Milan Bandić (II)

Publié le 7 Janvier 2017

5. Le maire de Zagreb s’offre une piste de ski


 

Le très mégalo maire de la capitale croate, qui brigue un cinquième mandat malgré de forts soupçons de malversations, a fait transformer une rue en piste blanche.

 

Alors que la neige n’est pas au rendez-vous même sur les plus hauts sommets de Croatie, un épais tapis blanc s’étend désormais au cœur de la capitale, Zagreb. Il ne s’agit pas d’un caprice de la nature, mais du maire, Milan Bandic : 1000 mètres cubes de neige artificielle ont été déversés en plein centre-ville. ll a fallu acheminer et décharger quarante camions de fausse poudreuse afin de transformer une rue en piste de ski, entre la cathédrale gothique et la place principale.

A l’occasion des 50 ans de la fédération internationale de ski (FIS), le soir du 4 janvier, la «crème de l’histoire du ski» a descendu ce parcours de moins de 200 mètres: une vingtaine de vainqueurs de la Coupe du monde de ski alpin, dont son tout premier, le Français Jean-Claude Killy, désormais septuagénaire. Le projet s’inscrit dans le cadre d’une compétition de ski, «Snow Queen Trophy», qui se déroule chaque année en janvier à Sljeme, dans la montagne de Medvednica qui surplombe Zagreb.

«Cerise sur le gâteau»

Cette piste de ski citadine est une lubie de plus du maire de Zagreb, Milan Bandic. Coûteuse pour les résidents de la capitale, puisque la ville finance un quart du coût total du projet de 23 millions de kunas (plus de 3 millions d’euros). Pas rien, dans un pays où le salaire mensuel moyen est de 700 euros. Le maire a balayé les critiques d’un revers de main : «Nous avons le meilleur marché de Noël d’Europe où Dieu nous a permis de rentrer dans nos frais. Donc, on peut se payer ça […]. C’est la cerise sur le gâteau».

Les Zagrebois sont habitués à ces «cerises sur le gâteau». Comme ces WC surnommés les «WC dorés de Bandic» qu’il a fait construire en 2009 dans un arrêt de tram de la proche banlieue pour la modique somme de 11 000 euros le mètre carré – qui sont tout de suite tombés en panne. Selon les médias croates, le projet aurait fait partie d’un système de détournement d’argent pour financer les campagnes électorales de Bandic ainsi que pour son profit personnel. Cependant, la malversation n’a jamais été prouvée. L’année dernière, le maire a inauguré en grande pompe trois fontaines dans le centre de Zagreb. Interrogé sur leur coût élevé, Bandic s’est fâché : «Comment voulez-vous faire autrement pour que Zagreb devienne comme Rome ? Rome a 224 fontaines, alors que Zagreb seulement 7 ou 8.»

 

Indétrônable

Maire de Zagreb, centre du pouvoir politico-économique du pays, depuis 2000 – il a dû démissionner en 2002, pour s’être enfui après avoir causé un accident et conduite en état d’ivresse, puis est réélu chaque élection depuis 2005 – Bandic semble indétrônable. Cité dans de nombreuses affaires de corruption depuis ses débuts en politique, il a été arrêté à deux reprises, en 2014. Aussitôt relâché, il a retrouvé ses fonctions. En 2017, il espère briguer son cinquième mandat. Et avec les municipales qui approchent (elles auront lieu en avril), toutes les occasions sont bonnes pour faire campagne.

A la grande joie des internautes, qui s’amusent déjà à deviner les prochains exploits de Bandic. Quelques photomontages qui circulent sur Internet proposent par exemple d’installer un tremplin de saut à ski au lieu du funiculaire menant à la ville haute. D’autres suggèrent de couvrir de neige la fontaine installée sur la place principale pour en faire un terrain de hockey.

 


Par Jelena Prtoric
Source : liberation.fr, le 6 janvier 2017. 

 

 

 

 

6. Inculpé de corruption mais réélu maire de Zagreb


 

Il est l'un des politiques les plus controversés de Croatie, mais Milan Bandic continue de convaincre ses administrés, qui l'ont réélu maire de Zagreb.

Décroché après avoir remporté 51,79% des suffrages au second tour des municipales dimanche, ce mandat sera le sixième pour Bandic, 61 ans, l'un des hommes politiques les plus influents des Balkans.

Il dirige avec une interruption depuis 2000 la capitale croate, ville d'environ 800'000 habitants.

En 2002, Bandic avait été contraint à la démission après un premier scandale: en état d'ébriété au volant, il avait tenté de fuir la patrouille de police qui l'avait intercepté. Mais il avait été réélu en 2005.

«Le secret c'est de travailler (...) Je me considère comme étant un des Croates qui travaille le plus», a-t-il déclaré à la presse en visitant un chantier de la capitale lundi matin. Bandic insiste sur «seize heures de travail par jour 365 jours par an», il assure «vivre Zagreb alors que tous les autres vivent à Zagreb».

Il est régulièrement accusé d'électoralisme et de clientélisme avec des mesures comme la réduction des prix des tickets de tramway à quelques mois des élections.

Inculpé depuis décembre 2015, il est soupçonné par la justice croate de plusieurs faits de corruption et de ne pas avoir payé tous ses impôts. Ces faits sont susceptibles d'avoir coûté 3,4 millions d'euros à la capitale croate et à l'Etat.

Ex-membre du Parti social-démocrate (SDP), il en a été exclu en 2009. Dimanche, il a obtenu 51,79% des voix contre 46,07% à son adversaire, candidate du centre gauche, Anka Mrak-Taritas.

Ces municipales avaient valeur de test pour le Premier ministre conservateur Andrej Plenkovic, dont la coalition s'est effondrée après seulement six mois aux affaires.
Et le parti au pouvoir s'en tire bien, conservant Split, la deuxième ville du pays, et 13 des 20 présidences de départements.

Andrej Plenkovic doit trouver une nouvelle majorité au Parlement faute de quoi il sera dans l'obligation de convoquer des élections législatives anticipées.



 

Source : 20min.ch, le 5 juin 2017.

 

 

Rédigé par brunorosar

Publié dans #Hommes politiques, militaires et diplomates

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