Nedjelko Fabrio

Publié le 7 Septembre 2018

Nedjelko Fabrio et l'éloge de la ville de Rijeka


 

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Ces mêmes jours on pouvait encore lire dans la presse locale la nécrologie de l’écrivain Nedjelko Fabrio, décédé quelques jours auparavant, le 4 août. Académicien, traducteur, critique musical, essayiste, écrivain et romancier. Il est auteur du roman Vježbanje života (« Entraînement à la vie ») dans lequel il célèbre la nature multiple de la ville de Rijeka : hongroise, italienne et croate à la fois et au même temps. Publié en 1985, le roman raconte l’histoire de deux familles, une italienne, la famille de Carlo provenant des Apennins et la famille croate des Despot, les deux familles vivant dans la ville de Rijeka entre 1822 et 1953, la vie commune se mêlant aux événements historiques.

Le sous-titre du roman, pourrait se traduire en langue française par le mot « Mémorial », ou le travail de rédaction d’un chroniquer, le but étant de parler de la ville et de son histoire à travers aussi des faits divers, des faits communs, de la vie de tous les jours, qui peuvent devenir, à certaines époques, des faits historiques. En croate le mot utilisé par l’auteur est « kronisterija » un mot fondant : chronique, histoire et hystérisme, que Fabrio a emprunté à un autre auteur croate Viktor Car Emin. D’après Mirjana Jurišić le mot sert pour donner une allure post-moderne au roman et en dicter le rythme. Selon toujours l’auteure, pour Fabrio l’histoire n’arrive pas à régir l’ « apprentissage à la vie », mais plutôt son contraire, ou la cyclique humble répétition des événements sociaux et politiques du destin, qu’au niveau individuel se traduisent seul et uniquement en « peine, mal, souffrance, douleur, folie et mort ».

Dans le Jelčić, manuel d’histoire de la littérature croate, on peut lire que toute l’œuvre de Fabrio est imbue d’histoire, d’ailleurs aussi dans la rédaction même de ses romans il intercale la narration avec des morceaux d’articles de journaux de l’époque. Toujours le Jelčić dit que Fabrio « [V]oit l’histoire des événements quotidiens de la contemporanéité et il la vit et rend vive en tant que le quotidien de chaque jour, par ce moyen approfondissant et méditant l’essence de l’exister croate ».

L’œuvre est celle d’un enamouré de la ville qui essaie de la célébrer, en tant que « ville promise » comme elle est appelée dans le roman. Né à Split, Fabrio a passé, à part quelques séjours à Zagreb, pour ses études ou pour remplir des charges comme celle de rédacteur du programme dramaturgique de la télévision croate, ou de Président de la Société des lettrés croates, une grande part de sa vie dans la ville de Rijeka. En même temps, comme nous le rappelle Mirjana Jurišić, il s’intéressait aux relations entre les peuples vivant sur les deux rives de l’Adriatique, en étant aussi de son vivant traducteur à partir de la langue italienne.

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Par Deborah Grbac

Source : courriersdesbalkans, le 2 septembre 2018.

 

 

Rédigé par brunorosar

Publié dans #Ecrivains

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