Lana Derkač

Publié le 10 Février 2013

Lana Derkač


 

 

Lana Derkač est née en 1969 à Požega. Elle est diplômée en philosophie de l’Université de Zagreb. Son travail a été publié dans de nombreux journaux croates et internationaux, magazines et anthologies. Elle a reçu le Prix de Poésie Zdravko Pucak et le Prix Duhovno Hrasce. Son travail est traduit dans 14 langues et elle a participé à de nombreux événements littéraires comme le Festival International de Poésie à Zagreb, le Festival International Curtea de Arges Poetry Nightsen en Roumanie, le Salon du livre de Guadalajara au Mexique… Elle a publié entre autres Wayside Crucifixes (Vinkovci, 1995), Lightbearer’s Refuge (Zagreb, 1996), Eve from Mailbox (Zagreb, 1997), The Chest for Shadows (Karlovac, 1999), The Forest Sends Us a Tree By E-mail (Zagreb, 2004), Silence's Striptease (Zagreb, 2006), Autres poèmes (Brussel, 2010)... Elle a également édité deux anthologies de poésie : Kairos in Zagreb (Zagreb, 2006) et Third Word (Calicut, 2007).

 

 

 

Tsunami  

  

Spuštam šalicu s čajem baš u trenutku kad

televizor preplavljuju snimke tsunamija.

Komentiraš: Smrt je opet laureat.

Ovaj put je u Aziji primijenila jednu od  

svojih borilačkih vještina.  

Nisam sigurna natječu li se valovi s ekrana

za njeno odličje ili na svoj ubojit način

samo oplahuju Apokalipsu.

Dodajem: Smrt ih šalje.

Svaki odbjegli val njeno je pismo  

i zaista ne znam što li će reći grafolozi  

kad prepoznaju isječke njenog rukopisa.  

Mnoštvo je kombinacija.

Preko valova se dopisuju dvije obale.

Ili red i nered.

Ili jezičci nemira i središte Zemlje.

Pitaš me: Možeš li zamisliti sirenu

u uniformi kako snažnom glasanju valova  

najavljuje rat još zaglušnijim pjevom?  

I Odisej je izbjegava.  

Možeš li prepoznati pijesak koji odijeva  

maskirnu odjeću, a znaš da mu je pobjeglo  

sjećanje na Hitlera i svjetske ratove?  

Uvjeravam te:

Bog motri iz svemira sve ubojice

pa tako i današnje valove

posložene u pjenu.

I bez teleskopa tu pjenu nazire

kao prokleti slak.

 

Je pose la tasse de thé au moment précis où

les images du tsunami inondent la télé.

Tu commentes: La mort est à nouveaux championne.

Cette fois, en Asie, elle a exercé une

de ses pratiques d'arts martiaux.

Je me demande si les vagues de l'écran

concourent pour une médaille ou si elles se contentent

de baigner l'Apocalypse à leur manière assassine.

J'ajoute: La mort les envoie.

Chaque vague qui s'en échappe est une lettre d'elle

et je ne sais vraiment pas ce que diront les graphologues

lorsqu'ils reconnaîtront les brisures de son écriture.

Il existe une multitude de combinaison.

A travers les vagues deux rives correspondent.

Ou l'ordre ou le désordre

Ou des langues d'intranquillité ou le centre de la terre.

Tu me demandes: Peux-tu imaginer une sirène

en uniforme au plus tumultueux des vagues

déclarer la guerre d'une voix plus assourdissante encore ?

Même l'Odyssée l'évite.

Peux-tu reconnaître le sable qui enfile

un treillis de combat, et savoir que lui a échappé

le souvenir d'Hitler et des guerres mondiales ?

Je te convaincs:

De l'univers, Dieu observe tous les assassins

et donc les vagues d'aujourd'hui

disposées en écume.

Même sans téléscope il devine cette écume

comme un maudit liseron.

   

Tsunami 

      

 Navijači 

 

Dok stojimo na livadi, vrapci su u gustišu.

Njihove široke narodne mase vire iz granja.

Učini ti se da žestoko navijaju. Prate

nogomet. Poslije pomisliš da su sljedbenici

Marxa i Engelsa. Da cvrkuću:

Hej vrapci svih zemalja,

ujedinite se pa da i mi zaigramo nogomet!

Kasnije si uvjeren da čitaju Bibliju

i počinješ razabirati psalme u njihovom

nemuštom jeziku, a onda čuješ da spominju

Mojsija i izabrani tim.

Odvraćaš pažnju od ptica.

Netko ti oštrom travkom zasijeca jagodicu

prsta kako bi se zacrvenjela poput jagode

i na poteklu tvoju krv prislanja svoj

zasječeni prst. Sretan si. Znači, zbilja

ti je prišao. Ti se bratimiš s Panom. 

 

Tandis que nous nous tenons dans la prairie,

les moineaux sont dans les fourrés.

Leurs vastes masses populaires épient depuis les branches.

Il te semble qu'ils encouragent avec fougue. Ils suivent

le football. Puis tu penses qu'ils sont des partisans

de Marx et Engels. Qu'ils pépient :

Moineaux de tous pays,

unissez-vous pour que nous aussi puissions jouer au foot !

Plus tard, tu es persuadé qu'ils lisent la Bible

et te mets à distinguer les psaumes dans leur

langue muette, alors tu entends qu'ils évoquent

Moïse et le team élu.

Tu détournes ton attention des oiseaux.

Avec une herbe tranchante, quelqu'un t'entaille la pulpe

du doigt, de sorte qu'elle devienne rouge comme les fraises

et sur l'écoulement de ton sang il appuie

son doigt entaillé. Tu es heureux. Cela signifie en fait

qu'il s'est approché de toi. Tu fraternises avec Pan.

 

 

Source : maisondelapoesie.be

 

 

 

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Traduit du croate par
Tomislav Dretar et Gérard Adam

 

Rédigé par brunorosar

Publié dans #Ecrivains

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