Branimir Glavaš

Publié le 20 Janvier 2015

 

1. Un Croate inculpé de crimes de guerre élu au Parlement

 

 

A l'occasion des législatives croates de dimanche, un ex-général de l’armée croate retrouve son siège aux côtés de son parti d’extrême droite.

 

Branimir Glavas, 51 ans, jugé pour crimes de guerre commis contres des Serbes lors du conflit serbo-croate de 1991-1995, est réélu député, selon les résultats presque définitifs publiés lundi.

Déjà élu en 2003, il avait été déchu de son immunité et était jugé depuis octobre à Osijek, dans l’est du pays. Il est accusé pour son implication dans la persécution et les meurtres de douze civils en 1991. Après la proclamation de l’indépendance de la Croatie, une guerre avait opposé les forces croates aux sécessionnistes serbes appuyés politiquement et militairement par le régime au pouvoir à Belgrade.

L’homme plaide non coupable. Son parti avait exigé, avant même l'annonce des résultats, la remise en liberté de Branimir Glavas une fois élu, en invoquant qu'il jouissait à nouveau d'une immunité parlementaire.

 

 

Source : lessentiel.lu, le 26 novembre 2007.

 


 


 

2. La condamnation d'un ancien général annulée

 


La Cour constitutionnelle croate a annulé lundi, pour vice de procédure, le verdict pour crimes de guerre commis contre des civils serbes durant le conflit serbo-croate (1991-1995) par l'ancien général croate, Branimir Glavas. Cet ex-député avait été condamné en 2010 à huit ans de prison.

Branimir Glavas avait été reconnu coupable d'enlèvement, torture et assassinat d'au moins dix Serbes à Osijek (est), au début de la guerre de Croatie. Il avait été condamné en première instance, en mai 2009, à dix ans de prison par un tribunal de Zagreb. Sa peine a ensuite été réduite en juillet 2010 à huit ans par la Cour suprême.

L'ancien général, qui possède également la nationalité bosnienne, s'était enfui en Bosnie, où il purge actuellement sa peine. Dans sa plainte adressée à la Cour constitutionnelle, il a notamment contesté une contradiction, dans les deux verdicts, quant à la date de l'accès à l'indépendance de cette ancienne république yougoslave.

Branimir Glavas avait été le responsable de la défense d'Osijek pendant le conflit. La proclamation par la Croatie de son indépendance de la Yougoslavie, en 1991, a été suivie d'une guerre entre les forces de Zagreb et les sécessionnistes serbes soutenus par Belgrade. Ce conflit a fait près de 20.000 morts.


 

Source : romandie.com, le 12 janvier 2015.

 

 

 

3. Crimes de guerre en Croatie : retour à la case prison pour Branimir Glavaš
 
 

 

 

Condamné à huit ans de prison pour des crimes de guerre commis contre des civils serbes, Branimir Glavaš, l’ancien chef de la défense croate d’Osijek, avait été remis en liberté conditionnelle le 20 janvier dernier. La Cour suprême de Croatie a ordonné son retour en détention provisoire.

 

Conformément à la demande du Tribunal de grande instance de Zagreb, qui a exigé que Branimir Glavaš soit placé en détention provisoire à la maison d’arrêt de Remetinec, la police est venue chercher l’accusé jeudi 5 mars à son domicile d’Osijek.

Branimir Glavaš, dont les avocats ont d’ores et déjà annoncé qu’ils allaient saisir le Conseil constitutionnel, devrait rester en prison jusqu’à ce que soit rendu le jugement définitif, mais pas plus longtemps que la peine prévue par le jugement non-définitif. « C’est la sixième fois que je suis arrêté par la justice croate. On crée un précédent de plus dans cette affaire, dix ans de persécution politico-juridique. Comme je l’ai dit en revenant en Croatie, je ne renonce pas à la lutte pour prouver mon innocence, même face à une justice manifestement instrumentalisée par la politique. Je le fais pour ma famille, pour tous les habitants d’Osijek et de Slavonie, et pour ceux qui ont participé à cette juste Guerre pour la Patrie (« (Domovinski rat »), qui a permis la création et la défense d’une Croatie indépendante. Ne l’oubliez pas, la défense d’Osijek est blanche comme neige, vous n’avez rien à vous reprocher. Merci à tous pour votre fidèle soutien. Mes avocats continueront la bataille juridique, et il ne me reste malheureusement qu’un moyen de lutter et protester contre ces dix ans de violations continuelles de mes droits d’homme et de citoyen tels que figurant dans la Constitution croate et dans les conventions internationales. La grève de la faim, que je commence dès aujourd’hui », a annoncé Branimir Glavaš aux journalistes réunis devant chez lui.

