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Publié le 12 Novembre 2015

1. Faire médecine en Croatie : une opportunité pour les étudiants français


 

En entrant dans l’Union européenne, en juillet 2013, la Croatie est devenue une destination attractive pour les jeunes Français qui veulent faire médecine à tout prix, sans passer par la première année commune aux études de santé (PACES). Ce qui les attend à la place ? Six ans d’études en anglais et une grosse somme à payer. Des étudiants pionniers partagent leur expérience.


 

Amélie*, Fabien* et Jean-Loup sont des internes en médecine comme les autres. À un détail près. Français, ils ont été formés à l'étranger, en Croatie. Après deux échecs en première année de médecine en France, tous trois sont partis dans ce pays d'Europe du Sud chercher une autre chance de réaliser leur rêve professionnel. Pourtant, ces étudiants ne faisaient pas partie du bas du tableau dans leur fac française. "Doublante, je me suis classée autour de la 300e place sur 800 candidats environ. Le numerus clausus était de 130. J'avais bien obtenu la moyenne, mais d'autres avaient plus. En première année, 100 places peuvent se jouer sur un point", assure Amélie, interne en médecine générale en province.

 

"La France ne voulait pas de moi"

 

Pour sa part, Fabien, interne en médecine générale en région parisienne, avait obtenu un bac S avec mention assez bien à Paris. Il faisait partie du premier quart du classement au concours de médecine, mais sa fac n'a admis que 22 % des candidats en deuxième année. "Je n'étais pas loin, mais j'étais recalé. À l'annonce des résultats, je me suis demandé 'Qu'est-ce que je vais faire ?'. Et je n'arrivais pas à comprendre cette façon de classer les gens. La France ne voulait pas de moi. J'ai donc commencé à chercher des informations sur les études à l'étranger sur Internet", se souvient-il. L'étudiant s'oriente tout d'abord vers la Belgique, le Luxembourg, la Suisse, l'Italie, l'Espagne ou le Portugal. "Pour diverses raisons (langue, sélection…), cela ne me correspondait pas. Comme je n'avais pas de limites si ce n'est la reconnaissance du diplôme, j'ai poussé plus loin mes recherches : en Roumanie, en Pologne, dans les pays baltes et la Croatie."

 

 

Des promos melting-pot à taille réduite

 

Moins sélectif que la Belgique, plus "exotique" que la Roumanie, le dernier pays entré dans l'Union européenne (en juillet 2013) est une opportunité pour les recalés (ou pas) au concours. Chaque année, une poignée d'irréductibles Français tapent à la porte de l'université de ZagrebL'établissement accueille 50 étudiants de tous pays (Croatie, États-Unis, Suède, Israël, Canada...) en première année de son programme en anglais. En effet, contrairement à la Roumanie, les cours sont donnés dans la langue de Shakespeare. "Le cursus en anglais n'a pas été créé pour accueillir les Français qui ont échoué en PACES, mais pour accueillir les étudiants dont la famille a fui la guerre au début des années 1990", explique Amélie.

 

Anglais courant exigé

Rassurés par les étudiants déjà sur place, Amélie et Fabien ont donc sauté le pas. En Croatie,la sélection s'effectue sur dossier et entretien de motivation. "Certains doivent aussi passer un examen portant sur le programme de SVT et de physique-chimie de terminale. Les promos étant remplies, la sélection devient plus dure", indique Jean-Loup, interne en chirurgie, Français mais travaillant en Suisse. Des matières de PACES peuvent être validées et donc ne pas être repassées. Par ailleurs, il faut parler anglais couramment pour suivre le programme. L'université de Zagreb exige un score minimum de 60 points au TOEFL iBT, 6 à l'IELTS. "En 2014-2015, 21 Français se sont portés candidats dans notre établissement. Deux seulement ont été admis en première année. En 2015-2016, aucun des quatre Français candidats n'a passé le cap de la sélection", rapporte Maja Balarin, de la faculté de médecine de Zagreb, qui privilégie les promotions à taille humaine et multiculturelles. “Last, but not least“, ces études ont un coût : comptez 7.000 € l'année. Et la vie quotidienne revient à environ 500 € par mois. "Pour nous tous, de toute façon, ce départ, c'était un peu ‘quitte ou double’. Personnellement, j'ai eu de la chance de recevoir l'aide de mes parents. D'autres ont emprunté de l'argent avec la pression que cela entraîne", révèle Fabien.

