Nikola Buković

Publié le 2 Juin 2013

Nikola Buković

 

Coordinateur du programme de Politiques locale et nationale pour la jeunesse, Croatian Youth Network (Mreža mladih Hrvatske).

 

 

Intervention lors d'une table ronde intitulée La Croatie : un pont entre l'UE et les pays du Sud-Est européen ? (21 juin 2012).

 

Le Croatian Youth Network est un réseau national de plus de soixante associations de jeunesse. Nous faisons la promotion de la participation des jeunes dans les processus démocratiques et de décision.

Le premier point que je désire aborder avec vous est la question du chômage des jeunes, qui en Croatie est un problème très grave qui dure et qui a été mis sous le tapis. Il y a trois raisons à cela. En 2008, on croyait encore que la Croatie était une île protégée, préservée de la crise. La Croatie n'a pas réussi à avoir moins de jeunes chômeurs que le Danemark, la France, l'Espagne ou d'autres pays. Le taux de chômage des jeunes est allé jusqu'à 40%. Aujourd'hui, leur situation reste très liée au tourisme et à la saison estivale.

Une autre raison qui me fait dire qu'il faudra apprendre à vivre avec ce problème, c'est l'état de dévastation du système de production industrielle croate. Depuis 20 ans, nous avons perdu 200.000 postes dans l'industrie en Croatie. Tout le monde souhaite être embauché dans le secteur public. Ce phénomène pose la question de la qualité des politiques publiques. A l'inverse de ce que M. Mondekar a dit, je pense que les politiques d'emploi ne sont pas efficaces en Croatie. Il n'y a pas de coordination entre les acteurs, tant dans le secteur public que dans le privé.

Un problème grave dans notre pays est une certaine tendance à toujours rejeter la responsabilité sur autrui. Il y a beaucoup de jeunes chômeurs en Croatie. Il est nécessaire de mettre en place une formation professionnelle. La position de mon organisation est de proposer une perspective aux jeunes. Il est nécessaire d'éviter ce sentiment d'insécurité, qui devient un mode de vie. Les jeunes doivent faire partie de la solution. Rien ne peut être fait sans la position des jeunes. Je suis très au courant de ces questions, car j'ai déjà participé à huit enquêtes sur le sujet. Ce qu'il est important e dire, c'est que ces efforts doivent être poursuivis par les institutions publiques.

L'intégration de la Croatie dans l'UE n'améliorera pas à court terme la situation des jeunes. Il y a un grand nombre de jeunes croates qui souhaitent dé-cohabiter, mais qui ne peuvent pas le faire parce que ce qu'on leur propose n'est pas suffisant pour vivre dignement. Nous proposons d'adopter une approche multisectorielle, axée sur la responsabilité de tous les acteurs. Les jeunes doivent devenir des acteurs importants, puisqu'ils peuvent proposer beaucoup de choses, suggérer des perspectives... On ne leur demande pas assez leur avis, on ne les prend pas suffisamment en considération.

 

Source : http://www.confrontations.org/images/confrontations/publications/Option/Option-31/Option-31-Tour-Balkans-Croatie.pdf

 

 

Rédigé par brunorosar

Publié dans #Intellectuels et activistes

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