Vinko Kandžija

Publié le 30 Avril 2013

Vinko Kandžija, professeur d'économie à l'Université de Rijeka

 

Les effets de la crise de la zone euro ne nous ont pas épargnés

La crise dans la zone euro persiste et ses séquelles aussi. Même les pays non membres de l’Union européenne en font les frais du fait de leurs relations économiques en partenariat. C’est le cas de la Croatie, un pays de 4 millions d’habitants et dont l’économie est dépendante des revenus du secteur du tourisme. C’est ce que nous a affirmé Vinko Kandžija, professeur d’économie à l’Université de Rijeka en Croatie, que nous avons rencontré en marge du colloque international sur l’évaluation des investissements publics en Algérie qui s’est tenu la semaine dernière à l’Université de Sétif.

 

 

Malgré la multiplication des plans de soutien et des actions gouvernementales de l’Union européenne et de la Banque Centrale pour trouver une issue à la crise, celle-ci ne lâche pas la zone euro. Pourquoi cet échec ?

La crise est le résultat de l’incapacité de plusieurs pays à faire face aux évolutions de la situation financière de la zone. Chaque pays vit une crise monétaire, ce qui rend encore la situation plus difficile et plus compliquée. La solution requiert un processus qui ne peut aboutir du jour au lendemain. C’est un processus à long terme qui peut prendre au moins une dizaine d’années et avec beaucoup d’efforts. Tout d’abord, il faut résoudre la crise aux Etats-Unis, par ce que celle-ci est directement liée à la crise européenne. Ce sont les effets de la mondialisation. La crise américaine a engendré le problème de commercialisation de la production européenne, il y a du monde mais il n’y a pas de l’argent pour acheter. Ce qui fait régresser alors l’industrie et fragiliser la machine productive.

 

Quelle est la situation de votre pays au milieu de cette crise et comment agit-il d’autant plus qu’il s’apprête à intégrer l’Union européenne ?

Je ne peux pas dire que la situation est bonne quand le chômage atteint la barre de 18%. Notre économie n’est pas développée dans le sens que nous voulions. Même si nous ne pas membre de l’Union Européenne ses conséquences n’ont pas épargnée notre économie. Celle-ci est dépendante à 80% des revenus du tourisme alors qu’actuellement ce secteur traverse une période difficile à cause de manque des produits de consommation importés et qu’on offre à nos touristes. Parce que dans notre pays, nous n’avons pas une grande industrie, nous sommes dépendants du marché de l’importation européen. Et puisque celui est en crise, nous en subissons également les effets. Actuellement, nous n’avons que la mer et le soleil à offrir aux touristes. Nous n’avons pas de marchandises sur le marché. Pis encore, une crise sociale est née suite à cette crise économique ; il n’y pas de logement, il n’y a pas d’emploi par ce qu’il n’y pas d’industrie.

 

Vous ne craignez pas pour votre adhésion à cet espace ?

Non. Par ce que pour les effets de la crise sont déjà là sans que nous soyons membres. Bien au contraire, nous sommes très contents des actions menées par les pays de l’Union jusque-là. Pour notre pays, nous serons membre de la communauté à partir du 1 juillet 2013. Nous avons déjà signé 24 contrats bilatéraux avec les pays membres.

 

Ne pensez-vous pas que les politiques de licenciements européennes sont en contradiction avec les fondements de l’Union et des conventions internationales qu’elle a ratifiées ?

Oui certes. D’ailleurs on parle de liberté des personnes, des marchandises et des capitaux mais dès que vous êtes membre de l’Union, vous êtes tenus par d’autres limites. Ce qui est effectivement contradictoire. Il n’y pas asymétrie des hommes au sein de l’Union, bien au contraire.

 

Certains experts de l’Union européenne préconisent de réduire les dépenses publiques, comme solution à la crise. Partagez-vous cet avis ?

A mon avis, s’il n’y a pas de dépenses publiques, il n’y aura pas d’investissements et donc pas de développement et pas d’issue de la crise. Il faut que les banques et les entreprises riches accordent des crédits abordables aux pays en difficulté pour relancer l’industrie dans la zone.

 

 

Source : leconews.com, le 18 mars 2013.

 

Rédigé par brunorosar

Publié dans #Economistes

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