Mirko Kovac

Publié le 4 Janvier 2012

Mirko Kovac


 

Chercheur à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), en Suisse, Mirko Kovac travaille sur la locomotion des robots. Il s’inspire de la nature pour créer ses bestioles, comme un robot-sauterelle qui peut faire de jolis bonds pour franchir les obstacles.

Les robots, on a tendance à les imaginer avec des jambes, des bras et une figure humaine. Mirko Kovac, lui, les crée minuscules, avec des allures d’insectes. Et rêve d’en lâcher des hordes dans la nature. « On peut créer un robot roulant de 30 kg et l’envoyer sur Mars. Mais s’il s’enlise, il est perdu, note le chercheur de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne. Mais il existe une autre approche. On peut lâcher 1000 microrobots de 10 grammes chacun. Même si vous en perdez 20 %, il en reste 800. » Le jeune homme âgé de 29 ans du Laboratoire de systèmes intelligents (LIS) de l’école polytechnique lausannoise vient de résumer quatre ans de recherches. « Je travaille sur la robotique bio-inspirée. Pour être créatif, je tente d’avoir le courage de penser autrement. Mon domaine, c’est la locomotion. Je développe des robots qui sautent, planent, grimpent. Le défi : qu’ils surmontent tous les obstacles. » Le résultat est tout sauf théorique. Le Suisso-Croate s’est d’abord fait connaître en inventant une bestiole avec deux longues pattes. Une bébête de 5 cm capable de faire d’immenses bonds. De se remettre sur ses pieds. Puis de poursuivre son chemin. « C’était l’« EPFL Jumper v1 » ou, disons, notre première sauterelle. En 2007, même le New York Times en avait parlé. C’était fou. J’imagine que mon approche était nouvelle. Je pense aussi que les robots continuent à fasciner parce qu’ils font peur. Alors sous forme d’insectes... » Son insectoïde sauteur, le chercheur l’a ensuite amélioré. A la sauterelle No 2, il a ajouté une sorte de fine cage protectrice. « C’est un squelette externe. » Cage encore développée, en 2009, pour la sauterelle No 3. Mais si le chercheur fait actuellement parler de lui, c’est qu’il publie, avec son collaborateur Jürg Markus Germann, ses recherches concernant un autre robot : un planeur inspiré surtout des écureuils volants. Il a inventé un système lui permettant de se fixer dès qu’il rencontre un obstacle. Grâce à une pince munie de deux griffes, il peut s’accrocher à un arbre comme à un mur. Se « reposer ». Puis, seul ou sur commande, lâcher prise et continuer son chemin.


C’est bien joli tout ça, mais à quoi ça sert ? Mirko Kovac ne s’occupe pas des applications. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir des dizaines d’idées. Tous ses robots peuvent embarquer des minicapteurs, détecteurs ou caméras. A partir de là, les utilisations sont innombrables. « Imaginez un essaim de robots-sauterelles lâché dans une forêt avec, chacun, un détecteur de chaleur. Ils peuvent quadriller les lieux et dès qu’ils repèrent une source de chaleur, avertir les pompiers. Qui pourraient intervenir bien avant qu’un incendie prenne de l’ampleur. » Ses minirobots seront en fait de mini-espions récoltant et transmettant des informations. Ils pourraient aussi se disperser sur un site industriel, pour détecter tout signe de produit chimique, de gaz, de pollution. Ou être utilisés pour des opérations de sauvetage pour retrouver des personnes coincées sous les débris. « En les munissant de petits capteurs solaires, ils seront complètement autonomes, ajoute Mirko Kovac. Et on peut insérer un brin d’intelligence artificielle pour qu’ils apprennent seuls et s’améliorent. » Donc, si à l’avenir vous croisez des insectoïdes, lors de votre cueillette aux champignons, pas de panique : ils veulent votre bien.


Par Renaud MICHIELS


Source : http://www.interet-general.info/spip.php?article14202


Robots volants bio-inspirés [document PDF]

Rédigé par brunorosar

Publié dans #Scientifiques

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