Le camp de Jasenovac

Publié le 5 Décembre 2016

1. Jasenovac, enjeu d’une mémoire conflictuelle

 

Le camp symbolise les crimes du régime oustachi.

Fleur de pierre, le monument dessiné par l’architecte serbe Bogdan Bogdanovic, domine tout l’espace. Sous la voûte, gravé dans le béton, un extrait de Jama(« La Fosse »), le célèbre poème de l’écrivain croate Ivan Goran Kovacic. Un silence absolu règne sur l’étendue verte, au confluent des rivières Una et Sava, près de la frontière avec la Bosnie-Herzégovine, là où les autorités de l’État indépendant de Croatie (NDH) ont créé un camp, dès l’été 1941, près du village de Jasenovac.

Symbole des crimes du régime oustachi, Jasenovac fut à la fois un camp de concentration et d’extermination. Plus de 80 000 prisonniers – serbes, juifs, roms et opposants croates – y ont trouvé la mort entre 1941 et 1945, tués par l’épuisement, la faim, la maladie ou à l’arme blanche.

Polémique sur le nombre de victimes

Au mois d’avril, la projection à Zagreb d’un documentaire intitulé Jasenovac, la vérité, en présence du ministre de la culture, Zlatko Hasanbegovic, a relancé une vieille polémique. Le film, réalisé par Jakov Sedlar, remet en question le nombre des victimes et présente Jasenovac comme un simple camp de travail. Un livre, publié en 2015 par des historiens croates, défendait la même thèse.

Une fois de plus, l’éditeur Slavko Goldstein, 88 ans, a dû monter au créneau pour rétablir les faits dans un livre intitulé Tragédie, mythomanie, vérité, Jasenovac. En mai 1942, à l’âge de 13 ans, il rejoignait, avec sa mère, les partisans de Tito, pour échapper à une mort certaine. Arrêté le 13 avril 1941 par des militants oustachis, son père, Ivo Goldstein, libraire à Karlovac, n’est jamais revenu. « Vingt-cinq ans après l’indépendance, l’histoire continue à être manipulée à des fins politiques », affirme Slavko Golstein. « Le passé n’est toujours pas complètement reconnu et notre mémoire reste conflictuelle. C’est la maladie infantile de notre démocratie. »


 

Par François d’Alançon

 

Source : la-croix.com, le 26 août 2016.

 

 

 

 

 

2. Indignation après un slogan pronazi sur une plaque près de l'Auschwitz croate

 

Le Centre Simon-Wiesenthal a condamné mardi l'inauguration récente d'une plaque commémorative frappée d'un slogan pronazi près du camp de Jasenovac, "l'Auschwitz croate".

"Za Dom Spremni" ("Prêts pour la patrie") était le slogan de l'Etat croate pronazi durant la Seconde guerre mondiale. Il figure aussi sur une plaque déposée en novembre à Jasenovac par des vétérans d'une formation paramilitaire (HOS) à la mémoire de onze des leurs tués pendant le conflit d'indépendance de la Croatie (1991-95).

"Il est difficile de croire qu'un tel slogan incendiaire puisse être publiquement affiché dans un pays membre de l'Union européenne", s'est indigné Efraim Zuroff, responsable du Centre Simon Wiesenthal.
"De tels slogans (...) font partie d'une tentative de déformer l'histoire de la Seconde guerre mondiale et de l'Holocauste et de transformer les coupables en héros", a dénoncé dans un communiqué Efraim Zuroff.
Les représentants de la minorité serbe en Croatie, les organisations antifascistes et l'opposition ont également demandé le retrait de cette plaque.

Le Premier ministre Andrej Plenkovic a jugé "évidemment délicat qu'un tel monument ait été posé à jasenovac". Mais il a aussi relevé la difficulté juridique à faire enlever la plaque: le slogan "Za Dom Spremni" figure sur l'emblème du HOS qui a été déposé dans les règles. Selon lui, "le cadre légal n'est pas adéquat".
Le régime pronazi oustachi d'Ante Pavelic est responsable de la persécution et de la mort de centaines de milliers de personnes, serbes, juifs, roms et opposants antifascistes.

Le camp de Jasenovac, à 100 km au sud-est de Zagreb, est un symbole de ces crimes. Le nombre exact des victimes qui y sont mortes reste sujet de controverses.

Le musée du Mémorial de l'Holocauste à Washington évalue à 100.000 le nombre des victimes, serbes pour la plupart, les estimations des historiens locaux allant de 82.000 morts, selon le musée de Jasenovac, à 700.000, selon les sources serbes.
Depuis plusieurs mois, la Croatie est la cible de critiques sur sa complaisance supposée face au renouveau des thèses révisionnistes.


 


 

Source : lorientlejour.com, le 6 décembre 2016.

 

 

 

 

3. une plaque commémorative pronazie fait scandale


 

Une plaque frappée du salut des Oustachis, ces Croates pronazis, a été réinstallée aujourd'hui dans l'est du pays, l'association d'extrême droite à l'origine de l'initiative ayant juste accepté de la retirer des alentours du camp d'extermination de Jasenovac.

En novembre 2016, l'organisation d'anciens paramilitaires, HOS, avait suscité l'indignation en Croatie en dévoilant cette plaque marquée du salut "Za dom spremni" ("Prêts pour la patrie"), à proximité immédiate de l'"Auschwitz croate".

Les responsables d'HOS avaient expliqué qu'ils entendaient saluer la mémoire de onze de leurs membres, tués au début de la guerre d'indépendance de la Croatie contre les forces serbes (1991-95). Les Serbes, les associations juives, la gauche et les organisations antifascistes, avaient dénoncé une provocation. La passivité des autorités croates avait également été critiquée, leurs adversaires y voyant le signe d'une indulgence coupable.

Aujourd'hui, HOS a retiré la plaque de Jasenovac, mais pour la déplacer à une dizaine de kilomètres, tout près de la ville de Novska, a constaté l'AFP. "Personne ne peut toucher à ça", "nous avons atteint notre but", avait déclaré peu auparavant aux journalistes à Zagreb, Ivan Friscic, un des responsables d'HOS.

Le premier ministre Andrej Plenkovic, représentant de l'aile centriste du HDZ, a évoqué fin 2016 un problème "délicat" et insisté sur la nécessité d'aboutir à "une solution légale". Aujourd'hui, il a estimé que le déplacement de la plaque était un "premier pas".

"Le deuxième, une étape cruciale, sera la mise en place d'une réglementation systématique et claire sur l'utilisation des symboles et des insignes des régimes totalitaires", a-t-il poursuivi.


 

Source : lefigaro.fr, le 7 septembre 2017.

 

 

Rédigé par brunorosar

Publié dans #Localités et destinations

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