Les félibres traduits en croate

Publié le 28 Mai 2013

Les poèmes traduits du provençal par Dragutin Domjanić

 

 

Alexandrine (Aleissandrino) Bremond (1865-1898), une des meilleures poétesses provençales de sa génération, est présentée, elle aussi, par une seule poésie. Son inspiration douloureuse, nous citons ici Ch. Camproux, "est celle d'une âme meurtrie par la vie qui s'exprime avec une exquise discrétion". Domjanić était séduit par sa poésie La Font (Fontana - La fontaine), tirée du recueil Lou Debanaire flouri, son oeuvre posthume (1908). Cette poésie révèle bien la finesse de l'art poétique de son auteur. C'est un dialogue charmant entre un enfant et une fontaine, qui n'est qu'un symbole de la vie et de l'amour, quand on rit et pleure à la fois. Comment expliquer ce "mystérieux secret" de son rire et de ses larmes ? Ecoutons la réponse de la poétesse.

 

I'a ges de cor sènso doulour :

Vaqui lou secrèt de mi plour.

 

Mai de vèire qu'is iue dÛu mounde,

Moun dÚu, souto li flour l'escouade,

De moun rire es l'escrèt

Secrèt !

 

A gdje je srce, tu boli,

To tajnu suzah mi veli.

 

A to da znam, da očim sveta

Si tugu morem skrit spod cveta,

To smeha mistična

Je tajna vsa !

 

Il n'est pas de coeur sans douleur :

voilà le secret de mes larmes.

 

Mais, de penser que, sous les fleurs,

je puis cacher mon deuil aux yeux du monde,

voilà le mystérieux secret de mon rire !

 

Une seule poésie, mais magnifique, comme d'ailleurs aussi la traduction croate qui est des plus réussies ! La française aussi !

 

Source : http://w3.slavica-occitania.univ-tlse2.fr/pdf/articles/5/57.pdf

 

 

 

 

 

Rédigé par brunorosar

Publié dans #Littérature et médias

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