Les moniales bénédictines

Publié le 6 Juin 2011

Les moniales bénédictines

 

 

Les monastères de femmes ont existé dans les régions de l’actuelle Croatie avant l’arrivée des Croates au 7e siècle, probablement avant même que les Chrétiens n’obtiennent la liberté religieuse au 4e siècle. Nous savons ainsi qu’à Srijem (Syrmie), au temps de l’Empereur Dioclétien, sept vierges furent torturées ensemble. Elles sont citées dans des documents comme les Septem Virgines Canonicae, ce qui indiquerait que ces vierges martyres vivaient selon des lois propres à l’Eglise sans pour autant être des moniales au sens strict du terme.

Près de la ville de Poreč en Istrie, un monastère de femmes a pu exister au 5e ou au 6e siècle. Quant à savoir si les femmes représentées sur la mosaïque du 6e siècle de la cathédrale de Poreč étaient une sorte de moniales, nous ne pouvons le savoir. De plus, nous ne pouvons pas garantir que les communautés féminines religieuses les plus anciennes en Istrie étaient bénédictines ni que les communautés de moines bénédictins aient existé dans ces régions avant elles. On peut établir une preuve plus sûre de la vie monastique de femmes en ces régions au vu de la dernière inscription datée qui fut trouvée dans les ruines de la cité Romaine de Salone (près de Split). Pendant les 4 siècles qui suivent la destruction de cette ville (autour de 614), une information peu abondante indique la possibilité qu’en cette période des femmes cénobites aient vécu dans ces régions.

L’existence de Bénédictines dans nos régions remonte au 11e siècle, avec le premier monastère établi en Dalmatie, tandis que toute l’Europe était entraînée par l’enthousiasme pour la vie religieuse. Comme dans la plupart des cas, les Bénédictines sont venues en Dalmatie en suivant les moines.

En ce qui concerne les monastères bénédictins, St Benoît interdisait parmi ses disciples la distinction entre esclaves et hommes libres. Et il était encore moins question de faire une distinction entre membres de classe inférieure et ceux issus de la noblesse. Par conséquent, quand il n’y avait pas assez de filles de nobles, les filles du peuple étaient acceptées sans hésitation. De la même manière, deux monastères insuffisamment peuplés pouvaient facilement fusionner, indépendamment du fait que dans l’un d’eux le hasard eût voulu qu'il y ait des femmes nobles et dans l’autre des femmes du peuple.

Au Moyen Âge il y avait de loin plus de monastères pour femmes nobles que pour celles du peuple, malgré le fait qu’il y avait beaucoup plus de familles de classes commune ou moyenne que de naissance noble. Cependant, la raison principale du nombre important de communautés cénobitiques composées de femmes nobles venait du fait qu’il y avait comparativement un grand nombre de femmes nobles non mariées. Des monastères féminins offraient une voie appropriée et bon marché à ces femmes restées non mariées leur vie durant, à cause de la structure de la société féodale. Cet élitisme, en désaccord avec les principes de l’Evangile, autant qu’avec ceux de la Règle, causait un grand dommage à la qualité de la jeune génération des sœurs et contribuait aussi au déclin de la discipline. Cela explique que dès le début des Temps modernes, dans les monastères de membres issus de l’aristocratie, on était certain qu’un tiers des sœurs était d’origine modeste.

Dans la majorité des cas, les moines choisissaient la campagne pour leurs monastères tandis que les sœurs restaient habituellement proches des villes. Pendant le Moyen Âge, il était pratiquement impensable que les sœurs puissent vivre loin d’une ville à cause de l’organisation d’une communauté féminine autant que pour des raisons de sécurité, la vie à la campagne étant pleine de risques. Il pouvait arriver cependant que des Bénédictines doivent rester à la campagne mais seulement pour un temps limité ou comme réfugiées pendant une guerre. Les moniales faisaient preuve toutefois de plus de persévérance que les moines. Ainsi, quand les guerres napoléoniennes éclatèrent dans ces régions, il y avait environ une centaine de sœurs réparties en 17 monastères. Un grand nombre de ces monastères, comme ceux des autres ordres religieux dans les parties côtières du pays, furent supprimés pendant la période de la loi autrichienne autant que française, qui érigeait en principe qu’un seul monastère suffise par ville pour l’éducation des filles.

 

 

Source : benediktinke-zadar.com


Rédigé par brunorosar

Publié dans #Eglise catholique

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