La marque Startas

Publié le 23 Mai 2016

Startas, coup de pied à la yougoslave !


 

 

Juillet 1987, les jeux universitaires d’été sont organisés à Zagreb, alors en Yougoslavie. En ouverture, un spectacle de gymnastique de masse, comme au temps du socialisme du maréchal Tito, ancien dirigeant de ce pays qui n’existe plus vraiment sans s’être encore trouvé. Borovo, sponsor officiel de la manifestation, est satisfait: le fabriquant yougoslave de chaussures vendra cinq millions de paires de baskets en toile cette année-là. Un record. Le dernier.

L’usine de Borovo est installée à Vukovar, en Croatie, depuis 1931. Son modèle Startas a équipé les joueurs de tennis de table, avant de devenir populaire dans toute l’ex-Yougoslavie. La marque développe un savoir-faire artisanal: le caoutchouc utilisé est naturel et la fabrication à la main. C’est toujours le cas aujourd’hui.

Novembre 1991, la ville de Vukovar est détruite lors des guerres d’indépendance des Balkans. L’usine Borovo, partiellement. L’entreprise, propriété de l’Etat croate, se remet à produire poussivement, sans nécessité de rentabilité. Ce maintien du savoir-faire va la sauver.

Cet été en Suisse, chaussez Startas! Vingt-cinq modèles femmes et cinq hommes sont disponibles, en plusieurs coloris, sur le site Internet de la marque. Comment est-ce possible? De jeunes designers croates se sont succédés pour sortir une collection originale d’inspiration des Balkans et de l’air du temps. Puis coup du destin, deux Français la découvrent lors d’un voyage en Croatie. Ils se prennent d’affection pour la basket et son histoire et obtiennent la licence de distribution à l’international. C’est le début du voyage des Startas, désormais disponibles à la livraison en Suisse. A cinquante euros, le modèle «Licorne rose» devrait bien se vendre. Un pied de nez discret au socialisme du maréchal Tito? 


 

Source : tdg.ch, le 20 mai 2016.


 

Rédigé par brunorosar

Publié dans #Economie et mouvements sociaux

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article