 

 

Six années d'études sur place

 

Pour ce prix, la qualité de la formation est-elle au rendez-vous ? Comme en Roumanie, le cursus débute par trois années de cours fondamentaux en médecine puis se poursuit par trois années plus axées sur la clinique, au contact des patients. Au total, la pratique est donc moindre qu'en France. "Depuis mes études, l'université de Zagreb a néanmoins ajouté des cours de pratique dès la première année. On apprend sur trois ans des gestes que l'on voit en stage soins infirmiers en France en début de deuxième année, comme les prises de sang ou les ponctions lombaires", nuance Fabien.

L'interne a également apprécié "les promos à taille humaine, la disponibilité des professeurs, la pédagogie ‘à l'anglo-saxonne’ avec des discussions". Des cours de croate s'ajoutent au programme les trois premières années, avant le début de la clinique. "À partir de la quatrième année, les étudiants passent assez vite – deux à trois semaines – dans chaque service (cardiologie, pneumologie, médecine interne, etc.). Avantage : on voit beaucoup de choses dans beaucoup de domaines. Inconvénient : on ne reste pas assez longtemps pour s'intégrer au reste de l'équipe", analyse Fabien. Pour compléter sa formation, il est toujours possible de réaliser des stages à l'étranger.

 

 

Un écrémage en cours de cursus

 

Les études en Croatie ne sont donc pas de tout repos... "Environ 1 % des étudiants français abandonnent le programme, souvent durant la première année", indique Maja Balarin. "Le taux d'échec aux premiers examens est élevé. La majorité des Français de ma promo a passé certaines matières au rattrapage et bien la moitié a redoublé une année. De mon côté, j'avais un bon niveau d'anglais, donc je n'ai pas eu ce problème. Mais les examens oraux m'ont tout de même donné du mal", concède Amélie.


 

Une appréhension du retour en France

À leur retour en France, les étudiants formés en Croatie préfèrent rester discrets sur leur cursus. "Certains cachent qu'ils ont été formés à l'étranger. Moi, j'en parle mais pas au premier abord. Il y a toujours une appréhension. Les médecins en France ont encore beaucoup d'a priori et on entend souvent des réflexions sur notre incompétence. Je connais même un chef de service des urgences qui ne veut pas que des ‘étrangers’ fassent des gardes", témoigne Fabien. L'étudiant est rentré en France et a passé l'ECN (examen classant national) en 2014. Pour se préparer, il a demandé à des chefs de service d'assister à des cours en amphi, a discuté avec des étudiants, a révisé en petit groupe sur des livres empruntés. "On a toléré ma présence... D'autres ont choisi de se préparer en suivant des conférences en vidéo sur Internet."

 

 

Du travail assuré

Jean-Loup, interne en chirurgie en Suisse, n'a pas passé l'ECN. Amélie et Fabien, comme la plupart des Français expatriés, se sont classés dans le bas du tableau à l'examen. Pour eux, les choix de spécialité étaient donc réduits. "Personnellement, je ne voulais pas être spécialiste. Je veux être au contact des patients. Mon projet est de m'orienter vers les urgences [accessibles avec un diplôme d'université complémentaire]", affirme Fabien. "La fac de Zagreb n'est pas la meilleure du monde, mais ceux qui en sortent ont un niveau suffisant pour travailler sans problème", conclut Jean-Loup.

 

 

*Le prénom a été changé à la demande du témoin.

 

 

Source : letudiant.fr, le 10 novembre 2015.

 

 

 

2. La Croatie, nouveau plan B des étudiants en médecine

 

ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR. Une prépa payante de Zagreb ouvre une antenne à la rentrée à Orléans. Une manière de contourner la forte sélection qui règne en France. Une première qui suscite la polémique.

