Ivica Račan

Publié le 30 Novembre 2009

 

Ivica Račan

 

 

 

Ivica Račan fut Président du Parti social-démocrate et Premier ministre de la République de Croatie.

Né le 24 février 1944 à Ebersbach (camp de concentration en Allemagne).

 

  • 1970 - Diplômé de la faculté de droit de l'université de Zagreb.
  • 1965-1974 - Chercheur à l'Institut de recherche du Comité central de la Ligue des communistes de Croatie.
  • 1982-1986 - Directeur du Collège politique Josip Broz Tito à Kumrovec, rédacteur de la revue de recherche en sciences sociales et politiques Kumrovecki zapisi (Chroniques de Kumrovec).
  • 1986-1989 - Membre de la présidence du Comité central de la Ligue des communistes de Yougoslavie, où avec les membres slovènes, il prône le pluralisme politique.
  • 1985 - Le 13 décembre, il est élu président du Comité central de la Ligue des communistes de Croatie, il annonce la tenue des premières élections démocratiques pluralistes dans un délai de quatre mois.
  • 1990 - Le 23 janvier, il mène au 14ème congrès à Belgrade la délégation de la Ligue communiste croate, où il s'oppose ouvertement à Slobodan Milosevic, sa majorité ultranationaliste et dogmatique. Il claque la porte du Congrès avec la délégation croate et, avec les membres de la délégation slovène, quitte Belgrade.
  • 1990 - Il organise les premières élections démocratiques pluralistes en Croatie et assure le bon déroulement de la passation du pouvoir au HDZ victorieux.
  • 1990 - Il est élu député à la Chambre des représentants du Sabor. En tant que chef de fil du courant démocratique au sein de l'ancienne Ligue des communistes de Croatie, il rebaptise et réforme sa formation de l'alternance démocratique, et en 1991, en Parti social-démocrate.
  • 1992-1995 - Réélu député à la Chambre des représentants du Sabor.
  • 1995-1997 - Il poursuit son engagement destiné à faire du SDP une opposition puissante à la domination du HDZ.
  • Août 1998 - Il conclut un accord de coalition avec Drazen Budisa, président du parti social-libéral croate (HSLS), pour les élections de l'horizon 2000. Il contribue au rassemblement et à la collaboration des six principaux partis d'opposition avec l'intention de renforcer leur rôle et de développer la démocratie en Croatie.
  • Décembre 1999 - Il se lance dans la campagne électorale pour les législatives avec le HSLS pour partenaire de coalition.
  • Janvier 2000 - La coalition du SDP et du HSLS remporte la majorité des sièges à la Chambre des représentants du Sabor.
  • Le 27 janvier 2000 - Il est nommé chef du gouvernement de la République de Croatie.
  • Novembre 2003 - Après la victoire du HDZ (centre-droit) aux législatives, il cède sa place à Ivo Sanader à la tête du gouvernement et retrouve les bancs de l'opposition. Il reste néanmoins président du SDP. Il est confirmé à cette fonction lors de la 9ème Convention du parti en 2004.
  • En 2005, le Sabor le nomme président de la Commission de suivi des négociations avec l'Union européenne.
  • Le 11 avril 1997, Ivica Racan démissionne de la présidence du SDP, les médecins avaient alors confirmé que son état de santé s'était gravement détérioré, seulement deux mois et demi après la découverte de son cancer des reins, qui avait déjà développé des métastases dans l'épaule gauche.
  • Ivica Racan est décédé dans la nuit du 29 avril 2007 à l'âge de 63 ans.

 

 

Source : Ambassade de Croatie en France

 

 

Tranches de vie

 

I. Grave accident de voiture en 1978

 

Dans un accident de voiture sur l'autoroute Zagreb - Belgrade sont décédées en 1978 plus de 10 personnes. Dans la voiture que conduisait Račan ont péri deux politiciens croates connus, Milan Miskovic et Franjo Sertic, tandis que le chauffeur resta gravement invalide. Račan fut sauvé pour la bonne raison qu'il s'était abaissé parce que la radio était au sol. Un conducteur dans une voiture avec une plaque d'immatriculation allemande s'était assoupi et avait heurté un camion. Même ceux dans le camion avaient péri. La voiture dans laquelle se trouvait Račan avait foncé sur la remorque du camion qui s'était détachée et ce fut pareil avec les voitures qui se trouvaient derrière eux, ce qui entraîna d'autres morts.

