Lika Chocolat

Publié le 28 Octobre 2011

Quand le chocolat belge épouse la lavande et l'eau de vie de Croatie 

 

  

«Le chocolat est la nourriture des dieux», dit Christine Scholtes Covic, une Belge qui, depuis la Croatie profonde, s'est lancée dans la production de chocolat et de truffes, alliant le savoir de son pays en matière de friandises aux saveurs locales.

  

Cette ancienne journaliste de 37 ans s'est installée à Rakovica, petite localité nichée au milieu de la verdure des collines et des vallées de la région de Lika, dans le centre de la Croatie, et a transformé sa passion en travail.

«J'ai toujours aimé la cuisine et notamment la pâtisserie qui était ma spécialité. À six ans, je me suis fait toute seule mon gâteau d'anniversaire», se souvient Mme Scholtes, originaire de Messancy, dans le sud de la Belgique.

«Ma grand-mère avait un restaurant et je suis comme un Obélix qui est tombé dans une potion magique», ajoute-t-elle, pour expliquer sa «dépendance au chocolat».

Une séduisante odeur de chocolat chaud - dont Christine loue les vertus aphrodisiaques -, et d'épices se dégage de l'atelier, situé au rez-de-chaussée d'un immeuble.

Des petits paquets contenant des friandises sont exposés à l'entrée. L'atelier lui-même est meublé d'une grande table en granit et d'un réfrigérateur en inox, un «coffre-fort», dit Christine, rempli de chocolats et de truffes faits main.

Après ses études, Christine a pratiqué parallèlement le journalisme et la cuisine, en Belgique et au Luxembourg.

Un diplôme de l'Institut national (français) de la boulangerie-pâtisserie en poche, cette souriante brune aux cheveux courts avait ouvert une petite pâtisserie chez elle.

 

  

Mariage de deux pays

  

Mais c'est son amour pour la nature qui l'a amenée dans la pittoresque région de Lika, connue notamment par son parc national de Plitvice, abritant seize lacs reliés entre eux par des dizaines de cascades.

«J'ai toujours voulu vivre dans la nature. Je cherchais la paix», explique Christine.

Elle y a aussi rencontré un homme qui allait devenir son mari, avant de s'installer définitivement en Croatie en 2009. 

  

 http://www.reuters.com/resources/r/?m=02&d=20111010&t=2&i=513807881&w=460&fh=&fw=&ll=&pl=&r=BTRE7991O5600

 

«J'ai cherché la maison et j'ai eu un homme avec», sourit-elle.

Christine a commencé la fabrication de chocolat et de truffes en octobre 2010 et a baptisé sa marque Lika Chocolat.

«C'est vraiment le mariage du meilleur des deux pays, le chocolat belge le plus raffiné, enrichi d'excellents ingrédients croates, le beurre ou la crème fraîche, et des saveurs locales, telles que le miel, des noix, la lavande ou encore des vins», poursuit-elle.

Son employée, Ankica Baric, assure que les truffes faites avec de l'eau de vie de prunes locale sont devenues un «succès absolu».

«C'est une idée excellente, mais c'était aussi quelque chose de complètement nouveau pour moi», dit Mme Baric.

«Quand Christine m'a demandé ce que je savais faire avec le chocolat, j'ai répondu que je savais seulement le manger», ajoute-t-elle, en éclatant de rire.

Une vingtaine de modèles et d'arômes sont fabriqués dans le petit atelier, soit quelque 150 kilos de chocolat par mois. Les tablettes de chocolat sont vendues 2 euros (2,80$) la pièce et les truffes 33 euros (46,45$) le kilo.

«L'idée me plaît bien et le chocolat est vraiment excellent», dit Nikola, la cinquantaine, qui s'est arrêté à l'atelier sur sa route vers la capitale croate.

«On devrait avoir ça à Zagreb», ajoute-t-il, en savourant une truffe à l'alcool local.

Peu peuplée, la région de Lika avait été très affectée par la guerre serbo-croate dans les années 1990. Le chômage y touche plus de 20% de la population active, mais elle est située sur une route menant vers la côte Adriatique qui accueille une dizaine de millions de touristes chaque année.

 

 

Source : fr.canoe.ca, le 28 octobre 2011.

 

Rédigé par brunorosar

Publié dans #Arts et métiers

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