 

«Devenez le médecin international de demain ! » La promesse, sur le dépliant de ce qui se révèle « une première en France », ne manque pas d'emphase. Le « témoignage » de l'un des jeunes étudiants dans la vidéo promotionnelle enfonce le clou : « Je rêve d'être chercheur. En choisissant cette voie, je sais que je serai capable de publier mes recherches en anglais, contrairement aux Français. » Bienvenue dans l'univers de la Prépa MOZ, qui fait sa com sans lésiner, jusque sur Facebook, pour annoncer son ouverture à l'automne, sur le campus universitaire d'Orléans-la Source. Et glaner des candidats, tentés d'entamer de longues études de médecine au bord de la Loire, dans l'espoir de s'envoler ensuite pour Zagreb, en Croatie... Contournant ainsi la difficulté d'accès à la deuxième année, pour devenir médecin en France.

 

Moyennant 5 000 € de frais d'inscriptions, l'association loi de 1901 derrière cette prépa inédite propose de sélectionner sur dossier, à remplir sur Internet, 50 « bacheliers et étudiants en 1er cycle de profil scientifique ». Biologie, chimie, physique, anatomie, anglais figurent comme « une opportunité unique » au programme des enseignements. Au terme de cette année, sous réserve d'un 10 de moyenne, les 15 premiers pourront s'envoler pour la faculté de médecine de Zagreb, avec l'espoir — non la garantie — d'y être admis.

 

Après la Roumanie, puis la Hongrie, la Croatie, depuis son entrée dans l'Union européenne en 2013, est devenue le nouveau plan B pour étudiants recalés et trop bas dans les classements du concours de première année de médecine. Assez sélectif néanmoins : il faut pouvoir payer 7 000 € d'inscription annuelle six ans de suite et parler couramment anglais pour être accueilli dans le cursus international de 50 places de la fac de médecine de Zagreb. Malgré plusieurs tentatives, impossible de joindre un correspondant au numéro affiché sur les dépliants, vantant l'honneur que l'université croate a fait de choisir la région Centre - Val de Loire « pour le premier investissement de ce genre en France ». On ne saura pas qui assure les cours. Ni dans quels locaux à Orléans, qui, faute de CHU et contrairement à Tours, n'a pas de fac de médecine. En mairie, où l'on dit être au courant mais pas partenaire, on n'en sait pas plus.

 

En attendant, la Prépa MOZ, qui selon son fil Facebook aurait enregistré son premier dossier de candidature, fait bondir. « Scandaleux ! » tempête le docteur Jean-Paul Ortiz, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF). « On avait déjà depuis plusieurs années les départs vers la Roumanie ou la Hongrie d'étudiants pour contourner la sélection qui existe en France, et qui rentrent pour leur troisième cycle au bout de six ans. 458 sont ainsi revenus en 2016 : ce n'est plus anecdotique. » Choquant, estime le patron de la CSMF, qui juge qu'il serait grand temps que les études de médecine à la française se réforment. « Chaque année pour 2 500 gamins qui attaquent une première année dans un amphi, vous n'en avez que 150-200 qui passent en deuxième année. Au bout de deux tentatives, vous en retrouvez 2 000 sur le carreau et brisés à 19 ans. Contourner le système par l'étranger ne s'offre qu'aux initiés, qui peuvent en outre se permettre plus de 35 000 € en seuls frais d'inscription. Avec cette prépa qui vient carrément les chercher ici, s'indigne Jean-Paul Ortiz, on franchit encore un cran dans ce qui traduit en fin de compte la faillite du système universitaire français et de son ascenseur social. »

 

Source : leparisien.fr, le 8 juillet 2016.

 


 

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 3 Août 2014

L'Université Populaire de Dubrava

 

 

L’université populaire de Dubrava a été fondée en 1958 par la Ville de Zagreb et travaille dans le domaine de l’éducation et la diffusion culturelle. En termes de programmes et de ressources humaines, l’UPD est une des plus importantes institutions culturelles de la ville de Zagreb voire même de la Croatie.


UPD est constituée de plusieurs unités opérationnelles ayant des objectifs artistiques, socio-culturels et d’éducation : organisation d’évènements et centre de mise en place de projets, centre d’art visuel, Théâtre pour enfants de Dubrava, centre de films et vidéo, centre de musique, centre de danse, centre culturel traditionnel croate, centre de production, de langue, centre informatique, organisation de programmes pour les personnes âgées et les jeunes. 
Basé à Dubrava, un quartier situé à l’est de Zagreb, l’UPS bénéficie d’une riche communauté multi-ethnique et multiculturelle de 150000 personnes. La majorité des projets mis en place sont des projets locaux mis en place dans le quartier.


