Milan Šufflay

Publié le 5 Décembre 2010

Milan Šufflay

 

 

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Milan Šufflay (né à Lepoglava le 9 novembre 1879 et décédé à Zagreb le 19 février 1931), était un historien, l'un des fondateurs de l'albanologie en Croatie, et l'auteur du premier roman croate de science-fiction.

Il est né dans une famille relativement pauvre de Lepoglava. Il fréquente le gymnase de Zagreb et étudie l'histoire à l'Université de Zagreb, où il est reçu docteur. Au gymnase et à l'Université il est de loin le meilleur élève, toutefois le prix consistant en un anneau brillant revient à un autre, ce qu'il ressentira fortement. Déjà à l'université il maîtrise le français, l'allemand, l'italien, l'anglais, toutes les langues slaves, mais aussi le latin et le grec ancien. Plus tard il apprendra le grec moderne, l'albanais, l'hébreu et le sanskrit. L'historien Tadija Smičiklas, qui le tenait pour son élève le plus doué, le prit comme assistant lors de la rédaction du Codex diplomaticus de l'Académie.

Šufflay devient un historien des Balkans, convaincu que l'histoire des Croates ne peut être correctement étudiée que dans une perspective balkanique. Il diverge ainsi de la position des historiens croates qui estimaient que les Croates étaient des représentants de l'Occident séparés des Balkans.

Il étudie l'histoire médiévale croate et l'histoire albanaise. Voyant en lui un énorme talent qu'il convenait d'attirer dans le camp hongrois, l'historien hongrois Talloczy le fait venir à Budapest où il travaillera au Musée national pour un modeste salaire. Le ban Rauch, ignorant l'avis du sénat de l'université, le nomme professeur de l'Université de Zagreb en 1908. Cependant il se voit contraint de quitter l'université lorsque la fonction du ban est assumée par Nikola Tomašić, un parent lointain avec qui il entretenait des relations difficiles. Début 1915, il est mobilisé malgré que les professeurs d'université soient exemptés des obligations militaires. Il est rapidement rendu à la vie civile pour raison de maladie et il écrit alors ses plus importants travaux. Dans le nouvel État des Slovènes, Croates et Serbes, il est arrêté pour haute trahison (espionnage au profit d'une puissance étrangère), et il passe en justice aux côtés d'Ivo Pilar, un autre historien croate. Il est condamné à trois ans et six mois de prison, un verdict qui fait plus de bruit à l'étranger qu'en Croatie. Ses collègues scientifiques de l'étranger tentent en vain d'obtenir sa grâce. Il purge sa peine à la prison de Mitrovica. A sa sortie, après avoir accompli plus de la moitié de sa peine, il reprend ses travaux scientifiques.

Milan Šufflay écrit également le roman Na Pacifiku god. 2255 (Sur le Pacifique, année 2255), la première oeuvre de science-fiction dans la littérature croate.

En 1924, Milan Šufflay rejoint la direction du Pur parti croate du droit (HČSP), un parti nationaliste inspiré par Josip Frank.

Sur demande du gouvernement albanais et de l'Académie des sciences de Vienne il poursuit le travail de Jireček et Thalloczy, en publiant le troisième tome du Codex albanicus, un recueil d'archives. Revenu d'Albanie il reçoit une lettre de menace qui sera suivie d'attaques par voie de presse, un signe qui ne trompe pas et montre clairement que les cercles Grand-serbes étaient décidés à se débarrasser de lui.

Son assassinat

Les membres de l'organisation Mlada Jugoslavija, bénéficiant de la protection royale, lui tendent une embuscade sur le pas de sa porte et lui fracassent le crâne à l'aide d'un marteau. Ensuite ils s'introduisent chez lui et dérobent le manuscrit du 3ème tome du Codex albanicus. Cela ne donne lieu à aucune enquête concernant les auteurs. Les autorités disent tout ignorer sur les assaillants et elles interdisent les activités liées aux funérailles. Les auteurs du meurtres, Belošević et Zwerger, se réfugient à Belgrade. Toutes les tentatives d'obtenir leur extradition de la part de la Banovine de Croatie, plus tard instaurée en 1939, ne donneront aucun résultat.

Albert Einstein et Heinrich Mann ont adressé une lettre à la Ligue internationale des droits de l'homme, appelant le monde de la culture à protester contre le crime perpétré.

Milan Šufflay est enterré au cimetière de Mirogoj à Zagreb.



 

Rédigé par brunorosar

Publié dans #Historien

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