 

Račan dit qu'un conducteur étranger l'a sauvé. Les premiers chauffeurs de camion à s'être arrêtés avaient extirpé toutes les victimes, les blessés et les morts, pour les étendre le long de la route. "J'avais une fracture du crâne. A un moment donné j'ai repris connaissance. Cela brillait. Par la suite j'ai entendu dire que les chauffeurs des camions avaient allumé des pneus de manière à ce que personne ne fonce dans cette carcasse généralisée. Alors j'ai entendu la voix d'un des chauffeurs de camion qui disait : 'Celui-là aussi est fichu'. Après, je ne me souviens plus de rien", décrit Račan. Un étranger l'a emmené en voiture au Foyer de la santé à Ivanic Grad, à quatre ou cinq kilomètres de distance. Les urgences et la police ne sont arrivés qu'une heure et demie plus tard. Sans cet homme-là, il n'aurait pas survécu.

 

Un mois plus tard, l'homme qui l'avait sauvé est venu à la Clinique traumatologique de Zagreb afin de prendre de ses nouvelles mais le portier ne l'a pas autorisé à entrer. Il s'informa à propos de l'homme avec une barbe, s'il était vivant. Une femme lui traduisit - le portier ne savait même pas de qui il s'agissait. L'homme lui a fait remettre son salut et il est parti.

 

Račan a mis presque un an pour récupérer : "Les mois suivants j'ai tout réappris depuis le début. Je souffrais d'amnésie, je ne savais pas qui j'étais. La conscience est revenue peu à peu, j'ai appris à parler puis à marcher."

 

Luncer raconte que Marinko Gruic, le président de la SOUR Vjesnik, Rikard Pompe et lui-même étaient venus pour une visite à la Villa CK SKH à Icici dans laquelle Racan s'était rendu après son séjour à l'hôpital : "Il nous a accueillis sur le rivage et s'est grandement réjoui de nous voir. Puis il a dit : 'Sachez le, j'ai entendu la voix de Dieu'. On a tressailli, est-il devenu fou, qu'est-ce qui lui prend ? Lui répète : 'J'ai entendu la voix de Dieu et cela m'a sauvé.' Et je vois qu'il avait changé, il s'était ramolli. Il ne simule pas une dureté que de toutes façons il n'avait jamais eue. Je lui ai rendu visite à deux reprises à Kumrovec, en tant que membre du Comité municipal, quand il fut directeur de l'Ecole politique. Il était devenu cordial, c'était un nouveau et un autre Račan. Après l'accident il avait absolument changé."

 

Račan nie avoir entendu la voix de Dieu : "Malheureusement, je n'ai pas entendu la voix de Dieu. L'aurais-je fait, j'en aurais sûrement parlé. Je ne le cacherais pas aujourd'hui et probablement m'exprimerais-je différemment."

 

Račan dit que l'accident et la longue convalescence lui ont ouvert de nouveaux horizons étant donné qu'il avait disposé de beaucoup de temps pour réfléchir, se remettre en cause, douter et poser de nouvelles questions : "J'ai déclaré à une occasion que je n'étais pas croyant mais agnostique. On avait alors compris cela comme quoi j'étais athée mais je voulais dire par là que faute de réponses à certaines questions je peux vivre tranquillement. Je suis absolument incroyant en ce qui concerne certains dogmes sur lesquels l'Eglise insiste."

 

L'assouplissement spirituel n'est pas la seule séquelle de l'accident, dès 1991 il m'avait raconté qu'à cause de la catastrophe il fonctionnait mal certains jours. 

