Ivan Kegelj

Publié le 31 Mars 2012

Ivan Kegelj


 

Ivan Kegelj est l'un des auteurs qui contribue au petit site d'information sans prétention lupiga.com. Ses articles ont souvent une tonalité satyrique. A moins que...

 

 

I. A Ugljan des scientifiques croates font la découverte d'une jeune personne qui croit au Jutarnji list

 

 

 

C'est par le plus grand des hasards que des scientifiques de l’Institut des recherches sociales de Zagreb sont tombés sur une surprenante découverte au moment de faire une pause entre deux conférences à l’occasion du XIIe Symposium international des archéologues organisé à l’hôtel Pinija. Alors qu’elle tuait le temps en sirotant une tasse de café dans le patio de l’hôtel, la doctoresse Ivana Dragovan a été intriguée par les brides d’une conversation échangée entre deux jeunes personnes installées à la table d’à côté, l’une assurant l’autre que l’infâme chef nazi Adolf Hitler n’était pas mort dans le bunker de Berlin durant les derniers jours de l’offensive de l’Armée rouge contre la capitale allemande.

 

-       L’autre jeune avait beau le contredire, son interlocuteur insistait sur cette version des faits en expliquant avoir lu ce récit dans l’édition dominicale du Jutarnji list. Tous deux portaient d’évidentes cernes sous les yeux et leurs regards trahissaient le vide, j’en ai donc déduit qu’ils étaient éméchés. Et pourtant seuls deux cafés se dressaient en face d’eux. Lorsque le serveur est venu à notre table, je lui ai demandé si ces deux jeunes gens étaient ivres et en réponse j’ai appris qu’aucun alcool ne leur avait été servi. Je les ai alors approchés en demandant à pouvoir m’attabler avec eux. Une courte conversation aura suffi pour que j’en arrive à la conclusion que le jeune croit réellement en ce qu’il lit dans le Jutarnji list, a raconté la doctoresse Dragovan.

 

La scientifique a ensuite convié deux de ses collègues auprès du duo et il est ressorti au bout d’une heure de temps passée en leur compagnie que non seulement le jeune croyait en ladite histoire du Jutarnji list mais qu’il se fiait complètement aux thèses développées dans leurs articles par le principal chroniqueur du journal, Davor Butković, et par le rédacteur en chef, Mladen Pleše.  

 

-        En les écoutant ainsi converser, de minute en minute la certitude nous gagnait tous les trois que nous étions sur le seuil d’une grande découverte. Prétextant le besoin de me rendre aux toilettes, je me suis écartée de la table pour contacter Drago Potrebica, le directeur de notre institut, lequel a immédiatement compris qu’il s’agissait d’une opportunité sensationnelle pour explorer un phénomène social inédit à ce jour, a déclaré la scientifique.

 

Le jeune, dont l’Institut des recherches sociales ne souhaite pas révéler l’identité, a été transféré à Zagreb avec tout le suivi nécessaire puis il a été confié à quelques-uns des plus grands noms de la science croate qui vont s’occuper de lui au cours des prochaines semaines. Les recherches ont pour but de découvrir quel genre de structure mentale l’habite.

 

-       Déjà auparavant nous avions voulu établir ce qui pousse les gens à acheter ce journal étant admis qu’y sont principalement publiées des insanités. Cependant il s’est avéré que les gens le lisent pour l’amusement, les pages multicolores et les grandes photographies. Si ces raisons peuvent être risibles à l’homme raisonnable, il ne faut pourtant rien y voir d’inhabituel étant donné que la stupidité est un trait constitutif de la cartographie mentale chez nombre de nos concitoyens. En revanche il s’agit de la première fois que quelqu’un croit pour de bon ce qui est écrit dans ce quotidien, a expliqué le directeur de l’institut, M. Drago Potrebica.

 

 

Source : lupiga.com, le 2 mars 2012.

 

 

 

II. Les Russes prennent le contrôle du gouvernement croate


 

Le numéro deux du gouvernement, Vladimir Čačić, a proposé au Premier ministre Zoran Milanović une privatisation partielle du gouvernement de la République de Croatie, c’est-à-dire la participation de partenaires étrangers dans la conduite des affaires du pays. Lors de son dernier déplacement à l’étranger, Čačić a trouvé des investisseurs russes qui se disent intéressés à racheter le gouvernement tout en assumant une part d’ingérence et des postes de direction. La proposition faite par Čačić sera examinée lors de la prochaine séance gouvernementale, mais à en juger par les premières réactions il faut s’attendre à ce que Milanović donne son aval à une telle initiative.


Le vice-Premier ministre Vladimir Čačić a offert aux investisseurs russes six milliards d’euros pour le rachat de 51% des actions du Gouvernement de la République de Croatie. Si les investisseurs ont donné leur accord de principe, la décision finale revient néanmoins au Premier ministre Zoran Milanović. Comme nous l’avons appris auprès des hautes instances du SDP, Milanović consentirait à cet investissement à condition qu’il puisse régulièrement se rendre à Bruxelles en tant que Premier ministre.

 

"Zoran consent à ce que les investisseurs russes participent aux travaux du Gouvernement mais il n’entend pas renoncer à côtoyer ses partenaires européens", nous affirme notre source du SDP.

 

Cette position est partagée par la ministre des Affaires étrangères Vesna Pusić, qui n'accepte la privatisation du gouvernement qu’à condition de pouvoir continuer à rencontrer ses collègues européens et internationaux. Le porte-parole du HNS, Igor Kolman, a indiqué que Vesna Pusić serait d’accord de remplir ses fonctions de manière purement théorique pour autant qu’il lui soit permis de voyager et de s’entretenir sans réellement peser sur la conduite de la politique étrangère du pays.

 

Quelques signes de résistance à l’idée avancée par Čačić émanent du lobby dit de Rijeka, emmené par le ministre des finances Slavko Linić. En effet, celui-ci n’a pas l’intention de se défaire de la gestion des deniers publics, et si jamais le Premier ministre Milanović devait céder à l’initiative lancée par son partenaire de la coalition, il demanderait à ce que le ministère des finances soit dissocié afin qu’en cas d’admission des partenaires russes il puisse continuer à pleinement contrôler ce ministère stratégique.

 

Les portefeuilles des affaires étrangères, de l’économie, de la protection de l’environnement, de l’agriculture passeraient sous la haute main des investisseurs russes. Le vice-Premier ministre Čačić estime qu’une telle répartition des compétences apporterait de nouveaux gains de productivité à la Croatie.

 

"Tous les gouvernements précédents ont démontré qu’en Croatie il n’existe pas de bons cadres dirigeants, ou si l’on veut que l’Etat ne fonctionne pas lorsqu’il est dirigé par des cadres exclusivement autochtones. En ce sens, l’arrivée de partenaires russes signifierait une avancée majeure vers une meilleure gouvernance", affirme Čačić.

 

 

Source : lupiga.com, le 30 mars 2012.

 


 

 


 

 

 

Rédigé par brunorosar

Publié dans #Ecrivains

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