L'émigration au Chili

Publié le 6 Mars 2013

Les Croates du Chili : une diaspora en devenir

 

 

 

Le Chili est, après la Bosnie-Herzégovine, le pays qui compte la plus forte diaspora croate au monde. Près de 380.000 personnes d’origine croate vivraient dans ce pays. L’émigration a commencé, dès la fin du XIXe siècle, vers les villes de Punta Arenas et Antofagasta... Retours sur une histoire largement méconnue et une diaspora qui cherche à raviver ses liens avec la « mère-patrie ».


 

« Des centaines de jeunes Dalmates ont été recrutés pour satisfaire les besoin de main d’œuvre des mines salpêtre du nord du Chili », explique Pedro Marinov Martinić, consul honoraire de Croatie dans la ville d’Antofagasta, située à plus de 1000 kilomètres au nord de Santiago.

 

À la fin du XIXe siècle, l’Europe était affectée par une épidémie de phylloxéra qui avait entraîné une chute dramatique de la production d’huile d’olive et de vin blanc qui constituaient alors les principales sources de revenu des habitants de la côte adriatique et des îles dalmates. La famine et le misère avaient conduit les jeunes générations à quitter massivement la région, pour la zone d’Antofagasta riche en salpêtre.

 

« L’or blanc » avait provoqué en 1884 une sanglante guerre entre le Chili, la Bolivie et le Pérou. Julio Cooper, un ingénieur des mines avait été envoyé dès 1884 par sa compagnie pour recruter de la main d’œuvre en Dalmatie. La « ruée vers l’or », qui s’est poursuivie de 1884 à 1906, a vite révélé ses cruelles déceptions, les conditions de travail dans les mines à ciel ouvert s’apparentant à de l’esclavage. Les migrants ont préféré se tourner vers l’élevage, le bâtiment ou bien le commerce de détail. D’autres Dalmates sont partis pour Punta Arenas, à l’extrême sud du Chili, dans le Détroit de Magellan.

 

Durant cette période, de nombreux jeunes hommes tenus de faire leur service militaire de cinq ans pour l’Empire austro-hongrois choisirent également de déserter, par refus de porter l’uniforme impérial étranger à leurs aspirations nationalistes. Ainsi, la recherche de travail, la crise économique et les nouvelles aspirations nationalistes contribuèrent à alimenter cette émigration des Croates vers Chili.

 

De 1880 au début de la Première Guerre mondiale, près de 58.000 Croates auraient émigré au Chili, puis la tendance s’est ralentie, avant de reprendre de plus belle à la fin de la Seconde Guerre mondiale, avec l’émigration politique des Oustachis fuyant la Yougoslavie et l’instauration du régime socialiste, qui bénéficiaient de réseaux d’exfiltration facilitant leur arrivée au Chili via l’Argentine. Les dictatures latino-américaines se montrèrent très accueillantes aux anti-communistes croates.

 

 

Andronico Luksić, un success-storyà la chilienne

 

Au début du XXe siècle, quand ils débarquaient dans le port de Punta Arenas, ville aujourd’hui peuplée de 130.000 habitants, les jeunes Dalmates s’installaient principalement dans un quartier rapidement renommé « Quartier croate » (Barrio croata). L’intégration des nouveaux arrivants a été facilitée par la configuration géographique et climatique comparable à la côte dalmate, en plus de l’attachement très prononcé des Chiliens envers l’Eglise catholique. Qui sait que l’ancien Président argentin Nestor Kirchner a des origines croates ? En effet, sa mère, née Ostoić, était née à Punta Arenas de descendance dalmate…

 

Beaucoup de personnalités chiliennes ont de telles origines, ce qui montre la réussite de l’assimilation croate au Chili, avec par exemple Pascual Baburica dans le secteur du salpêtre ou encore la famille Luksić. Cette success-story à la chilienne remonte aux années 1950 lorsqu’Andronico Luksić Abaroa fonde le groupe éponyme à Antofagasta en commençant dans le secteur du cuivre qui constitue une des ressources naturelles les plus importantes du pays. Au fil des décennies, le groupe connut une forte expansion, tout en se diversifiant dans l’industrie, l’agriculture, la pêche, la forêt, le transport, puis dans les télécommunications, les banques, les chemins de fer… Aujourd’hui encore, le groupe Luksić-Iris Fontbona détient une des premières fortunes du Chili, ce qui lui permet d’apparaître en 32ème position dans le classement des plus grandes fortunes du monde du magazine Forbes

