Muzil

Publié le 12 Janvier 2011

Muzil

 

 

Muzil (également Musil, Mužilj) est une presqu'île est un arrondissement de Pula. Administrativement elle est rattachée au Comité local de la presqu'île de Stoja. Elle s'étend sur une surface de 180 hectares. La presqu'île est connue pour avoir été militarisée sans interruption pendant plus de 150 ans. Il ne faut donc pas s'étonner si on y trouve toutes les strates des cultures qui ont marqué Pula et si elle constitue le seul témoignage inaltéré de l'histoire récente de la ville.

Quoiqu'elle fasse partie de la ville de Pula, Muzil a toujours été une énigme pour la plupart de ses habitants. En 1859, l'Autriche décide de faire de Pula son principal port militaire. Depuis lors Muzil est restée interdite d'accès au public jusqu'en 2007. S'y sont succédées les armées d'Autriche, d'Italie, de Yougoslavie et de Croatie. La dernière institution militaire active sur Muzil fut le Centre d'entraînement de l'infanterie "Muzil" de l'Armée croate.

On trouve à Muzil une carrière, quelques fortifications construites sous la Monarchie austro-hongroise ainsi que de nombreuses batteries de canons creusées à vif dans la falaise. Une digue longue de 1.210 mètres part de la rive nord, au cap Kumpar, en direction de l'île Sveti Jerolim. Etant donné que durant leur séjour nombre d'armées en sont venues à construire un énorme labyrinthe de passages souterrains sous Pula, il existe une légende urbaine concernant Muzil qui veut que l'un de ses forts soit relié à l'archipel de Brioni par un tunnel sous-marin.

 

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Mais quelle que soit la légende née parmi la population locale, Muzil n'accueille plus aucun soldat. Le ministère de la Défense a confié toute la zone à la ville de Pula, qui après 150 ans est enfin devenue propriétaire d'un domaine qui lui revient naturellement.

Le Gouvernement de la République de Croatie et le Comitat d'Istrie ont créé en 2003 la société "Brijuni rivijera d.o.o." en vue de développer une destination du tourisme d'élite, ce qui a souvent suscité les critiques de la population locale. En collaboration avec les collectivités locales qui sont en charge du projet il a été convenu de construire à Muzil un hôtel, des villas et des appartements de luxe pour un total de 2.500 lits. Est également prévu un terrain de golf même si l'on ignore encore combien de trous il comportera. Ce domaine devrait également accueillir deux marinas avec deux cent places au mouillage et 800 à sec.

 

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Elections locales en Croatie : Que faire de l'ancien complexe militaire de Pula

 

La campagne pour les élections locales de dimanche en Croatie a souvent été dominée par la question du type de développement urbain : faut-il privilégier le tout-touristique, quitte à priver les citoyens de leur patrimoine commun ? Alors qu’une forte mobilisation citoyenne a tenté de s’opposer au projet de golf de Dubrovnik, à Pula, le débat tourne autour de l’avenir de l’ancien complexe militaire de Muzil.

 

Depuis que l’armée a quitté Muzil, située au cœur de la ville de Pula, la presqu’île est entourée de barbelés et laissée à l’abandon. Si les habitants souhaitent y voir naître un espace de loisir ouvert à tous, certains politiques auraient en tête d’y construire un complexe de luxe réservé à l’élite.

La presqu’île de Muzil, bien qu’elle soit située à l’intérieur même de la ville de Pula, a toujours représenté une énigme pour ses habitants. Depuis 1859 (lorsqu’elle est devenue le principal port militaire de l’armée autrichienne) jusqu’à 2007, elle était interdite d’accès à cause de la présence permanente de l’armée. Si Muzil est surtout reconnue pour sa tradition militaire depuis plus d’un siècle et demi, dont elle garde encore des traces, elle est également un joyau paradisiaque que les activistes de Pula aimeraient transformer en espace de loisir ouvert à tous les habitants. Les autorités locales, quant à elles, estiment que Muzil a un fort potentiel pour être réaménagée en complexe touristique luxueux avec des infrastructures publiques et commerciales, un hôtel d’élite de plus de 2.500 lits, un terrain de golf, une marina, un parc écologique, un musée…

D'écrivant l’ancien complexe militaire au cœur de Pula, Damir Kajin, candidat au poste de préfet d’Istrie de la coalition SDP-HSLS-HSU-SDSS, souligne : « Muzil est un espace trop attractif pour être exploité par une seule personne. Il a une telle valeur qu’il serait regrettable de le réserver à un seul usage. Son potentiel à exploiter est si important qu’il serait dommage de finir en capital mort ».

« Je pense que l’armée a empêché la dégradation de cet espace, mais ce n’est pas là son rôle, car elle n’est pas un service de protection de l’environnement », explique Damir Kajin, précisant la presqu’île s’étend sur 183 hectares. Même si l’armée a quitté Muzil en 2007, la presqu’île entourée de barbelés est encore aujourd’hui une propriété de l’État.

« Muzil doit être réaménagée en conformité avec le souhait des citoyens. Je suis persuadé que si cet espace est ouvert aux habitants de Pula, ces derniers en prendraient soin en ayant à l’esprit ce qui est advenu du projet Brijuni-Rivijera [projet de réaménagement d’un espace militaire stoppé par le ministère de la Culture pour cause de préservation de vestiges culturels et historiques] », indique Damir Kajin. Le candidat au poste de préfet d’Istrie estime que la ville de Pula devrait être davantage orientée vers ses habitants qui devraient être consultés avant tout projet de construction ou de réaménagement d’espace.

« J’espère que nous allons réussir à faire tomber les barrières, non seulement celles qui séparent les habitants de Pula de leur presqu’île de Muzil, mais également celles entre la partie commerciale et résidentielle du quartier de Brijun », a fait savoir Damir Kajin, précisant qu’il s’opposait au développement exclusif de la côte de Brjiun en tant que ghetto élitiste : « Ceci creuserait un peu plus le fossé entre les habitants de Pula et les nouveaux venus dans ce quartier d’élite composé d’appartements somptueux et de villas luxueuses. La Croatie n’est pas le Costa Rica et nous devons vivre du tourisme. Ces projets de quartiers d’élites trouvent peut-être preneurs en Turquie, mais pas ici ».

C’est le message que tente de faire passer Damir Kajin aux habitants de Pula espérant qu’ils ne vont pas tomber dans le panneau des promesses d’emploi et de développement qu’apporterait le tourisme d’élite. Selon lui, le tourisme de luxe développerait des emplois dans le secteur des services, mais construirait un mur encore moins infranchissable entre les habitants et une petite élite que ne le sont aujourd’hui les barbelés sur la presqu’île de Muzil.

 

Par Konstanca Mitrović

Traduit par Lejla Sadović

 

Source : balkans.courriers.info, le 18 mai 2013.

Article original paru sur tportal.hr, le 30 avril 2013

 

 

 

Rédigé par brunorosar

Publié dans #Localités

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