Marko Boko

Publié le 20 Août 2012

Les difficultés de la jeunesse croate

 

 

 

Marko Boko est membre du Bureau de l’association Croatian Youth Network, avec laquelle Confrontations Europe a collaboré pendant le Tour dans les Balkans. Il a accepté de répondre aux questions de Katarina Cirodde, animatrice du Cercle des Jeunes de Confrontations Europe, YES-EU!.

 

 

KC : Quelle est la situation des jeunes en Croatie ? Quels sont leurs espoirs ?

 

M.B. : Il est difficile de donner une réponse simple à cette question, notamment en raison des différences sociales qui existent entre jeunes. En Croatie, les jeunes ne bénéficient pas des mêmes opportunités, ce qui a d’importantes conséquences sur leurs chances dans la vie, leurs choix de vie et leur niveau de responsabilité sociale. D’un autre côté, si nous étudions les relations entre les jeunes et le reste de la société, il apparaît que de manière générale on n’accorde pas suffisamment d’importance à la jeunesse, qui n’est pas perçue comme un acteur majeur dans la société.

 

Si vous me permettez de généraliser et de parler des jeunes Croates « typiques », je dirais qu’ils vivent chez leurs parents et se démènent pour payer leurs frais de scolarité toujours plus importants, ou qu’ils passent leurs journées à faire la queue devant les agences pour l’emploi. Plus de 13% d’entre eux sont totalement inactifs : sans emploi, ni en études, ni en formation. Les quelques chanceux qui ont un travail occupent des emplois précaires mal payés. Malgré leurs différences apparentes, je dirais que la plupart des jeunes en Croatie espèrent accéder à une éducation de qualité et trouver un travail décent pour devenir autonomes. Est-ce trop demander ? Les jeunes Croates s’impliquent peu sur la scène politique et sociale, surtout parce qu’ils n’ont pas l’opportunité de le faire et parce qu’ils ne savent pas comment procéder. Cependant, ils sont de plus en plus conscients de leur situation et sont obligés de prendre en main leur avenir, en s’investissant dans de nombreuses organisations et initiatives.

 

 

KC : Quelles seront les conséquences de l’adhésion de la Croatie à l’UE ?

 

M.B. Je pense que l’entrée de la Croatie dans l’UE n’aura pas d’impacts positifs à court terme, en particulier sur le chômage. Quant aux impacts à long terme, cela dépend de nombreux facteurs et il est extrêmement difficile de les évaluer étant donné l’incertitude qui plane sur l’avenir de l’UE et les évolutions économiques à venir en Croatie. L’adhésion à l’UE pourrait offrir de nouvelles chances aux jeunes qui sont déjà fortement compétitifs et mobiles, grâce à des propositions d’emploi et des opportunités d’apprentissage plus nombreuses. D’un autre côté, nous devons avoir conscience que dans le contexte de la crise économique actuelle, il serait absurde de s’attendre à une demande plus importante pour les jeunes qui ne trouvent pas d’emploi en Croatie. L’UE partage déjà largement le problème avec près de 6 millions de jeunes sans emploi.

 

 

KC : Quel rôle l’association Croatian Youth Network peut-elle jouer pour améliorer les conditions des jeunes en Croatie ?

 

M.B. CYN est le plus grand réseau dédié aux jeunes de Croatie. Nous rassemblons plus de 60 organismes dans tout le pays. Cette représentativité nous confère une position unique que nous mettons à profit pour réclamer de meilleures conditions pour les jeunes. Notre travail, notre expertise et nos résultats nous ont permis jusqu’à ce jour de devenir des interlocuteurs de premier plan, et nous tâchons chaque jour de résoudre les problèmes pressants auxquels les jeunes sont confrontés : la pauvreté croissante, la faible participation au niveau social et politique, les obstacles à la mobilité, etc. Nous nous concentrons actuellement sur deux problèmes majeurs : le chômage (le taux de chômage parmi les jeunes s’élève à plus de 25% en 20111) et l’enseignement des droits de l’homme et de la citoyenneté démocratique. Nous apportons donc notre soutien au système éducatif formel afin que l’instruction civique puisse être introduite et intégrée dans les établissements d'enseignement. Ainsi, nous nous assurons que tous les jeunes possèdent les connaissances, les valeurs et les compétences requises pour devenir des membres actifs de leur communauté et de la société au sens large. Nous sommes également présents sur la scène européenne et internationale par le biais de notre travail au sein du Forum Européen de la Jeunesse. Nous participons déjà à l’élaboration de politiques européennes qui ciblent la jeunesse, et nous espérons pouvoir en faire plus dans les années à venir.


 

Source : http://www.confrontations.org/images/confrontations/publications/Interfaces/INTERFACE79FROKOK.pdf

 


 

Rédigé par brunorosar

Publié dans #Intellectuels et activistes

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