Mercredi 4 novembre 2009 3 04 /11 /Nov /2009 18:25

Opatija


 

Refuge spirituel de Sissi


Quand bien même les films nous la dépeignent comme la protagoniste d'un conte de fée, l'impératrice autrichienne avait eu une vie tourmentée. A Opatija elle trouvait la paix.


Là où la Méditerranée s'enfonce au plus profond du continent européen, camouflée parmi les pins, les châtaigniers et les lauriers, se dissimule la ville d'Opatija. L'abbaye bénédictine de St Jacques, en bord de mer, est mentionnée dans des écrits du XVe siècle. Plus tard, au milieu du XIXe siècle, Iginio Ritter Scarpa prit l'initiative de faire construire une route qui relie la ville portuaire de Rijeka à Opatija. Ce personnage sympathisa avec les gens de mer et il fit bâtir une villa qu'il baptisa du nom de son épouse, Angiolina. C'est ainsi que débuta le tourisme à Opatija. Celui-ci gagna en importance lorsque naquit le romantique hôtel Kvarner, oeuvre de l'architecte Franz Wilhelm, construit à la demande de la Société des chemins de fer du sud à Vienne. Tels des champignons dans la forêt après une journée pluvieuse, les villas, hôtels, stations balnéaires et parcs remplirent dès lors en peu de temps la baie du Kvarner, plus particulièrement Opatija, où les familles royales européennes se rendaient pour des séjours hivernaux ou estivaux, emmenant avec elles leurs cours respectives qui, à leur tour, attiraient des écrivains, des musiciens et autres artistes que venaient renforcer les politiciens de service.

 

La Première Guerre mondiale terminée, Opatija fut incorporée à l'Italie en vertu du Traité de Rapallo, et cela jusqu'en 1947 lorsqu'elle fut intégrée à la Yougoslavie.

 

La ville bénéficie d'une situation géographique des plus favorables : guère éloignée de Zagreb et de Ljubljana (Slovénie), proche de Trieste et de Venise, à portée de Vienne et de Budapest. Son climat est doux, idéal pour une flore très variée. Preuve en est les parcs somptueux qui peuplent la ville, comme celui d'Angiolina et de Margarita, où les arbres d'hiver et les plantes tropicales grandissent à leur aise. Des yuccas, palmiers, camélias et autres bananiers côtoient des pins et des oliviers, les rois de la végétation de la proche Istrie, d'où l'on extrait l'épaisse et exquise huile d'olive. Des haies tressées de fleurs saisonnières - tulipes, roses ou pensées - ponctuent la verdeur des arbres et leur apportent une touche d'élégance. Parmi les uns et les autres se détachent les exotiques palmiers d'Opatija. Isadora Duncan, fascinée par le flottement des feuilles dans le vent, créa un pas de danse qu'elle baptisa du nom du palmier. 

 

 

Vacances aristocratiques


Les Habsbourg étaient tombés sous les charmes d'Opatija comme le furent aussi Anton Tchekhov, Gustav Mahler et Henry Sienkiewicz. Elizabeth, la fantasque impératrice de l'empire austro-hongrois, plus connue sous le nom de Sissi, eut une vie fort tourmentée bien que les films nous la dépeignent comme la protagoniste d'un conte de fée. Plus d'une fois la paix d'Opatija lui tint de refuge spirituel. Il n'est pas difficile d'imaginer que le paysage exubérant des hauteurs baignées par la mer ainsi que l'isolement de la ville servirent de baume à Sissi et de parfait décor pour oublier les problèmes de la cour, pour y lâcher la bride à sa riche vie intérieure dans un cadre où, enfin, elle cessait d'être le point de mire de tout son cortège accompagnateur. Les nombreuses traces de l'histoire qui ont fait d'Opatija ce qu'elle est aujourd'hui demeurent inscrites dans son architecture. Que ce soit les petites maisons de pierre aux fenêtres minuscules et aux toitures rouges, qui s'étagent sur d'étroites rues, le propre des villages marins, ou bien les nobles palaces, villas et hôtels modernes où l'on ne lésinait pas sur le luxe et le mètre carré, ou encore l'architecture moderne d'après-guerre.

 

 

Des hôtels historiques


Les hôtels abritent une bonne part du patrimoine historique de la ville. Après qu'eut été construit le Kvarner vint le tour du Villa Amalia, du Palace, du Jadran (Hotel Millenium) et du Crown Princess Stephanie (Hotel Imperial). Chacun conserve une relique de l'histoire européenne et une vaste quantité d'anecdotes avec lesquelles il serait possible d'écrire plusieurs romans d'aventure.

 

Aujourd'hui les rues d'Opatija débordent de visiteurs qui viennent remplir les hôtels historiques ayant intégré les progrès de l'époque et bénéficiant à présent de toutes les commodités. Moyennant un brin d'imagination on pourrait écouter les symphonies de Mahler, pressentir Isadora Duncan essayant son pas du palmier sur les terrasses face à la mer ou deviner le sourire de Sissi dans ses moments de quiétude spirituelle, pendant que les barques motorisées, l'air conditionné ou les "blackberrries" s'emboîtent dans un scénario bien rodé. Les rez-de-chaussée des maisons d'époque qui bordent les avenues principales sont garnis de boutiques aux allures spectaculaires, de chocolateries et de magasins de glaces, auxquels rapplique la clientèle après avoir assuré ses emplettes sur le marché coloré d'Opatija. On peut s'y procurer du poisson tout juste péché en mer, des légumes, des fruits bien mûrs... et tout naturellement en si romantique endroit un joli bouquet de fleurs variées.

 

A la tombée de la nuit, les lampadaires illuminent les rues tout en leur conférant une touche chaleureuse. On y écoute le claquement des talons des femmes et l'on y observe des tenues plus strictes que durant la journée sur ceux qui rejoignent les casinos et théâtres ou qui vont assister aux concerts. La dimension culturelle d'Opatija émerge au coucher du soleil, lorsque les amateurs de sport ont terminé la journée, peut-être après avoir navigué sur un voilier le long des vingt kilomètres que mesure la rive du Kvarner, après avoir pratiqué le surf ou visité les châteaux médiévaux qui ornent les flancs du mont Učka dont le sommet (1.401 mètres) s'ouvre sur les îles du Kvarner dans un panorama à couper le souffler. La beauté méditerranéenne sans rivale.

 

Source : croaciarosario.blogspot.com

 

 

 

Par brunorosar - Publié dans : Localités
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