Narodna starina

Publié le 9 Août 2011

Narodna starina

 

 

Narodna starina (Les antiquités nationales) est une revue consacrée à l'histoire de la culture et à l'ethnographie des Slaves du Sud. La revue est parue de 1922 à 1935 (il est souvent arrivé que certains numéros soient imprimés par la suite tandis que les tomes 9, 12, 13 et 15 n'ont pas été publiés). L'édition comporte au total 31 tomes publiés. Elle fut lancée par Josip Matasović qui en était le rédacteur en chef. La revue est parue dans des conditions financières et pratiques très difficiles sans subventions publiques et avec un tirage de 300 exemplaires. A partir du tome 19 (datant de 1929), la revue est devenue l'organe du Musée de la Ville de Zagreb, et plus tard elle a obtenu le soutien du Musée ethnographique et de la Collection graphique de la Ville de Zagreb. Au début de sa parution Narodna starina se présentait comme "une revue non occasionnelle consacrée à l'histoire de la culture et à l'ethnographie des Slaves du Sud".


L'importance de Narodna starina tient à ce qu'elle est à la pointe de l'historiographie tout en s'adressant à un large public. Chaque tome est divisé en deux parties. La première est constituée d'articles scientifiques et d'extraits de travaux tandis que la seconde comprend de nombreux comptes-rendus, critiques et actualités plus concises. Grâce à la diversité des contributions touchant à l'histoire de la vie quotidienne, l'histoire de la culture, l'ethnographie et l'histoire de l'art, ainsi qu'à l'excellence des collaborateurs, elle compte parmi les meilleures revues croates consacrées à l'histoire culturelle. Les principales contributions  sont l'oeuvre de Đuro Szabo, Milovan Gavazzi, Ćiro Truhelka, Milan Rešetar, Hamdija Kreševljaković, Josip Nagy, Vladoje Dukat, Vladimir Mažuranić, Franjo Fancev, Emil Laszowski, Lujo Vojnović, Grga Novak... Narodna starina a montré que l'historiographie croate dans les années 20 et 30 du XXe siècle était non seulement innovante mais aussi capable de sortir des cadres habituels de la compréhension du passé pour se tourner vers des sources et thèmes nouveaux.

 

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Sur hrcak.srce.hr une contribution de Josip Matasović avec à la fin un résumé en français (que j'ai repris ci-dessous avec les approximations originales)

Résumé. Le rédacteur de la revue "Narodna Starina" ("Les antiquités nationales), dans l'essai intitulé "Zagreb ancien et antiquaire", donne un exposé synthétique du passé de la capitale croate. Zagreb était placé sur le même foyer des deux "banovinas" ellyptiques qui se sont formées après le traîté avec les Magyars en 1102. Le centre de l'état croate recula de la Dalmatie vers la Paninie, du sud vers le nord ; sur ce foyer était fixe, en 1093 l'evêché catholique, comme un important facteur politique au moyen âge, latinisant, contrastant avec les exigences continuelles des Croates à propos de la lithurgie slave. Ici, les intérêts de Rome et des Magyars tombèrent d'accord. A partir de l'an 1242, c.-à-d. après l'invasion des Tartares, Zagreb est devenu peu à peu le centre de la civilisation croate et le refuge de l'idée d'état croate. La richesse des évêques de Zagreb et le commerce florissant et heureux des bourgeois zagrébiens laissèrent des monuments de leur culture dans la métropole croate, de manière qu'il n'y a pas de style artistique qui ne soit pas représenté à Zagreb. La force assimilatrice des citoyens de Zagreb, elle aussi était très forte, et elle a réussi à croatiser les artisans immigrés de la langue allemande ou italienne. C'était en vain que la politique germanisatrice des Habsbourgs essayait, à plusieurs reprises, de remplacer la langue officielle, qui était le latin, par l'allemand. En vain les chicanes des employés d'état, les violations de la constitution croate, les mêmes tentatives après le mouvement illyrique, vers 1830 - tout s'est brisé contre la ferme volonté des Croates. Il est intéressant surtout de remarquer que c'est Zagreb, en 1790, bien que fondé par des Magyars, qui est devenu le champion principal des Slaves du Sud contre les Magyars. C'est en ce temps de l'expansion nationale que Zagreb commence à rassembler, autour de son foyer, non seulement tous les travailleurs intellectuels croates, mais aussi ceux de tous les Slaves du Sud. On renonce à son dialecte provincial au profit de la langue litteraire commune aux Croates, et aux Serbes, on commence à recueillir les antiquités nationales, on fond le musée, la "Société de l'histoire Yougoslave" - tel était l'enthousiasme du nationalisme romantique. Tant de preuves de la largesse d'esprit de cette génération constructive et civilisatrice, qui menait tout ce mouvement de Zagreb et nouait, en même temps, les premières relations avec les savants étrangers.
 

Rédigé par brunorosar

Publié dans #Littérature et médias

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