Lutte ouvrière

Publié le 15 Décembre 2012

1. Résistance ouvrière contre le démantèlement des entreprises

 

 

Rapport d’une conférence syndicale organisée par le groupe trotskyste « Radnička borba » (Lutte ouvrière).

 

 

La conférence syndicale « Résistance ouvrière contre la destruction des entreprises » a par ses résultats plus que rempli les attentes de l’organisateur. Parmi les conférenciers et dans le public, la grande majorité était composée avant tout d'ouvriers qui luttent au jour le jour sur leur poste de travail. Durant deux jours ils ont présenté les problèmes de leur entreprise et sont entrés dans un vif débat sur les relations entre entreprises, les rapports sociaux, la position du capital, de l’Etat et ses institutions, de même que sur les revendications dans le domaine syndical et dans la société toute entière. La discussion n’est pas du tout restée abstraite, elle a abordé les propositions concrètes à mettre en pratique. Malheureusement, le temps s’avérait trop court à chaque exposé suivi d’une discussion restant inachevée. En fin de conférence l’unanimité s’est dégagée sur les objectifs suivants : une déclaration commune, l’échange de contacts et la mise sur pied d’un réseau de coordination de l’activité, ainsi que la fixation des prochains jalons en vue d’un mouvement ouvrier commun.

 

Après l’introduction du représentant de l’organisateur, où l'on a souligné la nécessité de transposer les luttes des entreprises particulières au niveau de toute la société, celle de créer un mouvement ouvrier et social puissant, mais aussi le fait que la conférence revendique cet objectif, la conférence a débuté avec l’exposé de Lukica BUCAT du syndicat indépendant de « Dalmacijavino » (entreprise des boissons à Split). Il a brièvement retracé l’histoire de son entreprise, celle des grèves et de la situation déplorable dans cette entreprise pourtant prometteuse. Il a évoqué l’actionnariat ouvrier.

 

Denis GETO du syndicat de la branche technique du HEP Technos (EDF croate) a porté un regard critique sur la situation syndicale, présenté l’activité de son syndicat qui n’englobe pas le personnel de bureau mais avant tout les opérateurs. Il a mis en avant la nécessité de l’unité et de l’action commune face à la tendance au morcellement syndical, prélude à la privatisation de l’entreprise. Au cours de la discussion plusieurs participants ont souligné que, maintenant que nous sommes réunis, nous ne pouvons en rester au niveau de la discussion, encore faut-il faire un pas vers la création d’un mouvement commun. Il a également été souligné qu’il faut des actions décidées pour empêcher la privatisation des biens publics.

 

Zeljko LUKSIC, du syndicat des Cheminots croates, outre son exposé sur les Chemins de fer (les licenciements en cours, l’abandon et le morcellement de cette entreprise d’Etat), a posé quelques questions générales et essentielles qui ont provoqué une vive discussion. Luksic a constaté qu’il faut procéder à un changement social, qui n’est pas possible sans la prise du pouvoir politique par les ouvriers. Le premier pas dans cette direction aurait été la construction d’un parti ouvrier, composé non des politiciens professionnels mais des ouvriers eux-mêmes, c’est-à-dire à partir des syndicats. Au sujet des labouristes de Lesar (une sorte de socio-démocrates de gauche, ayant 5-6 députés), il a noté qu’étant leur ex-membre et responsable régional il sait qu’ils ne sont en aucun cas un parti ouvrier, « mais un projet populiste mis en œuvre par un gueulard ». Une discussion intéressante a suivi sur les relations entre la lutte parlementaire et l’activité « dans la rue », l'opinion dominante étant en général celle de combiner les deux. D’aucun ont proposé que les participants à la réunion réfléchissent ensemble sur la création d’un nouveau parti ou association reposant sur une plateforme ouvrière. Dans la discussion qui a suivi on est toutefois arrivé à la conclusion qu’il faut d’abord créer un mouvement, pour voir ensuite, en fonction de son développement, quelle forme optimale doit être la sienne.

