Branko Galoic

Publié le 17 Décembre 2015

Les accroches balkaniques de Branko Galoic

 

La moitié de la vie de Branko Galoic s’est déroulée loin de son pays, la Croatie. Des années à parcourir l’Europe avec sa guitare, souvent sans papiers, comme le Clandestino de Manu Chao. «Je voyageais en bus, parce que les contrôles aux frontières étaient peu fréquents. Mes ennuis ont cessé le 1er juillet 2013, quand mon pays est entré dans l’Union européenne», se souvient-il.

Avant de s’installer à Paris, Branko Galoic a vécu à Amsterdam et à Berlin. «J’ai débarqué aux Pays-Bas avec 50 Deutsche Mark en poche. J’avais vendu mon ampli de guitare pour me payer le voyage.» Il enregistre ses deux premiers albums à Amsterdam. Si le premier était fidèle au style folk-rock, le suivant introduit les sonorités cuivrées des Balkans. «En Yougoslavie, explique le chanteur, les fanfares de Serbie et de Macédoine faisaient partie du paysage musical.» Comme les musiques tsiganes, auxquelles il rend hommage dans Gypsy Passport, un titre du récent troisième album. Une autre de ses influences vient du pays de sa mère, l’Herzégovine : la sedvah, ce lamento orientalisant de Mostar.

A Paris, le chanteur croate a trouvé un producteur, un tourneur et des musiciens : un guitariste portugais, une violoncelliste française, un percussionniste iranien… Il n’exclut pas d’y ajouter une petite section de cuivres, selon la demande.

Branko Galoić chante en anglais et en serbo-croate ; parfois, il se tait pour laisser s’exprimer la guitare dans de superbes instrumentaux qui évoquent des paysages de cinéma. Les mélodies magiques baignent dans une mélancolie d’Europe centrale, comme celle d’Angel Song, au texte parlé-chanté plein d’autodérision.

 

Par sa couleur musicale, difficile de ne pas rapprocher Branko de son compatriote Goran Bregovic«Si on me compare à un musicien, autant que ce soit un bon, ce qui est le cas de Goran, sourit le chanteur.

J’ai beaucoup écouté son groupe des années 80, Bijelo Dugme, et ses premières musiques de films.»

 Mais à l’heure de rendre hommage, c’est un autre Croate qu’il a choisi : le rockeur Johnny Stulic, dont il reprend la chanson Sunday Comment«Un excellent parolier, et un grand bonhomme. Lui aussi s’est expatrié, il vit à Utrecht. Sa réputation n’a hélas jamais dépassé l’ex-Yougoslavie, la langue serbo-croate n’est pas l’idéal pour traverser les frontières…» Branko Galoic avoue ne pas être très au courant de la scène croate actuelle. «Mais je découvre encore des musiques traditionnelles, qui sont le carburant de ma création.»

 

 

Source : next.liberation.fr, le 14 décembre 2015.

 

Rédigé par brunorosar

Publié dans #Musique

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