Amir M

Publié le 30 Novembre 2016

Le mafieux croate devenu djihadiste

Sorti de prison huit ans avant la fin de sa peine, après un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme en sa faveur, Amir M. est aujourd'hui recherché par la police anti-terroriste.

 

Selon une note d'un service de renseignement européen que nous avons pu consulter, cet ancien membre d’un groupe mafieux originaire des Balkans serait suspecté de vouloir préparer un attentat sur le territoire belge ou français.

En 2008, Amir M. est arrêté par la police croate pour son implication dans l’assassinat du journaliste Ivo Pukanić et son directeur. L’affaire fait grand bruit à l’époque à Zagreb. L’attentat à la bombe dans le parking de l’hebdomadaire Nacional provoque une réaction immédiate du Premier ministre et le déploiement de 250 officiers de police judiciaire. Le journaliste d’investigation, déjà menacé, devait témoigner en Italie dans le cadre de la «Balkan connection», une affaire de trafic de cigarettes de contrebande impliquant mafias du Sud de l’Italie, organisations criminelles des Balkans et même l’insubmersible Premier ministre du Montenegro Milo Dukanovic. La mort d’Ivo Pukanić priva les enquêteurs d'un témoin clef et le juge italien Giuseppe Scelsi regrettera de devoir clore l’enquête.


 

Il fait condamner son pays et profite d'une libération anticipée

Neuf suspects décrits par la police croate comme de «dangereux membres du milieu criminel» étaient arrêtés les jours suivants l’attentat contre le journaliste. En février 2010, ils étaient tous condamnés à de lourdes peines de prison. Parmi eux, d’anciens membres des «bérets rouges» serbes, mais aussi des Croates et des Bosniaques. La Croatie se devait alors de faire bonne figure auprès de l’Union européenne. Objectif réussi, l'affaire fut bouclée en moins de deux ans et la Croatie intégra l’UE en 2013. Mais paradoxalement, c’est une institution de l’Union européenne qui contribua à faire capoter l'affaire. Se plaignant de mauvais traitements infligés par la police croate, l'homme a réussi à faire condamner son propre pays, toucher une indemnisation et à bénéficier d'une libération anticipée. Alors qu'il devait rester derrière les barreaux jusqu’en 2023, l'homme fut remis en liberté.

Aujourd’hui, Amir M. figure avec son frère sur une liste de présumés candidats au Djihad circulant sur le territoire européen.


 

Source : parismatch.com, le 29 novembre 2016.

 

Rédigé par brunorosar

Publié dans #Mafia et football

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