L’accusation affirme elle que tout est en règle : suite à l’invalidation par le Conseil constitutionnel de la sentence définitive de huit ans de prison rendue par la Cour suprême, c’est le jugement du Tribunal de Grande Instance de Zagreb, selon lequel Branimir Glavaš est condamné à titre non-définitif à dix ans de prison pour crimes de guerre contre des civils serbes à Osijek, qui entre à son tour en vigueur. Or, selon la procédure judiciaire, un prévenu dont la peine non-définitive est supérieure à cinq ans de prison doit automatiquement être placé en détention provisoire. Le Tribunal de Grande Instance affirme d’autre part que, contrairement aux affirmations de la défense, « la détention provisoire a un but propre strictement défini par la loi, si bien que la peine de prison purgée par le prévenu pour un jugement, même si ce dernier est annulé par la suite, ne peut absolument pas être déduite de sa détention provisoire ».

Branimir Glavaš, dont les avocats dénoncent plusieurs irrégularités et précédents dans les jugements rendus, crie à la persécution et parle de « farce juridique ». Son avocat, Dražen Matijević, affirme quant à lui n’avoir pas encore reçu la décision de la Cour suprême qui condamne son client à la détention provisoire, et compte saisir le Conseil Constitutionnel dès réception de la décision en question.


 

Traduit par Chloé Billon

 

Source : balkans.courriers.info, le 6 mars 2015.

Article paru à l'origine sur index.hr, le 5 mars 2015.

 

 

 

 

4. Elections en Croatie : Branimir Glavas, criminel de guerre et candidat nationaliste


 


 

La modeste salle des fêtes de Kutjevo est pleine à craquer. Trois cents habitants réunis

pour accueillir leur héros. Quand il fait son entrée, précédé comme à son habitude

de ses « gardes » en chemises noires, ils sont tous debout. Dans cette petite commune

agricole perdue au milieu de la Slavonie, région croate frontalière de la Serbie, Branimir

Glavas, ancien criminel de guerre en campagne pour les législatives croates du dimanche

8 novembre, se sait en terrain favorable. « Je suis sorti de prison encore plus fort », tonne

celui qui promet de tout faire pour rétablir « cette zone qui a été détruite par la

guerre [d’indépendance de la Croatie] ».


 

A 59 ans, celui qui pourrait passer pour un paisible retraité avec son chapeau slavon savoure son retour tonitruant sur la scène politique croate. Branimir Glavas était encore emprisonné début janvier en Bosnie où il purgeait une peine de huit ans prononcée en 2010 pour avoir fait tuer et torturer plusieurs civils serbes lorsqu’il était commandant militaire de la ville d’Osijek, en 1991. Sur son jugement, il est précisé que les corps de ses victimes étaient la plupart du temps jetés dans la Drave, la rivière qui longe la ville. Et que l’une d’entre elles a été contrainte deboire de l’acide de batterie.

« Glavas a été un combattant comme moi, il a défendu la Croatie », vante Vinko Baric, un invalide de guerre de 48 ans venu le soutenir. Ses crimes ? « Cela ne me regarde pas », glisse le solide gaillard qui élève des porcs pour compléter sa pension de vétéran de 2 000 kunas (265 euros) par mois. L’assistance est composée quasi exclusivement d’hommes, agriculteurs ou vétérans de guerre, voire les deux à la fois.

« Faucons slavons »

« Je me considère comme innocent, j’ai été victime d’une répression politique »,proteste l’ancien général, sourire avenant mais regard perçant, au siège de son parti situé dans un des nombreux immeubles d’Osijek encore criblés d’impacts de balles. Il s’appuie sur l’annulation surprise pour vice de forme de sa condamnation en appel prononcée en janvier par la Cour constitutionnelle croate. Dans l’attente d’un nouveau procès, il a pu sortir en liberté provisoire et reprendre les rênes de l’Alliance démocratique croate de Slavonie et Baranya (HDSSB), le parti« régionaliste et nationaliste » qu’il a fondé en 2005 pour garder la main sur une région dont ce juriste de formation a longtemps été le maître incontesté.

De retour dans son fief, il compte bien retrouver son poste de député – et l’immunité qui va avec. Sa campagne, ciselée pour plaire aux habitants de cette région durement touchée par la pauvreté et la guerre, multiplie les provocations. Sa « garde des faucons slavons », officiellement simple « section sportive », est par exemple composée de jeunes en uniformes noirs qui marchent au pas, ressemblant furieusement à ceux de la milice qu’il dirigeait en 1991. Censés s’occuper de la sécurité du parti et d’action humanitaire, ils ont défilé sans prévenir devant le Parlement croate à Zagreb, le 19 octobre, suscitant un choc dans le pays.

