Goran Bezina

Publié le 26 Décembre 2016

Hockey: Bezina, héros local à Zagreb?


Le sixième épisode de notre websérie en Croatie vous emmène 
dans le Dom Sportova, patinoire du Medvescak Zagreb de Goran Bezina. 
Apprécié du public et très souvent mis sur le devant de la scène médiatique, 
le défenseur a été la figure emblématique du Genève-Servette et du 
hockey romand, notamment lors de ses 12 années sous le maillot grenat. 
Le Valaisan reste-il sous le feu des projecteurs à Zagreb? 
Découvrez notre reportage "en immersion" lors d’un match du Medvescak. 

La venue du club russe de Novokuznetsk, lanterne rouge du championnat de KHL, doit permettre au Medvescak Zagreb de se ressaisir ce mercredi 30 novembre. "Demain, on n'a pas le droit de perdre", nous a confié Goran Bezina, rencontré la veille au terme d’un shooting photos pour un magazine de mode. "Goran est le chouchou des journalistes : il parle la langue, est sympa, drôle, charismatique. Il est très souvent sollicité dans les interviews", explique Zeljka Jurkas, rédactrice du site internet du club, juste avant la partie.

Dans la tribune de presse, les places réservées aux médias sont presque toutes vides. "Très souvent, les journalistes reprennent mes compte-rendus", avoue l’employée du club. Même le "Sportske Novosti", plus grand quotidien sportif national édité à Zagreb, n’est pas représenté en ce soir de match. La partie d’Eurocup de basket du Cedevita, qui se dispute à quelques pas de la patinoire, semble avoir eu les faveurs des journalistes sportifs croates.

 

Les "Croates" du Medvescak

Le Dom Sportova, vétuste patinoire du club de hockey, se remplit à son rythme. Ce sont 3987 spectateurs qui seront "généreusement" annoncés dans la version officielle. Lors de la présentation - sans artifices - des joueurs, l’applaudimètre ne donne aucun indice de popularité au moment où le nom du numéro 57 du Medvescak est annoncé par le speaker. Goran Bezina est pourtant l’un des locaux, lui qui est né et a vécu ses neuf premières années à Split. Tout comme le Canado-Croate Tom Zanoski, qui a vu le jour dans la capitale croate.

Dans l’effectif des Ours, trois autres joueurs ont un lien avec la Croatie, sans en maîtriser la langue. Il y a le capitaine canado-croate Mike Glumac, le défenseur canado-croate Mark Katic, revenu dans son pays d’origine lorsque le club a rejoint la KHL en 2013, et enfin l’attaquant américain aux racines croates Nathan Perkovich. "La Croatie n’a malheureusement pas les ressources pour former des jeunes. Faire venir des joueurs de hockey aux origines croates est donc très important pour le club", explique Ranko Vucinic, directeur de la communication du Medvescak. Sur sa glace, surpris par un but encaissé après moins d’une minute de jeu, Zagreb est mené 0-1 après un terne premier tiers.

"Bezina? Je l’aime bien. C’est un bon joueur, fort physiquement et il joue avec le cœur", confie Borna, 19 ans, rencontré dans le kop des supporters du Medvescak. Un peu plus loin, Hrvoje (42 ans), qui suit le club depuis 5 ans, concède que "cela représente beaucoup que Bezina soit d’origine croate et qu’il maîtrise parfaitement la langue". Dubitatif lorsque l’on évoque une éventuelle aura autour du défenseur né à Split, Bruno (17 ans) estime qu’il n’est "pas sûr que les gens reconnaîtraient Bezina dans la rue".

"Zig Zag Medvescak!" résonne dans la patinoire. L’hymne est repris par le public. Sur la glace, le spectacle entre deux équipes en manque de points n’est pas des plus spectaculaires. La sirène annonce la fin du deuxième tiers-temps, les deux équipes retournent aux vestiaires sans avoir allumé la lampe rouge. Au fanshop du club, les maillots et maigres accessoires de merchandising ne s’arrachent pas. "Les maillots de Bezina, mais aussi de Perkovich et de Hedberg (réd: un attaquant suédois) sont ceux qui se vendent le mieux" , confie tout de même le vendeur. "Le maillot de Goran est l’un des "bestsellers"", confirme le directeur de la communication du club, Ranko Vucinic.

 

Une faible attention médiatique

Dans les travées de la patinoire, un homme arbore fièrement le numéro 57 du Medvescak Zagreb sur ses épaules, deux hots-dogs dans une main et une bière dans l’autre. "Goran Bezina? C’est mon joueur préféré! Je l’adore, mais il aurait dû venir il y a trois ou quatre ans déjà… C’est un peu tard maintenant. Il y a une attention particulière sur lui car il est Croate, c’est certain", estime Sinisa (44 ans). De manière générale, le public ne semble pourtant pas avoir réellement de préférence pour le "local" Bezina.

"Gooooaaal! Gooraaan Beee-ziiii-naaaa!" hurle le speaker. Le Dom Sportova de Zagreb semble se réveiller quelque peu. Le numéro 57 du Medvescak vient de réduire la marque d’un tir précis. Zagreb n’est plus mené que 1-2 à la 48 minute de son match face aux Russes. Le but de celui qui sera désigné "homme du match" est toutefois insuffisant pour éviter une deuxième défaite consécutive à domicile (2-3) du club.

Le lendemain, dans le quotidien sportif de référence croate, Sportske Novosti, les deux tiers des pages sont noircies par des articles consacrés au football. On y évoque les quarts de finale de la coupe de Croatie, mais aussi le choc au sommet du championnat entre Dinamo Zagreb et le Rijeka du Suisse Mario Gavranovic, qui se disputera deux jours plus tard. Le water-polo, très populaire dans les Balkans, mais également le handball ou le basket remplissent les pages suivantes du quotidien sportif. Partageant l’espace de l’antépénultième page avec la Formule 1, le ski alpin et le… snooker, un article évoquant une "soirée catastrophique pour le Medvescak" revient sur la défaite de la veille: "Si nous continuons comme cela, nous ne battrons personne".


Par Sylvain Bolt 
Source : rts.ch, le 19 décembre 2016.

Rédigé par brunorosar

Publié dans #Hockey sur glace

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