 

Le lendemain la conférence a été reprise avec Tonci DRPIC, qui a brièvement retracé la spécificité de « Jadrankamen », depuis ses pères et grands-pères jusqu’à ce jour, lorsqu’on brisait et transportait la roche à mains nues et avec des outils rudimentaires, pointant que l’entreprise était très prospère dans la Yougoslavie jusqu’à ce qu'elle ne soit reprise par Oresar et les criminels ayant vidé sa caisse et obligé les ouvriers à se battre à mort. Il a annoncé de nouvelles luttes en disant que les ouvriers de Jadrankamen ne lâcheront jamais leur entreprise. Actuellement l’entreprise est en liquidation judiciaire mais une partie des ouvriers a été rembauchée et une certaine activité continue ; la moitié licenciée est regroupée autour de leur syndicaliste, elle continue la lutte. Les autres participants de la conférence furent unanimes pour offrir leur soutien solidaire urgent aux camarades de Jadrankamen.

 

Bojan KOVACIC de « Dioki » de Zagreb (dans la branche pétrolière) a raconté comment on a détruit cette entreprise, au cours de la privatisation de l’INA (principale compagnie nationale de distribution de carburants) et le fameux procès de Jezic et Sanader (ancien premier ministre croate, plongé jusqu’au cou dans la corruption et condamné récemment à dix ans de prison), comment on a fait n’importe quoi – achat de journaux régionaux comme « Novi list » et « Voix de Slavonie », la vente des terres disponibles aux tiers, auxquels on a ensuite loué ces mêmes terres… Kovacic a conclu en disant que « Dioki » ne peut probablement plus être sauvé mais que les ouvriers lutteront pour leurs salaires impayés et les indemnités de licenciement.

 

Sinisa MILICIC du Syndicat industriel régional a souligné dans son analyse du syndicalisme en Croatie que rien dans les rapports sociaux n’a changé par rapport à l’époque où Frédéric Engels décrivait « La situation de la classe ouvrière en Angleterre », et que la plus grande différence réside dans le fait que nous possédons aujourd’hui des i-pods et téléphones portables. En citant quelques exemples du syndicalisme de lutte au début du XXe siècle en région de Varaždin, il a insisté sur la nécessité d’apprendre de l’histoire et de réactualiser le véritable syndicalisme. Il a fini par une boutade : il est venu à la conférence en pensant résumer son discours en une phrase : « La situation du syndicalisme croate est mauvaise, et sans perspective », mais après la conférence il a changé l’avis : « malgré tout, il semble qu’il y ait des perspectives ».

 

Ayant résumé les conclusions la discussion finale s'est penchée sur leur concrétisation et sur la rédaction de la résolution par un groupe de travail composé ad hoc. Il a été décidé d’une coordination ouvrière commune parmi les participants et de la mise en place d'une nouvelle conférence dans un avenir proche. Les présents se sont engagés à y faire venir le plus possible d’ouvriers de leurs entreprises, puis à faire venir encore plus de syndicalistes de divers horizons. Les syndicalistes ont demandé à « Radnička borba » d’organiser la nouvelle conférence et de se charger de la coordination entre-temps. Ils l’ont aussi chargée de rédiger le texte définitif de la résolution et de la soumettre à l’approbation des participants, puis de la faire circuler parmi les syndicalistes et publier dans la presse. Tous ont exprimé l’espoir de rendre la conférence régulière, afin que son influence s’élargisse, que le nombre de participants grandisse et que toute l’initiative se transforme en un mouvement fort.

 

 

« Radnička borba » le 3 décembre 2012.

Traduction : R. Pavlovic.

 

Source : europe-solidaire.org, le 3 décembre 2012.

 

 

 

 

 

 

2. Révolte contre les politiques néolibérales en Slovénie

 

 

 

Extraits d’une interview de Luka Mesec, coordinateur du collectif Delavsko-punkerske univerze (DPU, Université des travailleurs et des punks) qui regroupe des étudiants, des militants et des chercheurs depuis 1998 à l’Université de Ljubljana. Cette interview a été réalisée par Radnička Borba [1](Lutte ouvrière, organisation observatrice de la IVe Internationale en Croatie) le 21 janvier 2013 à Ljubljana.


 

 

Radnička Borba : Quelles sont les principales causes de la crise politique actuelle et de la montée du mécontentement des masses ?

 

Luka Mesec : Il s’agit d’une crise politique et économique, d’une crise du mode d’accumulation néolibéral. Tous les principaux partis politiques en Slovénie, de la droite comme de la dite gauche, acceptent le néolibéralisme. La droite l’impose brutalement, à la manière de Thatcher ou de Reagan, et la prétendue gauche l’approuve en général, étant au mieux réticente. C’est la source des protestations actuelles. Il y a deux ans, les gens réclamaient le départ du gouvernement de la « troisième voie », dirigé par le social-démocrate Borut Pahor, maintenant ils réclament le départ du gouvernement « démocrate » de droite, de Janez Janša, installé il y a un an.