 

 

II. Conversation entre Tito et Krleža

 

A propos de ses rencontres avec Josip Broz Tito, le légendaire et autocratique chef de l'Etat et du parti de la Yougoslavie, Račan m'a déclaré : "J'ai rencontré Tito plusieurs fois. A chaque fois, sauf une, ce furent des rencontres de circonstance, de préférence à l'époque où Tito visitait Zagreb. Il y en avait eu sept ou huit. Ce furent des rencontres typiques où la direction informait Tito de la situation et ensuite Tito prenait également la parole. Je me souviens en particulier de trois rencontres. J'avais assisté une fois par hasard à une rencontre entre Tito et Krleža à Zagreb. En tant que fan de Krleža j'avais désiré faire connaissance avec lui et, comme je l'ai appris par la suite, ma présence à cette rencontre avec Tito avait été souhaitée par Krleža. Je m'intéressais à la relation entre Tito et Krleža, de même qu'en Croatie m'intéressait plus spécialement la relation entre Bakarić et Krleža et par ailleurs entre Tito et Edvard Kardelj, le second politicien en importance en Yougoslavie après la chute d'Aleksandar Ranković. La conversation entre Tito et Krleža fut très intéressante. Je me souviens de leurs souvenirs sur leurs fréquentations s'étendant sur de longues années. Tito aimait avoir des gens intellectuellement solides autour de lui et ces gens étaient conscients du rôle historique de Tito. Krleža, même quand il ne s'accordait pas avec Tito, comme à propos du conflit sur la gauche littéraire en 1939, exprimait ce désaccord avec prudence, pas tant par crainte que par estime pour le rôle historique de Tito.

 

Krleža était obsédé par ce qui se passait en URSS. Il jugeait pâles les déformations dans notre socialisme par rapport à celles en URSS, en particulier à l'époque du stalinisme. En même temps, il redoutait l'effondrement de l'URSS. Ici, il se trompait car quelque chose de prodigieux est advenu lorsque l'URSS s'est effondrée dans une relative tranquillité, nonobstant les problèmes dans certains pays qui se sont détachés de l'URSS. Sa peur que la Yougoslavie ne s'effondre n'était pas moindre. Krleža n'avait pas parlé de cette crainte à Tito, du moins pas devant moi. Néanmoins, j'avais eu l'occasion de discuter plus souvent avec Krleža qu'avec Tito et je sais donc qu'il avait fait le lien entre ces deux craintes - la crainte de l'effondrement de l'URSS et celle de l'effondrement de la Yougoslavie.

 

Je n'oublierai jamais sa brillante analyse sur le rôle de la logique artistique et de la logique politique. A la fin des années trente, au paroxysme du conflit sur la gauche littéraire, Tito et Krleža avaient débattu toute une journée à Sljeme à propos de ce qui se passait en URSS. Krleža avait persuadé Tito qu'une vue critique était nécessaire sur ce qui se passait en URSS. Tito l'avait écouté. Il avait gardé le silence. Pour l'essentiel c'est Krleža qui avait parlé. Toutefois à la fin, alors que Krleža croyait avoir convaincu Tito de la justesse de ses vues, Tito avait conclu : 'C'est d'accord Fritz, mais ce n'est pas à l'ordre du jour'. L'artiste n'a pas à réfléchir à ce qui est à l'ordre du jour politique ou social et à ce qui ne l'est pas, en revanche le politicien se positionne envers le problème au nom d'un mouvement, il a des priorités et il opère une sélection. Krleža a déclaré plus d'une fois que Tito était un grand politicien parce qu'il avait toujours su ce qui était à l'ordre du jour. Quoiqu'il ait su défendre ses opinions dans le conflit sur la gauche littéraire, il savait également défendre la position de Tito dans ce conflit. Tito avait alors déclaré à Sljeme : 'Le fascisme arrive.' Visiblement c'était cela qui était l'objet principal à l'ordre du jour. Cette conversation à laquelle j'ai assisté, et durant laquelle ils se sont remémorés ces jours-là, fut une conversation intéressante entre deux personnes qui s'estimaient mutuellement", a raconté Račan. 