 

Présents dans l’ensemble des catégories socioprofessionnelles, les Croates du Chili se sont tellement bien intégrés dans la société chilienne que se pose aujourd’hui la question de la nature de leurs liens avec la Croatie, dans la mesure où beaucoup d’entre eux ont même oublié la langue de leurs ancêtres. Cette assimilation s’explique, entre autres, par le caractère mixte des mariages. Ainsi, en arrivant dans la région, les colons étaient des hommes seuls qui ont épousé des femmes chiliennes, contribuant ainsi à la dilution progressive de l’identité croate. Pour le consul croate d’Antofagasta, il vaudrait mieux parler de « communauté croate » que de « diaspora croate » pour désigner les Chiliens d’origine croate. En effet, parler de « diaspora » reviendrait à considérer qu’ils entretiennent une double allégeance à la Croatie et au Chili...

 

En dépit de cette distance, depuis l’indépendance de la Croatie en 1991, une nouvelle prise de conscience de l’identité croate s’est produite. Les Chiliens d’origine croate ont donné un second souffle à la culture de leurs ancêtres : par exemple, un consulat honoraire croate a été créé à Punta Arenas, des comités d’aide aux enfants orphelins de Croatie suite à la guerre d’indépendance ont été créés, et des programmes d’échanges linguistiques et culturels ont récemment vu le jour.

 

 

La redécouverte de l’identité croate

 

Depuis quelques années, les Chiliens d’origine croate redécouvrent leurs origines, principalement à Santiago, Punta Arenas et Antofagasta, c’est-à-dire dans les villes où ils sont les plus nombreux. L’association « Domovina » (« Patrie » en croate), basée dans la capitale, représente un exemple de ce retour aux sources. Créée en octobre 2007 sous l’impulsion de l’épouse de l’ambassadeur croate au Chili, Bernadette Kenderic de Maruna, Domovina a pour but le maintien du folklore croate, la transmission de la culture croate aux jeunes générations et la diffusion des traditions croates, avec notamment des cours de folklore (danse, chant et instruments traditionnels) et de langue croates.

 

À Punta Arenas, l’apport croate est particulièrement remarquable. Ainsi, une place dédiée à l’Immigrant croate a été inaugurée dès 1978 en célébration du centenaire des débuts de l’immigration. Le sculpteur yougoslave Miodrag Živković a remporté le concours pour construire le « Monument du bout du monde », représentant une famille croate, voisine la plaque commémorative célébrant le centenaire de la création de la compagnie de pompiers croates de la ville. Sur cette même place, une statue de Marko Marulić, le « père » de la littérature croate, trône en souvenir du jumelage entre Punta Arenas, Antofagasta et Split, officialisé en 2000. Un groupe de femmes, le Lieu croate pour l’avenir et le club sportif « Sokol » font également vivre cet héritage dans la ville. Certains affirment qu’un habitant sur deux de la ville de Punta Arenas aurait des origines croates…

 

Tatiana Arzic, trésorière de l’association Domovina, symbolise cet héritage croate au Chili. Ayant quitté en 1903 l’île de Brač, ses grands-parents s’installèrent d’abord en Argentine, où naquit son père, avant de prendre racine à Antofagasta. Profondément attaché la culture croate, son père l’inscrivit à des cours de danse croate dans une association culturelle pendant son adolescence. Souhaitant approfondir cette identité croate, elle obtint une bourse d’étude pour des cours de langue et de folklore en Croatie pendant un été. En 1985, elle créa le groupe Rasadnik à Antofagasta, avant d’être en charge du groupe Baština pour l’association Domovina. Preuve du regain d’intérêt, en 2008, un nouveau groupe folklorique, Hrvatska Jeka (« L’Echo de Croatie »), a vu le jour sous l’impulsion de ses élèves d’Antofagasta.

