Slovaquie - Croatie

Publié le 12 Juillet 2013

Les relations de la Slovaquie avec la Croatie

La Croatie et la Slovaquie se sont trouvées ensemble dans le royaume plurinational hongrois à partir du xiie siècle et jusqu’en 1918 et elles ont donc en commun quasiment la même destinée historique et les mêmes magnats et seigneurs féodaux dont les possessions, telles celles des Erdődy, Frankopan ou Keglević, s’étendaient, après l’arrivée des Habsbourg sur le trône de Croatie-Hongrie au xvie siècle, autant du côté croate que du côté slovaque.

Les grands humanistes croates Ivan Vitez od Sredne et Janus Pannonius (Jan Panonac) ont joué un très grand rôle dans la formation de la première université slovaque, l’Istropolitana de Bratislava (1467) où ont étudié, entre autres, plusieurs membres de la famille Frankopan.

Au début du xviie siècle, le futur saint Marc de Križevci a été directeur du séminaire de Trnava, chanoine d’Esztergom et père supérieur de l’abbaye bénédictine de Krásna près de Košice. C’est aussi l’époque où Juraj Habdelić, Andrija Jambrešić et d’autres se trouvaient à l’université jésuite de Trnava, où de nombreuses personnalités du domaine culturel faisaient leurs études là-bas, où des livres à caractère religieux et des abécédaires étaient publiés et où les intellectuels slovaques, Ján Spišák et Ján Porubský, ont participé à la fondation du collège jésuite de Zagreb en 1608.

À l’époque du Renouveau national croate, un grand rôle a été joué par Pavel Jozef Šafařík et Ján Kollár qui mettaient en avant l’idée de réciprocité slave ainsi que par L‘udovíta Štúra qui prônait le maintien des identités nationales à l’intérieur de la communauté slave, idée à laquelle adhéraient également, en 1847, certains membres du mouvement illyrien comme Ivan Kukuljević Sakcinski, Maksimilijan Prica, Janko Drašković et Stanko Vraz. En Croatie, c’est Bogoslav Šulek, polymathe d’origine slovaque qui va, par ses œuvres et son activité exceptionnelle, réaliser bien des idées du Renouveau relatives au développement de la culture, des sciences et de l’économie. C’est grâce à l’évêque Stjepan Mojzes que des auteurs slovaques comme Ján Čaplovič ou Ján Kollár vont paraître dans les pages de journaux croates et l’évêque Josip Juraj Strossmayer va venir en aide matériellement à la fondation de l’association culturelle slovaque (Matica slovačka) en Croatie, en 1863. Parallèlement, des traductions de chants populaires croates, ainsi que des nouvelles concernant le mouvement illyrien et ses représentants, vont être publiées en Slovaquie. Deux personnalités ecclésiastiques slovaques vont également jouer un rôle très important dans le rapprochement des deux nations ; il s’agit d’Aleksandar Alagović, évêque de Zagreb et de Juraj Haulik, archevêque et cardinal de Zagreb.

Dans la première moitié du xxe siècle, des représentants de tous les courants littéraires slovaques (Svetozár Hurban-Vajanský, Martin Kukučín, Milo Urban, Peter Jilemnický, Matúš Kavec) vont être publiés dans des journaux croates et l’écrivain Josip Andrić écrira la première histoire de la musique slovaque et publiera un dictionnaire de slovaque (Slovnica slovačkog jezika). L’écrivain slovaque Martin Kukučin (de son vrai nom Matej Bencúr) a passé une partie de sa vie sur l’île de Brač, ainsi que parmi des immigrants croates en Amérique du Sud, ce qu’il décrivit dans ses romans. Les traductions les plus présentes en Slovaquie sont celles d’œuvres d’August Šenoa et de Ksaver Šandor Gjalski et des pièces de théâtre d’Ivo Vojnović, de Miroslav Krleža et de Milan Begović sont jouées sur les scènes slovaques.

Les contacts mutuels vont se poursuivre, avec la même intensité, après la Seconde Guerre mondiale et ce, jusqu’à une époque plus récente et ils ont surtout été marqués par une collaboration dans divers domaines scientifiques ou d’expression artistique. Un rôle important fut joué en cela par les études de langue et littérature slovaques à la Faculté de philosophie de Zagreb qui se sont tenues, à partir de 1994, dans le cadre des études de bohémistique, de slavistique et de croatistique et, de manière indépendante à compter de 1997/1998, et par les études de langue croate à l’Université Komenský de Bratislava et à l’Université Matej Bel à Banská Bystrica, sans oublier non plus de nombreuses personnalités telles l’historienne Kvĕtoslava Kučerová ou le croatiste Jan Jankovič qui contribuent, avec leurs travaux scientifiques et leurs traductions, à la promotion du patrimoine culturel croate en Slovaquie, ou encore Ludwig Bauer, auteur de la première anthologie de la poésie slovaque (Crna violina/Le violon noir). De même, un festival de théâtre consacré aux œuvres de Miro Gavran se tient depuis 2003 à Trnava.

Source : http://hr-eu.net/article.php?lang=4&id=59

Rédigé par brunorosar

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