 

 

III. Contre la monographie sur Tito et Jovanka

 

 

"Je me souviens également d'une autre conversation qui m'avait été pénible en raison de ma situation du moment. Sur le plan interne j'avais annoncé que je démissionnerais de mes fonctions au CK à cause de l'incident dans lequel j'avais participé. Tito était venu à Zagreb à la veille de sa visite en Chine et en Corée à la fin de l'été 1977. Avant le voyage en Chine devait sortir de presse la monographie d'Eterovic 'Leurs jours' sur Tito et Jovanka Broz. L'auteur était alors venu à moi avec deux autres personnes de Belgrade, ils avaient également visité d'autres républiques puis ils étaient venus en Croatie. Milka Planinc, à l'époque la présidente du CK SKH, me les avait envoyés pour que je m'arrange avec eux sur la quantité d'exemplaires que le CK SKH commanderait. Ils me donnèrent une ébauche de la monographie avec des photos. Quand j'ai vu ça, je me suis signé. Je voyais Tito et Jovanka présentés comme un roi et une reine, deux souverains dans un décor luxueux. Ils promènent les chiots, sont un peu au déjeuner, un peu dans la salle des festivités, à la piscine, etc. Je regarde ce livre, révolté, et me demande combien allons-nous en commander. Je dis, une vingtaine. Ils me demandent : 'Comment une vingtaine, mais la Bosnie-Herzégovine en a commandés 50 à 60 mille, la Slovénie 40 mille et vous 20.000 ?' J'ai dit : 'Non pas vingt mille mais une vingtaine de pièces, pour les membres de la présidence du CK SKH.' Et je me suis permis un mot critique sur ce projet. A peine furent-ils rentrés à Belgrade qu'ils déposèrent un rapport pas piqué des vers. Ce projet avait été poussé par Jovanka. Très rapidement arriva du cabinet de Tito une demande d'enquête. Visiblement j'avais été présenté comme un ennemi qui parlait mal de Tito alors qu'il n'y avait que la monographie dont je parlais mal. Dans ces conditions j'avais annoncé ma démission.

 

 

Une dizaine de mois après cela Tito était venu à Zagreb. La discussion avec la direction croate devait être routinière mais cette situation m'était désagréable étant donné que j'ignorais si j'allais être reçu. Je fus seul et j'en ai déduit que la situation n'était pas si grave. Avant cela Kardelj m'avait appelé et pour la première fois j'avais discuté avec lui entre quatre yeux. Il m'avait félicité pour ce geste courageux. Il m'avait dit qu'aucun d'entre eux n'avait eux les foies de s'opposer à ce projet de Jovanka et il m'avait proposé que je mette la démission dans le tiroir et ne me hâte pas car il était beaucoup plus important d'essayer d'arrêter quelque chose que de s'en aller.

 

J'ai écouté Kardelj. Tito s'est rendu en Chine et Kardelj est revenu des adieux à Belgrade. Il m'a dit : 'Tu vois que cela paie d'attendre, Tito et Jovanka se sont heurtés et compte à cent pour-cent que ton problème et le nôtre sont résolus'. Elle avait demandé à partir en Chine. Mais Tito et les autres n'étaient pas pour. C'était une visite très importante en Chine après de nombreuses années conflictuelles. On pensait à juste titre qu'il fallait la préparer soigneusement. - Je ne peux pas aller en Chine avec la pompe, comme deux souverains, mais il me faut y aller seul. Jovanka ne l'a même pas accompagné sur le chemin et c'était un secret public qu'entre eux deux se passait quelque chose, en particulier lorsqu'elle ne l'eut pas accueilli au retour. On avait évoqué des problèmes de santé mais les couloirs savaient qu'il s'agissait d'un conflit. C'est ainsi que jusqu'à sa mort Tito a vécu seul.

 

Quelques années plus tard Tito est décédé et Huo Kuo Feng qui l'avait reçu en Chine fut également remplacé. Beaucoup se demandèrent si la déclaration de Tito et de Huo valait encore, elle avait été importante pour nos relations et pour l'ouverture de la Chine envers le monde. J'avais moi-même été en visite en Chine en 1982 parmi la délégation yougoslave. Les Chinois avaient voulu réfuter qu'ils réviseraient les relations avec la Yougoslavie de sorte que nous avions emprunté le même chemin par lequel Tito s'était rendu en Chine, on avait pris le même avion depuis Pékin jusque Shangaï et on avait logé dans les mêmes appartements", se rappelle Racan. 