 

 

Développement des relations diplomatiques et économiques

 

Depuis l’indépendance croate, les relations croato-chiliennes se développent. En 1994, Franjo Tudjman s’est rendu en visite officielle au Chili. Dix ans plus tard, le chef d’Etat chilien, Ricardo Lagos, a inauguré sur l’île de Brač, d’où seraient originaires 90% des Chiliens d’origine croate, une plaque commémorative rendant hommage aux émigrants croates. En 2005, le Président Stjepan Mesić a inauguré à son tour une avenue de la République de Croatie à Antofagasta. Le 29 mars 2000 a été officialisé le jumelage entre les villes d’Antofagasta et Split.

 

Le 28 janvier 2013, le Premier ministre croate, Zoran Milanović, s’est rendu au Chili pour une visite officielle, qui l’a mené à participer au IVème Sommet des entrepreneurs entre la Communauté des Etats latino-américains et caribéens (CELAC) et l’Union européenne à Santiago. À cette occasion, un mémorandum d’association et de coopération économique, notamment en matière d’énergie renouvelable, d’industrie, de transport, de production de vin, de tourisme, ainsi que de programmes d’échanges bilatéraux pour les étudiants de l’enseignement supérieur et les professeurs d’université.

 

Si la Croatie est seulement le 70ème partenaire commercial du Chili, depuis 2008 les échanges se font plus intenses, avec par exemple une augmentation de 230% entre 2008 et 2009. Les relations bilatérales entre la Croatie et le Chili semblent avoir de l’avenir, en dépit de la distance et des difficultés de communication…


 


 

Par Mathieu Lemoine

Source : balkans.courriers.info, lundi 4 mars 2013.

 

 

 

 

Entretien avec les Croates du Chili

 

 

Pouvez-vous nous raconter l’histoire de l’émigration des Croates au Chili?
 
Les clippers de l’Empire d’Autriche-Hongrie recrutaient les jeunes sur les côtes dalmates pour charger le salpêtre au nord du Chili. A la fin du XIXème siècle, une épidémie de phylloxéra dans toute la Dalmatie a détruit les sources principales de ses revenus, y compris provenant de ses îles (Brac, Hvar, Korcula, Preko, Lastovo, Vis), rendant impossible le maintien des cultures d’olive et de vigne qui constituaient la base pour la production d’huile d’olive et de vin blanc. En plus, l’Empire, pour raison politiques, favorisait l’achat d’huile et de vin d’Italie au détriment de la production dalmate. Cette situation a généré jalousie, famine et désespoir en Dalmatie, conduisant les jeunes à émigrer, travaillant au Chili dans le domaine du salpêtre (« l’or blanc ») au nord du pays, et à Punta Arenas, attirés par la fièvre de l’or, décevante, qui a finalement débouché sur des emplois dans le commerce de détail, le bâtiment et l’élevage. Qui plus est, des centaines de jeunes désertaient le service militaire obligatoire de cinq ans, imposé par l’Empire, qui dominait la région avec le risque toujours présent de devoir défendre et éventuellement mourir pour des causes étrangères aux guerres impériales. C’est ainsi qu’ils commencèrent à convaincre amis et famille d’émigrer, et sont arrivés par milliers, laissant derrière leurs terres, leurs maisons et leurs racines. Concernant l’intégration des Croates, elle a été facile et bien accueillie par les Chiliens.
 
Quelle est l’influence actuelle de la diaspora croate au Chili? Dans quels secteurs économiques sont-ils les plus présents et pourquoi ? Quel poids a cette communauté dans le pays ?
 
Tout d’abord, nous n’apprécions pas la dénomination de diaspora, et précisons que la collectivité croate au Chili est présente dans l’ensemble de la société chilienne, sans pouvoir dire qu’elle serait plus importante dans un domaine plutôt que dans un autre. La collectivité croate au Chili a un poids relativement important. Le peuple chilien nous apprécie parce que nous sommes travailleurs, nous sommes sérieux et que nous avons apporté une influence considérable aux arts et lettres du pays. Pour autant, il n’y aurait aucune tendance politique déterminée de la population, étant donné que la participation existe dans tous les partis.  
 
Selon vous, existe-il une véritable identité croate parmi les descendants de Croates au Chili, et plus précisément à Punta Arenas?
 
