Aperçu du nationalisme croate

Publié le 10 Janvier 2011

1. La situation du nationalisme croate (2011)

 

 

Trpimir Gudar, écrivain nationaliste croate, nous éclaire sur la situation du nationalisme en Croatie.

Le nationalisme croate est très fort, mais il n’est pas très bien organisé. Il a un potentiel de développement, mais l’obstacle principal est la réticence des nationalistes croates à accepter les idées et les méthodes modernes.

La plus grande faction du nationalisme croate est
Hrvatska Stranka Prava (Parti croate du droit) qui suit l’idéologie du XIXème siècle d’Ante Starčević, appelée « Pravaštvo ». Le Parti croate du droit a été fondé en 1861 par Ante Starčević,  Eugen Kvaternik et Petar Vrdoljak. Il a existé jusqu’en 1929 avec des interruptions et des inactivités temporaires. Le dernier vice-président du Parti croate du droit était Ante Pavelić, qui devint plus tard Poglavnik de l’État indépendant de Croatie. Les adhérents du « Pravaštvo » étaient les membres ou sympathisants du mouvement Ustaša durant les années 1930 et 1940. À l’époque de la Yougoslavie communiste, certaines parties de l’émigration ont essayé d’échapper à la tradition du « Pravaštvo » et de l’ « Ustaštvo », mais la plus grande organisation de Croates dans la diaspora était le Hrvatski Oslobodilački Pokret, mouvement de libération croate fondé par Ante Pavelić en Argentine en 1956, le successeur direct du mouvement Ustaša. En 1990, le groupe de patriotes croates dirigés par Ante Paradžik, un des dirigeants du mouvement étudiant dans les années 1960, refonda le Parti croate du droit (HSP), et le président en devint Dobroslav Paraga. À cause de sa gestion autoritaire et de la politique irrationnelle de ce dernier, beaucoup de membres quittèrent le Parti croate du droit et fondirent de nouveaux partis parmi lesquels figurent le Hrvatska Demokratska Stranka Prava (Parti démocratique croate du droit – HDSP), Hrvatska Čista Stranka Prava (Parti du droit pur croate – HČSP), le Hrvatski Pravaši (Croates de droite – HP),...

De nos jours, le Parti croate du droit (HSP) est le plus grand et dispose d’un deputé au sein du Parlement croate. Le Parti du droit pur croate (Hrvatska Čista Stranka Prava – HČSP) détient quelques conseillers municipaux et a de l’influence au niveau local. Les autres partis nationalistes sont l’Autohtona Hrvatska Stranka Prava (Parti du droit croate autochtone – AHSP), Hrvatsko Pravaško Bratstvo (Fraternité des Croates de droite – HPB), le Hrvatska Stranka Prava 1861 (Parti croate du droit 1861 – HSP 1861) qui est conduit par l’ancien dirigeant du Parti croate du droit (HSP) Dobroslav Paraga, et le Parti croate du droit Docteur Ante Starčević (HSP dr.Ante Starčević) dirigé par l’ancien Député
Ruža Tomašić.

La deuxième faction des nationalistes croates est dénommée « tuđmanovci », d’après le nom de  
Franjo Tuđman, leur idéologue. Ils glorifient le régime de Franjo Tuđman qui a existé au cours des années 1990, ils sont contre l’Union européenne et pour l’Otan. Les principaux partis de cette faction sont Jedino Hrvatska (Seulement Croatie – JH), fondé en 2006 en tant que coalition de quelques petits partis, et  Hrvatski Istinski Preporod (Vrai Renaissance croate - HIP) dirigé par Miroslav Tuđman, le fils de Franjo Tuđman et ancien chef des services secrets croates.

Troisième et dernière fraction des nationalistes croates : les ultranationalistes qui se situent à l’opposé des nationalistes de centre-droit « Tuđmanovci » et de droite « Pravaši ». Ils sont dirigés par des intellectuels tels que  
Mladen Schwartz, le dirigeant de Nova Hrvatska Desnica (Nouvelle Droite croate), le seul parti néo-fasciste croate, Tomislav Sunić (un célèbre théoricien de la nouvelle-droite), Jure Vujić (théoricien de la nouvelle-droite et analyste géopolitique), Zlatko Hasanbegović (une des figures principales de la communauté d’islam croate), Marko Francišković (écrivain catholique), etc.…

Ces différentes factions du nationalisme croate coopèrent entre elles et il n’y a pas d’antagonisme. 

L’année 2010 a été très bonne pour l’extrême-droite croate. Nacionalni Demokrati, parti nationaliste fondé en 2009 s’est développé. Son président est
Dean Golubić.  Le parti a eu quelques succès lors des élections municipales de Zagreb au cours de l’année dernière. Le Hrvatski Nacionalni Front (Front national croate – HNF) a été fondé en avril 2010 en tant qu’organisation des vétérans croates de guerre et de jeunes patriotes. Ils ne sont pas arrivés à devenir une réelle force politique parce qu’ils manquent d’idées et d’initiatives. Ils ont un look d’extrême-droite avec leur style d’habits militaires et des slogans ultranationalistes, mais ils sont des patriotes ordinaires de centre-droit.

La plus grande organisation de jeunesse est Hrvatska Starčevićanska Mladež (Mladež HČSP-a – Jeunesses du Parti du droit pur croate).

 

 

Source : lionelbaland.hautetfort.com, le 24 décembre 2010.

 

 

 

 

 

 

2. Elections législatives croates 2015.

 

 


(Informations fournies par Leo Maric)

Croatie. Lors des élections législatives de ce dimanche 8 novembre 2015, le Parti croate du droit Ante Starčević (HSP-AS) obtient 3 sièges de député sur les listes de la Coalition patriotique (dirigée par le parti de centre-droit HDZ). Le Parti croate pure du droit (HČSP) décroche 1 député. Le général nationaliste Željko Glasnović est élu sur la liste du parti de centre-droit HDZ au sein de la 11éme région électorale qui est celle des Croates vivant en dehors du pays, y compris les Croates vivant en Bosnie et Herzégovine. L’Alliance démocratique croate de Slavonie et Baranja (HDSSB), un parti régionaliste et nationaliste, obtient 2 députés, soit un recul de 4 députés par rapport à 2011 dû au fait que le HDZ a capté la plupart des votes de droite ainsi qu'à la radicalisation du HDSSB au cours des derniers mois (une aile paramilitaire a été fondée). 

La coalition Spremni (Prêt) réunissant le Parti conservateur croate (HKS) dirigé par le Député européen Madame Ruža Tomašić [jusqu'en 2014 au Parti croate du droit Ante Starčević], le Parti croate du droit (HSP) et le Parti de la famille (OS) n’a pas obtenu de siège. 

 

Autres partis 

Un parti qui n’est pas nationaliste, mais conservateur, le « Au nom de la famille » (U ime obitelji), qui a organisé en 2013 un référendum sur le mariage, obtient 1 % et pas d’élu. 

La grosse surprise du scrutin est MOST qui obtient 19 députés. Ce parti est opposé à la domination des deux importants partis en place, le HDZ et le SDP, et ne désire pas prendre de positions idéologiques. Cependant, il apparaît que de nombreux dirigeants de ce parti viennent du parti conservateur et catholique Hrast et sont favorables à des réformes économiques libérales et du système de taxes ainsi que de l’administration, à une réorganisation territoriale et à un combat contre la corruption. 

 

 

Source : lionelbalandhautetfort.com, le 10 novembre 2015. 

 

 

Rédigé par brunorosar

Publié dans #Thèmes politiques et identitaires

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