Chaque année, environ 100 000 personnes de tous âges participent à des activités socio-culturelles organisées par l’UPD. Environ 1800 personnes participent aux activités d’éducation régulières. L’objectif est de faire participer la population locale aux diverses activités culturelles, artistiques et d’éducation. En effet dans ce district, une part élevée de la population est soumise à des risques sociaux d’exclusion, à cause du faible niveau d’éducation ou de statut social, de son origine ethnique (migrants issus de diverses régions de l’ex-Yougoslavie, population Rom) ou de son comportement (jeunes délinquants) ou bien à cause des conséquences de la guerre.


Actuellement l’UPD conduit une série de programmes impliquant des populations défavorisées en utilisant l’éducation et la culture comme vecteur de changement social. Les populations cibles sont les personnes âgées, les jeunes, et les enfants.

 Au niveau européen, l’UPD a organisé un partenariat avec la Maison de la Création pour mettre en place un atelier avec des personnes handicapées.

 

 

Source : http://www.associtema.eu/article239.html

 


 

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 29 Avril 2014

Les enfants des îles croates s'accrochent au continent grâce à l'éducation en ligne 


 

 

En Croatie, donner une bonne éducation à une centaine d'enfants éparpillés sur une vingtaine d'îles est un défi, qui vise à maintenir en vie les archipels sous-peuplés qui longent la côte adriatique.
"L'école est synonyme de vie dans les petites îles", fait valoir Olivela Franko, directrice de l'école élémentaire de Losinj, une île paradisiaque du nord de l'Adriatique.
Mme Franko est aussi la coordinatrice d'un programme d'éducation en ligne qui relie les écoles insulaires de la région.

 

A Susak, par exemple, voisine de Losinj, seuls cinq élèves sont scolarisés.
"Nous faisons tout pour qu'ils n'aient pas l'impression de vivre au bout du monde. Ce système développe la maîtrise des ordinateurs chez les enfants et aide à leur socialisation", explique-t-elle.
Sur les quelque 1.200 îles de l'Adriatique croate, seules 66 sont peuplées de nos jours et abritent une vingtaine d'écoles.
Prises d'assaut l'été par des touristes à la recherche de nature préservée et de baies d'eau turquoise, elles sont dans l'isolement le reste de l'année.
Au siècle dernier, nombre de ces îles vivaient de la production de vin, mais au fil des décennies les habitants sont partis à la recherche d'une vie meilleure ou ont fui à l'étranger pour échapper au régime communiste ex-yougoslave.
Susak est un exemple criant. Au milieu du XXe siècle l'île comptait 2.000 habitants avec plus de 100 écoliers encadrés par six instituteurs.
Aujourd'hui seulement 150 personnes, dont cinq enfants, vivent encore sur cette île longue de 3 km et large d'1,5 km, sans voiture.
La plupart sont des personnes âgées vivant de leurs retraites, de la pêche, de l'agriculture ou du tourisme.
L'hiver, le ferry reliant Susak à l'île voisine de Losinj n'est pas toujours en mesure d?accoster en raison d'intempéries.
A Susak, comme dans la plupart des écoles insulaires, une même institutrice est chargée de l'éducation primaire, quel que soit le niveau.
"Lorsque je suis entrée dans la classe il y a 25 ans, je ne disposais que d'une craie et d'une éponge et j'avais onze élèves d'âges différents", confie Barbara Busic-Ribaric, 48 ans, dont les cinq élèves actuels sont âgés de huit à quatorze ans.
- "Nous sommes comme une famille" -
Il y a cinq ans, l'établissement a rejoint le programme d'éducation en ligne qui relie les différentes écoles pour améliorer la qualité de l'éducation et prévenir les départs vers le continent.
Le programme fait partie d'une stratégie du gouvernement croate qui entend investir 150 millions d'euros par an afin de revitaliser les îles adriatiques, considérées comme un patrimoine culturel et historique national de premier ordre.
Susak, un labyrinthe de ruelles étroites balayées par les vents et bordées de maisons de pierre pittoresques, dispose d'une poste, de deux magasins, d'une église et d'un phare datant du XIXe siècle.
Faute d'élèves, l'école, récemment rénovée, a cédé son premier étage aux autorités portuaires, dont elle abrite les locaux.
Dominik Malovic et Ivan Macic, 12 ans, assis devant un écran, font des signes de la main à leurs camarades de classe virtuels.
Dominik a des dizaines d'amis, mais sur Facebook, avec lesquels il est en contact virtuel. Pourtant, il n'échangerait "pour rien au monde" sa petite classe contre une plus grande.
"J'adore jouer sur la plage, il n'y a pas d'automobiles et nous pouvons aller où nous voulons", s'exclame-t-il.
En hiver, il leur semble que l'île désertée par les touristes et dont les plages ne sont visitées que par quelques mouettes, leur appartient.
Le principal problème est le manque d'émulation et l'isolement des élèves, estime Mme Busic-Ribaric.
Le mauvais temps les a empêchés cette année d'aller à Losinj assister à une manifestation sur la préparation du pain.
"Nous avons envoyé nos échantillons la veille, mais nous avons malheureusement dû rester à la maison", a-t-elle regretté.
Ses élèves, qui lui rendent régulièrement visite à son domicile, lui remontent rapidement le moral. "Nous sommes comme une famille", dit-elle.
Pour Ivan, ils sont une équipe.
"L'institutrice et moi nous sommes la meilleure équipe de basket-ball, nous pouvons battre tout le monde", dit-il fièrement.

