Ante Trumbić

Publié le 14 Mai 2010

Ante Trumbić

 


Né le 17 mai 1864 et décédé le 17 novembre 1938, Ante Trumbić joua un rôle politique majeur dans la création de l'Etat yougoslave.

 

Trumbić naquit à Split dans la Dalmatie alors partie intégrante de l'Autriche-Hongrie et il étudia le droit à Zagreb, Vienne et Graz, où il sera reçu docteur en 1890. Il pratiqua comme avocat, puis, à partir de 1905 il occupa les fonctions de maire de Split. Trumbić était partisan de réformes modérées dans les provinces slaves de l'Autriche-Hongrie, ce qui entendait l'unification de la Dalmatie avec le Royaume de Croatie-Slavonie.

Après l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand à Sarajevo et l'invasion de la Serbie par l'Autriche-Hongrie, Trumbić devint un nationaliste yougoslave de premier plan durant la Première Guerre mondiale et il dirigea le Comité yougoslave  qu'encourageaient les Alliés afin d'instaurer une Yougoslavie indépendante. Trumbić négocia avec le premier ministre Nikola Pašić pour que la Serbie soutienne la création d'un Etat yougoslave, ce que prévoira la Déclaration de Corfou du 20 juillet 1917 qui plaidait pour la création d'un état des Serbes, des Croates et des Slovènes unifié sous la dynastie des Karađorđević.

En 1918 il devint ministre des affaires étrangères du premier gouvernement du Royaume des Serbes, Croates et Slovènes. A la Conférence de Versailles, au lendemain de la Première Guerre mondiale, Trumbić fut chargé de défendre les intérêts yougoslaves face aux ambitions territoriales italiennes en Dalmatie (ce qui donna un arrangement temporaire en 1920 avant que Benito Mussolini ne relance la question).

Malgré son appui à une Yougoslavie unifiée, Trumbić s'opposa à la Constitution de Vidovdan , convaincu qu'elle avait un caractère trop centralisé et qu'elle permettait aux Serbes d'exercer l'hégémonie sur la Yougoslavie. Trumbić fut l'un des 35 représentants à voter contre la constitution alors que les partis d'opposition boycottèrent largement l'Assemblée nationale. Avec le temps Trumbić allait progressivement perdre ses illusions dans le gouvernement yougoslave qu'il considérait comme dominé par les Serbes. Il fut élu pour la dernière fois aux élections de 1921, sur la liste du Bloc croate (Hrvatski blok) au côté d'Ante Pavelić, tous deux représentants de Zagreb.

En 1929, dans l'espoir de mettre fin aux sempiternelles chamailleries entre représentants serbes et croates qui empoisonnaient la vie du Royaume, le roi Alexandre Ier de Yougoslavie usa de son autorité et interdit tous les partis politiques. Il renomma le pays Yougoslavie et abolit la constitution pour établir une dictature royale. Trumbić avait alors pris sa retraite à Zagreb. La division de la Croatie-Slavonie et Dalmatie en banovinas effectuée par le roi Alexandre brouillaient toutes les réformes antérieures qu'avait souhaitées Trumbić. Lors d'un entretien en septembre 1932 pour The Manchester Guardian, Trumbić se demanda si la Croatie ne devait pas se séparer du Royaume de Yougoslavie et rechercher une union avec l'Autriche. En novembre 1932, Trumbić publia les Points de Zagreb (Zagrebačke punktacije), une série de revendications avancées par la coalition Paysanne-Démocrate en vue de s'opposer à l'hégémonie serbe.

Suite à l'arrestation du dirigeant du Parti paysan croate, Vladko Maček, en avril 1933, Trumbić et Josip Predavec assumèrent la direction du parti. Après que Predavec eut été assassiné, Trumbić dirigea pour l'essentiel le parti en l'absence de  Vladko Maček.

Plus tard Trumbić regretta la disparition de l'Autriche-Hongrie dans la mesure où l'Etat des Slaves du Sud s'était avéré incapable d'aller dans la direction des réformes qu'il envisageait.



Rédigé par brunorosar

Publié dans #Hommes politiques, militaires et diplomates

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