 

La raison immédiate du mécontentement, c’est la brutale réduction du budget du secteur public, qui a conduit à des licenciements et à la réduction des salaires (de 8 % au printemps dernier et de nouveau de 5 %) en vue de préparer les privatisations (Télécommunications, chemins de fer, pétrole, etc.), ainsi que la création d’une « Banque poubelle », qui a dépensé quatre milliards d’euros en vue de garantir les créances (y compris celles des banques privées) et encore un milliard pour recapitaliser les banques publiques (qui pourront ainsi être vendues pas cher). En outre le gouvernement ne parvient pas à faire aboutir le dialogue social et essaye de limiter (voire de supprimer) le référendum d’initiative populaire. Finalement on peut ajouter la corruption et le clientélisme des élites slovènes…

 

Tout cela produit l’escalade des protestations, qui est sans doute la plus importante depuis vingt ans. Ces mouvements ont un énorme soutien populaire, selon les sondages jusqu’à 76 % (alors que le soutien au gouvernement plafonne à 16 %). 30 % de la population est même convaincue que la situation ne pourra être résolue que par l’action révolutionnaire…

 

Bref, les gens sont déçus par les politiques néolibérales que leur ont imposées les élites et veulent une alternative claire.

 

 

Radnička Borba : Certains journalistes présentent le consensus de tous les acteurs sociaux comme l’une des solutions à la crise. Quelle est votre opinion ?

 

Luka Mesec : Le soi-disant gouvernement d’unité nationale, c’est la stratégie de la classe dominante, une sorte de coalition qui devrait dépasser les « différences idéologiques » afin de réaliser les « réformes essentielles » (celle des retraites, les coupes dans le secteur public, les privatisations, la flexibilité du marché du travail…). Il est probable que ce sera le pas suivant de la bourgeoisie slovène, car les gouvernements de droite et de la prétendue gauche ont sombré dans la honte. C’est leur atout. Mais comme c’est notre cauchemar, nous essayons de résister de toutes nos forces pour montrer qu’il ne s’agit pas de « différences idéologiques » qui déchirent la société, mais de la lutte des classes. Nous vivons actuellement une lutte de classes, entre le capital et le travail, qui s’approche de son dénouement. Le moment où les travailleurs reprendront les choses en main n’est pas loin.


 

* Paru dans Inprecor n° 591, février 2013 

* Traduit du croate par JM.

Mis en ligne le 18 février 2013


 

Source : europe-solidaire.org, le 21 janvier 2013.

 

 

 

 

 

 

3. De l'importance du Plénum de Tuzla


 

À ce jour, la plus importante avancée de la révolte des travailleurs de Bosnie-Hérzegovine c’est la création et le fonctionnement quotidien du Plénum de Tuzla.

Zagreb, le 12 février 2014

Il est naturel qu’une nouvelle forme de la politique au service des opprimés soit apparue dans cette ville, où le soulèvement a commencé et où, dès le début, les travailleurs salariés ont été sa force principale – c’est autour d’eux que se sont rassemblés les étudiants, les chômeurs et les retraités.


 

Contrairement à tous les gouvernements et à tous les Parlements, qui par leur nature sont nécessairement bureaucratiques et qui représentent un outil dans les mains des politiciens corrompus alliés aux magnats et à toutes les sortes de capitalistes, le Plénum est un organe dans les mains du peuple et il représente et protège ses intérêts. Par conséquent, le Plénum de Tuzla est l’événement politique le plus important des dernières décennies non seulement en Bosnie-Herzégovine, mais dans toute la région.

Les « analystes » et « journalistes » philistins, dont l’horizon est limité à leurs « couleurs nationales », laissent échapper leurs rires de hyènes en entendant cela. La signification de cette Assemblée plénière n’est pas temporaire et il ne s’agit pas d’un épisode. Quelle que soit le développement du mouvement au cours des semaines et des mois à venir, personne ne pourra effacer de la mémoire de la classe ouvrière l’existence de ce plénum. Dans les prochaines années, chaque fois que les travailleurs et les autres opprimés — non seulement en Bosnie-Herzégovine, mais aussi en Croatie, en Serbie, en Slovénie et au-delà — vont se poser la question sur comment ils peuvent s’organiser au cours de leurs luttes, les formes d’organisation que les travailleurs de Tuzla leur ont montré seront leur réponse naturelle.