 

 

 

Source : leparisien.fr, le 28 avril 2014.

 

 

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Rédigé par brunorosar

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Publié le 19 Février 2012

Les coordonnées temporelles et spatiales

 

 

 

L’Université de Zagreb a été fondée officiellement en 1669 par l’empereur autrichien Léopold Ier de Habsbourg, qui a promulgué un décret accordant le statut et les privilèges d’université à l’Académie jésuite de la Ville royale de Zagreb. L’Académie de Zagreb a subi un certain nombre de changements au cours de l’histoire, mais elle est restée jusqu’en 1874 le principal établissement d’enseignement supérieur en Croatie. En 1869, l’empereur François-Joseph a signé un décret sur la création de l’Université de Zagreb et, cinq ans plus tard, le Parlement a adopté la Loi de mise en œuvre, qui a été ratifiée par l’Empereur le 5 janvier 1874. Le 19 octobre 1874, une cérémonie a eu lieu à l’occasion de la fondation de l’université publique, comptant trois facultés :  philosophie, théologie et Droit. Cette année est considérée comme un des points de départ de l’université moderne, laïque, qui a poursuivi sa mission tout au long d’un XXe siècle turbulent et jusqu’à nos jours, en aucun égard moins difficile. Dans le contexte de l’importance accordée actuellement à la mondialisation et à l’internationalisation, il faut remarquer que depuis l’apparition de l’enseignement supérieur en Europe les savants et les artistes croates ont eu tendance à élargir leurs connaissances et leurs compétentes dans les établissements d’Europe. Des liens universitaires ont fleuri en particulier au sein de l’empire des Habsbourg : Trnava, Prague, Bratislava, ensuite Paris et Munich, ainsi que des universités italiennes, de Padoue à Rome, en raison des liens politiques et culturels de la côte croate. A cet égard, l’Université de Zagreb s’est fortement consacrée à la vision humboldtienne des universités en tant que communautés de chercheurs bénéficiant d’une liberté académique dans la recherche de la vérité. Cette notion a survécu à l’époque communiste et était encore largement partagée au sein de la communauté universitaire au début du nouveau millénaire.

 

Il faut également remarquer le fait que durant la dernière période, l’ex-Yougoslavie, qui faisait partie du bloc socialiste, avait rompu dès 1948 avec le rideau de fer soviétique. Elle a créé un modèle spécifique d’ « autogestion » des entreprises et des institutions publiques, a résolu le problème posé par la première crise économique à travers l’ouverture de ses frontières économiques à l’émigration au début des années 1960, et a joué un rôle important dans l’établissement du réseau des pays du Tiers-monde (le soi-disant mouvement des non-alignés). Ce modèle a influencé l’université d’une double manière. D’une part, cela a donné à l’université, et plus particulièrement à son personnel, relativement plus de chances d’évoluer sur la scène internationale de la science et de l’enseignement supérieur que dans le cas des universitaires dans les pays appartenant à la sphère soviétique du « socialisme réel ». D’autre part, l’application à l’autogestion dans le cas des universités a conduit à leur fragmentation progressive, accordant une certaine liberté à des unités de l’université, et permettant en même temps le contrôle de la vie universitaire par le Parti communiste du bas vers le haut (au niveau « capillaire »).

