Les lacs de Plitvice

Publié le 15 Février 2012

Les lacs de Plitvice : barrage aux Turcs !

 

 

L’étape antérieure commença avec le recul de l’occupation turque à la fin du XVIIe siècle. La nouvelle frontière passait tout près de lacs qui étaient perdus dans la forêt et évités. Les tours de garde de la frontière et les passages des patrouilles militaires étaient les seules traces de vie sociale.


Cette étape fut marquée par les lents mais radicaux changements dans les habitudes des habitants et de la vie sociale en général. L’orientation vers la vie sédentaire et le développement de l’agriculture caractérisait la situation dans les territoires occupés. Le recul et la défaite des Turcs tenait au conflit des deux civilisations : d’un côté une dure autarcie, basée sur les modestes revenus d’élevage, et de l’autre l’économie agraire et l’artisanat ranimés par le développement des échanges commerciaux ; le régime de la Marche militaire  jouait un rôle positif (Blanc - 1957). La population augmentait et l’agriculture progressait ; on a eu besoin des moulins. D’où la colonisation le long de Korana : en descendant son cours en amont (Bijela Rijeka) et en remontant le cours principal.


Au cours de presque quatre siècles de conflits entre Chrétien et Turcs, on avait tout fait pour retenir la population sur place et coloniser de nouveaux villages en vue d’assurer la force militaire. Dans ces conditions difficiles, la zone des conflits était fort ravagée et l’équilibre naturel perturbé. Bien des lacs, dans les vallées d’Una, Krka, Pliva, etc., ont été remblayés et les barrages du travertin exposés à la destruction.


Les lacs de Plitvice dans la « forêt du diable » n’étaient pas attirants. La zone des forêts sombres et humides fut évitée. Encore en 1777 un homme du pays, D. Vukasović d’Otočac (à une quarantaine de kilomètres de Plitvice) écrit : « les cinq lacs de Plitvice se trouvent dans la forêt très dense près de la frontière turque ». Les premières représentations cartographiques des lacs datent de la deuxième moitié du XVIIIe siècle (1760, 1786 et 1789). En 1818, François Ier visite la Marche militaire et passe à côté des lacs de Plitvice ; ses officiers ont trouvé que cela ne valait pas la peine de visiter l’endroit « où on n’a que quelques scieries et moulins ».


Les données du passé plus ancien sont très fragmentaires et on ne trouve pas de preuves que les lacs furent attirants : on avait beaucoup de raisons d’éviter une région boisée et humide dans un milieu montagnard.


 

Source : Josip Roglić : Les lacs de Plitvice [document PDF]

 

 

 

 

 


Rédigé par brunorosar

Publié dans #Turquie-Croatie

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