Marica Pataki

Publié le 14 Avril 2015

L'imprimerie clandestine de Sigečica

 

Marica Pataki, communiste et antifasciste zagréboise, torturée et assassinée en 1945 pour avoir pris part au fonctionnement d'une imprimerie clandestine à Sigečica.

 

En 1965 le centre pour enfants érigé à Trešnjevac fut baptisé à son nom. Un buste à son effigie fut alors dévoilé devant la crèche en signe d'hommage. En 1992 la crèche est rebaptisée "Potočnica" soit-disant parce que “ces années-là un effort était fait pour rapprocher les noms de crèches des enfants.” On retira le buste et le nom de Marica Pataki, comme tant d'autres, disparut des lieux publics et de la mémoire collective.

 

Brève description des activités de Marica Pataki au seuil et au cours de la guerre :

 

En 1937 et 1938 le volet technique du Comité central à Zagreb était pris en charge par Pavle Pap. Avec l'aide de Rade Končar et d'Anka Butorac il organisa une imprimerie du parti à Sigečica. Il s'agit de la fameuse imprimerie située au nº25 de la rue Murterskoj qui fonctionna depuis le début de l'année 1938 jusqu'à la descente de police effectuée à la fin de l'été 1939.

 

Les machines et outils provenaient de Belgrade. Une maisonnette discrète en périphérie fut louée au nom de l'étudiante Marica Pataki qui en était la propriétaire légale devant les autorités. Elle s'y installa aussitôt. Milan Varićak, un ouvrier graphiste, y logeait aussi. Tous d'eux réalisaient le gros du travail d'impression. Ils étaient aidés par Joža Novačić, Joža Usenik et Vjekoslav Žganjer qui fournissaient le matériel nécessaire. Pavle Pap servait de liaison avec les dirigeants, il apportait les manuscrits et souvent des matériaux critiques. Le papier était stocké dans la réserve de bois tandis que les machines se trouvaient dans l'habitation. Dès que les lumières s'éteignaient dans les maisons voisines, Milan Varićak et Marka Pataki se mettaient à imprimer.

 

Jamais on ne sut comment la police parvint à découvrir cette imprimerie bien organisée. Probablement quelqu'un signala-t'il qu'une activité clandestine se déroulait la nuit au nº25 de la rue Murterskoj... Un jour, à la tombée de la nuit, des policiers encerclèrent la maison avant de faire irruption. Pavle Pap qui s'y trouvait justement parvint tant bien que mal à s'enfuir. Milan Varićak et Marica Pataki furent arrêtés...

 

L'imprimerie de Sigečica recelait d'importantes publications dont “Proleter”, l'organe du Comité central du Parti communiste, des comptes-rendus du 6è congrès du Comintern, des brochures et nombre de directives spéciales émises par les hauts dirigeants du parti.

 

Autant Marica Pataki que Milan Varićak étaient des révolutionnaires engagés. Malgré de pénibles tortures au cours de longs interrogatoires ils ne parlèrent pas. Ils furent condamnés à la prison. Au terme de sa peine d'un an et demi Varićak revint à Zagreb et reprit aussitôt les activités du parti. Marica Pataki alla purger sa peine à Požarevac d'où elle sera remise aux autorités oustachies après l'occupation. Elle a été tuée à Lepoglava en 1945, à peine un mois avant la libération.”

 

 

Source : https://sites.google.com/site/zagrebsebori/opartijskimtehnikama

 

 

Rédigé par brunorosar

Publié dans #Dissidents et persécutés

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