 

Quel que soit l’Etat ou le régime en place, la Croatie a continuellement essayé et réessayé, la plupart du temps avec des conséquences tragiques, à regagner son indépendance. Les membres de l’Université de Zagreb, et ses enseignants, ses étudiants et anciens étudiants ont toujours joué un rôle important dans ces tentatives, comme ce fut le cas lors des émeutes étudiantes de 1905 ou des troubles politiques de 1971 en Croatie. Après la chute du bloc de l’Est, la Croatie a gagné son indépendance en 1991, employant son droit constitutionnel de se séparer de la Yougoslavie. La nouvelle Constitution adoptée en 1991 fait mention, dans les articles 67 et 68, de la garantie de l’autonomie de l’université, ainsi que de la liberté académique. Malheureusement, ce processus politique a eu des conséquences désastreuses, puisqu’une bonne partie du pays fut ravagée entre 1991 et 1995 par une guerre imposée. L’Université de Zagreb, agissant à l’époque en vertu d’une législation héritée de l’ancien Etat, et ensuite en vertu de la nouvelle législation de 1993, a mis en œuvre des propositions constitutionnelles concernant l’autonomie universitaire et a continué à fonctionner dans des circonstances extrêmement difficiles, recevant des étudiants provenant de régions périlleuses de la Croatie et de la Bosnie.

 

La période de redressement économique et social qui a commencé en 1995 a été douloureuse et beaucoup trop lente par rapport aux attentes des gens. Le taux de chômage est constamment élevé, oscillant entre 15 pour cent et 20 pour cent de la population active de plus de 18 ans. Au cours des cinq dernières années, la croissance annuelle du PIB a été modeste, oscillant autour de 3,5 pour cent, alors que la dette extérieure a atteint environ 80 pour cent du PNB en 2004. La Croatie se présente également comme un pays ayant un très faible taux de dépense dans l’enseignement supérieur (0,85 pour cent du PNB total), par rapport à la majorité des pays européens. Le caractère restrictif des ressources dans l’enseignement supérieur est encore plus évident lorsqu’on examine la structure des allocations budgétaires de l’Etat destinées à l’enseignement supérieur, qui montre que les salaires couvrent jusqu’à 85 pour cent des dépenses actuelles (CBS, 2003).

 

Les tendances économiques défavorables sont accompagnées par une structure éducative défavorable de la population car, selon le recensement national de 2001, seulement 11 pour cent de la population de plus de 25 ans bénéficie d’études supérieures.

 

[…]

 

Les circonstances économiques et sociales du nouvel Etat ont été encore plus aggravées par le fait que l’administration publique a été insuffisamment développée, et a manqué (dans beaucoup de cas) d’objectifs stratégiques clairs, des compétences, de la transparence et de l’efficacité nécessaires afin de soutenir le fonctionnement des services publics et du secteur économique.

 

Bien que deux options politiques différentes ont par la suite remporté les élections entre 1991 et 2003, proposant différentes approches de la transformation de l’économie nationale et des services publics au sein de la politique internationale, une forte orientation européenne a toujours été présente et s’est particulièrement accentuée depuis 2000. Le processus d’adhésion à l’UE a commencé en 2001, après la signature d’un Accord de stabilité et d’association. La Croatie a obtenu le statut de candidat à l’adhésion à l’UE en 2004 et une année plus tard, en octobre 2005, le processus de négociation a été initié. Dans ce cadre général d’orientation pro-européenne, la Croatie a officiellement rejoint le processus d’harmonisation de l’enseignement supérieur en Europe en signant la Déclaration de Bologne en 2001, à la Conférence ministérielle de Prague.

 

 

 

Source : L'enseignement supérieur en Europe. Les universités entrepreneuriales en Europes : héritages, réalités et aspirations.  [document PDF]

 

 

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Rédigé par brunorosar

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