De nos jours, après les évènements qui se sont produits en Croatie suite au démembrement des républiques de l’ex-Yougoslavie, la communauté croate de la région de Magellan, mais également des autres coins du globe, a pris conscience de l’existence de la nation croate.
Vues l’ampleur et l’influence des progressives tentatives de séparation des républiques de l’ex-Yougoslavie, les immigrants croates et leurs descendants ont été captivés par les évènements et ont commencé alors à s’intéresser davantage à l’histoire de la Croatie et aux motivations de velléités d’indépendance. Suite à ces évènements, les résidents chiliens d’origine croate ont redécouvert un sentiment pro-croate jusqu’alors inconnu !
Ces évènements se sont accentués au niveau local par différentes actions, comme des déclarations publiques de l’association des professionnels de la région du détroit de Magellan, l’appui matériel pour les familles de combattants croates, les échanges d’étude entre les deux pays en particulier tournés vers l’apprentissage du croate, l’action de comités d’aide aux enfants orphelins de Croatie en raison des guerres avec des parrainages (fondation Dora), la création d’un consulat honoraire de Croatie à Punta Arenas, l’apparition d’un intérêt des descendants pour obtenir le passeport croate, la présence à Punta Arenas de professeurs de langue croate mis à disposition par le gouvernement de Croatie pour améliorer la communication « interocéanique ».  
Ainsi, tous ces faits ont influencé notablement et positivement afin de s’assurer que les descendants et immigrants croates soient davantage impliqués et préoccupés des évènements se produisant dans la mère patrie.
 
Quels sont les liens qui subsistent entre les deux pays au niveau familial, entre les descendants de Croates vivant au Chili et les Croates de leurs familles?   
 
Les liens officiels entre les deux pays se limitent aux relations formelles sans grande influence médiatique. Chacun de ceux qui ont de la famille en Croatie s’y rendent régulièrement et maintiennent une relation épistolaire et par e-mails aujourd’hui. Toutefois, plus l’émigration est ancienne, et plus les liens se sont distendus voire perdus.
 
 
En matière de relations diplomatiques, ce lien particulier entre Chili et Croatie est remarquable. Quelles relations entretiennent les chefs d’Etat des deux Etats ? Existe-il des réunions institutionnalisées fréquentes, des visites officielles, voire des dossiers traités conjointement ?
 
Les relations diplomatiques se resserrent progressivement depuis l’indépendance de la Croatie. Ainsi, en 1994, le premier Président de la Croatie, Franjo Tudjman, s’est rendu à Antofagasta en particulier. Dix ans plus tard, son homologue chilien, Ricardo Lagos, a inauguré une plaque commémorative en hommage aux immigrants croates sur l’île de Brac. Un an plus tard, le Président croate Stjepan Mesić lui a rendu la pareille, en inaugurant à Antofagasta une « Avenue République de Croatie ».  
 
Pouvez-vous nous décrire succinctement le panorama des institutions et associations majeures qui font vivre le lien entre les deux Etats?  
 
Toutes les villes chiliennes qui comptent une population notable de descendants de Croates comptent des organisations croato-chiliennes. C’est par exemple le cas à Copiapó, Concepción, à Chiloé, à La Serena, etc. Les villes dans lesquelles sont arrivées les plus grands nombres de Croates, comme Iquique, Antofagasta, Punta Arenas puis Santiago, regorgent d’associations, d’organisations et de clubs qui maintiennent le lien tissé avec leurs ancêtres et leurs familles vivant en Croatie. 
Ainsi, c’est le cas des clubs sportifs comme le Sokol et les pompiers volontaires d’Antofagasta et de Punta Arenas, le stade croate de Santiago, mais également des clubs sociaux, des centres culturels qui proposent des cours de folklore croate. Au-delà des activités culturelles et sportives, la Chambre de commerce et de tourisme croato-chilienne et le Cercle de professionnels et d’entrepreneurs d’ascendance croate travaillent pour une solidification des liens économiques croissants entre les deux pays.
 
Au niveau culturel, existe-il des influences entre les deux pays, comme pour les journaux, le cinéma, les programmes télévisés? Y aurait-il des journaux rédigés en croate au Chili pour la diaspora, et à l’inverse ?
 
