L'Université de Zagreb

Publié le 19 Février 2012

Les coordonnées temporelles et spatiales

 

 

 

L’Université de Zagreb a été fondée officiellement en 1669 par l’empereur autrichien Léopold Ier de Habsbourg, qui a promulgué un décret accordant le statut et les privilèges d’université à l’Académie jésuite de la Ville royale de Zagreb. L’Académie de Zagreb a subi un certain nombre de changements au cours de l’histoire, mais elle est restée jusqu’en 1874 le principal établissement d’enseignement supérieur en Croatie. En 1869, l’empereur François-Joseph a signé un décret sur la création de l’Université de Zagreb et, cinq ans plus tard, le Parlement a adopté la Loi de mise en œuvre, qui a été ratifiée par l’Empereur le 5 janvier 1874. Le 19 octobre 1874, une cérémonie a eu lieu à l’occasion de la fondation de l’université publique, comptant trois facultés :  philosophie, théologie et Droit. Cette année est considérée comme un des points de départ de l’université moderne, laïque, qui a poursuivi sa mission tout au long d’un XXe siècle turbulent et jusqu’à nos jours, en aucun égard moins difficile. Dans le contexte de l’importance accordée actuellement à la mondialisation et à l’internationalisation, il faut remarquer que depuis l’apparition de l’enseignement supérieur en Europe les savants et les artistes croates ont eu tendance à élargir leurs connaissances et leurs compétentes dans les établissements d’Europe. Des liens universitaires ont fleuri en particulier au sein de l’empire des Habsbourg : Trnava, Prague, Bratislava, ensuite Paris et Munich, ainsi que des universités italiennes, de Padoue à Rome, en raison des liens politiques et culturels de la côte croate. A cet égard, l’Université de Zagreb s’est fortement consacrée à la vision humboldtienne des universités en tant que communautés de chercheurs bénéficiant d’une liberté académique dans la recherche de la vérité. Cette notion a survécu à l’époque communiste et était encore largement partagée au sein de la communauté universitaire au début du nouveau millénaire.

 

Il faut également remarquer le fait que durant la dernière période, l’ex-Yougoslavie, qui faisait partie du bloc socialiste, avait rompu dès 1948 avec le rideau de fer soviétique. Elle a créé un modèle spécifique d’ « autogestion » des entreprises et des institutions publiques, a résolu le problème posé par la première crise économique à travers l’ouverture de ses frontières économiques à l’émigration au début des années 1960, et a joué un rôle important dans l’établissement du réseau des pays du Tiers-monde (le soi-disant mouvement des non-alignés). Ce modèle a influencé l’université d’une double manière. D’une part, cela a donné à l’université, et plus particulièrement à son personnel, relativement plus de chances d’évoluer sur la scène internationale de la science et de l’enseignement supérieur que dans le cas des universitaires dans les pays appartenant à la sphère soviétique du « socialisme réel ». D’autre part, l’application à l’autogestion dans le cas des universités a conduit à leur fragmentation progressive, accordant une certaine liberté à des unités de l’université, et permettant en même temps le contrôle de la vie universitaire par le Parti communiste du bas vers le haut (au niveau « capillaire »).

 

Quel que soit l’Etat ou le régime en place, la Croatie a continuellement essayé et réessayé, la plupart du temps avec des conséquences tragiques, à regagner son indépendance. Les membres de l’Université de Zagreb, et ses enseignants, ses étudiants et anciens étudiants ont toujours joué un rôle important dans ces tentatives, comme ce fut le cas lors des émeutes étudiantes de 1905 ou des troubles politiques de 1971 en Croatie. Après la chute du bloc de l’Est, la Croatie a gagné son indépendance en 1991, employant son droit constitutionnel de se séparer de la Yougoslavie. La nouvelle Constitution adoptée en 1991 fait mention, dans les articles 67 et 68, de la garantie de l’autonomie de l’université, ainsi que de la liberté académique. Malheureusement, ce processus politique a eu des conséquences désastreuses, puisqu’une bonne partie du pays fut ravagée entre 1991 et 1995 par une guerre imposée. L’Université de Zagreb, agissant à l’époque en vertu d’une législation héritée de l’ancien Etat, et ensuite en vertu de la nouvelle législation de 1993, a mis en œuvre des propositions constitutionnelles concernant l’autonomie universitaire et a continué à fonctionner dans des circonstances extrêmement difficiles, recevant des étudiants provenant de régions périlleuses de la Croatie et de la Bosnie.

 

La période de redressement économique et social qui a commencé en 1995 a été douloureuse et beaucoup trop lente par rapport aux attentes des gens. Le taux de chômage est constamment élevé, oscillant entre 15 pour cent et 20 pour cent de la population active de plus de 18 ans. Au cours des cinq dernières années, la croissance annuelle du PIB a été modeste, oscillant autour de 3,5 pour cent, alors que la dette extérieure a atteint environ 80 pour cent du PNB en 2004. La Croatie se présente également comme un pays ayant un très faible taux de dépense dans l’enseignement supérieur (0,85 pour cent du PNB total), par rapport à la majorité des pays européens. Le caractère restrictif des ressources dans l’enseignement supérieur est encore plus évident lorsqu’on examine la structure des allocations budgétaires de l’Etat destinées à l’enseignement supérieur, qui montre que les salaires couvrent jusqu’à 85 pour cent des dépenses actuelles (CBS, 2003).

 

Les tendances économiques défavorables sont accompagnées par une structure éducative défavorable de la population car, selon le recensement national de 2001, seulement 11 pour cent de la population de plus de 25 ans bénéficie d’études supérieures.

 

[…]

 

Les circonstances économiques et sociales du nouvel Etat ont été encore plus aggravées par le fait que l’administration publique a été insuffisamment développée, et a manqué (dans beaucoup de cas) d’objectifs stratégiques clairs, des compétences, de la transparence et de l’efficacité nécessaires afin de soutenir le fonctionnement des services publics et du secteur économique.

 

Bien que deux options politiques différentes ont par la suite remporté les élections entre 1991 et 2003, proposant différentes approches de la transformation de l’économie nationale et des services publics au sein de la politique internationale, une forte orientation européenne a toujours été présente et s’est particulièrement accentuée depuis 2000. Le processus d’adhésion à l’UE a commencé en 2001, après la signature d’un Accord de stabilité et d’association. La Croatie a obtenu le statut de candidat à l’adhésion à l’UE en 2004 et une année plus tard, en octobre 2005, le processus de négociation a été initié. Dans ce cadre général d’orientation pro-européenne, la Croatie a officiellement rejoint le processus d’harmonisation de l’enseignement supérieur en Europe en signant la Déclaration de Bologne en 2001, à la Conférence ministérielle de Prague.

 

 

 

Source : L'enseignement supérieur en Europe. Les universités entrepreneuriales en Europes : héritages, réalités et aspirations.  [document PDF]

 

 

Rédigé par brunorosar

Publié dans #Enseignement

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