Le polyptyque d'Ugljan

Publié le 10 Mars 2012

Le polyptyque d'Ugljan

 

 

 

Le polyptyque d’Ugljan est considéré comme l’oeuvre majeure du style gothique tardif en Dalmatie. Il témoigne d’un incessant échange d’idées artistiques entre la côte adriatique orientale et les centres artistiques de l’époque. Destiné au couvent franciscain Saint Jérôme sur l’île d’Ugljan , le polyptique est conservé aujourd’hui au couvent Saint François à Zadar. Cette oeuvre a été exécutée par Jean, fils de Pierre, de Milan (Ivan Petrov iz Milana) dont la présence à Zadar est attestée selon les archives à partir de 1431. Formé dans un milieu artistique milanais où se mélangeaient les influences italiennes et transalpines, ce peintre d’un talent incontestable a introduit, au cours de la première moitié du 15e siècle, le style gothique en Dalmatie.

 

Le polyptyque d’Ugljan comprend vingt-neuf panneaux peints dans un encadrement sculpté en bois doré richement décoré. Cet ensemble de tableaux est rassemblé dans une composition de trois registres horizontaux.

 

Le tableau principal, qui est également le plus grand, est placé au centre de la composition. Il présente une Vierge à l’Enfant entourée d’anges. La Vierge aux traits juvéniles, aux mains longues et particulièrement élégantes, habillée d’une robe rouge aux ornements floraux brodés en or et d’un pardessus en maphorion bleu décoré d’ornements géométriques dorés, est assise sur un trône décoré d’éléments architecturaux. Le traitement minutieux de l’Enfant jouant avec un chardonneret témoigne des connaissances en anatomie du peintre. Huit anges, tous traités de façons différentes par le peintre et jouant de divers instruments musicaux, entourent la Vierge et l’Enfant.

 

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De part et d’autre du panneau central, six saints occupent le registre médian. Ils sont présentés debout placés sur des socles hexagonaux de couleur jaunâtre sur lesquels sont inscrits leurs noms. Le fond, comme celui de la Vierge à l’Enfant, est doré en haut et noir en bas.

 

Toutes les figures ont des auréoles poinçonnées de la même façon. Saint Pierre martyr, le premier à gauche, habillé en noir, un livre à la main droite, un rameau de palme à la main gauche et un couteau enfoncé dans sa tête ensanglantée, est suivi par saint Nicolas bénissant en tenue d’évêque et saint François au crucifix doré montrant ses stigmates. Proche de la Vierge à l’Enfant, à droite de la composition, on distingue saint Jérôme en tenue de cardinal, une plume à la main droite, portant un très beau modèle de l’église. Il est suivi par saint Siméon, le plus richement habillé. Un rotulus comportant une inscription en latin à la main gauche, il porte une robe bleue entièrement couverte d’ornements végétaux dorés et un pardessus rouge décoré de bord brodé en or. Saint Jacques, le plus à droite, porte un livre semi-ouvert à la main droite et une longue canne à la main gauche.

 

Six autres saints, dont seul leur buste est représenté, ornent les deux panneaux latéraux du polyptyque. Il s’agit de saint Chrysogone, saint Etienne (ou saint Laurent ?), saint Jean Baptiste, saint Démétrius, d’un saint âgé en tenue d’évêque, probablement saint Donat, et d’un jeune saint non identifié.

 

La composition Imago pietatis en trois tableaux occupe la partie supérieure du polyptyque. Au centre, la présentation du Christ mort, au corps décharné sortant du sarcophage hexagonal est flanqué des tableaux figurant saint Marie et saint Jean, la tête baissée, exprimant leur détresse. 

 

La prédelle, occupant le registre inférieur du polyptyque, est divisée en treize panneaux figurant les bustes du Christ bénissant, placée au milieu, et de douze apôtres aux livres ou rotuli à la main.

 

Richement entaillé, l’encadrement doré est unique dans l’art dalmate mais on en trouve des parallèles à Venise. Intéressant d’énumérer quelques parallèles.

 

 

Source : qantara-med.org

 

Rédigé par brunorosar

Publié dans #Peintres

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