 

 

IV. Le poème de Deng sur les grues

 

"J'ai alors passé toute une soirée avec Deng Xiaoping, il nous avait invités à la soirée après l'entretien. Il était de petite taille et une fois assis ses jambes touchaient à peine le sol. Il parlait lentement, avec un minimum de mimiques. Lors de cette soirée j'ai commis un semi-incident. J'ai demandé à Deng comment il voyait l'ouverture et les nouveaux pas que la Chine devait entreprendre envers le marché et la démocratie. Il a répondu longuement et lentement en récitant un vieux poème chinois sur les grues pour lesquelles il importe dans quelle direction elles volent et qui les mènent afin qu'elles ne s'accrochent pas aux sommets des montagnes chinoises, mais aussi qu'elles ne s'élèvent pas trop haut au-dessus d'elles car, grillées, elles peuvent choir sur terre", raconte Racan.

 

Il mentionne également le séjour à Cuba, sept années après le voyage en Chine, lorsqu'il travaillait au sommet du Parti yougoslave à Belgrade. Il avait alors passé la soirée avec l'ami de Cuba, le célèbre écrivain colombien Gabriel Garcia Márquez.

 

"Cela avait été pour le 30ème anniversaire de la révolution cubaine, au début de l'année 1989. J'avais attendu la nouvelle année à Madrid et après une nuit blanche je m'étais envolé à cinq heures du matin pour Cuba avec un avion cubain. Je représentais la Yougoslavie en remplacement d'Aleksandar Grlickok, à ce qu'il me semble, lequel s'était désisté au dernier moment. J'avais eu pour hôte le ministre cubain de la culture, Heart, actuellement l'unique noir dans le Gouvernement cubain. Il était alors en mariage heureux, avec sa neuvième femme. Un soir il avait amené Márquez à souper. Peut-être Márquez s'était-il demandé ce que je faisais à ce souper, qui étais-je. Dans la seconde moitié de la soirée je lui ai dit qu'il faisait preuve d'une brillante connaissance de l'histoire, de la mentalité et de la culture des Caraïbes et de cette partie du monde, ce qui donne du caractère à ses romans, mais que d'un autre côté il jugeait à la va-vite un pays comme la Yougoslavie dans lequel il n'avait été qu'une seule fois, cinq heures à Dubrovnik, et quelque peu à Belgrade. Et lui s'autorisait des jugements."

 

Račan aborde la troisième conversation avec Tito : "J'avais rencontré Tito solitaire dans la Villa Zagorje, aujourd'hui le Palais du président. Deux-trois mois plus tard il se rendra à Ljubljana pour ne plus en revenir. Il était obligé d'agir politiquement encore et toujours. Il était resté trop longtemps en fonction politique et il était totalement isolé parmi nous. Nous avions soupé ensemble. Il avait bataillé avec ses médecins pour pouvoir allumer un cigare, il savait aussi boire quelque chose en catimini. Nous n'avions rien qui nous permette de discuter avec Tito, si ce n'est de réactions politiques creuses qui visiblement ne l'intéressaient plus guère. Aucun de ses proches n'était présent. Je me rappelle de la fois où il avait abrégé un souper désagréable : 'Ecoutez, moi je vais regarder un film, si vous voulez vous pouvez.' Nous nous retirâmes alors dans la seconde partie de la villa et regardâmes avec lui le film de cow-boy 'Shane'. Quelqu'un nous a dit qu'il l'avait déjà vu 15 fois. Un film sur un homme solitaire. Et moi aussi je l'aimais, je l'avais vu deux ou trois fois et l'avais ressenti d'une manière spéciale justement à cause de la solitude de Tito."

 

Source : Zdenko Buka - Račan : Biografija (Račan : Biographie) - Zagreb : Profil international, 2005, pp. 32-36

 

 

 

Rédigé par brunorosar

Publié dans #Hommes politiques, #militaires et diplomates

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