Ce mode d’organisation à l’échelle d’une ville, que les travailleurs et leurs alliés ont réinventé à Tuzla, est apparu avec le mouvement ouvrier moderne. La première fois ce fut à Petrograd en 1905.

Dans notre région, au cours des dernières décennies, une telle forme d’organisation a vu le jour dans le mouvement étudiant : les réunions tenues lors de l’occupation de l’université de Belgrade, les assemblées qui ont eu lieu durant le blocus des facultés de Médecine en Croatie. Mais à Tuzla ce mode d’organisation a été porté à une niveau qualitativement plus élevé. À Tuzla, les ouvriers, en coopération avec les militants impliqués dans l’organisation de l’insurrection, ont convoqué une session plénière à l’échelle de toute la ville afin de formuler leurs exigence devant le Parlement du canton de Tuzla. Trois facteurs mettent en avant l'extraordinaire importance de ce plénum :

  • Tout d’abord, et c’est le facteur dominant, la classe ouvrière représente l’épine dorsale de ce plénum et elle est la seule classe capable de mettre en avant le projet d’une nouvelle société, en raison de sa puissance et de son rôle social (contrairement aux étudiants qui ont été jusque là les seuls à se doter de telles assemblées) ;

  • D’autre part, ce plénum ne représente pas les intérêts de petits groupes, mais il est ouvert aux larges masses ;

  • Enfin, il vise à réaliser les intérêts du peuple de toute la ville et ses décisions l’ont ouvertement impliqué dans la vie politique du pays : il a exigé la formation d’un nouveau gouvernement.

Ce plénum a donné une réponse à la question comment les opprimés peuvent s’organiser pour agir, en dehors de la participation à des Parlements, sans faire appel à des gouvernements corrompus et sans implorer la miséricorde de la classe dominante. C’est une expression cohérente pour comprendre que les opprimés peuvent ne pas compter sur les institutions et les partis politiques existants, mais qu’ils ont besoin de s’auto-organiser dans leur lutte pour protéger leurs intérêts. Le Plénum n’est donc pas une organisme ou un regroupement informel qui aurait un caractère consultatif ou informel. Le Plénum est une nouvelle institution politique. Tout comme il y a des présidents, des ministres, des parlements au service des élites – pour leur garantir la corruption, la criminalité et l’appauvrissement de la population – il y a maintenant de l’autre côté de la barricade un plénum qui exprime les intérêts des gens communs et qui, par son mode de fonctionnement, empêche les abus du pouvoir et agit en tant qu’organe de combat du mouvement.

Le développement de l’insurrection en Bosnie, qui pourrait conduire vraiment à des changements majeurs et décisifs dans la vie sociale et politique, doit inclure la propagation de tels plénums à l’échelle du tout le pays, leur coordination et le création d’un gouvernement issu et fondé sur ce système de plénums. Parallèlement, dans chaque lieu, dans chaque quartier, des plénums locaux doivent être organisés afin d’envoyer des délégués dans les plénums de leur ville – c’est seulement de cette façon qu’il sera possible de créer un fonctionnement démocratique et efficace du système des plénums. La solution ne peut pas consister dans le remplacement des gens dans les gouvernements en place, ni même de leur interdire tout simplement de se représenter (même si une telle interdiction peut être utilisée). La cause de la situation en Bosnie-Herzégovine ce n’est pas le rôle joué par des politiciens corrompus ou des capitalistes avides, c’est un système économique et politique qui continuera à produire de tels personnages aussi longtemps qu’il existera. La seule alternative : tout le pouvoir aux Plénums !

