La rue Konjščinska

Publié le 22 Août 2010

A cause des Chinois meurt peu à peu Konjščinska

 



Pour l'instant 20% des Janjevci de la rue Konjščinska à Zagreb n'ont pas survécu à l'invasion des Chinois et ont été forcés de fermer leurs magasins.

Une rue dans laquelle les services d'inspection ne sont pas les bienvenus (un euphémisme !), une rue dans laquelle toute maison à trois étages est spécialisée dans la vente en gros de tout et de rien, une rue qui compte parmi les plus connues de Zagreb et où foisonnent les copies de toutes les marques existantes, voila ce qu'est Konjščinska.

 

 

Les Janjevci méfiants envers les appareils-photos


Tout magasin de vente en gros dans la rue porte un nom de famille, si bien que la rue fait immanquablement penser à un grand arbre généalogique. En face de chaque magasin sont suspendus des articles textile afin d'allécher le chaland, et les prix sont comme taillés sur mesure pour ceux qui gagnent moins que la moyenne. 

En dix-huit ans d'existence la rue Konjščinska est devenue un havre pour la classe moyenne.

Afin de vérifier si rien n'a changé ces dernières années, nous nous sommes enfoncés vers la rue longue d'un kilomètre qui abrite une centaine de commerces.
 
Toutefois, dès avoir foulé le pavé avec les appareils-photos, les commerçants nous ont attendu avec défiance en nous avertissant de ne pas prendre de photos. Avec un si bon conseil il ne nous est pas resté d'autre choix que de nous mettre au shopping ! Dans la rue c'est comme si le temps s'était arrêté, du moins s'agissant des prix. Un T-shirt pour femme, autant qu'en 1998 ou 2000, reste à 50 kunas par pièce et à 30 kunas pour un achat en gros. Les filles!, sachez qu'un blue jeans gas, mais avec un "s" en plus, est toujours à 100 kunas.

A Konjščinska il n'y a rien qui n'existe pas, c'est ainsi que l'on peut trouver sur les comptoirs une statue de la Vierge Marie produite ni plus ni moins qu'en Chine (prix 50 kunas), achetée par des Turcs puis revendue aux Janjevci.

 

http://www.vecernji.hr/slika-640x348/vijesti/usprkos-policijskim-racijama-konjscinskoj-trgovina-cvjeta-slika-95362

 

 

Des maisons de trois étages et des magasins mis aux enchères pour cause de dettes


Mais même si nous avons eu droit sous nos yeux à une grosse vente, dans laquelle le patron du magasin a reçu en main plus de dix mille kunas, une telle scène se voit de moins en moins.

D'après les paroles d'un des plus anciens propriétaires à Konjščinska, ces dernières années 20% des commerces ont fermé leurs portes, et les glorieux édifices, parfois frisant l'élégance, se sont retrouvés aux enchères afin d'épurer des dettes envers l'Etat et les banques. Ils ont été broyés, dit-il, par la ruée des Chinois qui ont envahi le marché croate avec des marchandises de piètre qualité vendues à des prix particulièrement bas.

- On se débrouille comme on peut. Seuls les plus forts subsistent. Nous avons traversé plusieurs période turbulentes en affaires, mais une seule chose demeure : les services d'inspection qui ne nous font pas de cadeaux. Ensuite la marchandise chinoise a submergé le marché et nous avons perdu pas mal de clients. Mais on insiste sur la qualité et on a baissé les prix sans pour autant nuire à la qualité. Cela fait dix-huit ans que nous avons des clients réguliers et ainsi avons-nous survécu. Une chose est néanmoins sûre : à Konjščinska vous ne verrez pas un seul Chinois - nous a déclaré Josip, le propriétaire d'un magasin qui ne s'est pas défilé à notre vue ni n'a craint que nos photos puissent attirer les services d'inspection tant abhorrés.

 

 

Pour un budget d'étudiant, Konjščinska est comme taillée sur mesure

 

Quoique les Zagrébois se soient d'abord montrés plutôt réservés envers les Janjevci et Konjščinska, avec les années ils ont changé d'avis.

- Chaque année avant de partir à la mer je visite Konjščinska et je renouvelle ma garde-robe d'été. Pour un modeste budget d'étudiant, Konjščinska est comme taillée sur mesure - déclare Ivana Topić dont l'armoire renferme une robe légère à 150 kunas.

Le Zagrébois Stjepan Prebeg est également un client assidu de Konjščinska et il porte encore un T-shirt acheté en 1995.

- Dommage que les magasins ferment car ils sont le salut pour nous les petites gens qui avons du mal à joindre les deux bouts. En plus d'être bon marché la qualité est égale à celle des marchandises dans les boutiques - déclare Prebeg qui en compagnie de son épouse semble lancé pour de bon dans les achats.

par Gordana Malašić


Source : dalje.com, le 23 juin 2008.



Rédigé par brunorosar

Publié dans #Zagreb

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