La réception de Prévert en Yougoslavie

Publié le 6 Juin 2010

La réception de Prévert en Yougoslavie

 

 

La bibliographie des traductions de Prévert en serbo-croate est très riche et comprend une vingtaine de pages. Il est à noter que parmi les traducteurs de Prévert figurent des poètes et des écrivains de renom, tels que : Ivan V. Lalić qui traduit "Le Désespoir est assis sur un banc", "Sables mouvants", "Immense et rouge", "L'Automne", Vasko Popa qui traduit "Le Petit lion", Todor Manojlović qui traduit "Le Temps perdu", "Premier jour", "Le Jardin", "Chanson" et "Dimanche" , Aleksandar Ristović qui publie en 1969 sa traduction des Histoires en y ajoutant sa postface, Danilo Kiš qui publie en 1971 une plaquette avec vingt et un poèmes de Prévert et avec une préface, Ljubiša Jocić qui traduit "Les enfants qui s'aiment", "Narcisse" et un poème que nous n'avons pu identifier, Gustav Krklec qui traduit "Pour faire le portrait d'un oiseau".

 

La réception de Prévert en serbo-croate commence dans les années cinquante, après la rupture avec l'URSS, au moment où la Yougoslavie s'ouvre aux littératures étrangères et où naît une tendance à affranchir la création artistique des contraintes idéologiques, tendance qui se manifeste à la fois par un "néosymbolisme" et par un certain retour au surréalisme : les poètes s'éloignent de la réalité quotidienne ou la transfigurent, en cultivant une poésie obscure qui exprime les mystères de l'âme et qui s'oppose à la transparence, à la simplicité et au moralisme facile des productions du réalisme socialiste. L'oeuvre poétique de Prévert a pu combler en quelque sorte les attentes des lecteurs qui voulaient cet affranchissement de la poésie du fardeau idéologique, mais qui préféraient la clarté à l'obscurité et aimaient un langage poétique non éloigné du langage pratique. La seconde moitié du XXe siècle voit paraître un grand nombre de traductions de Prévert, publiées sous la forme de poésies individuelles dans des revues littéraires (plus de 150) et sous la forme de livres dont certains ont eu plusieurs éditions. Nous ne nous arrêterons que sur les traductions les plus importantes.

 

Le premier livre de Prévert est publié à Zagreb en 1958. C'est un choix de poèmes qui englobe Paroles, Spectacle, Grand bal du printemps, La Pluie et le beau temps et Lumières d'Homme, et qui est muni d'une postface et des notes, écrites par le traducteur Saša Čičin-Šain. Plus de vingt ans après, à Zagreb paraît un autre choix de poésies de Prévert, fait par Zvonimir Golob, sous le titre de Barbara : poésies (1982). Pourtant, le plus grand nombre de livres paraissent à Belgrade. [...]

 

par Jelena Novaković

 

Source : Carole Aurouet, Jacques Prévert : Frontières effacées, L'AGE D'HOMME, 2003, pp 169-170.

(sans les notes de bas de page)

 

 

 

Rédigé par brunorosar

Publié dans #Littérature et médias

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