Alors que les plénums connaissent naturellement leurs douleurs d’enfantement, alors qu’ils commencent seulement à être construits, il est normal qu’ils n’ont pas encore pleinement conscience de leur propre importance et de leur incommensurable pouvoir politique. Il y aura beaucoup de ceux – même parmi les participants au Plénum – qui vont insister à tort sur son caractère temporaire, sa frivolité et il est même possible que, parfois, la majorité de ses participants, ignorant son pouvoir potentiel et la signification de leur Plénum, cherchera des réponses « véritables » auprès des institutions et des modèles existants. Il y aura aussi ceux qui vont mettre l’accent sur sa forme et non sur son contenu, qui voudront transformer certaines expériences ou certains paramètres particuliers des plénums en un dogme. Le plénum ne doit pas être esclave de toutes ses formes et ses règles ainsi que ses modalités de fonctionnement devraient être déterminés et modifiés en fonction de leur efficacité et du contexte de son travail (évidemment sans perdre son caractère de classe et son fonctionnement démocratique). D’autre part, toutes les forces qui cherchent à préserver l’ordre actuel voudront faire disparaître les plénums et feront tout pour un retour à la « normalité », dans l’enceinte des anciennes institutions qui protègent leurs intérêts. Il est donc nécessaire de protéger avec vigilance l’assemblée plénière en tant que point focal et l’épine dorsale du mouvement.

Travailleurs, chômeurs, étudiants et retraités de Tuzla, soyez conscients que vous êtes l’embryon d’un nouveau gouvernement issu du peuple, un gouvernement qui se dégagera du Plénum !

Que le nouveau gouvernement du canton de Tuzla doit être choisi, doit rendre des comptes et doit pouvoir être révoqué à tout moment par le Plénum !

Que le gouvernement du plénum empêche à jamais le retour de l’ordre ancien et qu’il commence à construire une nouvelle société ! 


 


Proclamation du Plénum des travailleurs et citoyens de Tuzla

 

Tuzla, le 7 février 2014

Aujourd'hui à Tuzla un nouvel avenir a été créé ! Le gouvernement a présenté sa démission, qui a été la première demande des manifestants et cela crée les conditions pour la poursuite de la résolution des problèmes existants et la réalisation du reste des revendications des travailleurs.

La colère accumulée et la rage sont les causes du comportement violent. L'attitude des autorités a conduit au fait que la situation a dégénéré à Tuzla. Maintenant, dans cette nouvelle situation, nous devons nous concentrer cette colère et cette rage sur la construction d'un système de gouvernement productif et utile.

Nous invitons tous les citoyens à soutenir la réalisation des exigences suivantes :

1. Le maintien de l'ordre public par la coopération des citoyens, de la police et de la protection civile, afin d'éviter toute criminalisation, politisation et manipulation des protestations.

2. L'établissement d'un gouvernement technique, composé de professionnels, non membres d’un parti politique, qui ne sont pas compromis, qui n'ont pas eu un seul mandat du gouvernement quelque niveau que ce soit niveau, afin de préparer les élections de 2014 dans le canton de Tuzla. Ce gouvernement devra chaque semaine les plans hebdomadaires et les rapports d’activités et réaliser les objectifs demandés Le travail du gouvernement sera suivi par tous les citoyens intéressés.

3. Résoudre, par une procédure d'urgence, les questions de la régularité de la privatisation des sociétés suivantes : “Dita”, “Polihem”, “Poliolhem”, “Gumara” et “Konjuh”.

Ainsi que :

- Tenir compte de l’ancienneté et assurer des soins de santé pour les travailleurs ;

- Poursuivre les criminels économiques et tous leurs complices ;

- Saisir les avoirs acquis illégalement ;

- Annuler les contrats de privatisation ;

- Faire une révision de la privatisation ;

- Rendre les usines aux ouvriers et les placer sous le contrôle des autorités publiques afin de protéger l'intérêt public et reprendre la production dans les usines où c’est possible.

5. Équilibrer les salaires des représentants du gouvernement avec les salaires des employés des secteurs public et privé.

6. Suppression des primes aux représentants du gouvernement, comme des revenus complémentaires qu’ils reçoivent pour la participation à des commissions, des comités et d’autres organes, ainsi que de toutes les autres compensations excessives et injustifiées qu’ils reçoivent alors que les travailleurs des secteurs public et privé n’y ont pas accès.

7. La suppression des salaires payés après l’expiration ou la résiliation de leur mandat aux ministres et éventuellement à d’autres représentants du gouvernement.

Cette proclamation a été élaborée par les travailleurs et les citoyens du canton de Tuzla, pour le bien de tous. 

 

 

 

 

Source : http://www.inprecor.fr/article-inprecor?id=1577

 

 

 

 

 

Rédigé par brunorosar

Publié dans #Economie et mouvements sociaux

Repost 0
Commenter cet article