les frontières de la Bosnie-Herzégovine afin que Belgrade et Zagreb fussent empêchés d’armer les parties en conflit,  en faveur de l’extension du mandat des forces de l’ONU de manière qu’elles pussent protéger efficacement les populations civiles, il prôna le rejet de toute idée de division ethnique de la Bosnie-Herzégovine, ainsi que la reconnaissance mutuelle immédiate et inconditionnelle de toutes les républiques de l’ancienne Yougoslavie, avec une possibilité de modification des frontières sous réserve d’un accord de toutes les parties intéressées.


Considérant que la communauté internationale endossait une grande responsabilité pour le prolongement de la guerre en Bosnie, il faisait ressortir à partir du milieu de l’année 1993 la nécessité pour les plus grandes puissances du monde d’empêcher la poursuite de la guerre par une position unique et par une action conjointement mise au point, de manière que Moscou et paris eussent exercé une influence sur les Serbes, Washington sur les Musulmans, Bonn et Vatican sur les Croates, et Londres sur toutes les parties au conflit, afin que celles-ci  acceptent une solution de paix.  Durant le premier semestre 1994 il envoya une lettre ouverte aux leaders de ces pays en leur faisant comprendre qu’une large partie de leur responsabilité pour la poursuite de la guerre en Bosnie-Herzégovine relevait précisément de ce qu’ils hésitaient d’intervenir en commun et en leur demandant de mettre au point une action conjointe qui mettrait fin à la guerre.  Bientôt l’Élysée, le Kremlin et la Maison Blanche, ainsi que le chef de la diplomatie russe de l’époque André Kozirev se félicitèrent officiellement des idées de cette lettre lors d’une réunion avec Boris Vukobrat, et la création du « Groupe de contact » de ces pays fut l’aboutissement des longues années d’efforts de Boris Vukobrat.


En quelques années les idées défendues par Boris Vukobrat et sa Fondation devinrent partie intégrante de l’approche officielle des États-Unis et de l‘UE au problème de l’ex-Yougoslavie.  En effet, l’approche régionale de l’UE et la déclaration des États-Unis reposaient, au fond, sur les mêmes bases que le projet de Boris Vukobrat.


Avec le temps, les idées de la fondation de Vukobrat s’imposaient toujours davantage dans l’espace de l’ancienne Yougoslavie. Sept tables rondes furent tenues, réunissant au total quelque 300 éminents experts qui discutaient de divers aspect du projet, et cela deux fois à Belgrade et les cinq autres fois à Ohrid, à Cetinje, à Subotica, à Banja Luka et à Paris.  Les recueils des exposés présentés à ces réunions font partie intégrante du projet de base.


Conscient des effets du blocus informatif sur la poursuite de la guerre et l’incitation à la haine, Boris Vukobrat lança en juin 1993  l’émission radiophonique « L’Âge de la Raison », retransmise par les stations de radio indépendantes en Serbie, au Monténégro, en macédoine, en Bosnie-Herzégovine, en Slovénie, en Croatie, ainsi que par les stations de radio étrangères diffusant un programme en serbo-croate et couvrant l’espace de l’ancienne Yougoslavie.  Des articles choisis de ces émissions constituent le contenu d’un livre qui, de l’avis des critiques, représente le meilleur témoignage publié jusqu’à présent de l’absurdité et de l’inutilité de la guerre, montrant que tous les peuples de l’ancienne Yougoslavie avaient été poussés dans la guerre contre leur gré.  Suite à la parution de cet ouvrage, la Fondation entreprit de publier mensuellement un choix de meilleurs articles du mois précédent.


Parmi les nombreuses actions engagées par Vukobrat, il est à noter son action humanitaire et de paix entreprise en novembre 1993 à Paris. En effet, la Fondation de Vukobrat organisa une rencontre de la sélection nationale française de handball et de celle des joueurs de toutes les parties de l’ancienne Yougoslavie qui jouait en France..  Toutes les recettes de ce match et de sa retransmission radiophonique en direct furent utilisées aux fins humanitaires.


Avec le temps, M.Vukobrat a réussi, dans une série d’interviews, à expliquer à l’opinion publique sa vision et son bien-fondé, de sorte que toute tentative de manipulation était de moins en moins possible, d’autant plus que les plus prestigieux des médias mondiaux, de la CNN, en passant par Le Monde et Le Figaro, jusqu’à l’International Herald Tribune accordèrent aux actions et aux idées de Boris Vukobrat toute l’attention due, de quoi témoignent des centaines de pages de son volumineux dossier de la presse.

 

Source : http://www.fondmir.com/OLDversion/docs/boris_f.html

 

Rédigé par brunorosar

Publié dans #Serbie-Croatie

Repost 0
Commenter cet article