« Cela était autorisé, car ils étaient allés déposer leurs listes. Ils ne sont pas armés, il n’y a rien d’illégal », explique bien embêté Ranko Ostojic, le ministre de l’intérieur (social-démocrate), qui préfère les prendre de haut. « Ses chemises noires sont un corps sportif récréatif, non ? » « Je ne soutiens pas son type de communication, mais chacun a sa façon de contacter les électeurs », explique de son côté Pero Cosic, candidat en Slavonie du HDZ, le parti conservateur croate d’opposition. Un parti que Branimir Glavas a quitté en 2005 après en avoir été un des fondateurs aux côtés du nationaliste Franjo Tudjman, le « père » de l’indépendance du pays.

Pouvoir de nuisance

« Le résultat de l’élection de dimanche s’annonce très serré et les autres partis auront peut-être besoin de lui pour gouverner. Alors ils le tolèrent et personne n’est vraiment très clair », déplore Drago Hedl, journaliste et auteur d’un livre sur Branimir Glavas (« Chronique d’une destruction », non traduit). Même s’il baisse dans les sondages, le parti devrait sauver son groupe au Parlement.

Fort de son pouvoir de nuisance, il n’exclut de soutenir aucun des deux partis.« Après dix ans d’existence, nous voulons passer de l’opposition au pouvoir »,martèle l’ancien maître d’Osijek lors de tous ses meetings. Quel sera le prix d’un éventuel soutien ? Au-delà du discours ultra-basique sur le soutien à l’agriculture slavone et sur son propre sort, Branimir Glavas pourrait imposer un durcissement de l’accueil des migrants dans le pays, situé au milieu de la route des Balkans. Plus de 300 000 réfugiés ont traversé le pays depuis mi-septembre, avec la bénédiction du gouvernement, mais sous les critiques de la droite.

« On aurait dû faire comme la Hongrie qui a su protéger ses intérêts nationaux »,assure M. Glavas, fervent défenseur des racines catholiques de la Croatie et admiratif de la clôture installée par Viktor Orban à la frontière hongroise. Mais les manifestations antiréfugiés soutenues par son parti ont jusqu’ici peiné à attirer du monde. Marqués eux aussi par la guerre, les Croates restent en effet dans leur majorité favorables à l’accueil des migrants. Est-ce un signe de la fin de Branimir Glavas ? « Je ne pense pas que les électeurs sont encore prêts à le suivre »,veut croire Nenad Zakosek, professeur de science politique à l’université de Zagreb.


 


 

Par Jean-Baptiste Chastand

Source : lemonde.fr, le 7 novembre 2015.


 

 


 

5. Jugement annulé pour un ex-député condamné pour crimes de guerre

 

 

La Cour suprême de Croatie a annoncé ce jeudi avoir cassé la condamnation à une peine de prison de l'ancien député Branimir Glavas, reconnu coupable de crimes de guerre à l'encontre de civils serbes pendant la guerre de 1991-1995 et ordonné un nouveau procès.

Branimir Glavas a été condamné en 2010 à huit ans de prison pour son rôle dans le meurtre de civils serbes en 1991 dans la ville d'Osijek dont il était le commandant militaire. 

Mais en 2015, la Cour constitutionnelle a annulé ce verdict en invoquant des vices de procédure et demandé à la Cour suprême de se prononcer sur le jugement tandis que Branimir Glavas était libéré de la prison où il purgeait sa peine.

La sentence condamnant l'ex-député "a été totalement annulée et l'affaire a été renvoyée au tribunal de première instance pour un nouveau procès", a annoncé un communiqué de la Cour suprême.


En 2009, Branimir Glavas avait été condamné par un tribunal de Zagreb à dix ans de prison, mais l'année suivante, sa peine a été réduite par la Cour suprême.

Il avait été reconnu coupable d'avoir fait enlever, torturer et tuer au moins dix Serbes à Osijek dont il assurait la défense au début de la guerre de 1991-1995.

L'annulation du verdict a suscité l'indignation en Serbie. Le ministre serbe des Affaires étrangères Ivica Dacic a estimé dans un communiqué que "le message de cet acte honteux est que les crimes impunis contre les Serbes sont normaux et permis".

La proclamation de son indépendance par la Croatie en 1991 a provoqué une guerre avec les séparatistes serbes, qui a fait près de 20.000 morts. Un des motifs du conflit était la crainte des Serbes de voir le nouvel Etat croate reprendre les emblèmes et les méthodes du régime des Oustachis, les fascistes croates qui s'étaient alliés aux nazis pendant la seconde guerre mondiale, et qui avait massacré les Serbes, les Juifs et les Tsiganes.

En juillet 1995, l'opération militaire "Tempête" de l'armée croate a mis en déroute les séparatistes, et a provoqué l'exode de près de 300.000 Serbes. 

La capacité de la justice croate à juger les Croates accusés de crimes de guerre était l'un des critères exigés en vue de l'adhésion à l'Union européenne de la Croatie, qui en est devenue membre en 2013.

 

 

Source : lefigaro.fr, le 28 juillet 2016.

 

 

 

Rédigé par brunorosar

Publié dans #Hommes politiques, #militaires et diplomates

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