Le monde du théâtre

Publié le 1 Août 2011

Bref aperçu d'auteurs contemporains

 


Pour ce qui concerne l'écriture contemporaine, ce sont les auteurs de la génération moyenne et de la jeune génération (nés entre 1960 et 1978) qui constituent la part la plus importante du théâtre croate. Les théâtres locaux ne manifestent toujours pas assez d'intérêt à leur égard, alors que plusieurs d'entre eux n'ont pas eu de chance avec la première production de leurs oeuvres. Le Théâtre de la Jeunesse de Zagreb (ZKM) est à nouveau en tête pour monter ces auteurs. Il présente à son répertoire la trilogie Arhetip : Medeja/ Žena bomba / Europa (Archétype : Médée/ Femme kamikaze / Europe) d'Ivana Sajko (1975), mise en scène de manière inventive par trois femmes, l'auteur elle-même, Dora Ruždjak Podolski et Franka Perković. Il y a aussi la dernière pièce de Tena Štivičić (1977), Fireflies (Les Lucioles), mise en scène par Janusz Kica, alors que la meilleure pièce à ce jour de cette dernière, Fragile a été portée à la scène par le Théâtre de la Jeunesse de Slovénie à Ljubljana. Nina Mitrović (1975) écrit des pièces exceptionnelles, comme Komšiluk naglavačke (Voisinage sans dessus dessous), Kad se mi mrtvi pokoljemo (Quand nous nous sommes massacrés les uns les autres), Ovaj krevet je prekratak ili samo fragmenti (Ce lit est trop petit ou Juste des fragments). Et ces oeuvres ont été créées dans plusieurs théâtres croates et étrangers (Slovénie, Bosnie-Herzégovine, Macédoine). Certains auteurs traitent du syndrome de l'après-guerre : Dubravko Mihanović (1975) dans Žaba (La Grenouille), Mate Matišić (1965) dans Posmrtne trilogie (Trilogie post mortem), Lada Kaštelan (1961) dans Prije sna (Avant le sommeil), Ivan Vidić (1966) dans Le Grand Lapin blanc et Filip Šovagović (1966) dans Cigla (Brique). Elvis Bošnjak (1971) est un auteur remarquable, d'une sensibilité moderne qui, dans ses pièces Hajdemo skakati po tim oblacima (Sautons sur ces nuages) et Žice i žileti (Fils et rasoirs), aborde les relations hommes-femmes.

Ivan Vidić, dans sa pièce Život u sjeni banane (Une vie à l'ombre des bananes, Théâtre municipal de Virovitica), et Miro Gavran (1961), dans Nora Danas (Nora aujourd'hui, Théâtre national croate de Varaždin), s'attachent au thème de la présence d'un capitalisme brutal pendant la période de transition.

Dans l'ensemble, la période envisagée a été marquée par des projets d'auteurs qui ont apporté de l'animation à la scène croate (Medvešek, Anočić) et nous comptons aussi une création qui représente dignement le théâtre croate dans des festivals européens et mondiaux (la mise en scène de L'Autre Côté de Rajković et Jelčić). Après avoir longuement souffert de claustrophobie et de manque de respect de soi-même, le théâtre croate est en voie de guérison, grâce aux festivals internationaux de Zagreb et de Rijeka et à de bons exemples venus de pratiques théâtrales étrangères. La bonne nouvelle est que les dramaturges croates qui n'ont pas renoncé à écrire des pièces remarquables et actuelles pendant cette période sont de plus en plus traduits et mis en scène au-delà des frontières de leur pays et que les projets de théâtre urbains nourrissent les aspects exploratoires et expérimentaux du théâtre en Croatie. Enfin, certaines institutions théâtrales ont acquis un répertoire spécifique et un profil esthétique, c'est-à-dire qu'elles luttent contre la dégradation commerciale de l'espace théâtral croate.



Željka Turčinović, Croatie, in Le monde du théâtre : un compte-rendu des saisons théâtrales 2005-2006 et 2006-2007 dans le monde, Petar Lang, 2008, pp 159-160. 

 books.google.com

 


Rédigé par brunorosar

Publié dans #Théâtre et danse

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