Il n’existe pas de véritable échange culturel entre les deux pays, encore moins au niveau officiel. Les collectivités résidentes (plutôt que de parler de diaspora) organisent des activités culturelles autour de danses et de chants traditionnels. Bien qu’il n’existe pas de journal en croate, une excellente revue en espagnol publiée à Punta Arenas, Male Novine (« petites nouvelles » en croate), contient des informations pour la collectivité résidente croate au Chili et au-delà. Nous n’avons pas connaissance de l’existence d’un journal en espagnol en Croatie. Il faut souligner qu’au Chili très peu de membres de la collectivité résidente parlent le croate, et ceci s’explique par le fait que, contrairement à l’immigration en Argentine, les hommes Croates venus au Chili étaient en grande majorité des hommes célibataires qui se sont ensuite mariés avec des Chiliennes, contribuant à la perte de la langue croate. Toutefois, les autorités croates demandent une maîtrise de la langue croate pour obtenir un passeport croate, sans pour autant agir sur la situation compliquée.
 
J’ai lu qu’Antofagasta est jumelée avec Split. Depuis quelle période ?
 
Vous avez raison, Antofagasta est une ville jumelée avec la ville croate de Split depuis le 29 mars 2000 avec la présence du maire d’Antofagasta, Pedro Araya Ortiz, et le maire de Split, Ivan Skarić
 
Le Chili a-t-il aidé les Croates en quête de l’indépendance dans les années 1990 ?
 
Le Chili a été le second pays à reconnaître la Croatie comme Etat indépendant. Nous n’avons pas connaissance d’aide officielle chilienne ou provenant de particuliers d’ascendance croate. Toutefois, l’aide a été canalisée par la récente ambassade de Croatie au Chili avec l’intervention de Frane Krnic pour acheter des biens nationalisés comme les brasseries ou le domaine du tourisme.
 
Quelle influence détient aujourd’hui la communauté croate d’Antofagasta? Pouvez-vous nous en donner des illustrations ?
 
La communauté croate résidente à Antofagasta a toujours été liée au développement et au bien-être de la ville. Depuis les années 1920, les immigrants croates ont joué un grand rôle dans l’industrie du salpêtre avec notamment le rôle des familles Cikarelli, Petrinović, Mitrović, Paska Baburica et Jose Lukinović, avec la création de bureaux à Londres et New York.
Dans l’ouvrage de Dane Mataić, « Dans les pas des salpêtriers croates » (En la huella de los salitreros croatas), il est écrit: « Simplement du fait que ces noms sont écrits, avec les nôtres en langue croate, surgissant parfois de la chaleur désertique étouffante, les passent obligatoirement s’arrêtent pour se convaincre qu’il ne s’agit pas d’une illusion d’optique, mais le véritable souvenir de la lointaine patrie croate et la présence du nom croate à un endroit inattendu ».
Plus tard, au milieu du XXème siècle, avec l’exploitation du cuivre au nord apparaissent d’autres entrepreneurs d’ascendance croate, comme Androniko Luksić qui parvient à devenir l’une des plus grandes fortunes du pays grâce au développement de multiples entreprises minières.
A Antofagasta, se sont créées à la fin du XIXème siècle la Société croate de secours mutuel, et dans les années 1920 et 1930, la brasserie Mitrović Hermanos, le club du Sokol (« Aigle » en croate), la banque chiléno-yougoslave, le collège yougoslave et de nombreuses épiceries dans les quatre coins de la ville. Actuellement, les descendants font partie intégrante de la vie sociale, politique et entrepreneuriale d’Antofagasta, en participant aux conseils municipaux, au directoire de l’association des industries, de la chambre de commerce et de nombreux ordres professionnels…
 

 

 PS: 

Je tiens à remercier les personnes qui ont contribué aux réponses: Danilo Kalafatović, Président du Cercle de Professionnels et entrepreneurs d’ascendance croate de Santiago, Waldo Violić et Ljubo Radnić en tant que Directeurs du Cercle, et Danilo Martić comme membre de Hrvatski Dom à Punta Arenas.

 

 

Source : http://latourdebabeletinterviews.blogspot.com.es/2013/02/entretien-avec-les-croates-du-chili.html

 

 

Rédigé par brunorosar

Publié dans #La diaspora

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