Alberto Fortis

Publié le 5 Novembre 2009

Alberto Fortis

 

Fortis (Abbé Giovan-Battista, dit Alberto), voyageur et littérateur né à Padoue le 14 novembre 1741, mort à Bologne le 21 octobre 1803. Il entra dans l'ordre des chanoines réguliers de Saint-Augustin, puis, mal fait pour la vie monastique, entreprit une série de voyages qu'il a racontés en des livres pleins d'intéressantes observations. 

 

Il a laissé : Saggio d'osservazioni sopra Cherso-ed-Osero (Venise, 1771, in-4) ; Viaggio in Dalmazia (Venise, 1774, 2 vol. in-4) ; son ouvrage capital, où il fit connaître pour la première fois de précieuses poésies populaires serbo-croates ; Della Valle vulcanico-marina di Romà (Venise, 1778, in-4) ; Lettere geografico-fisiche sulla Calabria e sulla Puglia (Naples, 1784, in-8) ; Delle Ossa di Elefanti ed altre curiosità naturali de' monti di Romagnano nel Veronese (Vicence, 1786, in-8) ; Del Nitro minerale (Vicence, 1787, in-8) ; Tre Lettere intorno alle produzioni fossili dei monti Euganei (Cesena, 1791, in-8) ; Della Torba che trovasi appié de' colli Euganei (Venise, 1795, in-8) ; Mémoires pour servir à l'histoire naturelle et principalement à l'oryctographie de l'Italie, etc. (Paris, 1802, 2 vol. in-8). Comme littérateur il a laissé : Versi d'amore et d'amicizia (Vicence, 1783, in-8) ; Il Principo Cloro, o la rosa senza spine, novella morale (Vicence, 1784, in-8).

 

De quelques insectes nuisibles


Sous ce ciel doux une infinité d'insectes paroissent conspirer pour détruire les productions de la campagne. La rigueur de l'hyver est rarement assez forte pour extirper, ou même pour diminuer, la race de ces ennemis de la culture, dont le plus dangereux est ce ver qui mange le grain et que les habitants appelent Magnacoz.


Outre ces insectes qui vivent aux dépens des fruits de la terre, il y en a qui attaquent les animaux, et principalement l'homme. Une espèce de Tarantule, très-ressemblante à celle de la Calabre, est connue ici sous le nom de Pauk ; nom commun à toutes les araignées dans la langue Illyrienne. Les païsans, qui, pendant les grandes chaleurs de l'été, sont obligés de travailler à la campagne, risquent très-souvent d'être mordus par ce vilain insecte ; comme aussi par cette araignée rayée, à courtes jambes, connue en Corse sous le nom de Malmignatto. Pour apaiser, et pour faire cesser peu-à-peu, les douleurs causées par le venin du Pauk, on fait asseoir le malade sur une escarlopette, et on le berce pendant cinq à six heures : remède analogue à la danse qu'on ordonne à ceux qui sont mordus par la Tarantule en Calabre. Ces Pauk de la Dalmatie sont velus, et tigrés comme les Tarantules du Royaume de Naples : quelquefois ils en diffèrent un peu par les couleurs ; mais ils sont au reste également hardis et féroces.


J'ai eu l'occasion de bien connoître ces animaux malfaisants, puisque j'en ai même conservé quelques-uns pendant plusieurs mois dans des verres, en les nourrissant de mouches. Vous aurez vû dans le cabinet du Noble MORISINI, une de ces Tarantules, que j'ai apportée de Manfredonia, et qui a resté en vie assez longtemps à Venise, malgré la différence du climat. 

 

Source : Alberto Fortis ( abbé ), Voyage en Dalmatie, Société typographique, 1778, Université de Gand, pp. 37-38. 

 

Son récit de voyage "Sur les moeurs et usages des Morlaques, appelés Montenegrins" est accessible sur le Projet Gutenberg

 

Rédigé par brunorosar

Publié dans #Scientifiques

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