Nikola Kezić

Publié le 25 Août 2013

Des abeilles comme détecteurs de bombes

 

 

 

Chaque année, des dizaines de personnes sont victimes d’accidents dus à des mines anti personnelles enterrées et bien souvent oubliées. Pour venir en aide aux habitants des zones à risques, l’Université de Zagreb dresse… des abeilles !

 

 

 

De nombreuses mines anti personnelles sont toujours enterrées dans les anciennes zones de combats. Parmi les anciens belligérants, la Croatie compte à elle seule plusieurs dizaines de décès par an suite à des accidents impliquant des mines terrestres. Nikola Kezic, spécialiste du comportement des abeilles à l’Université de Zagreb, a décidé de mettre son savoir au service du déminage et essaie de faire de ses insectes fétiches des supers dénicheuses de bombes.

 

Un pays qui fait grise mine

 

En conflit de 1991 à 1995, la Croatie est encore aujourd’hui une victime de la guerre. En seulement quatre ans, le pays a été jonché d’explosifs dans les zones frontalières, les zones de combats et certaines régions montagneuses. Le nombre de mines terrestres enfouies en Croatie reste un sujet de désaccord. On estime qu’il y aurait entre 750 km² et 1 100 km² du territoire croate couverts par 90 000 à 250 000 explosifs. Selon les statistiques officielles, depuis la fin de la guerre plus de 440 personnes ont été tuées par des explosions de mines dans tout le pays et plus de 1 400 ont été blessées.

C'est une source de peur pour les habitants. Dijana Plestina, responsable du département du déminage au sein du gouvernement croate estime que : « tant que ces mines ne seront pas toutes déterrées, nous vivrons dans la terreur, du moins les personnes qui habitent dans les zones à risque ». C'est également un obstacle majeur au développement de la population, de l'industrie, de l'agriculture et du tourisme. « Peu de touristes osent s’aventurer en randonnées à cause des risques, peu d’agriculteurs achètent de nouvelles terres pour ne pas buter dans une mine par accident. Et on ne peut pas leur reprocher ».

 

Bzz bzz (« Les mecs, j'en ai trouvé une »)

 

On connaissait déjà les chiens démineurs, c’est maintenant au tour des abeilles de faire leurs preuves. Nikola Kezic rappelle que ces petites bêtes sont dotées d’un odorat hors du commun, ce qui pourrait être un atout d’une grande importance dans la recherche d'explosifs. « Les Américains ex­plorent le potentiel des abeilles depuis quelques années, mais après de premiers résultats, ces recherches ont été classées secret militaire. Nous avons essayé de les contacter, de même que des ­Anglais qui tentaient d'utiliser les abeilles pour détecter les bombes posées par des terroristes. Nous n'avons eu aucune réponse ».

Nikola Kezic et son équipe ont quant à eux entraîné leurs abeilles à identifier leur nourriture avec l'odeur de TNT, sur de vrais champs de mines certifiés. Les essais sont pour l’instant très concluants, les chercheurs avouant même que les progrès des abeilles vont au-delà de leurs prévisions. Lâché près de zones à risque, un essaim ira naturellement butiner juste au-dessus des mines enfouies grâce au nuage persistant de TNT qui s'est formé à ces endroits.

Les chercheurs estiment donc que leurs protégées seront surtout efficaces pour vérifier que les lieux identifiés comme étant des champs de mines ont bien été purgés de tous les explosifs. « Il ne s'agit pas de retirer toutes les mines, mais seulement celles qui gênent la vie humaine et l'économie. Car le déminage coûte cher : 1,50 euro par m² en moyenne. Et la Croatie a déjà dépensé 290 millions d'euros pour le déminage depuis 1998. Elle devrait consacrer de 40 à 60 millions d'euros pour finir le travail dans les cinq à dix ans à venir ». Ces insectes en tenue de bagnard peuvent d’ores et déjà avoir toute notre reconnaissance !

 

 

Source : http://zapside.com/158_des-abeilles-comme-detecteurs-bombes.html

 

 

 

Rédigé par brunorosar

Publié dans #Scientifiques

Repost 0
Commenter cet article