L'émigration politique croate (1943-1990) (II)

Publié le 10 Décembre 2009

[1] Aussi bien dans la Yougoslavie royaliste et centralisée (1918-1941) que dans la Yougoslavie communiste et fédérale (1945-1991).
[2] S'opposant à la Yougoslavie et au centralisme serbe, Ante Pavelić (1889-1959) créa une société secrète, "Oustacha" (1929), qui utilisa le terrorisme comme moyen d'obtenir l'indépendance de la Croatie, comme en témoigne l'assassinat à Marseille, en 1934, du roi Alexandre de Yougoslavie et du ministre français des Affaires étrangères Louis Barthou. En 1941, Pavelić devient le "Poglavnik" (chef) de l'État indépendant de Croatie (NDH), protégé par Hitler et Mussolini. Durant quatre ans, le régime oustachi mena une politique de répression qui prit des allures de génocide. Les Serbes, victimes principales du régime de Pavelić, gardèrent un ressentiment envers la construction étatique croate, y compris en 1991.
[3] Les Domobranes étaient, pendant la Seconde Guerre mondiale, une milice restée fidèle aux idées du Parti paysan croate (HSS).
[4] Borivoje Karapandžić, Kočevje, Titov najkrvaviji zločin (Kočevje, le plus grand crime de Tito), Cleveland, Ohio, 1959.
[5] L'exode croate, qui, au départ, a une dimension économique avec des relents politiques, se fond, avec le temps, dans l'émigration d'après-guerre, en majorité oustachie. Voir SSIP, PA confidentiel, 1957, F-II ; Stephen Clissold, "Croat separatism : nationalism, dissidence and terrorism", Conflict studies, n° 103, 1979.
[6] En 1971, Tito limoge toute la direction communiste croate, jugée nationaliste. De nombreux intellectuels sont emprisonnés, y compris Tuđman, Mesić, Veselica, Budiša, Đodan, Gotovac, mais aussi Dabčević-Kučar et Tripalo, figures politiques qui reviendront vingt ans plus tard sur le devant de la scène politique pour faire accéder la Croatie à l'indépendance.
[7] Les Illyriens se sont déterminés en faveur du dialecte stokavien plus répandu que le dialecte kajkavien. Ce mouvement se tourna vers la promotion de la langue et de la culture populaire.
[8] Le banovina de Croatie comprenait tous les territoires où vivait une population en majorité croate et non ceux que les nationalistes croates demandaient en s'appuyant sur le droit historique.
[9] F. Varaga, "Moskva i Hrvati. Zakulisna igra Moskve s Hrvatima" (Moscou et les Croates. Le jeu en coulisses de Moscou avec les Croates), Hrvatska revija, n°XV, novembre-décembre 1969.
[10] Hrvatska država, XVII, mars-avril 1971.
[11] J. Jareb, ibid. p. 466.
[12] "Requiem svim palima za Hrvatsku" (Requiem à tous ceux qui sont tombés pour la Croatie), Hrvatska revija, n° 1, 1970.
[13] Sur la chronologie des actes de terrorisme commis par l'émigration croate, voir J.-C. Valla, "Le nationalisme croate", Le spectacle du monde, février 1972, pp. 57-61.
[14] Ce tableau ne comptabilise que les actes terroristes criminels. En revanche, certains actes commis par l'émigration politique n'auraient pas dû être considérés comme "terroristes" par les autorités yougoslaves. Par exemple, Gojko Šušak, ministre de la Défense de la Croatie dans le gouvernement de Tuđman, revenu d'émigration pour occuper cette fonction, avait en 1979, le jour de la République, mis en bière un cochon sur lequel était écrit en rouge "Tito".
[15] Voir l'exposé fait par le secrétaire fédéral de l'Intérieur Dušan Ćulafić, devant le Conseil fédéral de l'Assemblée nationale yougoslave, Politika, 20 juin 1985.
[16] Jere Jereb, Političke uspomene i rad dra Branimira Jelića (Les mémoires politiques et le travail de B. Jelić), Cleveland (Ohio), M. Samija, 1982, p. 390.
[17] Milo Bošković, Šesta kolona (La sixième colonne), Birotehnika-Dnevnik, Zagreb-Novi Sad, 1985, p. 340.
[18] Sur les quatre-vingt-une personnes ayant participé au mouvement de masse croate de 1971 recrutés par l'assemblée du Conseil national croate, soixante-deux étaient nées pendant ou après la guerre. Voir M. Bošković, "Diktat iz slobodnog sveta" (Le diktat du monde libre), Stav, 10 janvier 1982.
[19] Deni Stefanović, Les origines de la crise croate de 1971, thèse de doctorat, Paris, 1979, p. 352.
[20] Emigré en 1956 en Australie, membre des organisations terroristes de Luburić, il forma ensuite le Parti socialiste de Croatie. En tant que représentant d'une organisation terroriste, l'entrée sur le territoire de nombreux pays européens lui est interdite. Depuis 1990, il séjourne à Zagreb.
[21] Même si certains mouvements, tels le Parti paysan croate (HSS) et le Mouvement croate de libération (HOP), ne rejoignirent pas ses rangs.
[22] Des anciennes figures du NDH furent élues président et vice-présidents. Il s'agit de Ante Došen (proche collaborateur de Pavelić), Vjekoslav Vranić (ancien ministre des Affaires étrangères du NDH), Ivo Korski (officier de l'armée oustachie) et Dinko Šakić (successeur de Luburić).

Par Marina Glamotchak, sociologue, chargée de recherche au Centre interdisciplinaire de recherches sur la paix et d'études stratégiques (Cirpes-EHESS), Paris.

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Rédigé par brunorosar

Publié dans #La diaspora

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