Oliver Frljić

Publié le 31 Octobre 2011

1. Oliver Frljić, le renouveau de la scène théâtrale post-yougoslave

 

 

 

Oliver Frljić, jeune metteur en scène de Zagreb, originaire de Travnik, en Bosnie, monte désormais ses pièces sur toutes les scènes de la région. Il est le gagnant de la « Couronne de laurier dorée », principale récompense de la 51ème édition du festival international de théâtre MESS de Sarajevo pour sa pièce Papa est en voyage d’affaire » adapté du texte d’Abdulah Sidran, et produite avec l’Atelier 212 de Belgrade.

 

Le public de Sarajevo a réagi de manière très émotive, face à un texte qui remet au goût du jour des questions historiques au reflet très contemporain. « Lorsque je travaillais sur ce texte, je pensais aux mécanismes de contrôle politique, à tout ce qui est arrivé en 1948, et comment on a vite fait de tout oublier. Sur un site internet, des critiques m’ont accusé d’avoir été lâche, de n’avoir fait que répéter ce qu’on savait déjà... Cela revient au même que de dire que de parler de l’holocauste, par exemple, est lâche et dépassé. En regardant la pièce à Sarajevo, je pensais au fond de moi-même que j’avais été la victime d’une attaque orchestrée, où on avait essayé de me trainer dans la boue de la pire façon qui soit et j’ai compris ce que ça voulait dire lorsqu’on vous accuse de détester le peuple bosniaque, de penser que la Bosnie est une erreur de l’histoire. Dans ce cas, je suis moi-même une erreur de l’histoire parce que je suis bosnien... », s’exclame Oliver Frljić.

 

Cet artiste très controversé n’hésite pas à toucher aux sujets qui fâchent. Dans chacun de ces spectacles il s’attaque aux pires frayeurs de toutes les nations ex-yougoslaves, les confrontent à leur démons. Ainsi, après avoir monté des spectacles originaux, sous forme de collages presque pamphlétaire qui nous jettent les images fluorescentes des vingt dernières années à la figure (Turbo folk, Strah u Ulici lipa…), il a décidé cette année de monter, dans la ville de Zenica, La lettre de 1920, une adaptation du texte d’Ivo Andrić. « J’ai décidé de monter Andrić justement parce que certains intellectuels bosniaques l’ont qualifié de propagateur du génocide. C’est très dangereux lorsqu’on commence à oublier que quelque chose est de l’art. Je veux montrer du doigt cet oubli collectif et individuel qui engendre la situation dans laquelle on vit. On ne veut pas se souvenir mais moi, je pense que le souvenir est primordial pour toute société. Ici, en Bosnie, il y a trois histoires parallèles : de quoi doit-on se souvenir ? »

 

Oliver Frljić, qui est aussi diplômé de philosophie et de théologie, est un artiste qui marque les esprits et qui marque profondément la scène artistique. Son courage et son originalité montrent qu’il est tout à fait possible de se battre contre toutes les institutions matérielles et idéologiques et de réveiller les esprits.

 

 

Par Jovana Papović

Source : balkans.courriers.info, le 29 octobre 2011.

 

 

 

 

 

2. Le parquet polonais ouvre une enquête au sujet d’un immonde spectacle blasphématoire


 

La Pologne n’est pas la France. Les spectacles blasphématoires n’y sont pas encouragés par les autorités. Bien au contraire, la justice polonaise n’hésite pas à ouvrir une enquête lorsque les faits peuvent permettre d’interdire le spectacle en question.

Ainsi, le parquet polonais a ouvert mercredi une enquête au sujet d’une immonde pièce de théâtre blasphématoire intitulée « La Malédiction » et jouée en ce moment à Varsovie au théâtre Powszechny.

Le procureur Lukasz Lapczynski a ouvert l’enquête sur base d’extraits du spectacle disponibles sur internet.

Ce spectacle anticatholique contient plusieurs scènes extrêmement choquantes. Des personnages en soutane s’y prêtent à des scènes de violence et d’accouplement.

Une actrice agenouillée devant une représentation du pape Jean Paul II simule une scène de fellation. Ensuite le pape est pendu en haut d’une potence avec une inscription « défenseur des pédophiles ».

Le metteur en scène croate Oliver Frljic, connu pour ses provocations scandaleuses, affirme s’être inspiré d’un texte de l’auteur polonais du XIXe siècle Stanislaw Wyspianski, qui traite des relations complexes des Polonais avec la toute-puissante Eglise catholique. Wyspianski y évoque un drame dans un petit village polonais dont les habitants rejettent sur une femme qui a eu deux enfants avec un prêtre toute la responsabilité d’une sécheresse qui frappe leurs récoltes et demandent son châtiment.

Oliver Frljic a aussi suscité l’indignation parmi les Croates pour une scène durant laquelle une actrice incarnant une immigrée musulmane simule un accouchement et sort un drapeau croate de son vagin.

Le parquet a ouvert en même temps une deuxième enquête pour « incitation à commettre un crime » sur la personne de président du parti au pouvoir Droit et Justice (PiS) Jaroslaw Kaczynski, a indiqué le procureur. Dans une des scènes finales, une actrice évoque la possibilité d’une collecte d’argent, auprès des spectateurs, pour payer un tueur à gages qui assassinerait le président de PiS, avant de dire que le metteur en scène Oliver (Frljic) lui a ordonné de supprimer cette scène, qui représente un crime passible d’une peine de prison.

De nombreux particuliers envisagent aussi de porter plainte « pour offense publique aux sentiments religieux », a ajouté le procureur.

La pièce a aussi suscité l’indignation de l’Eglise. « La pièce de théâtre revêt des caractéristiques d’un blasphème », a écrit le porte-parole de la Conférence de l’Episcopat polonais, le père Pawel Rytel-Andrianik, dans un communiqué publié mardi.

Mais, bien sûr, la direction du théâtre tente de se défendre en prétendant qu’il ne faut y voir que de l’art. Pas sûr que cet argument suffira à convaincre la justice polonaise.


 

Source : medias-presse.info, le 23 février 2017.

 

 

 

 

3. Une manifestation contre une pièce «blasphématoire» en Pologne provoque des affrontements

 

Des nationalistes polonais ont essayé de bloquer l’entrée du théâtre Powszechny, à Varsovie, était programmée La malédiction, une pièce durant laquelle une actrice simule une fellation sur une statue du pape Jean Paul II.

Les affrontements ont éclaté ce samedi 27 mai, entre la police et quelques centaines de manifestants conservateurs massés près du théâtre Powszechny, lançant pétards et fumigènes, aux cris de «Jésus existe», «Arrêter d'offenser le Christ». Ils protestent contre la représentation de La malédiction une pièce de théâtre, mise en scène par le croate Oliver Frljic, dans laquelle une actrice simule une fellation sur une statue de feu le pape polonais, Jean-Paul II.

L’Eglise catholique polonaise parle d’une représentation «blasphématoire» non seulement pour la scène de fellation mais pour d’autres moments où des croix sont utilisées.

En février, le parquet polonais avait ouvert une enquête sur ce spectacle délibérément 
provocateur qui traite des relations complexes entre les Polonais et
la toute-puissante Eglise catholique. 


Source : francais.rt.com, le 28 mai 2017. 

 

 

Rédigé par brunorosar

Publié dans #Théâtre et danse

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